Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 108 - Oct 2017

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Comité olympique algérien (COA)

Un demi-siècle au service des sports et sportifs

Par Farid HOUALI



Pour l’Algérie, tout a commencé le 18 octobre 1963.  Ce jour-là, les Fédérations sportives et quelques organisations nationales avaient été « conviées » à une réunion à la demande de Sadek Batel, alors sous-secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports, au ministère de l’Orientation nationale. Au terme de cette réunion qui s’était tenue au Crédit municipal d’Alger (actuellement le siège de l’Agence BDL mitoyenne à l’APC d’Alger-Centre), le Comité national olympique algérien (CNOA) est né. Après sa constitution, le Comité national olympique algérien se devait d’intégrer la famille olympique internationale par une reconnaissance officielle du Comité international olympique (CIO). Elle fut effective le 27 janvier 1964 à l’occasion de la 62e session du CIO tenue en marge des 9e jeux Olympiques d’hiver abrités par Innsbruck (Autriche). Le dossier de reconnaissance de l’Algérie fut présenté par le docteur Mohand Amokrane Maouche (premier président de l’instance sportive) et Mustapha Larfaoui, respectivement, président et secrétaire général du Comité national olympique algérien. Depuis, à ce jour, le COA aurait parcouru un long chemin. Neuf présidents se seront succédé à sa tête en 53 ans d’existence. Le COA qui a pour missions essentielles dès la première année de chapeauter la participation de notre pays aux différentes joutes sportives internationales, qu’elles soient de dimensions régionale, continentale ou mondiale, « exerce pleinement ses prérogatives dans le cadre de la législation algérienne et de la charte olympique », selon les termes de son actuel président, Mustapha Berraf, un nom qui n’est pas étranger dans le milieu sportif national. Nous sommes reçus dans son bureau, au siège du COA, sis à Ben Aknoun sur les hauteurs d’Alger. « Dans ce cadre, faudrait-il le noter, nous avons durant notre mandat, pris en charge en relation avec le ministère de la Jeunesse et des Sports la préparation de la participation de l’Algérie aux différents rendez-vous sportifs internationaux », a encore soutenu notre interlocuteur. Un rôle « joué pleinement » par le COA ayant fait preuve de « visions et de perspectives intéressantes pour l’avenir du mouvement olympique et sportif algérien ». L’attestent le nombre des participations algériennes aux différentes manifestations sportives organisées de par le monde. En effet, l’Algérie participe aux jeux Olympiques d’été depuis 1964. C’était en 1968, 1972, 1976, 1980, 1984, 1988, 1992, 1996, 2000, 2004, 2008, 2012 et 2016. L’Algérie a pris également part aux jeux Olympiques d’hiver en 1992, 1994, 1998, 2002, 2006, 2010 et 2014. Le premier médaillé algérien dans l’histoire des jeux Olympiques est le boxeur Mustapha Moussa, qui a gagné une médaille de bronze à Los Angeles en 1984. Après 2012, l’Algérie totalise 15 médailles (5 médailles d’or, 2 médailles d’argent et 8 médailles de bronze) en 14 participations aux jeux Olympiques (11 fois aux jeux d’été et 3 fois aux jeux d’hiver). L’Algérie n’a jamais été pays organisateur des jeux Olympiques. Les Jeux de 1996 à Atlanta ont permis à la délégation algérienne de glaner 2 titres olympiques. C’est aux Jeux de 2000 à Sydney que la moisson fut la meilleure, avec 5 médailles (1 en or, 1 en argent et 3 en bronze). L’Algérie prend aussi part à de nombreux rendez-vous sportifs. Il s’agit entre autres des  17es  Jeux méditerranéens -Mersin-Turquie-2013, des 3es Jeux de la solidarité islamique, Palembang, Indonésie 2013, des 3es Jeux africains de la Jeunesse - Gaborone - Botswana 2014, des 3es Jeux olympiques de la Jeunesse - Nanjing - Chine 2014, des 1ers Jeux méditerranéens de plage -Pescara - Italie 2015, des 11es Jeux africains - Brazzaville, Congo 2015 et des JO de Rio de Janeiro - Brésil 2016.

