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N° 107 - Août 2017

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20e tripartite Patronat-UGTA-Gouvernement

Tous pour faire face aux tentatives de déstabilisation

Par Farid HOUALI



Ainsi, après Biskra en 2015, la tripartite délocalise pour la seconde fois ses travaux en dehors de la capitale pour marquer, encore plus fort, « notre volonté commune d’assurer un développement socioéconomique harmonieux et équilibré entre les différentes régions du pays », assurait le Premier ministre Abdelmalek Sellal dans son allocution d’ouverture des travaux de la 20e tripartite Patronat-UGTA-Gouvernement. « Son excellence Monsieur le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, salue amicalement chacun des participants à cette 20e session de la tripartite. Il sait votre patriotisme et votre engagement et vous encourage à redoubler d’efforts en faveur de l’essor de l’Algérie et l’épanouissement des Algériens dans le cadre de la paix et de la justice sociale », a ajouté le Premier ministre s’adressant aux participants à cette 20e rencontre (Gouvernement-UGTA-patronat), tenue le 6 mars dernier, à Annaba. Ces derniers ont d’ailleurs réaffirmé leur soutien à la politique des pouvoirs publics visant une relance économique vigoureuse et porteuse de croissance mais sans toucher au modèle social de l’Etat algérien. Ainsi, le Premier ministre Abdelmalek Sellal a affirmé lors de son allocution que l’encouragement de l’investissement et de la création d’activité sera conforté, tout en continuant la politique sociale de l’Etat à travers les transferts sociaux. Il s’agit donc de «pérenniser le modèle social fondé sur la solidarité entre les générations et les catégories sociales et la poursuite des programmes publics», a soutenu le Premier ministre. Le gouvernement est parvenu, en effet, «à stabiliser le cadre macroéconomique sans pratiquer une politique d’austérité, et a privilégié la recherche constante de la croissance et de la création de richesses à la gestion comptable froide et cynique», a assuré le Premier ministre. Toutefois, les éléments de conjoncture commandent de rester «vigilants» sur le plan budgétaire afin de soutenir la gestion de la vie socio-économique du pays. « L’Etat doit donc concrétiser l’impératif de justice sociale », a insisté Abdelmalek Sellal qui a appelé par ailleurs à faire face aux «tentatives de déstabilisation» de l’Algérie qui commence à enregistrer les premiers résultats de sa démarche de renouveau économique et social. « En rationalisant l’exécution de la dépense publique et en ciblant les niches de gaspillage, nous avons pu obtenir une stabilisation du budget de fonctionnement ainsi qu’une réduction notable de celui d’équipement. Les réserves de changes se stabilisent à plus de 112 milliards de dollars US et le niveau de liquidité dans les banques a atteint en janvier 2017, 1.037 milliards de DA, contrairement aux présages alarmants de certains », a encore ajouté le Premier ministre. Le volume d’importations illustre également l’efficience de cette méthode de rationalisation souple qui a permis de passer de 66,6 milliards de dollars US en 2014, à 35 milliards en 2016, et nous visons pour l’année en cours une réduction supplémentaire de 5 autres milliards de dollars US. « Ces résultats ont été obtenus sans créer des situations de pénuries ou de non-approvisionnement de l’appareil national de production dont la montée en cadence dans plusieurs domaines a permis la substitution aux marques étrangères et a facilité la mise en place d’un dispositif de licence d’importation simple, équitable et transparent », a rappelé Abdelmalek Sellal. « En résumé, nous n’interdisons et nous n’interdirons aucun produit. Nous ne stopperons pas non plus les programmes de logements, de santé ou d’éducation. Nous faisons juste plus attention à nos moyens financiers qui se sont réduits et les mettons là où ils créent de la plus-value en termes d’emplois et de développement socioéconomique du pays », a-t-il rassuré. Ainsi, le budget 2017 vise la réalisation d’un taux de croissance de 3,9%, avec une progression des segments hors hydrocarbures de 3,7%, la stabilisation de l’inflation au niveau de 4% (pour la fin janvier, elle était conjoncturellement à 6,4%) et la clôture de l’exercice avec des réserves de changes supérieures à 100 milliards de dollars US. L’encouragement de l’investissement et de la création d’activité seront confortées, selon le Premier ministre, par un train de mesures financières et fiscales allant dans le sens de la simplification et de la transparence tout en continuant à développer les crédits à l’économie qui passeront de 9.100 milliards de dinars en 2016, à 11.400 milliards pour 2017, soit une progression de près de 25% alors qu’ils étaient de 5,156 milliards de dinars en 2013.  « Avec plus de 1.630 milliards de dinars, les transferts sociaux continueront de constituer un chapitre important dans le budget de l’Etat (23,7%), et sont essentiellement orientés vers le soutien aux familles, à travers la subvention des produits de base, l’éducation et l’accès à l’eau et l’énergie, la santé, le logement, les retraites et enfin l’accompagnement des faibles revenus, des démunis et des handicapés, A cela s’ajoutera un contrôle plus rigoureux des prix à la consommation », a soutenu le Premier ministre pour qui, l’Etat a pour mission constante de concrétiser l’impératif de la justice sociale et de dire la vérité aux Algériens pour mettre en échec les colporteurs de calomnies et de mensonges. «Tous les jours et dans tous les domaines de la vie du citoyen, l’Etat a pour mission constante de concrétiser l’impératif de justice sociale. Il a également le devoir de dire la vérité aux Algériens pour mettre en échec les colporteurs de calomnies et de mensonges qui n’arrivent pas à accepter que notre pays demeure stable, uni et surtout en paix», a affirmé à ce propos Abdelmalek Sellal.

