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N° 109 - Nov 2017

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Boudjemaâ Talaï persiste et signe :

« Le transport ferroviaire restera public »

Par Yahia MAOUCHI



« La nouvelle Constitution a consacré la propriété publique du transport ferroviaire. Cela veut dire que personne ne peut, ou ne doit, un jour privatiser des entreprises du secteur ferroviaire. Donc, celui qui pense cela verse dans la spéculation. Et quand on dit consacrer et protéger par la Constitution, c’est irréversible. Le transport ferroviaire restera public », a affirmé Boudjemaâ Talaï, ministre des Travaux publics et du Transports,  à El Djazair.com, à l’occasion d’une cérémonie en l’honneur des travailleurs et cadres de son secteur qui ont réalisé la ligne ferroviaire électrifiée reliant Birtouta à Zeralda et des cadres et travailleurs des travaux publics et les entreprises qui ont procédé à la réouverture de l’autoroute Ben Aknoun-Zeralda en un temps record, après l’affaissement qui a été enregistré sur ce tronçon. Par ce rappel, Boudjemaâ Talaï se veut catégorique en termes de protection de son secteur, à savoir Air Algérie, Métro d’Alger, tramway et SNTF (Société nationale des transports ferroviaires), contre la privatisation. Corroborant ses propos par la nouvelle Constitution, notamment son article 17 qui consacre le principe de la propriété publique à ces entreprises, Boudjemaâ Talaï affirmera que « la privatisation de ce secteur est une option exclue de fait. Son excellence le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et à travers la nouvelle Constitution dans son article 17, a consacré le principe de la propriété publique des transports ferroviaires. À partir de cela, nul n’a le droit d’y penser, et personne n’y pense d’ailleurs. Le transport restera propriété du secteur public ». Par une telle affirmation, le ministère des Transports a jugé opportun d’apporter un démenti à une information faisant état de la privatisation de la SNTF à partir de 2019. Certains titres de la presse ont, en effet, annoncé la privatisation prochaine de la société nationale à la suite de la décision du changement de son statut.

Une entreprise stratégique
Considérée jusqu’à présent comme un Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), recevant des subventions de l’Etat, en plus de ses propres recettes, la SNTF devrait changer de statut en devenant une entreprise publique économique sous forme de Société par actions à responsabilité limitée (SARL) mais qui demeurera entièrement publique. En effet, dans un récent communiqué, le ministère du Transports a précisé que «l’EPIC/SNTF sera transformée en groupe public qui restera propriété intégrale de l’Etat et qui ne fera jamais l’objet de quelconque privatisation, compte tenu du fait qu’il représente un secteur stratégique au même titre que l’éducation, la santé, etc.» De ce fait, le ministre des Transports exclut toute ouverture de capital ou de privatisation de la SNTF. La priorité présentement est de faire en sorte que l’entreprise se redéploye, soit plus agressive et acquiert des parts de marché en matière de transports de marchandises, dont elle n’assure que 5% actuellement. En fait, le nouveau groupe devra gérer, pour le compte de l’Etat propriétaire, le portefeuille de la SNTF constitué de 10 entreprises et de quatre filiales en participations minoritaires qui activent dans divers métiers (logistique, signalisation, courrier express, électrification, etc.). La forme d’organisation projetée pour la SNTF permettra de « créer de la richesse et donc de la croissance et de la pérennité, sans émarger au budget de l’Etat », souligne le communiqué du ministère. Le nouveau statut permettra, en outre, de créer près de 3000 nouveaux postes d’emploi, de redéployer près de 300 emplois par la formation et de créer des écoles spécialisées dans la maintenance des matériels roulants et les différents métiers de cheminots. Une réorganisation similaire à celle adoptée pour le groupe Sonelgaz, Sonatrach, Air Algérie, SNVI, Saidal et les groupe industriels récemment créés. Pour rappel, cette réorganisation intervient dans le cadre du développement de la société qui ambitionne à augmenter le réseau de voie ferrée de 4000 km actuellement à 12.500 km à moyen terme, alors que le volume des marchandises transportée passera de 4,5 millions de tonnes/an actuellement à 30 millions de tonnes/an à l’horizon 2020. Le nombre de passagers transportés passera, quant à lui, de 32 millions/an à 80 millions/ an à la même échéance.