On continue encore de nager dans les eaux troubles
La  « modeste » participation de nos athlètes aux jeux Olympiques de Rio en août dernier avait donné lieu à une grande polémique,  des accusations et parfois des déclarations incendiaires à l’adresse même du président du COA qui a préféré encore une fois répondre  d’une manière « diplomatique ».  « La participation algérienne aux Jeux de Rio a été supervisée depuis le début et j’ai veillé personnellement à ce que tout soit fait dans de bonnes conditions aussi bien matérielles, organisationnelles que sportives », souligne à ce propos  Mustapha Berraf, ajoutant, comme déjà souligné au lendemain du retour de la délégation algérienne ayant pris part à ce rendez-vous olympique, que ce sont des polémiques stériles sur lesquelles il ne veut pas trop s’étaler parce qu’elles sont nées d’ambitions et de prétentions personnelles de quelques individus, bien connus du mouvement sportif algérien. « Ils n’ont pas le moindre crédit auprès de l’opinion publique. Le but évident de ces manœuvres est de créer des feux de paille pour détourner l’attention et camoufler leurs échecs », insiste le président du COA qui  rappelle que l’image de l’Algérie n’a pas été ternie par un quelconque scandale que ce soit de dopage, de violence, ou de mauvais comportement.  Le comportement des délégations était, de ce fait, exemplaire. « C’est une participation positive », se félicite-t-il.
Notant que le président de la République Abdelaziz Bouteflika est le président d’honneur du COA, Mustapha Berraf assure que s’il a accepté de l’être, « c’est que c’est une  instance propre ». « Au lendemain de son indépendance, l’Algérie s’est donné, entre autres objectifs, la mission de développer le secteur sportif, vu que ce dernier encourage le dynamisme de la jeunesse. Pour cela, les autorités concernées se sont fixé pour but de mieux représenter le pays en incluant le sport algérien dans la plus haute organisation sportive mondiale », assure le président du COA. D’ailleurs les efforts du développement du sport national sport de haut niveau et la formation de jeunes talents ont valu à l’Algérie, par le biais du COA, les félicitations du président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach. «Le COA fait du très bon travail et cela se voit à travers les résultats obtenus par les athlètes algériens sur la scène internationale», avait  déclaré le président du CIO qui effectuait en mars  2016, une visite de travail en Algérie.  Bach a salué au passage «l’engagement de l’État algérien» et son «soutien indéfectible» pour les différentes instances sportives nationales dans le cadre du développement du sport.  Le président du CIO a également attiré l’attention sur le fait que «les hautes instances du sport mondial» ne sont pas «insensibles aux efforts consentis par l’Algérie» dans cette perspective, comme en témoigne leur décision de lui confier l’organisation de plusieurs grands évènements sportifs. Les Jeux Méditerranéens de 2021 se dérouleront, en effet, dans la capitale de l’Ouest algérien, Oran. Sans parler d’autres grands évènements sportifs, qui seront accueillis par l’Algérie au cours des prochaines années entre autres le championnat du Monde de handball des moins de 21 ans, prévu en août 2017. Aussi, grâce au soutien de Mustapha Berraf, président du Comité olympique et sportif algérien, celui du ministre de la Jeunesse du Sport El Hadi Ould Ali, et l’appui du président de la Confédération africaine de rugby (rugby Afrique), le rugby algérien a désormais une Fédération et un siège inauguré le 24 février 2017 à Alger. « C’est encore une des promesses tenues du président de la République », assure le président du COA.

