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N° 110 - Dec 2017

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53e anniversaire de la création des douanes algériennes

Un symbole de la souveraineté nationale

Par Farid HOUALI



Dès la plus haute antiquité, les États ont taxé les marchandises franchissant leurs frontières. À l’importation, ces impôts répondent pour l’essentiel à une préoccupation fiscale, celle de remplir des caisses publiques. Et c’est d’ailleurs, une des nombreuses missions dévolues aux douanes algériennes. Il est vrai que les origines de cette institution remontent à l’ère ottomane mais le 4 septembre 1964 reste une date « mémoire » puisque c’est ce jour que sont créées les douanes d’après indépendance. « Ce fut la première institution à alimenter le Trésor public de l’Algérie indépendante », se souvient le premier directeur général des douanes algériennes, Mohamed Yadi Ouassini, qui fait partie de cette première génération de douaniers ayant mis en place, en dépit de peu de moyens, les jalons de l’édification d’une institution symbole de la souveraineté nationale chèrement acquise. Animant un point de presse le 5 septembre ,au Forum de la Mémoire d’El Moudjahid, initié en coordination avec l’Association Machaal Echahid, le premier DGD, nous fait revivre « les premiers instants » de la « renaissance » de cette institution « portée à bras-le-corps par des moudjahidine issus de l’école du MALG ». Devant une assistance composée essentiellement de « nouveaux » cadres des douanes et des officiers de la Sûreté nationale, d’historiens, de moudjahidine Mohamed Yadi Ouassini, qui a travaillé aux côtés d’Abdelhafid Boussouf, « un homme visionnaire, qui en pleine Révolution de Novembre, a entamé la formation des futurs bâtisseurs de l’Algérie indépendante », ému, a rappelé qu’au lendemain de l’indépendance, et après le départ des cadres français qui espéraient voir l’Algérie persister dans le sous-développement, une poignée d’hommes avaient réussi à faire marcher la machine. « A l’époque, les cadres des douanes étaient formés à l’école des douanes de Cherchell. Trois mois de formation, une durée suffisante pour apprendre les ficelles du métier. Ceux qui avaient obtenu une note de 15/20 au concours avaient la possibilité de postuler à un autre stage pour accéder à un poste de responsabilité », a-t-il noté. « Notre souci, a enchaîné le premier DGD, était de protéger notre pays, surtout son économie. A la fin de la guerre, j’ai poursuivi des études en économie qui m’ont permis de comprendre et d’agir contre toutes velléités qui se tramaient contre le pays », se rappelle l’ancien cadre du MALG. « Le colonialisme français nous a laissé dans le néant. Nous avons tout reconstruit avec mes camarades et d’autres amis de l’Algérie qui nous ont prêté main forte dans l’édification de la nation », a-t-il soutenu non sa fierté. Dans le même contexte, l’historien, Mohamed-Lahcène Zghidi a relevé le fait que cette institution est «intimement liée à trois dimensions essentielles, à savoir la souveraineté nationale, la protection de l’économie, et le symbole de la protection du patrimoine nationale ». Rappelant que « les douanes en Algérie existent depuis la présence ottomane, le corps faisant partie de l’administration jusqu’à 1830 », le docteur Mohamed-Lahcène Zeghidi a soutenu que « des éléments du MALG et des diplômés algériens des écoles françaises et des Européens qui ont soutenu et aimé l’Algérie se sont organisés pour mettre en place cet organe ». «Les anciens du MALG en particulier étaient des soldats instruits avec une pensée révolutionnaire et une capacité d’entreprendre », a-t-il expliqué. Pour lui, les douanes ont une valeur symbolique pour l’Etat et le peuple algérien. Se succédant l’un après l’autre à la tribune, d’autres intervenants ont tenu à leur manière à célébrer ce 53e anniversaire avec la famille douanière. Ainsi, Mohamed Bahlouli et Abderahmane Benmehdi, d’anciens douaniers également, ont rappelé « l’apport de cette institution à l’économie nationale », et surtout qu’« elle a été la première à alimenter les caisses du Trésor public de l’Algérie indépendante ». Pour sa part, Belkacem Babaci a rendu un vibrant hommage à ce corps, au nom de la Fédération des Associations de sauvetage du patrimoine matériel et immatériel. Aissa Kasmi, ancien officier de la Sûreté nationale, a quant à lui lancé un message fort de sens aux jeunes cadres des services des douanes algériennes. « Le meilleur de nous c’est celui qui par son travail fait grandir sa fonction et non celui qui veut grandir aux dépens de sa fonction », a-t-il dit. Il convient de noter par ailleurs qu’il a été plaidé à l’occasion de cette même rencontre à faire de la journée du 4 septembre, la journée nationale des douanes algériennes.

