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N° 115 - Août 2018

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Le Président Bouteflika décrète Yennayer fête nationale

Une décision historique

Par Yahia MAOUCHI



Un moment historique. Un  autre chapitre  s’ouvre  pour la promotion de la langue et de la culture amazighes. Le président de la République Abdelaziz Bouteflika a officiellement déclaré la journée du 12 janvier, premier jour de l’an berbère, journée chômée et payée, accédant ainsi à une autre revendication des populations amazighes. En présentant ses meilleurs vœux au peuple algérien à la veille de l’année 2018, le chef de l’Etat a annoncé ainsi sa décision, le gouvernement étant chargé de prendre les dispositions appropriées à cet effet. L’institutionnalisation officielle de cette mesure, que d’aucuns qualifient de courageuse, ne devra pas tarder à se mettre en place. En effet, le chef de l’Etat a ordonné au gouvernement d’accélérer le processus de généralisation de l’enseignement de tamazight et de création de l’académie nationale de tamazight. En outre, le président de la République a souligné dans ce sillage que «la Constitution révisée en 2016 a définitivement scellé l’appropriation par le peuple tout entier de tamazight, elle aussi langue nationale et officielle, comme ciment supplémentaire de son unité nationale, en même temps que la nation a mandaté l’Etat pour sa promotion et son développement ». Il a en effet « enjoint au gouvernement de ne ménager aucun effort pour la généralisation de l’enseignement et de l’usage de tamazight, conformément à la lettre et à l’esprit de la Constitution ». Le président de la République a souligné également, à la même occasion, que « cette mesure, comme toutes celles déjà prises au profit de notre identité nationale dans sa triple composante islamique, arabe et amazighe, confortera l’unité et la stabilité nationales, alors que des défis multiples internes et régionaux nous interpellent ». Une décision saluée par Si El-Hachemi Assad, Secrétaire général du Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), qui a salué cette mesure et rendu « hommage au Président Abdelaziz Bouteflika pour sa décision annoncée mercredi en Conseil des ministres, à travers laquelle il réaffirme, encore une fois, qu’il est toujours au rendez-vous avec l’Histoire, porteur d’une vision d’avenir au service de la  stabilité du pays et de l’unité nationale ». Et de qualifier l’officialisation de Yennayer comme « un saut qualitatif pour la consolidation de la cohésion de la société algérienne » et « une motivation supplémentaire pour la poursuite des efforts dans le sens de la généralisation graduelle de la langue amazighe à travers l’ensemble du territoire national ».

Un renforcement de l’identité nationale
« Le Président de la République Abdelaziz Bouteflika a pris une décision historique. Il a marqué l’histoire en lettres d’or en renforçant l’unité du peuple algérien à travers la fête nationale et officielle de Yennayer qui, désormais, se célèbre chaque année dans toutes les wilayas du pays », a déclaré El-Hadi Ould Ali, ministre de la Jeunesse et des Sports. Un avis partagé par les partis politiques et associations nationales qui ont qualifié cette décision d’ « acte historique pour la consolidation de l’unité nationale et la consécration de la démocratie ». Pour marquer le début de l’application effective des instructions données par le chef d’Etat pour la promotion de la langue amazighe, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a pris l’initiative, symbolique mais originale, de publier le mercredi 10 janvier son premier communiqué officiel dans cette langue. Ce communiqué est en fait la traduction du communiqué écrit en arabe annonçant le début des inscriptions pour le Hadj 2018 à partir du 11 janvier, date qui coïncide avec Yennayer, jour de l’An amazigh. Par ailleurs, cette décision, saluée par les citoyens, est de nature à renforcer la cohésion nationale et elle mettra le pays en phase avec sa profondeur historique millénaire. Il ne pouvait en être autrement du fait  que tous les Algériens du nord au sud et d’est en ouest célèbrent cette fête. Elle est en réalité la fête qui fait l’unanimité. Elle constitue le véritable ciment de notre unité culturelle.

