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N° 109 - Nov 2017

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Réunion des bureaux centraux de la région MENA d’Interpol

L’Algérie à l’avant-garde de la lutte contre la criminalité

Par Smail ROUHA



Une menace pour l’un constitue une menace pour tous. Chaque État a besoin de la coopération internationale pour garantir sa sécurité car la coopération est la seule manière de progresser. Car nul n’est en mesure de lutter seul contre le terrorisme, y compris les grandes puissances. Une coopération devenue cruciale au moment où la montée en puissance de l’extrémisme violent fait naître des défis en matière de sécurité à la fois inédits et complexes. La volonté de certaines personnes de franchir les frontières pour rejoindre des zones de conflits devenus des pôles d’attractivité majeurs, la commission d’attaques terroristes à leur retour dans leur pays d’origine, la radicalisation d’autres individus, les trafics illicites et la destruction du patrimoine culturel de l’Humanité : tous ces agissements permettent à ces menaces de se propager, comme la récente actualité vient de le rappeler tragiquement. Une actualité qui ne peut laisser personne indifférent et appelle à l’union et à la solidarité. D’autant que le développement et la sécurité sont des enjeux interdépendants qui se renforcent mutuellement, comme n’a cessé de le répéter le Président Abdelaziz Bouteflika pour qui sans sécurité, point de développement.
En effet, le développement constitue la première ligne de défense d’un système de sécurité collectif en donnant aux États les moyens de combattre non seulement le terrorisme mais également les différentes formes de criminalité organisée qui viennent aggraver ce fléau : crimes contre l’environnement, trafic de stupéfiants, crimes contre les enfants, corruption et crimes financiers qui sapent l’Etat de droit, ainsi que la cybercriminalité contre laquelle l’Algérie a renforcé son action en se dotant en 2009 d’une loi portant sur les règles particulières relatives à la prévention et à la lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication, et d’un centre de prévention et de lutte contre la criminalité informatique et la cybercriminalité (CPLCIC) relevant de la Gendarmerie nationale. Devoir affronter les évolutions rapides et une complexité de plus en plus grande et y apporter des réponses adaptées font partie intégrante du développement de tout pays, et bien sûr de toute organisation. C’est précisément ce dont ont débattu les responsables des Bureaux centraux nationaux ( BCN) des pays membres d’Interpol pour la région Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), lors de la 8e Réunion, organisée au centre de commandement et de coordination à la cité des sciences de la DGSN à Alger, qui a constitué un espace important d’échange des vues et d’approches quant aux défis sécuritaires que doivent relever les pays de la région MENA, comme l’a souligné le contrôleur de police Ali Ferrag, directeur de la police judiciaire à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), qui représentait le DGSN, le général-major Abdelghani Hamel, à l’issue des travaux de cette réunion. Une rencontre rehaussée par la présence de Jürgen Stock, Secrétaire général d’Interpol, accompagné de son staff d’expert de haut niveau, de l’adjoint au Secrétaire général du Conseil des ministres de l’Intérieur arabes, du directeur de l’Université Nayef des Sciences sécuritaires et les représentants du Secrétariat général du Conseil de Coopération des pays du Golfe et de hauts responsables de la direction générale de la Sûreté nationale. Ont prit part également à cette réunion annuelle les chefs des bureaux centraux nationaux des pays de la région (Algérie, Qatar, Bahrein, Egypte, Jordanie, Maroc et Soudan, Iraq, Royaume de l’Arabie Saoudite, Syrie, Yémen…), des experts internationaux dans le domaine de la coopération policière internationale relevant de des organisations régionales concernées.

