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N° 105 - Mai 2017

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Instrument d’une transformation des structures économiques et sociales

Quand la route booste le développement

Par Smail ROUHA



Les effets positifs de l’autoroute Est-ouest, dont le premier tronçon a été inauguré en 2007 par le Président Abdelaziz Bouteflika, sont, depuis longtemps, perceptibles dans l’arrière-pays. En effet, là où la route passe, le développement suit. Nul ne peut nier l’important rôle que peuvent jouer les infrastructures et édifices relevant du secteur des travaux publics. En effet, le développement économique d’un pays est également tributaire de l’importance des infrastructures réalisées. En Algérie, la construction, depuis une décennie, de plusieurs infrastructures (autoroute Est-ouest, ports, aéroports, barrages…), a à coup sûr contribué au développement de notre économie. « Le développement des infrastructures de transport doit veiller à la rentabilisation de nos différentes réalisations et, partant, s’adapter au rythme du développement de l’activité économique à travers le territoire.  En prenant à sa charge l’entretien des chemins de wilaya et communaux, l’Etat a démontré sa volonté d’améliorer les conditions de vie et de transport des citoyens, y compris dans les localités les plus isolées », soulignait, dans son intervention en juin 2009, le Président Abdelaziz Bouteflika. Dès sa prise de fonction au poste de ministre des Travaux publics et des Transports, Boudjemaâ Talaï s’est engagé à poursuivre la mise en œuvre du programme du président de la République, tout en se fixant comme challenge de renforcer et de développer le secteur pour qu’il atteingne le niveau des standards internationaux. Pour ce faire, le ministre des Travaux Publics et des Transports a mis en œuvre un programme d’actions basé sur la réalisation des grands projets de son secteur, considéré comme étant un secteur stratégique et un vecteur de développement économique. D’autant que l’édification des infrastructures de transports a permis aux nations de se développer et de tisser des liens entre elles. En effet, la construction, l’entretien et l’exploitation de ces infrastructures font appel à des considérations politiques, économiques, financières et sociales mais aussi à des techniques qui varient en harmonie avec le développement des sociétés. De ce fait, le rôle qui est dévolu au secteur découle de la volonté de l’Etat de jeter les fondements d’une stratégie nationale de développement qui se veut durable.

Une stratégie sectorielle
Dans la perspective de la poursuite de la dynamique de croissance, impulsée et consolidée par les précédents programmes de développement engagés depuis 1999 et, basée sur les recommandations des schémas directeurs sectoriels 2005-2025 (routier, autoroutier, maritime et aéroportuaire), la stratégie du secteur des Travaux publics vise, d’une part, la préservation et la modernisation d’un patrimoine infrastructurel, de plus en plus important, et, d’autre part, la réalisation, par des investissements ciblés, de nouveaux projets structurants pour répondre aux exigences du développement économique et social. Cette stratégie vise, entre autres, la sauvegarde et la modernisation des infrastructures de base existantes et leur adaptation aux exigences de transport et de sécurité, la réalisation d’un réseau routier moderne et structurant dans le cadre de la mise en œuvre des grandes options d’aménagement du territoire. En outre, il est question de l’adaptation et du développement des infrastructures maritimes en fonction des besoins futurs ainsi que de la création de nouvelles infrastructures pour le commerce, la pêche et le tourisme, ainsi que la contribution du secteur pour une transition d’une économie basée sur les ressources vers une économie basée sur le savoir.  C’est ainsi qu’un grand nombre de projets ont été réalisés ou sont en phase de réalisation, afin de rendre ce secteur plus performant et plus efficace dans sa contribution dans le développement économique du pays.

Le plus dense réseau du continent
Convaincus que le développement du secteur des travaux publics et des transports doit figurer parmi les actions prioritaires à mener, les pouvoirs publics ont, dans le cadre du schéma national d’aménagement du territoire, tracé la politique de développement du pays jusqu’en 2025. Ce programme accorde une attention particulière au secteur des transports terrestres, grâce à un programme d’infrastructures routières et autoroutières favorisant la fluidité des échanges entre les pays du Maghreb, de l’Afrique et de l’Europe du Sud. Il mise sur la promotion du développement régional et national de l’Algérie. D’ailleurs, le plan d’actions du secteur des travaux publics a connu depuis 1999 une nouvelle dynamique confortée par l’évolution des budgets alloués à travers les différents programmes initiés par le Président Abdelaziz Bouteflika. Cette dynamique s’est traduite par la livraison d’un important nombre d’infrastructures. A ce titre, les efforts consentis depuis 1999 se sont traduits par la réalisation de plus de 12 000 km de routes, plus de 3800 km d’autoroutes et de voies rapides, 20 ports de pêche, 4 plateformes aéroportuaires, plus de 2300 km de voie ferrée, 13 km de ligne de métro, 7 lignes de tramway (Alger, Oran, Constantine Sidi Bel Abbes, Mostaganem, Ouargla et Sétif), 4 appareils de téléphériques neufs (Constantine, Skikda, Tlemcen, Alger) et la réhabilitation de appareils de téléphériques à Alger (Madania, Riadh El Feth, Palais de la Culture, Notre Dame d’Afrique), Blida, Annaba et Oran. En matière de projets structurants, il est prévu la réalisation, par des investissements ciblés, de nouveaux projets structurants pour répondre aux exigences du développement économique et social. Dans le cadre de son schéma directeur routier national (2005-2025), l’Algérie a convenu de construire plusieurs autoroutes. Celles-ci viendront s’ajouter à l’autoroute existante, Est-ouest, d’une longueur de 1 720 km. Avec une longueur de plus de 124 000 km, le réseau routier algérien demeure l’un des plus denses du continent africain.

