Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 106 - Juil 2017

Go

A la une

Le général-major Hamel prend part à New York au sommet mondial des chefs de Police

L’expérience de la police algérienne à l’ONU

Par Rafik BITOUT



Pour préserver la paix et la stabilité dans le continent africain, l’Algérie a toujours appelé à l’adaptation des outils et une mise à niveau des capacités nationales dans le processus de consolidation de la sécurité. Après avoir lancé en 2013 l’idée de création d’une organisation africaine de coopération policière (Afripol), élaboré ses statuts, entériné ses textes juridiques et inauguré fin 2015 son siège à Alger, l’Algérie, par la voix de son directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), le général-major Abdelghani Hamel, vient d’appeler à New York à intégrer ce mécanisme africain dans les actions de coopération de l’ONU. Ce sommet vise à redynamiser le rôle de la police des Nations unies face à la montée de la criminalité organisée sous toutes ses formes, la violence et l’extrémisme qui fait le lit du terrorisme. Le sommet de l’ONU vise également à asseoir une complémentarité entre les activités de cette police internationale et celles menées au niveau national pour atténuer la criminalité transnationale organisée. Dans son intervention au sommet des chefs de police à New York, le général-major Abdelghani Hamel a demandé au secrétaire général de l’ONU d’ « intégrer Afripol dans ses plans et actions futures de coopération internationale». Exposant les grandes lignes de la proposition algérienne relative à la réorganisation de la police des Nations unies (Unpol), le DGSN a souligné qu’Afripol «constituait un nouvel instrument de coopération régionale pour un continent» qui reste confronté à de multiples «facteurs de déstabilisation contre lesquels nous luttons ensemble». A cet égard, il a estimé que ces menaces «exigeaient des réponses globales, réfléchies et concertées» entre les Etats membres de l’ONU. Pour rappel, dans un rapport publié avant le sommet de New York, l’ONU a recommandé de repenser le modèle opérationnel actuel d’Unpol qui avait réduit jusqu’ici ses capacités à remplir son mandat. L’ONU qui veut réorganiser cette importante composante des opérations de maintien de la paix est en quête d’un soutien des Etats membres pour renforcer ses actions dans la protection des personnes et le maintien de l’ordre public. Elle estime qu’il est nécessaire d’agir pour suppléer aux lacunes de déontologie, de formation et d’expertise de ses effectifs répartis dans 18 opérations et autres missions de maintien de la paix dans le monde. La réforme a été rendue nécessaire notamment par le besoin de faire face à la montée des menaces de la criminalité transnationale et de mettre fin également à la conduite incorrecte de quelques membres du personnel des missions de maintien de la paix impliqués dans des affaires d’exploitation sexuelle d’enfants dans des pays en conflit. Explicitant sa proposition pour valoriser et mettre à niveau les forces d’Unpol, M. Hamel a précisé qu’elle reposait sur trois axes importants, liés à la gestion des effectifs, à la logistique et à l’aspect opérationnel. En effet, la prévention et la lutte contre la criminalité ne réussissent qu’avec l’implication de l’ensemble des acteurs de la société, dont le citoyen qui constitue un élément essentiel dans l’action sécuritaire et la prévention. Exprimant la disponibilité de la DGSN à partager avec ses homologues son expertise dans les domaines judiciaire, scientifique, technique, analyse criminelle et techniques d’enquête, le général-major Abdelghani Hamel a précisé que le nombre des effectifs de la police des Nations unies qui dépasse les 13.000 éléments est appelé à augmenter du fait des besoins grandissants en matière de sécurité et de maintien de la paix dans le monde.

Plaidoyer pour un code de conduite
Avec 13.000 policiers, «la courbe restera certainement croissante au regard des conflits de basse intensité que connaît la société internationale», a-t-il relevé.
Aussi, estime-t-il, «il est temps de valoriser davantage la normalisation au profit de ces unités constituées» pour fixer exactement le volume, l’organisation et le fonctionnement de ces forces de police. Au plan opérationnel, le DGSN a recommandé l’élaboration d’un code de conduite pour éviter «les déviances et les dérapages lors de l’exécution des missions et pour mettre à l’abri ces soldats de la loi». La réorganisation de la police des Nations unies exige également «une mise à niveau des intervenants (dans les opérations de maintien de la paix) par la formation et l’entraînement pour juguler les disparités existantes entre les différentes polices et renforcer leurs capacités opérationnelles», a-t-il affirmé ajoutant qu’au plan opérationnel « la définition de la doctrine d’emploi et la précision des missions deviennent une nécessité et méritent d’être rappelées et vulgarisées aux intervenants ».