Le projet Interpol 2020 en débat
Cette conférence a été l’occasion pour les responsables des BCN pour la région MENA de débattre de la feuille de route d’Interpol à l’horizon 2020 (Projet Interpol 2020), qualifié de fondement de l’évolution de l’Organisation. « Le thème principal de la réunion sera sur la feuille de route 2020 d’Interpol », a déclaré à la presse le général-major Abdelghani Hamel à l’issue de l’audience qu’il a accordée à Jürgen Stock, Secrétaire général d’Interpol. Lors de cette audience, les deux responsables avaient abordé « la coopération entre l’Algérie et l’Interpol et les possibilités de consolider cette coopération », a révélé le général-major Abdelghani Hamel, ajoutant « avoir évoqué également les dangers ainsi que les défis que l’Algérie et Interpol doivent relever ». De son côté, Jürgen Stock a indiqué que la rencontre « va permettre de renforcer notre coopération avec l’Algérie en identifiant les crimes émergents et les méthodes d’y faire face à travers une stratégie de lutte dans la région et même au-delà », tout en estimant que la réunion d’Alger « sera une opportunité de parler des expériences en matière de menaces et des bonnes pratiques de lutte contre le crime organisé, la cybercriminalité, le terrorisme et la traite des personnes ». Abordant l’expérience algérienne en matière de lutte antiterroriste, le premier responsable d’Interpol a relevé que l’Algérie « a développé beaucoup d’outils en matière de lutte contre le crime transfrontalier et que l’expérience algérienne sur ce terrain est très bénéfique pour d’autres pays de la région ». D’autant que l’établissement de partenariats stratégiques constitue un élément essentiel de l’initiative Interpol 2020. En marge de l’audience, le SG d’Interpol a été honoré par le directeur général de la Sûreté nationale et les deux responsables se sont échangé des plaques commémoratives.

Pour une action participative coordonnée face à la criminalité
Dans son intervention de clôture, le contrôleur de police Ali Ferrag a relevé la nécessité de conjuguer les efforts face aux défis sécuritaires auxquels sont confrontés les pays de la région, à travers, notamment, le renforcement de la coopération et la concertation entre les polices de ces pays, avec le renforcement des capacités opérationnelles. D’ailleurs, le rôle de l’Algérie et son engagement en faveur de la paix et de la stabilité aux niveaux régional et international ont été fortement soulignés par les participants. En effet, l’Algérie s’est engagée avec plusieurs partenaires internationaux, pays ou organisations régionales et internationales, afin de lutter contre le terrorisme, le crime organisé, l’extrémisme violent et la radicalisation. Un état de fait rappelé par Jürgen Stock dans son discours inaugural où il a souligné « les grands efforts consentis par l’Algérie en faveur de la coopération internationale et de l’action participative». D’ailleurs, dans son intervention d’ouverture, le directeur de la police judiciaire à la DGSN a appelé à une action participative coordonnée à même de favoriser le développement d’une vision globale unifiée face à la criminalité et aux défis sécuritaires. « Face aux défis de la criminalité et aux enjeux sécuritaires qui constituent une nouvelle réalité, nous devons privilégier une action participative coordonnée de nature à favoriser le développement d’une vision globale et unifiée appuyée sur une approche commune qui englobe tous les niveaux règlementaire, stratégique, opérationnel et juridique », a soutenu le contrôleur de police Ali Ferrag tout en rappelant que l’Algérie qui a réalisé de « grandes avancées » dans la lutte contre différentes formes de crimes transnationaux, notamment le terrorisme, n’a eu de cesse et ne cessera jamais, de déployer des efforts pour contribuer à la consolidation de la sécurité et de la stabilité qui s’imposent comme une exigence pour la communauté de police internationale y compris au sein d’Interpol.

De la nécessité d’échanges d’informations
« Consciente de la nécessité d’intensifier la coopération internationale et la coordination permanente dans le domaine de l’échange d’informations et d’expertises au niveau bilatéral ou multilatéral sous la supervision d’Interpol, la DGSN a assigné au bureau central national-Interpol, un rôle pivot en matière d’échange de données criminelles, d’appui aux investigations criminelles et de renforcement des capacités opérationnelles », a fait savoir le directeur de la police judiciaire à la DGSN qui a toujours privilégié le partenariat, notamment en matière de cybercriminalité, de terrorisme et de crime organisé. Aussi, la coopération policière par le canal d’Interpol est un impératif incontournable de même que la conjugaison des efforts constituait le moyen idoine de faire face aux défis qui se posent actuellement à la région à l’image des crimes du terrorisme, de la cybercriminalité et du trafic illicite de drogue. Dans son discours, le contrôleur de police Ali Ferrag a affirmé que « la promotion d’un modèle de coopération policière internationale empreint de transparence (…) en termes d’échanges rapides et sécurisés des informations, d’expertises et d’expériences, de renforcement des capacités opérationnelles et de l’appui logistique au profit des services concernés par l’application de la loi, constitue en soi la réponse la plus appropriée contre le crime organisé sous toutes ses formes ». L’analyse du contexte sécuritaire actuel aux plans régional et international donne à conclure que les crises sécuritaires internes que connaissent certains pays de la région associées aux effets néfastes de la mondialisation en l’absence d’une bonne gouvernance et les implications du terrorisme international « sont à l’origine des défis criminels aussi étendus que complexes, qui se posent à la région », a soutenu le responsable de la police judiciaire à la DGSN.