La Transmaghrébine
Projet maghrébin de 7 000 km décidé par les chefs d’Etat de l’Union du Maghreb arabe (UMA), l’autoroute Est-ouest, axe principal du Schéma directeur routier et autoroutier, traverse l’Algérie de part en part sur plus de 1 200 km, de la frontière marocaine à la frontière tunisienne. Lancée officiellement en mars 2007 par le président Abdelaziz Bouteflika, l’autoroute, une fois achevée, devra relier entre elles vingt-quatre wilayas et desservir, sur son flanc sud, la région des Hauts-Plateaux, par le biais de raccordements. En outre, une rocade autoroutière des Hauts-Plateaux, parallèle à l’autoroute Est-ouest, devait être reliée à celle-ci par le biais de pénétrantes Nord-Sud. En outre, les autres pôles économiques, situés sur la côte et sur la zone des Hauts Plateaux, sont desservis par des pénétrantes Nord-Sud reliées à l’autoroute Est-ouest. Cette autoroute, dite maghrébine puisqu’elle fait partie du projet de l’autoroute maghrébine, représente le lien avec le réseau routier des pays voisins (le Maroc, à l’ouest et la Tunisie, à l’est). Elle permet aussi d’assurer la liaison entre les autres pays (Libye et Égypte) ouvrant ainsi un grand couloir de circulation capable de servir d’autres modes de transport vers les pays d’autres continents. En effet, le développement du transport routier dans les hauts-plateaux et le grand sud algérien permettra de redynamiser ce grand territoire à très faible densité de population. Il contribuera à la migration d’une partie de la population ainsi qu’à la délocalisation des unités de production industrielle, de la bande du nord vers l’intérieur du pays. Il ouvrira ainsi la voie à la production et à l’exportation algérienne à destination des autres pays africains.

La Transsaharienne ou le grand défi africain
La route transsaharienne, qui devrait relier à terme le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Mali aux ports de l’Algérie et de la Tunisie, s’étend dans sa partie algérienne sur plus de 2 300 km et dont la profondeur africaine est indéniable. Elle est appelée, dans le cadre d’une vision de développement économique intégrée, à relier certains investissement stratégiques prévus dans le nord, à l’image du port de Djen-Djen et du futur Port Centre, à travers l’autoroute Est-ouest et l’autoroute Chiffa-El Menaa (RN1) au sud du pays, ainsi que les pays subsahariens et constituera un axe vital pour la région. Le tronçon algérien de la route transsaharienne Alger-Lagos a été achevé, a annoncé le Premier ministre Abdelmalek Sellal le 14 janvier 2017 à Bamako, lors du 27e sommet Afrique-France. Il arajouté que le dernier tronçon de cette route, longue de 4800 km, sera achevé en 2017, dans le territoire de la République du Niger. Le projet de la route transsaharienne Alger-Lagos est née dans les années 1960 à l’initiative de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) afin de désenclaver les zones déshéritées et de promouvoir les échanges entre le nord et le sud du Sahara. Il s’agit de construire une route composée de quatre branches reliant Alger et Tunis à quatre capitales subsahariennes à Bamako, Niamey, N’Djamena et Lagos. Les six pays membres de ce comité sont l’Algérie, la Tunisie, le Niger, le Mali, le Tchad et le Nigéria.

Le port Centre, futur hub du fret maritime
Le nouveau port devra s’étendre sur une superficie de plus de 1 000 hectares et disposera d’une zone logistique de 2 000 hectares, comme il sera doté de 3 360 mètres linéaires de quai pouvant accueillir des navires de grande taille. L’infrastructure comptera 23 quais, avec un débit annuel de 6,5 millions d’EVP et reliera les réseaux ferroviaires et routiers d’Algérie, devenant un centre de transbordement régional et national. Les délais de réalisation ont été ramenés à 7 années au lieu de 10. Les travaux ont débuté. Ce projet sera réalisé par des entreprises nationales publiques et privées en partenariat avec des étrangers, selon le Premier ministre, qui avait souligné que ce port de transbordement aura des capacités « énormes». Cette vocation du futur port lui permettra, entre autres, d’acheminer les marchandises vers l’Afrique après son raccordement aux axes autoroutiers. Le financement de ce projet d’envergure, qui devra être réalisé en trois étapes, ne sera pas supporté par l’Etat. L’installation portuaire de 3,3 milliards de dollars devrait plus que tripler la capacité de manutention de fret actuelle de l’Algérie, pour atteindre les 35 millions de tonnes par an. Aujourd’hui, les ports existants d’Alger et de Ténès ont une capacité combinée de 10,5 millions de tonnes par an. Une fois finalisé en 2020, ce port « hub » sera du rang des grands ports méditerranéens pouvant accueillir les méga-navires qui dominent les routes transocéaniques.

S. R.



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