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N° 107 - Août 2017

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Les priorités du gouvernement Tebboune

Développement, relance de l’économie, rationalisation des dépenses et encouragement de l’investissement

Par Salim FAROUK



Le processus de parachèvement de l’Etat de droit achevé après l’amendement de la  Constitution place désormais à la rigueur. En effet le nouveau gouvernement dirigé par Abdelmadjid Tebboune, nommé par le Président Abdelaziz Bouteflika à l’issue des législatives de mai, aura la lourde tâche de donner un nouveau souffle aux réformes engagées par le président de la République Abdelaziz Bouteflika afin de  sortir graduellement le pays de la dépendance à risques envers l’exportation des hydrocarbures et impliquer davantage le secteur privé dans le programme de reconversion économique. La mission est loin d’être une sinécure. Le nouveau gouvernement entame sa mission dans des conditions difficiles. Face à une conjoncture marquée par une baisse sensible des prix du pétrole  et une récession économique de plus en plus inquiétante, le gouvernement conduit par le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune n’a d’autre alternative que de changer de stratégie et de mener une politique marquée par la prudence et la rationalisation des dépenses publiques. Cet état de fait, le Premier ministre n’a pas manqué de le souligner à l’issue de la cérémonie de passation de pouvoir avec son prédécesseur, Abdelmalek Sellal. Le nouveau Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune avait indiqué qu’une reconversion économique « nécessaire » et « urgente » allait être la priorité de la nouvelle équipe gouvernementale pour que l’Algérie « ne dépende plus des fluctuations des prix des hydrocarbures ». « Une autre priorité s’impose c’est la reconversion de notre économie, qui a été entamée par mon prédécesseur, ami et frère, Abdelmalek Sellal. Une reconversion économique nécessaire et urgente pour faire en sorte que notre pays ne dépende plus des fluctuations des prix des hydrocarbures », avait-il déclaré. En effet, les principales priorités du gouvernement Tebboune,  telles que contenues dans le plan d’action peaufiné lors du dernier Conseil du gouvernement et qui devrait être soumis au Parlement dans ses deux chambres le 18 du mois courant, sont l’amélioration du pouvoir d’achat, la protection  de l’économie nationale et la rationalisation des importations à travers  notamment la réduction de la facture des produits superflus afin d’éviter  un retour à l’endettement extérieur.  La lutte contre le chômage, la création de logements, la justice sociale et la préservation des couches défavorisées ainsi que l’encouragement des projets d’investissement figurent également parmi les priorités du nouveau gouvernement. « Il s’agit de construire une économie plus saine et plus équilibrée dans laquelle le secteur privé aura toute sa place, peut-être même une place prioritaire, avec toute la régulation et le contrôle que doit faire le gouvernement, au nom du président de la République », avait précisé le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune.

Renforcement de l’Etat de droit et développement humain
Abdelmadjid Tebboune, en homme avisé, a déjà tracé son plan d’action adopté par le Conseil des ministres sous la présidence du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en attendant sa présentation devant l’Assemblée populaire nationale. S’inscrivant dans la continuation de la mise en œuvre du programme du président de la République, le Plan d’action s’articule notamment autour du renforcement de l’Etat de droit, des libertés et de la démocratie, ainsi que la consolidation de la bonne gouvernance, la promotion de l’identité nationale et la préservation de la mémoire. La modernisation des finances publiques et du système bancaire, l’assainissement de la sphère économique et la promotion de l’investissement et la valorisation de toutes les richesses du pays, sont les points retenus aux volets économiques et financiers. Tandis que l’amélioration du cadre de vie par l’offre de logements, l’accès aux énergies et à l’eau, la préservation de l’environnement, l’amélioration du système national d’enseignement et de formation, la valorisation de la recherche scientifique et la modernisation du système national de santé, constituent d’autres priorités pour le gouvernement Abdelmadjid Tebboune. Alors qu’au plan social, le Plan d’action met l’accent sur la préservation du système national de sécurité sociale et de retraite, la promotion de l’emploi, le renforcement des mécanismes de solidarité nationale, ainsi que la poursuite de la prise en charge des catégories sociales aux besoins spécifiques.

