Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 108 - Oct 2017

Go

A la une

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal rassure les Algériens

« Votre gouvernement ne vous abandonnera jamais »

Par Tahar MANSOUR



Depuis la moitié de l’année 2014, deux dangers menacent l’Algérie : l’instabilité dans plusieurs pays limitrophes et la baisse très significative des cours du pétrole. L’urgence de prise de décisions courageuses et sensées s’est imposée d’elle-même. Bien que la situation économique et sécuritaire du pays n’ait connu aucun changement, l’Etat a pris les devants pour éviter la survenue de ces dangers. Une réduction des budgets de fonctionnement et des dépenses d’apparat a été effectuée dès l’annonce de la baisse des rentrées de devises et une diversification de l’économie nationale a été engagée avec des facilitations pour tous les investisseurs désirant créer des entreprises à même de générer une valeur ajoutée consistante et réduire par là le recours à l’importation de produits qui peuvent être fabriqués localement pour, à moyen terme, se tourner vers l’exportation de produits hors hydrocarbures et rétablir la balance commerciale à son avantage.

Les réformes de la loi de finances 2017
Afin de compléter la série de mesures prises pour éviter au pays une crise financière sévère, le gouvernement a étudié et mis en place une loi de finances pour l’année 2017 sous le signe de la rationalisation sans arriver à l’austérité contraignante pour tout le monde. Cette loi de finances a été élaborée sur un prix de référence du baril de pétrole à 50 dollars et un taux de change de 108 DA pour un dollar. Elle prévoit une croissance économique hors hydrocarbures de 3,9 % et une inflation de 4%. Le budget d’équipement est, lui, de 2291, 3 milliards de dinars et un budget de fonctionnement de 4591,8 milliards de dinars. La LF 2017 introduit aussi une nouvelle démarche entrant dans le cadre de la réforme budgétaire engagée par le gouvernement qui consiste en la prévision des dépenses budgétaires pour les années 2018 et 2019. Ainsi, pour chacune de ces deux années, les dépenses budgétaires annuelles prévisionnelles ont été fixées à 6800 milliards de dinars dont 4500 milliards de dépenses de fonctionnement et 2300 de dépenses d’équipement. Quant aux recettes attendues, elles sont de 5798,1 milliards de dinars pour 2018 dont 3438,4 milliards de fiscalité ordinaire et 2359,7 milliards de fiscalité pétrolière et atteindront 6424,4 milliards de dinars pour 2019, dont 3780,8 milliards de fiscalité ordinaire et 2643,6 milliards de fiscalité pétrolière.

L’austérité n’enfantera que pauvreté
Afin d’expliquer les dispositions de la LF 2017, d’éviter les quiproquos et de mettre un terme aux fausses interprétations, le Premier ministre Abdelmalek Sellal a accordé un entretien à l’ENTV, diffusé le soir-même de la signature de la loi de finances par le Président Abdelaziz Bouteflika, le 28 décembre 2016.
« Comme chaque fin d’année, un nouveau budget est dégagé après des discussions autour de la situation économique et financière du pays, et ce que nous pouvons dire, c’est que depuis maintenant trois année l’Algérie a connu un recul important de la fiscalité pétrolière après la baisse drastique des prix des hydrocarbures à partir de juillet 2013. Ainsi, après avoir plané à 110 dollars US, le prix moyen du baril de pétrole n’a pas dépassé les 43,40 USD, ce qui démontre la baisse très importante qu’ont connue les rentrées financières de l’Algérie », a rappelé, comme entrée en matière le Premier ministre Abdelmalek Sellal. Continuant son intervention, il explique que « depuis lors, et sur instruction du président de la République, nous nous sommes concentrés sur la préservation de l’économie nationale et c’était aussi pour nous une occasion de changer de système économique en Algérie sans toucher à aucun acquis social des citoyens ». Le Premier ministre ne manquera pas de parler du bond qualitatif et quantitatif qu’a connu le secteur industriel, permettant ainsi de diversifier l’économie et de changer de cap économique assez facilement. « Même si nous avons connu quelques difficultés financières durant l’année 2016, je peux annoncer officiellement que le budget de 2016 a couvert tout le programme engagé, même si certaines dotations ont connu une diminution, mais nous avons suivi une politique claire pour la rationalisation des dépenses », a-t-il continué.
Passant aux mesures prises, Abdelmalek Sellal affirme de manière péremptoire que l’Etat ne s’engagera jamais dans une politique d’austérité car « l’austérité n’enfantera que pauvreté, commérages et problèmes. Nous nous sommes au contraire tournés vers une nouvelle vision dynamique pour créer des richesses, et c’est ce qui nous pousse à continuer la même démarche pour l’année 2017 tout en améliorant la situation en ce qui concerne la diversification économique pour sortir de cette dépendance aux seules hydrocarbures comme générateur de rentrées financières ».

