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N° 109 - Nov 2017

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Ecole des cadets de la nation de Sétif

Un réceptacle de l’élite militaire

Par Ahmed BOUDRAA



L’idée des écoles des cadets n’est pas nouvelle. Les stratèges algériens l’ont conçue avant même que l’indépendance de l’Algérie ne soit officiellement proclamée. En effet, c’est vers la fin de l’année 1961 que l’État-major, commandé alors par le colonel Houari Boumediene, l’a conceptualisée en visant un double objectif : social, d’abord, en créant un débouché naturel et patriotique aux enfants de chouhadas, considérés comme un rempart inexpugnable  pour la défense de la patrie au bénéfice de laquelle leurs parents se sont sacrifiés ; stratégique, ensuite, en jetant les base d’une formation militaire, pour le moyen et le long terme, au profit des futurs officiers et cadres de l’armée nationale populaire (ANP), institution, placée, alors, au firmament des priorités afin de lui conférer la meilleure configuration organisationnelle possible avec l’objectif affiché de défendre l’intégrité du territoire national.
Ces établissements créés officiellement en 1963 portaient le nom d’Écoles des cadets de la révolution. Elles n’auraient jamais dû être dissoutes. En 1986, pourtant, la décision de leur fermeture fut prise alors que le pays commençait à vivre les signes avant-coureurs d’une période trouble qui devait durer plus d’une décennie. Qu’à cela ne tienne. En février 2008, le Président Abdelaziz Bouteflika décida de la réouverture des écoles des cadets de la Révolution avec toutefois un petit changement concernant l’appellation : le mot révolution a été remplacé par nation, moins connoté idéologiquement car l’Algérie, au lendemain de l’indépendance,  avait choisi la voie du socialisme et la mission des cadets en sus de la sauvegarde et de la protection de l’intégrité du territoire, était de défendre ce choix socioéconomique et les acquis qui devaient en découler.Cela étant, la réouverture de ces écoles ne relève nullement d’une quelconque coquetterie intellectuelle mais elle procède d’une réalité que commande une impérieuse nécessité : la révision continuelle et permanente des stratégies de défense du territoire national, au gré de la géopolitique et des potentiels dangers qu’elle est susceptible de charrier. Une révision qui ne pourrait s’accomplir de manière efficiente qu’au moyen d’une professionnalisation et d’une modernisation des forces armées dont les écoles des cadets de la nation seront les pourvoyeuses en ressources humaines d’élite et d’encadrement afin de se mettre au diapason de l’évolution et des progrès survenus dans le domaine militaire et son corollaire l’innovation de l’armement acquis ou fabriqué. C’est dans cet esprit que ces institutions, placées sous l’autorité du ministère de la Défense nationale, en coopération avec le ministère de l’Éducation nationale, sont nées à l’effet de prendre en charge les cadets du cycle pédagogique secondaire.