Une fête nationale
Coïncidant avec le 12 janvier de chaque année, cette journée, fêtée depuis l’antiquité en Algérie, donne lieu à la préparation d’un repas copieux, le plus souvent le couscous, comme en Kabylie, ou à des rites comme le carnaval de l’Ayred (Lion, en berbère) à Beni-Snouss, dans la région de Tlemcen, où les villageois se déguisent et font la fête avant de faire des offrandes aux nécessiteux.  À l’instar des autres régions du territoire national, la wilaya d’Alger a célébré en grande pompe cette fête millénaire. Le coup d’envoi des festivités a été donné à partir de la commune d’Alger-Centre, en coordination avec les différentes associations culturelles activant en la matière. La commémoration, riche en couleurs, a été rehaussée par la présence des ministres de la Communication, de Djamel Kaouane, de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, de la Culture, Azzedine Mihoubi, et de l’Environnement et des Energie renouvelables, Fatma-Zohra Zerouati, du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, ainsi que de responsables civils et militaires. Cette manifestation a connu l’exposition de différents produits traditionnels de la place Emir-Abdelkader jusqu’à la place Audin. En outre, plusieurs programmes d’activités marquant cet événement ont été concoctés par de nombreux acteurs de la société civile locale, en collaboration avec la direction de la culture de la wilaya. Ainsi, des activités culturelles et gastronomiques ont été organisées au niveau de la placette de la Grande-Poste ainsi qu’à la coupole du Complexe olympique Mohamed-Boudiaf. Des séances de lecture de poésie amazighe mettant en relief cette tradition millénaire ainsi que ses rites ont été également mis en exergue devant une foule nombreuse, en plus d’une exposition de tableaux de peinture réalisés par des jeunes artistes autour de la thématique de l’amazighité. Les enfants ont également participé à une exposition de tenues et d’habits traditionnels représentant toutes les régions d’Algérie. Mieux encore, une plaque portant, pour la première fois, le nom du siège de l’APC d’Alger centre en caractères amazighs et arabes a été dévoilée, en présence de membres du Gouvernement et du wali d’Alger Abdelkader Zoukh. De même, le P/APC d’Alger Centre, Abdelhakim Bettache, a présenté le projet relatif à l’érection d’une statue en bronze de Massinissa à la place Tafourah et d’un mémorial en marbre en langues arabe et tamazight. Pour sa part, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a affirmé en marge d’une cérémonie organisée par l’établissement Arts et Culture de la wilaya d’Alger à la salle Ibn Khaldoun, que la consécration du nouvel an amazigh Yennayer journée et fête nationale par le chef de l’Etat, représentait une consécration de l’identité nationale qui sera renforcée dans l’avenir par la création de l’Académie algérienne de la langue amazighe. Et d’ajouter que cette consécration relancera le tamazight et œuvrera à sa promotion tout en lui accordant davantage d’espaces pour s’imposer d’autant que cette langue constitue un héritage commun pour tous les Algériens. Rappelons enfin que le thème de « l’identité nationale » a été retenu pour la 4e édition du Prix du Président de la République du journaliste professionnel 2018. Un choix qui coïncide avec l’officialisation de cette fête nationale du 12 janvier de chaque année déclarée désormais chômée et payée.

L’aboutissement d’un long processus
Petit à petit, l’oiseau fait son nid ; et le plus long voyage commence toujours par un petit premier pas, dit-on. Ainsi, l’Algérie s’est lancée, doucement, mais sûrement, dans le processus de réappropriation de son identité nationale. La revendication de la réunification de l’identité algérienne autour du socle commun et millénaire de l’amazighité, avait commencé à se manifester, dès 1926, l’année marquant la naissance du Mouvement national de libération sous l’égide de l’Etoile Nord-Africaine. Un autre repère historique important qui a marqué les premiers frémissements identitaires, c’est 1949, l’année où éclate la crise dite « berbèriste » qui visait à intégrer la dimension amazighe et à rejeter la dimension singulière dans le mouvement nationaliste algérien. Depuis, la flamme ne s’est jamais éteinte. Reprise par la génération des années 1970 pour aboutir au printemps amazigh de 1980, la grève du cartable en 1995 et la création du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), le 27 mai 1995, le printemps noir, la consécration de tamazight langue nationale en 2008, et enfin elle accède à son statut de langue officielle lors de la dernière révision de la Constitution de 2016. Mieux encore, tamazight a franchi des étapes au point que les programmes de formation des enseignants et les outils pédagogiques pour son enseignement ne constituent plus un souci dans le processus de son apprentissage. Le nombre d’élèves inscrits en langue amazighe a atteint durant l’année 2017-2018, près de 350.000 élèves au niveau de 38 wilayas du pays encadrés par 2757 enseignants. L’enseignement de tamazight est passé de 11 wilayas en 2014 à 38 wilayas durant l’année scolaire 2017-2018, et a touché 343.725 élèves contre 252.155 élèves inscrits durant l’année scolaire 2014-2015.
Y. M.



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