Une relève assurée
Attentifs et surtout admiratifs des sacrifices consentis par les premiers hommes et femmes douaniers, de jeunes cadres de ce corps constitués, présents lors de cette conférence-mémoire,approchés par El Djazaïr.com, n’ont pas caché leur fierté d’appartenir à ce corps. C’est le cas notamment de Nour El Houda Rouissi, inspecteur principal de douanes chargée de la communication à la direction des relations publiques et de l’information au sein de la Direction générale des douanes. La trentaine à peine, et diplômée en sciences économiques de l’université de Caroubier (Alger), elle a rejoint les douanes en 2006. « J’ai toujours voulu intégrer ce corps et j’ai eu de la chance d’avoir opté à l’université pour une branche, en lien direct avec le missions des douanes », a-t-elle résumé. En dix ans passés en uniforme, elle affirme avoir beaucoup appris, notamment après une année passée dans le Sud. «On apprend tous les jours des choses nouvelles. Porter l’uniforme gris n’est pas seulement le contrôle routinier au niveau des ports, aéroports et autres postes frontaliers terrestres. La Douane est au premier rang dans la sauvegarde de l’économie nationale », a-t-elle ajouté. Sans « trop vouloir s’attarder » sur les missions des douanes, notre jeune officier a « préféré » résumer en quelques phrases les missions de la Direction des relations publiques et de l’information. Cette direction a pour principales missions de gérer tout ce qui est relations publiques de l’administration des douanes, comme les doléances, l’événementiel (évènements, rencontres, séminaires) et de « promouvoir le relationnel de l’administration des douanes avec les institutions, les usagers, les opérateurs économiques et tous ceux qui ont une relation quelconque avec elle ». C’est à partir de 2016 que les douanes algériennes ont commencé à mettre en place de nouvelles structures dans le cadre du Plan stratégique 2016/2019 afin d’asseoir une nouvelle dynamique et une nouvelle stratégie dans le domaine de la communication qui se veut ouverture vers son environnement à travers l’organisation de rencontres et de visites chez les opérateurs économiques afin de leur inculquer une nouvelle culture douanière. «Notre objectif est de faire connaitre le plan stratégique des douanes aux journalistes pour une bonne compréhension de notre mission et de vulgariser l’administration douanière. Nous avons créé un compte Twitter, une page Facebook pour assurer un contact permanent avec les médias et diffuser l’information sur nos activités en temps réel », a expliqué notre interlocutrice. Comme l’inspecteur principal Nour El Houda Rouissi, au sein des Douanes, il y en a beaucoup. On les a côtoyés à maintes reprises lors de nos entretiens et reportages consacrés à la Douane algérienne. C’est le cas notamment de l’inspecteur principal Ibtissam Boutiba qui exerce au niveau de la sous-direction du contentieux et recouvrement à la Direction régionale des douanes de Tlemcen. « Je voudrais aller le plus loin possible dans ma carrière professionnelle de douanière », avait-elle souligné dans une déclaration à El Djazaïr.com. En effet, les douanières sont sur tous les fronts. On les trouve sur le terrain, comme dans l’administration.