Des noms gravés en…or
Après 2016, l’Algérie totalise 17 médailles (5 médailles d’or, 4 médailles d’argent et 8 médailles de bronze) en 15 participations aux jeux Olympiques (12 fois aux jeux d’été et 3 fois aux jeux d’hiver). Dans nos esprits, l’on gardera pour longtemps les noms de  Hassiba Boulmerka (athlétisme), titre du 1 500 mètres, jeux Olympiques de Barcelone 1992, de Noureddine Morceli (athlétisme), titre du 1 500 mètres, jeux Olympiques d’Atlanta 1996, Hocine Soltani (boxe), titre de catégorie poids légers, jeux Olympiques d’Atlanta 1996, Nouria Merah-Benida (athlétisme), titre du 1 500 mètres, jeux Olympiques de Sydney 2000 et Taoufik Makhloufi (athlétisme), titre du 1 500 mètres, jeux Olympiques de Londres 2012.  Pour les médaillés d’argents, l’on citera Amar Benikhlef (judo), jeux Olympiques de Pékin 2008 et Ali Saidi-Sief (athlétisme), au 5 000 mètres, jeux Olympiques de Sydney 2000. Parmi les médaillés de bronze, Aissa Djabir Said-Guerni (athlétisme), au 800 mètres, jeux Olympiques de Sydney 2000, Hocine Soltani (boxe), jeux Olympiques de Barcelone 1992,... Parmi les sportifs les plus prestigieux, Hassiba Boulmerka, première médaille d’or de l’Algérie aux jeux Olympiques qui triomphe en athlétisme sur le 1 500 mètres en 1992 « au nez et à la barbe » de ceux qui s’opposent à la pratique du sport par les femmes. A son retour, outre les honneurs qui lui sont réservés par le président de la République, la reine Noor de Jordanie commentera: « Vos succès sont ceux de toutes les femmes musulmanes. » Et puis quelques mots concernant le boxeur Hocine Soltani disparu le 31 mars 2002 et qui est le sportif algérien le plus titré aux jeux Olympiques avec 2 médailles. Son destin fut tragique. « J’ai une pensée toute à fait particulière pour lui qui était venu s’installer en France en 1998. Je l’avais accueilli à mon cabinet d’avocats pour son titre de séjour avec son épouse avec nos amis de la boxe à Marseille, ses cousins et l’entraîneur Jean-Pierre Di Stefano », écrivait sur ces mêmes colonnes Me Serge Pautot dans sa contribution dédiée à l’Algérie aux jeux Olympiques. Hocine Soltani est le deuxième boxeur africain de l’histoire à avoir remporté un titre olympique. Vainqueur aux Jeux d’Atlanta en 1996, chez les légers, l’Algérien succédait au Kényan Robert Wangila, qui s’était paré d’or dans la catégorie welters à Séoul, en 1988, aux dépens du Français Laurent Boudouani. Wangila a lui aussi connu une funeste destinée : il est décédé en 1994, des suites des blessures d’un combat qu’il avait perdu contre l’Américain David Gonzales.

Un lien entre le passé, le présent et l’avenir
Le projet a coûté 230 millions de dinars et le Comité international olympique (CIO) a fait un don de 110.000 dollars US pour la réalisation de cette infrastructure. La wilaya d’Alger a également contribué financièrement à la construction du bâtiment. Il s’agit là, bien entendu du  musée olympique algérien, situé en face de la salle Harcha (Alger), qui a été inauguré en janvier dernier,  par le président du Comité olympique et sportif algérien (COA) Mustapha Berraf et le wali de la capitale Abdelkader Zoukh en présence de plusieurs personnalités du sport africain.  Des représentants des Comités olympiques africains de la Libye, du Bénin, du Burkina Faso et du Cap-Vert, ainsi que les champions olympiques algériens Noureddine Morceli et Nouria-Benida Merah étaient présents à la cérémonie d’inauguration. «Ce lieu est un site de sport, d’histoire et de tourisme. Nous œuvrons pour qu’il soit un endroit indispensable à ceux qui s’intéressent aux exploits des sportifs algériens», avait assuré à ce propos  Mustapha Berraf.  «C’est un magnifique lieu de mémoire du sport et de l’olympisme algérien qui permet au visiteur de revenir sur les exploits de nos champions», avait déclaré à la presse le premier responsable de la capitale, Abdelkader Zoukh. Implanté sur une superficie de 521 m², le siège, composé d’un rez-de-chaussée et de sept étages (R+7), abrite également l’Académie olympique des jeunes talents. La seule coupe d’Afrique des nations de football, remportée à Alger en 1990 par les Verts, a été exposée à l’entrée du musée, attirant une grande attention des visiteurs. «La particularité du musée est l’autonomie dans sa gestion. Il vient consolider les acquis du sport algérien et signer une nouvelle page dans le cadre de la préservation de l’histoire du mouvement sportif national», s’est, pour sa part, félicité le patron du COA, Mustapha Berraf. Pour la baptisation du musée, des noms ont été proposés et la décision sera prise par le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, président d’honneur du COA. La gestion du musée olympique, réalisé par une entreprise turque, a été confiée à l’ancien gymnaste international, Mohamed Yamani. «Chacun de nous doit se rendre compte du moment extraordinaire que nous sommes en train de vivre, car à partir de cet instant nous entamons réellement la préservation de la mémoire sportive de l’Algérie», avait indiqué Yamani, premier athlète ayant représenté l’Algérie aux jeux Olympiques, à l’occasion des JO-1964 à Tokyo. Le rez-de-chaussée et les deux premiers étages ont été réservés au musée olympique, alors que le 4e étage renferme les bureaux de l’Académie olympique. L’Académie va assurer la formation de nos meilleurs athlètes qui y pourront étudier afin d’apprendre à devenir des professionnels dès leur jeune âge. « On ne fabrique pas des champions par hasard. On le fait scientifiquement », insiste Mustapha Berraf. Les autres niveaux, quant à eux, accueillent un hôtel, doté de 28 chambres (doubles, triples et suites).