Un partenariat public-privé pour le financement des projets
Interrogé par El Djazaïr.com, sur les aspects pratiques des partenariats public-privé, le ministre précise que ce mode de financement n’est pas encore réglementé en Algérie. Pour cela, il faut d’abord préparer les textes réglementaires régissant ce genre de partenariat. « Il faut savoir une chose, ce mode de financement est destiné aux projets qui ne peuvent pas être financés par le Trésor public. La voie ferrée est une propriété publique. Donc elle sera financée par le Trésor public. Maintenant on peut parler d’autres systèmes de transport, qui peut être n’importe quel projet qui a un intérêt économique», explique le ministre. En effet, un projet de loi est en cours d’étude au ministère des Travaux publics et des Transports, pour permettre le partenariat public-privé, dans le financement de projets d’infrastructures, a annoncé Boudjemaâ Talaï lors d’une séance consacrée aux questions orales, au Conseil de la nation. Selon Boudjemaâ Talaï, « le Trésor public ne peut financer certains projets et il n’existe pas de loi permettant au secteur de financer les projets par d’autres fonds », assujettissant ainsi la réalisation de ce projet et d’autres à la promulgation du partenariat pour le financement public-privé. Le financement via le partenariat public-privé consiste à mobiliser les ressources financières pour la réalisation de projets d’infrastructures publiques. Cette mobilisation se fait par des opérateurs privés ou publics, notamment algériens qui bénéficieront des revenus de l’exploitation de ces infrastructures.

L’autonomie administration-entreprise
Lors de la cérémonie organisée en l’honneur des travailleurs de l’Anesrif, le ministre des Transports a voulu remettre le train sur rails. S’adressant aux cadres centraux de son ministère et aux responsables des entreprises publiques, Boudjemaâ Talaï a été ferme :« Je ne tolère aucune interférence entre l’administration et l’entreprise. » Affirmant que le code du commerce donne l’autonomie à l’entreprise, le ministre précise que les responsables au niveau du ministère n’ont aucun droit d’interférer dans la gestion des entreprises. « Ce même code a précisé la relation entre l’actionnaire et le gestionnaire dans l’entreprise publique. L’actionnaire est l’Etat. Il est représenté par des interfaces qu’on appelle aujourd’hui groupe. La seule relation que nous avons avec l’entreprise, c’est le conseil d’administration et son assemblée générale. En dehors de ce circuit codifié dans le code du commerce, je n’accepte et je ne tolère aucune interférence entre l’administration et l’entreprise. J’insiste parce que la responsabilité relève du gestionnaire. L’interférence fait changer la décision mais l’impact de la décision est assumé par le gestionnaire », insiste le ministre devant ses cadres. Par ailleurs, en rendant hommage au secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd, pour son rôle capital dans la prévention des conflits collectifs de travail, et des tensions sociales, générant des grèves qui portent un préjudice certain à la production nationale, Boudjemaâ  Talaï rappelle que « l’UGTA joue aujourd’hui un grand rôle dans la stabilité que nous constatons dans le secteur des transports et des travaux publics, et même dans tous les secteurs en général. Puisque je considère qu’en Algérie il y a stabilité, et il n’y a pas ce que pensent certains. Moi je pense que le syndicat, représenté aujourd’hui par l’UGTA, joue son rôle dans le développement des entreprises. L’entreprise algérienne a connu beaucoup d’évolutions depuis quelques années. Aujourd’hui, elle est devenue une entreprise publique économique autonome ».

Les vertus du dialogue social 
Saisissant cette occasion, le Secrétaire général de l’UGTA a évoqué les conséquences négatives des mouvements de grèves, tout en rappelant les vertus du dialogue social défendu par son organisation syndicale. Abondant dans le même sens, Abdelmadjid Sidi Saïd dira qu’«il n’y a pas mieux que la sérénité et la sagesse pour régler les problèmes sociaux professionnels compliqués des travailleurs. Entre la violence du verbe et de l’action, et la sérénité et la recherche du consensus, j’ai su que ce grand chapitre du consensus et du dialogue apporte beaucoup plus aux travailleurs que la violence ou la grève ». Le patron de l’UGTA a rendu, à l’occasion, un hommage au ministre des Travaux publics et des Transports « Le ministre, Boudjemaâ Talaï, sait faire marcher avec beaucoup de sagesse et d’efficacité et c’est très rare. Il est gestionnaire, syndicaliste, et il sait faire marcher ces différentes entreprises relevant de son secteur avec beaucoup d’efficacités. Vous avez une dynamique de consensus et du dialogue… une chose qui vous a permis de bien gérer les affaires de vos entreprises loin de toutes les relations tendues qui se répercutent négativement sur le rendement de l’activité professionnelle », a-t-il reconnu.
Rappelons enfin que la réalisation de la nouvelle ligne ferroviaire Birtouta-Zeralda, inaugurée le 11 décembre 2016 par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, est inscrite dans le cadre de l’aménagement de la région algéroise, portant modernisation et extension du réseau ferrée de la banlieue d’Alger. Cette ligne ferroviaire électrifiée à double voie relie la localité de Birtouta à Zéralda via la nouvelle ville de Sidi-Abdellah sur une distance de 21km. Cinq escales sont programmées au niveau des localités desservies. Les cinq gares en question, sont : Birtouta, Tessala El Mardja, Sidi Abdellah, cité universitaire de sidi Abdellah et Zéralda.  
    
Y. M.



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