Pour la sauvegarde du patrimoine national
Le directeur général des douanes Kaddour Bentahar, dans son message adressé aux participants de la conférence organisée par le Forum d’El Moudjahid en coordination avec l’Association Mechaal Ech-Chahid, à l’occasion de la célébration du 53e anniversaire de la création de la Direction générale des douanes, et lu en son nom par le contrôleur général en chef Djamel Brika, directeur des relations publiques à la DGD, a mis en exergue les avancées enregistrées par la direction générale des douanes algériennes, qui supervise actuellement 15 directions régionales, 52 directions de wilayas et les services de contrôle affiliés. Le directeur a rappelé que l’institution qu’il gère a toujours mis en avant la préservation de notre mémoire. La protection du patrimoine culturel et historique figure, en effet, en bonne place dans le plan stratégique 2016/2019. Pour preuve la création d’un service de gestion des archives et du patrimoine historique des douanes. Djamel Brika a, à l’occasion, annoncé l’organisation de cycles de formation dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine national au profit des agents des douanes. « Ces cycles de formations visent à sensibiliser davantage les agents des douanes à l’importance de la sauvegarde du patrimoine national et de la mémoire collective », a-t-il explicité mettant en avant les efforts déployés par la Direction générale des douanes dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine national en déjouant les tentatives de contrebande de pièces de monnaie, d’œuvres d’art et de manuscrits, avant d’appeler les différents partenaires, notamment les associations activant dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine national, à la collaboration et à la coordination pour la préservation de la mémoire collective. Par ailleurs, le même responsable a précisé que ses services avaient installé récemment un bureau au niveau de l’administration centrale des douanes afin de collecter les archives liées à l’histoire de l’administration des douanes algériennes. Auparavant, un film- documentaire, a été projeté rappelant les missions principales des douanes algériennes, un corps dont les éléments sont répartis d’Est en Ouest et jusqu’au fin fond du désert, toujours en avant-garde aux côtés de nos services de sécurité dans la lutte contre le crime économique.
Le contrôleur en chef Djamel Barika a d’ailleurs soutenu dans son intervention que « la modernisation des douanes a porté ses fruits sur les plans humain, matériel et logistique ». Selon lui, « l’amélioration des conditions de travail est visible. Nos agents sont efficaces et le nombre de saisies prouve chaque année cette performance », a-t-il indiqué. « Il est important de noter que le bilan de la lutte contre la contrebande et le trafic illicite des stupéfiants est le résultat des efforts de lutte des services opérationnels consistant en 217 brigades installées en deuxième ligne des frontières terrestres et réparties sur tout le territoire douanier, afin de couvrir, autant que faire se peut, d’importantes frontières et de vastes territoires, notamment dans le grand Sud. Il est clair que ces résultats n’auraient pas été rendus possibles sans l’engagement et la vigilance de nos agents, appelés à s’adapter en permanence aux nouvelles tendances et modes opératoires et autres méthodes de dissimulations utilisés par les trafiquants, et qui sont aussi variés les uns que les autres, de façon à tromper la vigilance des services de contrôle », affirmait dans un entretien à El Djazaïr.com (n° 106) le directeur général des douanes Kadour Betahar notant que les fraudeurs ont recours à l’utilisation de véhicules comportant des cachettes spécialement aménagées, à double réservoir, à double fond, etc. D’autres dissimulent les marchandises de fraude ou de contrebande dans des produits transportés légalement et souvent difficiles à manipuler tels que les matériaux de construction, les meubles usagés. Certains essaient même de dissimuler de la drogue à l’intérieur de ruches d’abeilles afin d’écarter tout soupçon, ou alors des boites de médicaments, à l’intérieur des écrans plats et autres. Devant cet état de fait, l’intervention des agents des douanes algériennes se base de plus en plus sur le travail d’anticipation, par la collecte et l’exploitation du renseignement, aussi bien tactique qu’opérationnel, afin d’augmenter les chances de déjouer toutes les manœuvres frauduleuses. Cet aspect constitue d’ailleurs une dimension capitale dans le plan stratégique de la DGD pour 2016-2019. Il faut noter aussi, le rôle éminemment important de la collaboration et de la coopération avec les services de sécurité, les brigades territoriales de la Gendarmerie nationale et les unités des gardes-frontières, ainsi que les unités de l’armée nationale populaire, dont l’apport et le soutien aux actions de lutte ont été indéniablement d’une importance capitale, en particulier au niveau des régions Sud, Sud-Ouest et Est du pays, touchées par la contrebande de produits sensibles et dangereux, notamment la drogue, les armes, les véhicules, les produits subventionnés (carburant et produits alimentaires). Cette coopération s’est traduite par des actions communes sur le terrain, à savoir des patrouilles et embuscades et autres sorties sur le terrain, principalement au niveau des régions sensibles et dangereuses du point de vue de la situation sécuritaire. Par ailleurs, l’efficacité des actions de lutte est appelée à s’améliorer à la faveur des mesures projetées, de nature à renforcer les capacités des services opérationnels, notamment par la poursuite de la réalisation des postes avancés de surveillance, répartis le long des bandes frontalières est et ouest, et leur dotation en effectifs et en moyens matériels adéquats. « C’est grâce à toutes ces actions que nos services réalisent quotidiennement d’importantes saisies de produits sensibles et dangereux, tels que la drogue, les produits pyrotechniques, le carburant, les cigarettes, les déchets de cuivre, les produits alimentaires de base subventionnés », a soutenu le premier responsable des douanes algériennes. A titre illustratif, et durant l’année 2016, il a été procédé à la saisie de 6395,0828 kg de kif traité, 39.515 cartouches de cigarettes, 186.707 litres de gas-oil, 35.170 litres d’essence et 2.480.773 unités de pétards. Le bilan de la lutte contre les infractions de change fait ressortir 586 affaires constatées en 2016 pour un corps de délit de 8.995.014.366 DZD sur les opérations commerciales et de 816.219.376 DZD sur les voyageurs.
 
F.H.



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