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N° 104 - Avril 2017

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Rentrée universitaire 2016/2017

Et si la connaissance était le nouveau pétrole ?

Par Tahar MANSOUR



Dans un contexte de mondialisation et de réchauffement climatique accentué par notre pauvreté en ressources hydriques et en surface agricole utile (3% du territoire national), croire que la question de la sécurité alimentaire est une affaire de paysans est une grave erreur. La science, l’analyse économique et la modélisation sont les fondements de toute politique agricole durable. Toutes les études, publications scientifiques et rapports d’organisations internationales réalisés sur cette question montrent que les Etats ne peuvent plus laisser place au hasard dans leurs politiques agricoles. L’université algérienne a entamé, depuis plusieurs années, une mue salutaire vers le système LMD qui impose une ouverture totale sur l’environnement social, culturel, économique … et lui permet d’orienter son enseignement vers les spécialités nécessaires à l’essor économique et à la modernisation de l’outil de production. Le monde socio-économique, l’étudiant, l’enseignant et l’institution universitaire dans son ensemble ont adhéré à ce système permettant à l’étudiant d’avoir un enseignement utile, au monde socio-économique de bénéficier d’un encadrement spécialisé et de qualité et à l’université de jouer pleinement son rôle de modernisation et d’accompagnement de la société en général. Pour cette rentrée universitaire, les autorités compétentes ont pris une série de mesures dans le but de conforter les acquis et de donner au secteur universitaire les outils nécessaires pour un enseignement de qualité, ciblé et professionnalisant.

Licence, master, doctorat
C’est un enseignement architecturé en trois niveaux, chacun sanctionné par un diplôme agréé et reconnu internationalement. La Licence s’obtient au terme de trois années d’études après le Bac, le master après 5 années (Licence+2) et le doctorat après huit ans (Master+3). Dans chaque cycle, les cursus sont organisés en unités d’enseignement regroupées en semestres d’études. Chaque unité d’enseignement peut être capitalisable et transférable, permettant ainsi une mobilité des étudiants par l’ouvertures de passerelles entre plusieurs cursus de formation. Le système LMD, mis en place progressivement depuis l’année 2004/2005, se caractérise donc par une nouvelle architecture des enseignements mais aussi par une réorganisation des enseignements, l’évaluation et l’habilitation des offres de formations ainsi que par des contenus de programmes pédagogiques innovants. 

Capitalisation des efforts de l’étudiant
Contrairement au système classique qui se mesurait en années d’études, le système LMD permet à l’étudiant de capitaliser tous les crédits obtenus lors de son cursus, des crédits qu’il peut transférer et capitaliser d’un parcours à un autre. Les cédits sont l’unité de mesure du travail de l’étudiant durant un semestre et a trait aux cours, aux TD, aux TP, au stage, au mémoire et à son travail personnel.
Quant aux formations, elles sont présentées à l’étudiant sous forme d’offres proposées par l’établissement soumises à une procédure d’évaluation et d’habilitation.

Modernisation du secteur, une nécessité
Afin de mener à terme toutes ces réformes, il fallait introduire une série d’actions de modernisation du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique qui a commencé par le matériel électronique nécessaire aux étudiants dans leur travail d’apprentissage et de recherche. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a élaboré un Canevas équipements informatiques qui a été transmis aux établissements universitaires afin d’être rempli, selon leurs besoins destinés à la pédagogie pour les cycles de graduation, licence, master, ingéniorat… Les établissements universitaires sont invités à y porter le nombre de postes PC, de serveurs et tout autre matériel nécessaires, dans la limite des budgets alloués et des besoins réels des étudiants.

Le télé-enseignement ou e-learning
Pallier le manque d’encadrement dans certaines filières d’un côté, et améliorer la qualité de la formation en se conformant aux exigences de l’assurance qualité, d’un autre, sont devenus une nécessité incontournable pour l’université algérienne qui a vu, dans ce but, la mise en place par la tutelle d’un système de télé-enseignement qui vient en complément à l’enseignement en présence. La démarche ne s’arrêtera pas là puisqu’elle obéit à un agenda qui tend à assurer, dans une première phase, l’utilisation de la technologie (visioconférence) pour répondre à une demande de plus en plus forte et à améliorer sensiblement la qualité des enseignements. Pour la deuxième phase, il s’agira de mettre en place les nouvelles technologies éducatives basées sur le web ou e-learning. Enfin, et à plus long terme, arriver à un système de téléenseignement validé et déployé pour un enseignement de qualité à distance tout en visant la création d’une chaine du savoir. 

L’inscription en ligne
L’utilisation des nouvelles technologies est déjà une réalité pour l’université algérienne puisque, et sous la houlette du Pr Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les inscriptions des nouveaux bacheliers pour l’année universitaire 2016/2017 se sont faites exclusivement en ligne. Les préinscriptions, les confirmations et les recours ont été effectués en ligne par les étudiants qui ont bénéficié de cyberspaces installés à travers les établissements universitaires leur permettant d’établir des connexions gratuites et rapides vers les différents sites mis en œuvre le MESRS. Il faut souligner à cet effet que toutes les opérations effectuées par les nouveaux bacheliers se sont déroulées en un temps relativement court et sans erreurs notables, ce qui dénote une préparation sérieuse de toute la campagne.

Six choix sur la fiche de vœux, au lieu de 10
A partir de cette année, la fiche de vœux que doit remplir l’étudiant pour les choix des filières et spécialités ne comporte que 6 vœux au lieu des 10 précédemment, ce qui lui permettra de se concentrer davantage et de choisir avec plus de clarté les filières et spécialités voulues. Enfin, M. Hadjar a annoncé que son ministère envisage d’instaurer «un système d’orientation qui s’appuie sur des critères intangibles qui permettent au nouveau bachelier de connaitre dès les phases pré-universitaires les conditions d’accès à telle ou telle filière». Parmi les choix, l’étudiant doit en avoir au moins un en LMD.

Cent mille nouvelles places pédagogiques
Toujours dans le souci de répondre à la demande croissante de places au sein des différents établissements universitaires algériens, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a engagé diverses actions tendant à augmenter le nombre de places pédagogiques et de lits dans les cités universitaires. Ainsi, pour la rentrée universitaire 2016/2017, le ministre a annoncé la réception de 100 000 nouvelles places pédagogiques, ce qui portera le nombre global à 1 140 000. En outre, et toujours dans le but d’augmenter les capacités d’accueil des cités U, il a annoncé la réception pour cette année de 55 000 nouveaux lits à travers diverses régions du pays.

Des formations à la carte
C’est la finalité du système LMD qui tend à généraliser l’ouverture de l’université sur son environnement socio-économique pour l’accompagner dans sa recherche de nouveaux moyens de modernisation, de performance, de qualité afin d’amener l’outil de production nationale vers la compétitivité internationale et le pousser à acquérir des parts du marché mondial après avoir, bien entendu, honoré les besoins du marché local. Dans ce contexte, la majorité des universités a signé des conventions avec des entreprises, des associations patronales et des groupes d’entreprises pour leur proposer d’ouvrir des formations dans des spécialités dont ils ont besoin. Les exemples sont légion et le ministère de tutelle a donné son quitus et a accompagné tous ces partenariats pour le plus grand bien des étudiants, du secteur socio-économique et de l’université. Les spécialités introduites varient d’une université à une autre selon l’environnement économique de chacune, la région où elle est implantée et la demande exprimée par les partenaires sociaux. L’université Saad Dahleb de Blida a ouvert au début de cette année universitaire un nouvel institut de formation supérieure dédié à l’agroalimentaire, secteur en expansion ininterrompue dans cette wilaya. Les autres universités ne sont pas en reste et elles ne ménagent aucun effort pour se rapprocher des différents secteurs économiques ou autres qui constituent leur environnement immédiat.

La recherche scientifique
Depuis maintenant une année, la recherche scientifique a une nouvelle loi d’orientation en Algérie après son adoption, en septembre 2015 par l’APN. Cette loi tend à renforcer le système législatif de la recherche scientifique, a expliqué le Pr Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, après son adoption. Il a expliqué qu’elle a pour objectif principal l’intégration de la recherche scientifique dans le secteur socioéconomique à travers l’exploitation des résultats de la recherche scientifique pour le développement. Elle permettra aussi de transférer les résultats de la recherche et les connaissances vers le monde économique et social après définition des thèmes de recherche selon les besoins nationaux. Des programmes de recherche nationaux ont aussi été mis en place afin de définir les priorités par des comités sectoriels mis en place après que les différents départements ministériels eurent proposé des domaines et des volets de recherche jugés prioritaires par eux.      
T.M                                         



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