Les Jeux méditerranéens de retour en Algérie
L’attribution de la 19e édition des jeux méditerranéens-2021 à la ville d’Oran en août 2015 à Pescara, (Italie) marque le retour de ces joutes en Algérie, 40 ans après la tenue des JM-1975 dans la capitale Alger. Face à l’autre ville candidate, Sfax de Tunisie, la capitale de l’ouest algérien a gagné les faveurs des votants lors de l’assemblée générale du Conseil international des jeux méditerranéens (CIJM). Le dossier de candidature algérienne a recueilli 51 voix contre 17 au profit de Sfax. Dans le camp algérien, la joie était grande après l’annonce du verdict par le président du CIJM, Ammar Addadi. Cette victoire est venue confirmer la sérénité qui a régné au sein de la délégation algérienne à Pescara à la veille du scrutin. La consécration haut la main de la ville d’Oran permettra ainsi à l’Algérie de renouer avec l’organisation des joutes méditerranéennes plus de 40 ans après avoir accueilli avec un grand succès, sportif et organisationnel, les JM-1975. Les Algériens se souviennent toujours de ces jeux tenus dans le somptueux complexe olympique du 5-Juillet, à peine 13 ans après l’indépendance de l’Algérie. Pour une première compétition internationale d’envergure, en présence de 2444 athlètes de 15 pays, le peuple algérien a vibré au rythme des exploits du coureur Boualem Rahoui (3.000 m steeple), des footballeurs Bétrouni, Draoui, Keddou, Safsafi et autres, et des boxeurs Mohamed Missouri et Nini Hocine. À présent, c’est au tour de la ville d’Oran de bien se préparer pour prendre le relais et être à la hauteur de l’événement. El Bahia a toutes les potentialités d’une grande métropole méditerranéenne : son dynamisme multiforme, ses projets structurants importants, la beauté de ses sites naturels et la qualité de ses infrastructures la rendent attractive. «Oran sera au rendez-vous et sera à la hauteur. Pour nous c’est plus qu’un défi. C’est un engagement pour nous tous et toutes, citoyens et autorités, administrateurs et administrés», a assuré le Chef de l’exécutif de wilaya, Abdelghani Zaalane. Avant les Jeux méditerranéens d’Oran 2021, Alger organisera les Jeux africains de la Jeunesses de 2018. Enfin, le président du COA, rappelle dans sa déclaration à El Djazaïr.com que le fair-play, la préservation de l’environnement, l’écologie, la paix, l’amitié et le respect sont autant de vecteurs de l’olympisme « traduits »  en actions et réalisations à travers des campagnes de reboisement, des célébrations, des ateliers d’arts plastiques, des rencontres et des séminaires estimant par ailleurs que la promotion du sport national est le ressort de tous, chacun à son niveau.  « Pour ce faire, les moyens existent. Donc, il est plus qu’impératif de se serrer la main et d’évoluer dans un débat constructif. L’État, n’a jamais lésiné sur les moyens pour soutenir et développer le sport comme en témoignent les grands programmes d’investissement inscrits depuis le début des années 2000 et qui se poursuivent à ce jour. Nous avons le devoir de s’accrocher afin que notre pays soit dignement représenté », conclut  Mustapha Berraf, qui a, au passage « remercie » toutes celles et tous ceux l’ayant soutenu « en particulier le président de la République ».
 F. H.



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