La rationalisation des dépenses publiques
A l’issue des travaux du Conseil des ministres, le Président Bouteflika a invité le gouvernement Tebboune à rationaliser les dépenses, sans pour autant faire dans l’austérité, et continuer à réduire les importations afin de compenser la baisse des revenus du gaz et du pétrole, sans toutefois recourir à la dette extérieure. Dans ce contexte, le chef de l’Etat a souligné la nécessité de poursuivre la mise en œuvre de la politique de rationalisation budgétaire adoptée l’année dernière pour redresser les finances publiques à l’horizon 2019. En outre, et pour ne pas trop impacter les programmes publics d’investissements, le président Abdelaziz Bouteflika a invité le gouvernement à promouvoir des financements internes non conventionnels qui pourraient être mobilisés pendant quelques années de transition financière. Pour rappel, la politique de rationalisation des dépenses publiques stipulée par la loi de Finances 2017, n’influera ni sur la politique de soutien adoptée par l’Etat ni sur les projets économiques ni encore sur les salaires des travailleurs.

Pas de recours à l’endettement extérieur
Dans son intervention, le Président Bouteflika a exhorté le gouvernement à éviter le recours à l’endettement extérieur. « Insistant sur la nécessité de préserver la souveraineté économique du pays, le président de la République a instruit le gouvernement d’éviter le recours à l’endettement extérieur et de contenir davantage encore le volume des importations de biens et de services à l’effet de préserver les réserves de changes du pays », indique le communiqué de la présidence sanctionnant les travaux du Conseil des ministres. A ce sujet, le chef de l’Etat a chargé le gouvernement de poursuivre la mise en place du nouveau modèle de croissance adopté l’année dernière par le Conseil des ministres, y compris son volet de réformes pour l’amélioration de l’environnement de l’investissement, et la modernisation du système fiscal, des banques publiques et du marché financier. En outre, et devant la persistance de la crise des prix de pétrole et qui « nous impose des défis majeurs exigeant notamment la dynamisation des réformes à mettre en place » le Président Bouteflika a souligné la nécessité de poursuivre la mise en œuvre de la politique de rationalisation budgétaire adoptée l’année dernière pour redresser les finances publiques à l’horizon 2019. Pour ce faire, le gouvernement Tebboune est chargé de valoriser davantage toutes les ressources et richesses dont dispose le pays, y compris les hydrocarbures fossiles conventionnels et non conventionnels ainsi que les énergies renouvelables. Ainsi, face à la crise qui ne cesse de s’aggraver et à la baisse continue des revenus pétroliers, le recours à l’exploitation du gaz de schiste n’est pas à exclure.

Pour un meilleur ciblage des subventions
En dépit de la conjoncture financière, le gouvernement Abdelmadjid Tebboune compte poursuivre la politique sociale contenue dans le programme du Président Abdelaziz Bouteflika. Rappelant la nature irrévocable des choix nationaux en matière de justice sociale et de solidarité nationale, le président de la République a chargé le gouvernement de travailler à une plus grande rationalisation de cette politique sociale, y compris par un meilleur ciblage des subventions publiques. D’ailleurs, lors de sa première sortie médiatique, le nouveau Premier ministre Abdelmadjid Tebboune a fixé les priorités de son gouvernement qu’a fixées le président de la République, qui sont, l’éradication totale de la crise du logement, des bidonvilles, l’achèvement de son programme de logement, l’éducation et la santé. « Nous allons reloger tous ceux qui ouvrent droit, avec notamment l’achèvement du programme AADL, comme on l’a promis au nom du président de la République, début ou au plus tard fin 2018, ainsi que la relance du programme social et rural », a affirmé Abdelmadjid Tebboune. Au volet social, la préservation du pouvoir d’achat des Algériens est l’autre priorité du gouvernement actuel. Idem pour ce qui est du maintien de la stabilité sociale qu’il y lieu de promouvoir davantage via le recours à des mécanismes de développement local efficaces et prometteurs comme visé à travers l’instauration des nouvelles wilayas déléguées prévue cette année dans la région du Sud et des Haut Plateaux.

S. F.



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