Un guide pour une mise à niveau des intervenants
Au plan logistique, le général-major Abdelghani Hamel a plaidé pour « des dotations organiques de ces unités avant leur déploiement sur le terrain et de mettre sur pied une chaîne logistique qui réponde aux impératifs de l’autonomie et de l’anticipation pour une prise en charge réelle et effective». Au plan opérationnel, «la méthode de raisonnement tactique et les difficultés de la mission exigeaient de rappeler toutes les étapes à observer depuis la préparation du matériel jusqu’au déploiement de ces unités sur le terrain». Aussi, il est également important que ces forces de police assurent une cohérence et une exploitation opérationnelle en temps réel de l’information en précisant le schéma de circulation de l’information entre les différents échelons de la chaîne de commandement », a recommandé le général-major. Pour ce faire, le DGSN recommande que toutes ces propositions soient traduites dans un guide qui sera mis à la disposition du personnel engagé dans ces opérations de maintien de la paix. « La réorganisation de la police des Nations unies exige également une mise à niveau des intervenants dans les opérations de maintien de la paix par la formation et l’entraînement pour juguler les disparités existantes entre les différentes polices et renforcer leurs capacités opérationnelles », a-t-il affirmé. A ce sujet, le Directeur général de la sûreté nationale a assuré que «la police algérienne qui a capitalisé une grande expérience en matière d’organisation, de coopération institutionnelle, de lutte contre toutes les formes de criminalité et de troubles à l’ordre public, était prête à apporter toute sa contribution au niveau conceptuel et opérationnel» pour aider à réorganiser l’Unpol.

Pour une plus grande coordination
Intervenant lors d’une conférence sur « l’expérience de la police algérienne en matière de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme», organisée dans le cadre du forum de l’Ecole française supérieure de police, le général-major Hamel a appelé à une plus forte coopération et à une plus grande coordination entre les organes chargés de l’application de la loi face à la menace terroriste et pour mieux lutter contre l’extrémisme. Saluant le niveau « exceptionnel » de coopération dans le domaine sécuritaire entre les polices des deux pays, le général-major Abdelghani Hamel a insisté sur l’impératif d’« impliquer toutes les composantes de la société y compris les citoyens, la société civile et les medias » Pour étayer ses propos, le DGSN a souligné l’« importance des mesures prises dans le cadre de l’approche algérienne de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, qui a permis d’obtenir des résultats satisfaisants sur le terrain et de lutter efficacement contre ce phénomène»

L’expérience algérienne en matière de déradicalisation
« Les orientations du Président Bouteflika, et du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales ont permis à la police algérienne de lutter efficacement contre toutes les formes de criminalité, et de se mettre au diapason des développements intervenus au niveau international» a, d’emblée, souligné le général-major Abdelghani Hamel dans son intervention lors d’une rencontre organisée par la DGSN, à l’occasion d’un voyage d’études en Algérie d’une délégation de l’Institut national français des hautes études de sécurité et de justice (INHESJ).  Une visite s’inscrivant dans le cadre de la Convention conclue entre la DGSN et l’INHESJ. Une visite qui a permis aux deux parties d’échanger leurs expériences et connaissances en matière de préservation de la sécurité, d’autant plus que, précise le DGSN, « des relations de coopération et de partenariat nous lient avec cet institut depuis l’an 2000, ce qui a permis de former plusieurs cadres de la police algérienne dans certaines spécialités sécuritaires». Un avis partagé par Cyrille Schott, directeur de l’Institut national des Hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) qui a souligné qu’«aujourd’hui nos liens avec l’Algérie sont particulièrement étroits ; d’ailleurs, cette année, nous accueillons neuf auditeurs algériens sur les 170  auditeurs de nos trois sessions nationales». Outre les questions de terrorisme et de radicalisation, de cambriolage et de cyber-terrorisme, les auditeurs français se sont intéressés aux évolutions de la justice, aux procédures pénales et aux gestions de crise. Il faut dire que l’expérience algérienne en matière de déradicalisation est fondatrice, a indiqué Bernard Emié, ambassadeur de France en Algérie, présent à cette  rencontre. Et de préciser que «notre cahier des charges dans des domaines qui nous intéressent reflète les enjeux des relations bilatérales essentielles, des menaces communes accrues comme le terrorisme à la criminalité organisée, d’où la nécessité de coopérer». A cette occasion, le DGSN a présenté, en vidéo, les étapes franchies par la police algérienne en matière de développement et de modernisation, de lutte contre toutes formes de crime ainsi que la politique de proximité adoptée à l’égard du citoyen et de la société civile.


  R. B.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Rafik BITOUT

Les plus lus

Le général-major Mohamed-Salah Benbicha
Entretien réalisé par Leila BOUKLI.

Afripol
Par Yahia MAOUCHI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF