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N° 106 - Juil 2017

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Marché du ciment

De l’autosuffisance à l’exportation

Par Yahia MAOUCHI



L’Algérie a adopté en 2016 un nouveau modèle de croissance économique. Ce modèle de référence, examiné et approuvé en Conseil des ministres le 26 juillet 2016, s’appuie d’une part sur une approche rénovée de la politique budgétaire avec une trajectoire 2016-2019 et d’autre part une perspective de diversification et de transformation de l’économie à l’horizon 2030. Une vision portée par des programmes d’appui aux entreprises industrielles et d’encouragement de l’investissement productif dans les segments à forte valeur ajoutée. La démarche industrielle dont les éléments structurants ont été enclenchés consiste ainsi à orienter les efforts vers la réhabilitation de l’entreprise productive, en tant qu’acteur stratégique dans le nouveau schéma du secteur public marchand. En effet, la restructuration industrielle traduit l’ambition d’atteindre l’autosuffisance dans les produits stratégiques et d’aller vers l’exportation. Dans ce cadre, l’industrie du ciment figure parmi les principaux secteurs sur lesquels repose la nouvelle approche du secteur. D’ailleurs, l’Algérie est en phase de devenir le premier pays africain exportateur de ciment.
Chose promise, chose due. L’Algérie n’importera plus de ciment à partir de cette année. Une promesse qui a été faites, rappelle-t-on, par Abdeslem Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines, lors d’une visite de travail effectuée, le mois d’octobre 2016, dans la wilaya d’Adrar. Une promesse honorée, aujourd’hui, vu qu’il n’y aura pas de licence d’importation de ciment en 2017. Ainsi à la faveur des cimenteries réalisées ou en voie de l’être à travers différentes régions du pays, dont la capacité de production globale annuelle devrait atteindre les 7 millions de tonnes, l’Algérie n’aura plus besoin d’importer de ciment. Mieux encore, ces projets industriels devront, selon le ministre, permettre au pays d’atteindre l’autosuffisance en ciment, et d’entamer la phase d’exportation vers l’étranger. Une position qui lui confère l’opportunité de s’ouvrir sur les marchés internationaux, et d’y être présente d’une façon significative, outre l’impact qu’auront ces réalisations sur le processus de sortie de la dépendance des revenus pétroliers. « Les licences d’importation du ciment ne seront pas octroyées durant l’exercice 2017. La production nationale devrait couvrir la demande du marché interne. Ainsi, nous allons nous diriger vers l’autosuffisance en ciment. Cette année, plusieurs usines, privées et publiques, sont entrées en production pour renforcer l’offre de 7 millions de tonnes supplémentaires annuellement. Cette situation nous permettra d’avoir un excédent de production. Maintenant, les acteurs doivent penser à placer le surplus sur le marché africain », a prôné M. Bouchouareb, lors d’une rencontre avec des investisseurs locaux, au terme de sa visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Chlef. Il est à rappeler que la production globale de ciment actuellement avoisine les 19 millions de tonnes pour une demande de 24 millions de tonnes. Elle est assurée par la production des douze cimenteries du groupe industriel GICA/public, des deux cimenteries du groupe Lafarge et de la cimenterie de Biskra issue d’une joint-venture entre un opérateur algérien et le groupe Lafarge. En se rendant à la cimenterie d’Oued Sly, le ministre a affirmé que cette dernière sera totalement opérationnelle dès le 1er octobre prochain, soit juste après l’entrée en exploitation de la troisième  ligne de production de ciment. Une ligne, dont les travaux ont été lancés en septembre 2013 pour une durée de 33 mois par la société française Fives FCB pour une enveloppe financière estimée à 37 milliards de dinars, devra porter la capacité de production de 2 millions à plus de 4 millions de tonnes, soit 36% de la production nationale. Cette usine, qui appartient au groupe Gica, alimente 26 wilayas de l’est et du centre du pays, ce qui représente au niveau national 10% de parts de marché. Sa production représente 17% du volume de production du groupe en entier qui détient 60% de parts de marché. En outre, sur le plan social et économique, l’infrastructure aura un grand impact positif, car elle devra créer 2500 emplois directs et indirects qui devront être créés par les différentes entités interviennent notamment dans la logistique, le stockage et la distribution.