L’Algérie deviendra un pôle d’émergence à la fin de l’année 2019
Grâce à la nouvelle démarche économique qui sera engagée à partir de cette année 2017, l’Algérie deviendra un pôle d’émergence d’ici la fin 2019, a aussi annoncé le Premier ministre qui rappelle que « pour la première fois, la vision financière est claire d’ici l’année 2019 ». A cet effet, la LF 2017 comporte déjà les budgets de fonctionnement et d’équipement pour les années 2018 et 2019 qui sont, rappelons-le, respectivement de 5798, 1 milliards de dinars et 6424,4 milliards de dinars.
« Le pétrole peut, certes, nous aider, mais il ne pourra jamais être la source de richesse ou d’évolution de l’économie en Algérie », a aussi déclaré Abdelmalek Sellal qui annonce que tout a été fait pour arriver à une diversification réelle de l’économie algérienne en donnant comme exemple l’évolution de 16 % dans la mise en place d’entités économiques alors que la LF 2017 comporte de nombreuses facilitations pour donner de nouvelles possibilités pour la création d’entreprises économiques, comme la baisse des impôts, afin d’encourager la production nationale et de réduire l’importation de produits que nous pouvons avoir localement. « Nous avons suivi en cela la voie empruntée par les pays qui ont réussi à asseoir leur économie nationale, comme la Malaisie ou l’Indonésie qui ont fait le même choix économique », a ajouté Abdelmalek Sellal.

Une situation maitrisée
« Tous les indicateurs macro-économiques démontrent que nous maîtrisons la situation », a aussi expliqué le Premier ministre. « Que tous les Algériens soient rassurés, l’économie nationale est construite sur un système et des indicateurs qui ne nous feront pas déraper. » Et de donner l’exemple de l’inflation qui se situe en moyenne à 4%, « ce qui prouve que la vie n’est pas trop chère en Algérie et nous voyons que même l’importation a fortement chuté puisqu’elle est passé de près de 61 milliards USD à 47 milliards cette année et moins encore l’année prochaine » a-t-il indiqué. Pour la croissance économique, « elle se situe à la fin de l’année 2016 à 3,5% et nous comptons arriver à la fin de l’année prochaine à 3,9% car il y a une nette amélioration dans plusieurs secteurs de l’industrie, de l’agriculture et même dans la production des hydrocarbures, ceci en comparaison des dernières années allant de 2005 à 2015 quand nous n’arrivions même pas à produire toute notre part. La production a ainsi augmenté cette année de manière exceptionnelle, et pour le mois de décembre l’augmentation a été de près de 9,9%, de même pour l’année prochaine notre production d’hydrocarbures augmentera du même taux ou plus encore. Ceci malgré le recul des recettes générées par le pétrole qui n’ont pas dépassé cette année les 27,5 milliards de dollars mais qui atteindront, grâce aux efforts fournis par Sonatrach, et je tiens à remercier les travailleurs de cette entreprise, plus de 35 milliards de dollars US pour l’année 2018 et 45 milliards USD en 2019, ce qui démontre qu’il y a une nette amélioration », a aussi déclaré le Premier ministre, en précisant que ces chiffres sont les minimales prévisions.