Des conditions d’accès aux Écoles des cadets de la Nation
En concrétisation de la décision du président de la République Abdelaziz Bouteflika, chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, pour la création des écoles des cadets de la Nation, le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, avait présidé, le 8 septembre 2015, la cérémonie de l’inauguration officielle de l’école des cadets de la Nation de type lycée, sise à Sétif 5e Région militaire, comme ce fut le cas auparavant pour  l’école des cadets de la Nation d’Oran  en 2009, sous le commandement de la 2e région militaire, et en 2013 pour celle  Blida, relevant de la 1re région militaire.Ces édifices éducatifs, qui représentent un grand acquis pour la nation en général et les parents d’élèves en particulier, prendront en charge ces élèves avec un bon encadrement pédagogique, au regard des moyens humains et matériels de haut niveau mobilisés pour leur réussite. D’ailleurs, ces écoles ont commencé à donner leurs fruits avec les résultats obtenus par les cadets d’Oran, de Béchar et de Blida, aux épreuves du BEM et du Bac, avec un taux de réussite de 100%. En 2015, les deux Écoles des cadets de la Nation, de Blida et d’Oran, ont obtenu un taux de réussite de 100% à l’examen de baccalauréat. Sur les 248 lauréats, 63 ont obtenu la mention Très Bien tandis que trois cadets ont obtenu la mention Excellent. Avec ces écoles des cadets de la Nation, l’Armée nationale populaire participe activement à la prise en charge et à l’épanouissement des jeunes algériens. Située à quelques encablures du chef-lieu de la wilaya, l’école des cadets de Sétif a accueilli sa première promotion en 2015 après avoir procédé au recrutement du personnel enseignant et organisé le concours d’accès à l’écoleaux élèves répondant aux critères requis, en vue d’un enseignement de qualité et d’une formation paramilitaire, axée sur les aspects disciplinaires de base et des comportements militaires, conjointement à une instruction civique et morale, orientée vers le sens du devoir et de l’amour de la patrie. Elle est constituée d’un commandement et de bureaux : le bureau des relations publiques, le bureau social, le bureau de l’informatique, le bureau de la communication, de l’information et d’orientation (BCIO) et le bureau de la prévention et de la sécurité de l’armée.En effet, le concours en question, comme l’affirme le colonel HocineGhediri, directeur de l’école, est ouvert aux élèves provenant de l’enseignement général ayant obtenu une moyenne générale équivalente à 12 /20 au BEM dans les filières scientifique et mathématique.C’est le seuil minimal exigé par le ministère de la Défense nationale aux prétendants qui devront postuler via internet. Mais devant la forte demande d’accès à la formation de cadet de la nation, la barre a, en toute logique, été élevée pour atteindre le 15/20 de moyenne générale pour former des classes pédagogiques de 20 élèves comme norme plafond à ne pas dépasser sous aucun prétexte. Le traitement des dossiers se fait de manière rigoureuse au niveau de la direction des écoles des cadets de la nation du ministère de la Défense nationale avant de délibérer le nom des « élus » par ordre de mérite. C’est dire que les places sont difficilement atteignables à l’Ecole des cadets de Sétif, mais cela tombe sous le sens puisqu’il s’agit de former une élite.Les aspirants cadets sont ainsi soumis à un examen comportant les épreuves de physique, de mathématiques et de langue arabe. C’est l’Office national des examens et concours (ONEC), sollicité par la direction des écoles des cadets de la nation, qui est chargé d’élaborer les sujets du concours. Trois sujets pour chacune des trois matières sont retenus, offrant ainsi une palette assez large aux concurrents qui, faut-il le souligner, auront au préalable passé et réussi les épreuves sportives ainsi que des tests médicaux pointus. Cela dit, les places pédagogiques devraient être partagées avec la fournée de cadets de la nation issue des écoles des cadets de la nation du cycle moyen de Béchar, Laghouat, M’Sila, Batna, Tiaret, Bejaia et Tamanrasset, lesquels doivent être ventilés dans les troistrois écoles des cadets de la nation dédiées à l’enseignement secondaire que sont Oran, Blida et Sétif.« C’est cemelting pot entre  militaires en herbe et prétendants  à la tenue kaki qui va accélérer le processus d’adaptation de ces derniers, dès lors qu’ils ont un modèle à suivre en matière de rigueur et de discipline, vertus cardinales pour réussir une carrière militaire », dira le colonel Hocine Ghediri. Quant aux études dispensées, elles sont calquées sur le modèle en vigueur dans l’enseignement général et étalées sur un volume horaire de 36 à 40 heures par semaine. L’imprégnation et l’apprentissage à la vie militaire se font durant les cours inclus dans les modules de l’ordre militaire, de la sécurité militaire et de l’initiation à la santé et à l’hygiène. La discipline, l’amour de la patrie et l’esprit de corps, principes fondamentaux sont également explicitement enseignés au cours de séances formelles et de manière diffuse et implicite, vu que les cadets évoluent quotidiennement dans un environnement militaire strict auquel ils ne tarderont par s’imprégner dès les premières semaines de leur incorporation. La première année d’étude est un tronc commun dédié aux sciences et la seconde aux sciences et aux mathématiques en plus de la langue arabe, l’anglais, le français, l’histoire géographie, bref, le cursus que l’on trouve habituellement dans tous les lycées du pays. La première cuvée de prétendants au baccalauréat de l’école des cadets de la nation de Sétif est prévue au terme de l’année scolaire 2017-2018. Neuf classes seront alors au rendez-vous au jour J : 6 dans la filière scientifique et 3 dans celle des mathématiques dont les meilleurs éléments seront affectés à l’académie militaire de Cherchell ainsi qu’à l’école d’engineering. Les autres continueront leur carrière selon leurs vœux, si possible, sinon, ils seront mis à la disposition du commandement général qui se chargera de les affecterdans d’autres écoles qui ne sont pas, elles non plus, en déficit derenommée.

