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N° 104 - Avril 2017

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Les programmes de logements en Algérie depuis l’indépendance

Le Président Bouteflika, ou la dignité retrouvée des Algériens à travers le logement

Par Tahar MANSOUR



La Constitution, dans son article 67, stipule que « l’Etat encourage la réalisation de logements et à en faciliter l’accès aux catégories défavorisées » et a tout mis en œuvre pour y arriver. Mais c’était une bataille très dure qui devait être menée par toutes les composantes de la société algérienne car le déficit à combler était énorme au lendemain de l’indépendance et les moyens du pays encore dérisoires. Mais les pouvoirs publics se sont attelés à la tâche avec la ferme détermination de faire bénéficier chaque famille algérienne nécessiteuse d’un logement décent, en lui faisant payer un loyer en fonction de ses revenus.

1962, la joie et la misère
Quand les colons français ont quitté l’Algérie en 1962, ils ont laissé un pays en ruine et des populations qui avaient été marginalisées et dépouillées de toutes leurs terres. Avoir un « gourbi » en terre battue ou une baraque de zinc aux alentours des villes et des fermes des colons était un luxe pour la majeure partie des Algériens. Mais, malgré cette misère extrême, le départ des colons a été vécu dans la joie immense de dignité retrouvée. Aussitôt les différents rouages de l’Etat algérien mis en place, le gouvernement s’attela à promouvoir la qualité de vie des citoyens qui passe par la garantie d’un toit pour abriter les siens. Mais il faut dire que ce n’était pas chose aisée puisqu’il fallait loger décemment tous ceux qui avaient fui les douars des montagnes détruits par les bombardements incessants de l’aviation et aux destructions systématiques de tout ce qui leur appartenait. En plus de cela, les dizaines de milliers de familles réfugiées en Tunisie et au Maroc, ou ailleurs, rentraient au pays et il fallait aussi trouver des solutions pour les loger. Pour parer au plus pressé, ces familles se sont installées aux alentours des grandes villes créant des bidonvilles immenses devenus ensuite des plaies purulentes. Quant aux habitations laissées par les colons, leur nombre était insignifiant par rapport aux besoins immenses du peuple.

Le public locatif et le rural pour commencer
Dès lors, le gouvernement algérien a commencé à lancer des programmes de réalisation de logements neufs, dont le nombre était plutôt bas par rapport aux besoins mais assez conséquents, vu les moyens dérisoires dont il disposait. Mais ceci n’empêcha pas l’Algérie de construire, pour la période 1962-1966, 37450 logements public locatif et 16870 logements ruraux, afin d’encourager les fellahs à retourner travailler leurs terres spoliées par les Français. Le nombre de logements réalisés par la suite est allé crescendo mais sans vraiment combler le trop lourd déficit enregistré. Jusqu’en 1998, l’Algérie a réalisé un palmarès très honorable en construisant au total 1.705.173 unités, dont la plupart par de grandes entreprises nationales (Sonatiba, DNC/ANP, Sorecal, etc.). Le tableau ci-dessous illustre on ne peut mieux l’évolution des réalisations dans les différents types :

Une révolution du logement à partir de 1999
Malgré tous les aléas et les problèmes rencontrés par l’Algérie durant sa courte histoire de nation indépendante, nous remarquons que le nombre de logements réalisés est assez important, même s’il ne répond pas d’une manière adéquate aux besoins, chaque jour plus importants, de la population algérienne qui a connu un taux de natalité élevé, une amélioration de la qualité de vie et une espérance de vie plus longue. La période coloniale puis celle de la tragédie nationale durant les années 1990 forcèrent les habitants des zones rurales à se rapprocher des villes plus sûres pour la sécurité et leur offrant plus de chance de travail. De nombreux bidonvilles naissent alors, constituant une plaie sociale et environnementale qu’il fallait éradiquer. Dès 1999, de nombreux programmes ont été initiés par le gouvernement sous l’égide du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui a promis de réaliser des millions de logements et d’éradiquer tous les bidonvilles à travers le territoire national, et particulièrement dans la capitale, rendant leur dignité à tous les Algériens, surtout les plus démunis. A partir de là, une dynamique nouvelle fut impulsée au secteur de l’habitat et tout fut mis en œuvre pour le lancement des différents programmes. Plusieurs types de logements furent introduits ou encouragés, dont celui de la location-vente qui prit un essor considérable, aussi bien par le nombre de logements que par les facilités qu’il permettait aux citoyens désireux d’acquérir un toit à la mesure de leurs revenus et de leurs capacités financières.
Dans le tableau ci-dessous, nous pouvons remarquer que la période de 1999 à 2004 a connu la réalisation de 615 763 logements, soit l’équivalent de 36% de ce qui a été réalisé de 1962 à 1998 (36 ans), ce qui représente un bond quantitatif très important. Mais ce chiffre n’est rien par rapport à ce que le gouvernement a pu réaliser durant les deux quinquennaux 2005-2009 et 2010-2014 qui ont vu la réalisation de, respectivement, 834.699 et 1.096.473 unités, en plus du quinquennat actuel (2015-2019) avec 463.213 unités réalisées en moins de deux années.