Le PIB en augmentation d’année en année
Poursuivant ses explications, Abdelmalek Sellal a rappelé que le PIB augmente d’année en année et ceci revient à l’amélioration de la production avec en face une dette publique insignifiante atteignant à peine 3 milliards USD. « Ce qui veut dire que nous ne nous sommes jamais à l’endettement extérieur, et que l’économie nationale se trouve sur des bases solides », a-t-il précisé. Pour l’année 2017, si l’Algérie devrait s’endetter, elle le ferait uniquement pour les grands programmes d’infrastructures, avec une dette minime et non contraignante, a-t-il aussi assuré. « D’ailleurs nous sommes très à l’aise avec les banques internationales et ceci est reconnu par le FMI et par les institutions financières mondiales », a en plus déclaré Abdelmalek Sellal. Ainsi, le PIB, qui a été en 2016 de 17494 milliards de dinars, sera en 2017 à 19390 milliards de dinars, et en 2018 à 21000 milliards de dinars, ce qui est une preuve de la bonne santé financière de l’Algérie mais il faut aller encore plus vers la diversification économique et l’entreprenariat algérien public et privé sera au centre de toute la politique économique et c’est lui qui créera les richesses ».

Aucune différence entre entreprises publiques et privées
Dans le cadre de l’encouragement de cet entreprenariat national, M. Sellal rappelle qu’il n’y a aucune différence entre une entreprise publique et une autre privée, elles sont toutes nationales et concourent à créer de la richesse pour l’Algérie. Il prend l’exemple du foncier industriel qui constituait un handicap majeur devant les investisseurs. « Nous avons pris toutes les dispositions pour faciliter l’accès au foncier industriel aux investisseurs et ce problème a été définitivement réglé. Il y aura peut-être une petite entrave qu’ils auront à surmonter, il s’agit des liquidités auprès des banques, mais un travail de fond a été mené depuis plusieurs mois et, il y a quelques jours, j’ai eu une réunion avec les représentants des banques publiques et de la Banque d’Algérie au cours de laquelle nous avons engagé des dispositions pour faciliter et améliorer les conditions d’accès aux prêts pour les industriels investisseurs », a précisé Abdelmalek Sellal. Il y a aussi la loi sur l’investissement qui a beaucoup amélioré et facilité l’investissement privé. L’exemple de la production de ciment qui a, en l’espace d’une année, couvert les besoins du pays et même à exporter, est un indicateur des résultats obtenus par l’industrie algérienne, et ce n’est pas le seul secteur qui a connu pareil bond.

Pas de rivalité entre les membres du gouvernement
M. Sellal a voulu lancer un message fort aussi bien aux Algériens qu’aux étrangers en annonçant que « le gouvernement est uni et il n’existe aucune rivalité entre ses membres, notre but à tous est de consolider l’économie nationale pour arriver à l’autosuffisance et à l’exportation ». Dans ce cadre, il a rappelé que le seul marché que nous pouvons acquérir est le marché africain car, actuellement, il est difficile de concurrencer les Européens chez eux. Afin d’investir les marchés extérieurs, seuls garants d’une économie nationale forte, il faudrait améliorer la production et la productivité en se basant sur la qualité et la compétitivité. Pour ce faire, l’Algérie a déjà mis en place plusieurs entités industrielles dans divers secteurs, comme la métallurgie et la pétrochimie (deux raffineries vont être opérationnelles à partir de cette année), a en outre annoncé le Premier ministre.

Lutter contre toute forme de bureaucratie
M. Sellal a mis en avant toutes les actions entreprises par l’Etat pour lutter contre la bureaucratie, à commencer par les documents administratifs et d’état-civil (passeport, permis, carte d’identité biométriques), il en va de même pour la lutte contre la bureaucratie économique. « Nous avons déjà commencé à aller dans le sens de l’allègement des dossiers et des procédures et des instructions ont été données aux walis afin de faciliter toutes les démarches dans le but d’encourager l’investissement productif », a-t-il ajouté. Même les banques publiques ont amélioré le traitement des dossiers d’investissement puisque, précise Sellal, « en 2015, près de 5000 milliards de dinars ont été accordés au titre des prêts de financement, nous sommes passé à 9000 milliards en 2016 et nous arriverons à 11 000 milliards de dinars au cours de l’année 2017 ».