Une école aux grandes ambitions
Ne lésinant point sur les moyens humains, financiers et pédagogiques, les responsables de cette école mettent tout en œuvre pour leur faire atteindre un haut niveau d’instruction. Le staff professoral de l’Ecole est bien-entendu composé d’enseignants relevant de la direction de l’éducation de Sétif, appelés à appliquer les mêmes programmes, horaires, matières que dans les établissements publics, alors que les pensionnaires de l’Ecole bénéficient des mêmes vacances que leurs semblables civils et passent leurs examens conformément au calendrier national fixé par le ministère de l’Education nationale. L’aspect didactique et pédagogique au sein de l’école de Sétif est dirigé par un directeur  de l’enseignement civil,Abdelhafid Berbagui, détaché du ministère de l’Éducation nationale, lequel chapeaute 60 professeurs de différentes matières, issus de l’enseignement général et triés sur le volet suite à une enquête rigoureuse s’articulant à la fois autour de l’aspect professionnel de l’enseignant qu’à celui de sa rectitude et de son sérieux dans sa sphère privée. La direction de la formation et de l’encadrement est confiée au colonel Mohamed Kouici, quant à la surveillance générale, elle est sous la responsabilité du lieutenant-colonel Djamel Dahmani. Cette combinaison de savoir-faire civil et militaire se consacre entièrement à la vie studieuse du cadet, laquelle est entièrement encadrée et programmée, non seulement dans sonaspect pédagogique mais également dans son corollaire, l’aspect psychologique. En effet, une conseillère pédagogique assistée de deux psychologues (un psychopédagogue et psychologue clinicien) ontpour mission de détecter les éventuelles défaillances des cadets dans le suivi des cours, le manque de concentration ainsi que les faiblesses dans les résultats dès qu’apparaissent les premiers signes. C’est donc à une psychothérapie préventive et clinique que se livrent les membres de cette équipe tout au long du parcours des cadets, pris individuellement ainsi qu’à des interventions de sociothérapie de groupe. Ils ont compétence pour orienter l’itinéraire pédagogique du cadet et stimuler son sens de la curiosité ainsi que sa bonne volonté en suggérant les remarques au directeur de l’école lequel consulte, pour se faire, ses assistants en cas de besoin. L’activité sportive est obligatoire et fait partie du quotidien des cadets. Elle est soutenue par une nourriture diététique dont la teneur en calories est soigneusement étudiée pour l’épanouissement du cadet durant cursus scolaire. Les soins médicaux sont prodigués par une équipe médicale sous la houlette d’un médecin chef, secondé par un médecin généraliste et un chirurgien-dentiste. Les interventions sont rares hormis dans le registre de la « bobologie » (rhum, migraine bénigne…) étant donné que les cadets, jeunes et vigoureux,ont été soumis à des check-up médicaux très pointus dès leur entrée à l’école. N’empêche, le centre médical est doté d’un matériel des plus modernes et de salles de soins propres. Une salle d’admission des malades joliment peinte de manière à conférer le maximum de repos aux cadets ainsi qu’une salle d’isolement munie de tous les accommodements pour parer à une éventuelle maladie contagieuse. Un stade, deux maticos, une bibliothèque, des salles de lecture, deux cybers, une salle de jeux, un foyer, un club « vert », déjà opérationnel à l’effet d’ancrer les réflexes écologiques dans la personnalité du cadet « qui ne devrait être ce soldat rigide insensible aux belles choses », dira le directeur de l’école non sans une pointe d’humour, et un amphithéâtre de 450 places agrémenté d’une scène où les cadets présentent leurs spectacles lors des fêtes nationales, assistent  aux conférences ainsi qu’aux directives et aux recommandations périodiques du directeur de l’école, le colonel HocineGhediri, lequel se dit honoré ainsi que son staff se dévoue corps et âme à cette noble mission, confiée par le commandement militaire du pays dont l’objectif est d’assurer une relève des plus performantes à l’institution militaire et, par ricochet, à cette belle et chère patrie qu’est l’Algérie.
 
 
A. B.



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