Le pouvoir d’achat : une ligne rouge à « ne pas franchir »
Insistant sur le caractère social de l’Etat algérien, le Premier ministre a déclaré à la clôture de la rencontre que « nous devons préserver le pouvoir d’achat des Algériens qui constitue une ligne rouge à ne pas franchir».  Plaidant pour une réhabilitation de la «valeur du travail», il a appelé à un «renforcement» du partenariat public-privé, susceptible, selon lui, d’«accroître le volume de la production nationale». Le Premier ministre a relevé que des secteurs, ayant connu par le passé un recul, sont «en train de renaitre », citant le cas de celui du textile, insistant pour une «consolidation de l’économie réelle». Il a évoqué, à cet égard, des projets d’investissements en matière de production du ciment dans le sud du pays, lesquels, a-t-il souligné, peuvent constituer une opportunité d’exportation vers le marché africain. Il a ajouté que le gouvernement mettra en place une structure de «veille» pour l’accompagnement de tous les projets d’investissements et l’identification des éventuels blocages.  Placé sous l’autorité du Premier ministre, ce comité de veille a pour mission de suivre les actions d’investissement, de proposer l’ensemble des voies et moyens devant concourir au développement de l’acte d’investir en Algérie. Cette nouvelle structure est chargée également d’anticiper toutes les difficultés pouvant surgir et freiner la politique nationale d’investissement et d’être interactif pour proposer des actions et solutions de facilitation. Le Premier ministre a plaidé aussi pour une réhabilitation de la «valeur du travail», tout en renforçant les partenariats public-privé, susceptible, selon lui, d’«accroître le volume de la production nationale». Abdelmalek Sellal, tout en soulignant que le tripartite est un «acquis» de la démocratie algérienne, a rappelé que cette rencontre avait permis de faire le point sur l’évolution des principaux indicateurs de l’économie nationale après la mise en œuvre du nouveau modèle pour la croissance et pour explorer des «voies nouvelles et innovantes» pour soutenir et promouvoir la production nationale.
Présidée par le Premier ministre, cette réunion s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans son message à l’occasion de la célébration du 61e anniversaire de la création de l’UGTA et du 46e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures. Précisément, dans ce message, le président Bouteflika avait exhorté les partenaires à mettre l’Algérie à l’abri de la crise financière, à travers «une relance solide et multidimensionnelle aux fins de remettre sur rail le processus de construction de l’économie nationale, une économie libérée de l’hégémonie des hydrocarbures et diversifiée à l’image de la diversification des capacités agricoles, touristiques, minières, industrielles et autres de notre pays».

El-Hadjar, le fleuron de l’industrie nationale
La tenue de la Tripartite à Annaba a été marquée par à la mise à chaud du haut fourneau n°2 relevant du complexe Sider El-Hadjar, à l’arrêt depuis juin 2015, avant de subir des travaux de réhabilitation et de modernisation de ses installations, dans le cadre d’un plan visant à atteindre un seuil de production de l’ordre de 1,2 million de tonnes d’acier liquide, à l’horizon 2017-2018. Auparavant, devant les travailleurs du complexe sidérurgique d’El-Hadjar, Abdelmalek Sellal a exhorté ces derniers à «préserver» ce site qui constitue, selon ses propos, un «acquis économique et historique» et à «très forte symbolique» pour l’industrie métallurgique en Algérie. Il a rappelé, à cette occasion, que la réhabilitation de ce complexe a été décidée «grâce à la volonté» du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et par un investissement public global de l’ordre de 720 millions de dollars. «Avec le complexe d’El-Hadjar, celui de Bellara (Jijel) et d’autres investissements, ce sont des perspectives prometteuses qui s’ouvrent pour la sidérurgie algérienne, laquelle se portera mieux à l’avenir, ce qui permettra à l’Algérie de devenir un pays exportateur dans ce domaine», a-t-il poursuivi. «A travers la réhabilitation d’El-Hadjar, le message doit parvenir à tous les Algériens, qu’en période de crise, il existe des hommes qui ont défendu les acquis de l’Algérie et son économie», a-t-il souligné. Pas trop loin d’El Hadjar, à Sidi Ammar précisément, le Premier ministre accompagné par des membres du gouvernement et des autorités locales civiles et militaire de la wilaya de Annaba, a procédé à la mise en service de l’unité des profilés du complexe sidérurgique du groupe privé national Attia. Abdelmalek Sellal a affirmé que cet investissement de statut privé «consolide l’industrie de la sidérurgie en Algérie» ajoutant que «l’Etat était disponible à apporter toute assistance» pour le parachèvement des autres unités constituant ce complexe. Appelant à adopter une vision prospective s’agissant d’assurer la matière première pour cette usine, il a mis l’accent sur l’importance de la formation des travailleurs pour une meilleure optimisation de la productivité. Selon les explications fournies sur place, l’unité assure une production de 300 000 tonnes de profilés (cornières et fils). Une fois les quatre unités de ce complexe opérationnelles, la production atteindra 1,2 million de tonnes de produits sidérurgiques. Implanté sur 20 hectares dans la localité de Deradji Redjam, dans la commune de Sidi Amar, le complexe projette l’exploitation d’autres unités de la chaine sidérurgique dont l’unité à oxygène, celle de laminage à chaud et l’aciérie. L’usine devra également employer dans l’ensemble de ses unités environ 1000 travailleurs.
 
 F. H.



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