Une plateforme de données contre le crime organisé
Dans le cadre du Projet Interpol, une plateforme de données pour la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et transfrontalier sera mise en place à l’horizon 2020, a fait savoir Jürgen Stock, Secrétaire général d’Interpol. Dans ce cadre l’Algérie, de par sa grande expérience dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, est sollicitée pour enrichir cette plateforme. « D’autant que c’est l’un des pays qui utilisent d’une façon très positive la banque de données d’Interpol dans le cadre de la lutte contre le crime. Nous allons nous réunir avec la police algérienne le mois prochain pour établir un plan de travail autour de cette question », a révélé Jürgen Stock, assurant que l’organisation de cette réunion en Algérie traduit la reconnaissance d’Interpol envers cette dernière pour les efforts qu’elle fournit dans la lutte contre la criminalité et le terrorisme. En effet, dans sa feuille de route de 2020, à l’initiative de Jürgen Stock, Interpol vise une réforme approfondie en faveur de la bonne gouvernance, des partenariats stratégiques, des technologies innovantes, et ce, en adaptation avec la nouvelle architecture policière mondiale. Un avis partagé et soutenu par la DGSN comme l’a souligné le contrôleur de police Ali Ferrag pour qui « cette idée d’une stratégie unifiée constitue déjà un mécanisme de prévention et de lutte. Surtout dans la région MENA où les crises sécuritaires, l’absence d’une bonne gouvernance et le terrorisme international rendent difficile la lutte contre la criminalité ». Dans ce contexte, Afripol sera un support de la plus haute importance dans la lutte contre le crime, non seulement en Afrique mais aussi dans le monde entier.

Professionnalisme et efficacité
Mettant à profit la réunion des responsables de Bureaux centraux nationaux des pays membres d’Interpol pour la région MENA, Jürgen Stock s’est rendu au siège d’Afripol et au Centre de contrôle et de commandement pour prendre connaissance des développements et progrès réalisés par la police algérienne en matière de prestations sécuritaires. Au Centre de contrôle et de commandement, des explications détaillées sur le fonctionnement de ce centre relevant de la DGSN ont été fournies par le contrôleur de police Zinedine Maâkouf, directeur des moyens techniques à la DGSN. Composé de huit salles, dont celles des événements majeurs, de prise de décision, des caméras déportées, de sécurité publique et trafic routier, ainsi que le suivi des événements, le centre gère les caméras de télésurveillance exploitées par la DGSN. Sur un autre registre, Jürgen Stock a eu des explications sur l’utilisation de la vidéoconférence, système entrant dans le réseau des données de la DGSN, ainsi que le réseau numérique des télécommunications basé essentiellement sur le positionnement des véhicules de la police en panne ou en difficulté. Le Secrétaire général d’Interpol a également pris connaissance des moyens de gestion démocratique des foules, des mécanismes d’action de l’Unité aérienne de la Sûreté nationale et des techniques et technologies modernes utilisées au niveau du laboratoire de la police scientifique et technique. Au siège d’Afripol sis à Ben Aknoun, Jürgen Stock a suivi un exposé présenté par le directeur de la police judiciaire, Ali Ferrag, durant lequel ce haut fonctionnaire a relaté les différentes étapes de la création de cet organisme africain, inauguré en décembre 2015, ainsi que ses principales missions, dont notamment la lutte contre le crime organisé transfrontalier, le terrorisme, le trafic d’armes et de drogues, ainsi que l’encouragement de la coopération sécuritaire régionale. A l’issue de cette visite, le Secrétaire général d’Interpol s’est dit impressionné par « le professionnalisme et les standards de haut niveau de travail de la police algérienne atteint par la police algérienne ».
S. R.



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