Haro sur l’habitat précaire
Permettre à tous les citoyens sans exclusive de vivre dignement dans des logements décents a toujours donc constitué pour l’Etat algérien une priorité qui a été porté haut et fort par les différents programmes, avec une avancée unique depuis 1999, année qui a vu l’investiture du Président Bouteflika pour qui éradiquer l’habitat précaire était considéré comme la priorité des priorités. Les plus sceptiques avaient tiqué à l’annonce de la réalisation de 3 millions de logements pour venir à bout de la crise du logement que vivait l’Algérie depuis l’indépendance avec, en prime, l’éradication de tous les bidonvilles agglutinés autour des principales grandes villes du littoral, telles des excroissances cancéreuses qui s’agrandissaient de jour en jour. Mais ils ont dû se rendre à l’évidence quand des centaines de milliers de familles ont été relogées dans des logements neufs, construits aux normes internationales, avec toutes les commodités requises. Partout à travers le territoire national, des cités s’érigeaient chaque mois, des opérations de recasement étaient réalisées régulièrement et les Algériens démunis affichaient clairement leur satisfaction, se sentant, enfin, redevenir des citoyens à part entière.

L’exemple d’Alger
Alger, en sa qualité de capitale et abritant la presque totalité des institutions et des entreprises, a attiré depuis l’indépendance de millions de citoyens venus de toutes les régions du pays à la recherche d’une vie meilleure et de travail, introuvables là où ils étaient. Très vite, une ceinture lépreuse s’est érigée autour d’Alger, n’épargnant aucun côté, ni les lits d’oueds, ni les flancs des montagnes, ni les moindres parcelles où qu’elles se trouvent. Gorias, Gué de Constantine, El Hamiz, Clos-Salembier, El Harrach, Reghaia, Dergana, Bouzaréah et bien d’autres bidonvilles ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Plus de cent mille familles ont été bénéficiaires de logements sociaux dans le cadre de l’éradication de l’habitat précaire qui avait commencé les premières années par l’auto-construction.
    
Le logement rural pour le grand retour
L’Algérie est un pays agricole par excellence mais ses campagnes ont été désertées par leurs habitants à cause de l’industrialisation qu’a connue le pays puis au cours de la tragédie nationale pour des raisons sécuritaires. Afin d’aider ces citoyens à reprendre le travail de la terre dans un but stratégique de sécurité alimentaire et de résorption du chômage, l’Etat s’est investi dans l’aide à la construction de logements individuels ou collectifs en milieu rural. Cette aide, conséquente, a été très bien perçue par les fellahs qui aspiraient à retourner sur leurs terres pour y vivre décemment, en bénéficiant de l’aide multiforme de l’Etat, à commencer par celle relative à la construction d’un logement. Dans ce cadre, de 1962 à 1998, des aides ont été octroyés à 645.346 familles pour la réalisation d’autant de logements ruraux, alors que la période comprise entre 1999 et 2016, a vu la réalisation de 1.392.858 logements ruraux, ce qui démontre l’intérêt des citoyens pour ce type de logement et l’engagement total de l’Etat à repeupler les campagnes, en dégageant des enveloppes conséquentes. Ce chiffre n’est pas très loin de celui des logements sociaux réalisés en milieu urbain qui est de 1.617.290 unités.

Les grandes attentes de 2016
Même si le nombre de logements sociaux, promotionnels ou ruraux a atteint les cimes et que le déficit a été comblé à plus de 90%, l’année 2016 constitue une échéance pour atteindre des chiffres encore plus grands et faire bénéficier tous les demandeurs d’un logement décent. La formule de location-vente connait depuis son lancement un engouement certain de la part des souscripteurs qui attendent leurs ordres de versement ou qui l’ont déjà reçu, puis les décisions de pré-affectation. Ainsi, pour l’AADL 2001-2002, 82 102 ordres de versement ont été exécutés dont 61 649 pour la seule wilaya d’Alger alors que pour AADL 2, ce sont 443 251 OV à avoir été exécutés dont 197 506 pour la wilaya d’Alger. En plus de cela, plus de 310 000 logements AADL ont été lancés au premier trimestre 2016 ou sont en cours de lancement pour être affectés aux souscripteurs n’ayant pas encore bénéficié d’affectation. Dans l’ensemble et tous segments confondus, plus de 1,1 million de logements sont en cours de réalisation et seront livrés dans des délais assez courts, ce qui permettra de combler de manière radicale le déficit encore enregistré.
 T. M.



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