Le foncier ne constituera plus un frein aux investisseurs
Dans le même sillage, Abdeslam  Bouchouareb rappelle que la mise en service de ces usines rentre dans le cadre de la politique du gouvernement qui vise à réduire progressivement les quantités de ciment importé et atteindre à terme des niveaux de production qui permettent d’exporter. En outre, le ministre a rassuré, quant à la disponibilité du foncier industriel. « Le foncier industriel ne constituait plus un obstacle à l’investissement. Les pouvoirs publics ont fait en sorte d’assurer un environnement économique favorable à l’émergence d’une industrie forte. Ainsi, l’Etat attribuera beaucoup plus de foncier à tout opérateur économique qui a prouvé ses compétences dans l’industrie et le recrutement de la main-d’œuvre », affirme M. Bouchouareb. Ainsi, le problème du foncier industriel ne sera plus une entrave à l’investissement, et cela, grâce aux instructions données aux walis et à la stratégie gouvernementale visant la création de zones d’activités industrielles, avec l’exploitation de la totalité des assiettes disponibles. « Je tiens à le préciser, et comme je l’ai déjà dit, on ne peut plus nous opposer aujourd’hui le problème de foncier comme étant un problème qui bloque l’investissement. Les walis ont eu des orientations pour que tout ce qui n’ont pas consommé leur terrain, et qui ont bénéficié des titres de concessions devront remettre leurs terrains pour qu’ils soient attribués à d’autres investisseurs, qui eux, sont prêts à réaliser les investissements », rappelle le ministre. Inspectant le parc industriel de Boukadir, le premier responsable du secteur a souligné la nécessité d’accélération des procédures d’étude et de réalisation de deux parcs industriels, d’une surface globale de 310 ha (Oued Sly et Boukadir), jugeant cette surface insuffisante pour une wilaya à la position stratégique, et à dimension africaine, telle que Chlef. Il a, également, salué la réalisation, sur le budget de la wilaya, de 10 zones d’activités d’une surface globale de 126 ha. Selon les informations fournies au ministre, une nouvelle zone d’activités spécialisée en aquaculture a été créée, dernièrement, dans la commune de Sidi Abderrahmane. Dans d’autres wilayas, aussi, ces projets de zones d’activités sont en train d’être lancés, sous les fonds des collectivités locales. Ceci est la démonstration que le foncier à travers les zones industrielles ou les zones d’activités est pris en charge dans sa globalité par le gouvernement.

Chlef, futur pôle économique par excellence
La wilaya de Chlef dispose, selon le ministre, de toutes les commodités nécessaires qui lui permettent d’avoir le statut d’un pôle industriel national, voire africain et méditerranéen. C’est dans ce cadre que des dispositions ont été prises afin de remédier au problème et Chlef constitue un parfait exemple en ce sens que 11 zones industrielles, d’une superficie totale de 310 ha, seront opérationnelles à partir de cette année, ce qui sera d’un apport considérable pour l’investissement productif porteur de richesse à travers l’ensemble du territoire de la wilaya. « Au regard de l’importance qu’est en train de prendre cette wilaya, Chlef va constituer un hub économique national et international. C’est la profondeur d’Alger, elle est à proximité de nouveaux pôles qui sont en projet, et est en jonction avec la transsaharienne. Elle est à l’internationale sur la méditerranée, et à l’internationale sur la profondeur africaine. Il n’y a pas une meilleure base, aujourd’hui, qui peut recevoir ce projet d’industrialisation de notre pays comme Chlef. Alors j’insiste pour Oued Sly, les travaux doivent démarrer au plus tard le mois de mai », insiste le ministre, et d’ajouter : «  Si toute cette superficie est exploitée, Chlef sera promue au rang de pôle économique et industriel national et régional, voire international ». Au cours de son périple, le ministre ne manquera pas de donner des instructions dont la plus importante est la préparation des zones industrielles, tout en insistant sur le fait de donner la priorité aux jeunes dans l’investissement en ce qui concerne l’attribution du foncier. Enfin, M. Bouchouareb rappelle que l’Algérie est en voie de surmonter la crise qu’elle traverse depuis trois ans, et ce grâce aux réformes initiées par le président de la République. « Malgré le stress budgétaire, nous étions à 3,7 % de croissance en 2016, et nous escomptons atteindre les 4 % en 2017 », a-t-il avancé, précisant que les subventions de l’État pour l’investissement sont passées à 16 %.

Y. M.



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