L’Algérie, une république démocratique sociale
L’Algérie a vu, depuis le mois de juillet 2014, une baisse assez importante de ses ressources en devises à cause du recul des prix du pétrole mais « nous sommes presque une république démocratique sociale et, malgré la baisse des revenus nous n’avons jamais abandonné notre politique sociale envers nos concitoyens, c’est la lettre de Novembre et nous sommes toujours sur cette ligne. Si certains parlent d’austérité, nous leur dirons que nous en sommes loin, nous avons plutôt opté pour la rationalisation de nos dépenses. D’ailleurs les augmentations des prix n’ont touché que quelques produits qui n’ont qu’une incidence minime sur le pouvoir d’achat et elles ont été faites de manière souple. Nous n’avons pas augmenté le prix du gasoil de manière sensible car il est utilisé pour l’agriculture, les transports en commun, c’est-à-dire la catégorie la plus faible de la population », a-t-il déclaré.

Aucun problème de finances publiques durant l’année 2017
Pour l’année 2017, le Premier ministre rassure : « Je le dis et je le répète devant Dieu et les hommes : En 2017 tous les produits dont a besoin la population seront disponibles, même si en matière d’équipements nous ne pourrons pas dépasser les 2100 milliards de dinars. Je le confirme encore une fois, nous avons les possibilités financières pour faire face aux dépenses inhérentes aux besoins des citoyens. En outre, les transferts sociaux ne seront en aucun cas touchés, c’est un ordre formel du Président Bouteflika. Si en 2016, ils ont atteint 23 % du budget, ils seront cette année à 23,7%, soit 10,8% du PIB ». Le gouvernement s’engage aussi à continuer à soutenir les prix des produits de première nécessité qui ne sont d’ailleurs pas touchés par l’augmentation de la TVA du moment qu’ils en sont exonérés.

Les projets lancés ne seront ni bloqués ni gelés
Toujours concernant la politique sociale de l’Etat, Sellal a réaffirmé la volonté de son gouvernement de ne revenir sur aucun acquis social des citoyens et a annoncé qu’aucun projet lancé n’a été ni bloqué ni gelé malgré la baisse de revenus constatée depuis juillet 2014, que ce soit ceux du logement, des infrastructures ou autres. Il a affirmé aussi que la classe moyenne des Algériens doit bénéficier des revenus de l’Etat en premier lieu : « C’est cela notre politique sociale, c’est cela la justice sociale, car le rôle de l’Etat est d’être avec les pauvres et ceux aux bas revenus. »

Une réunion de la tripartite en mars 2017
Le Premier ministre a annoncé la tenue de la tripartite (gouvernement, syndicat et patronat) en mars 2017 afin de réétudier la situation économique et sociale du pays car « la majorité des décisions que nous prenons sont faites de manière collégiale après des discussions avec tous les partenaires », a-t-il rappelé. Nous chercherons aussi, au cours de cette réunion, à soutenir davantage le secteur économique car, je le répète, c’est la pierre nodale de toute avancée.
A la fin de son intervention, M. Abdelmalek Sellal a affirmé : « J’ai voulu par mes paroles rassurer tous mes concitoyens sur la situation financière de l’Algérie et sur celle de l’année à venir. Vous avez remarqué à travers tous les chiffres et les prévisions que j’ai cités qu’il y a une véritable maitrise de tout ce qui touche le citoyen dans sa vie de tous les jours et que nous devons aussi utiliser toutes les forces existantes, nous en avons les moyens, pour parvenir à consolider notre économie pour que tous les Algériens puissent en tirer profit. Il faut dire aussi que la stabilité que connait l’Algérie a été obtenue grâce à une politique sensée et forte de l’Etat sous l’autorité unique du président de la République. L’Algérie est aussi connue aujourd’hui pour exporter, outre les hydrocarbures, la paix et le bonheur. Nous ne sommes pas optimistes au-delà de ce qu’il faut mais il est certain que nous avons les possibilités pour que l’année 2017 soit une année normale qui nous permettra d’aller de l’avant et d’améliorer notre rendement économique en le diversifiant. Enfin, je rappelle à tous mes concitoyens que leur gouvernement est à leur service et qu’il ne les abandonnera jamais ».
T. M.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Tahar MANSOUR

Les plus lus

L'Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Cybercriminalité
Par Dr. Djalila RAHALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF