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N° 109 - Nov 2017

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Azzedine Mihoubi, ministre de la Culture

« La mondialisation aurait pu profiter au dialogue des civilisations au lieu de l’affrontement »

Entretien réalisé par Leila BOUKLI



El-Djazair.com : Quel bilan tirez-vous de l’évènement «Constantine, capitale de la culture arabe 2015 » Quelles ont été les retombées pour le pays et la région ?

Azzedine Mihoubi : Même si les bilans moral et financier de cette manifestation ne sont pas encore établis car nécessitant l’exploitation et l’analyse de l’ensemble des données et statistiques, je peux d’emblée souligner que le déroulement de la manifestation était très satisfaisant, pour avoir réalisé tous les objectifs et les engagements pris.  Je suis fortement ravi que cette manifestation ait donné à la wilaya de Constantine les infrastructures qu’elle mérite, à ses créateurs l’opportunité de se produire et de prouver leurs talents et à la population de renouer avec le fait culturel. Je suis aussi particulièrement heureux par la forte participation des pays arabes et étrangers, des créateurs, penseurs et artistes venus des quatre coins de monde ainsi que de la mobilisation citoyenne et de toutes les institutions de l’Etat, autour de cet évènement particulièrement suivi par la population. Les habitants de Constantine peuvent témoigner que cette manifestation a permis à leur ville de retrouver son lustre grâce aux nombreux équipements publics réalisés et aménagements effectués. Je crois très sincèrement que la ville est toute indiquée pour qu’elle soit, désormais, comme un pôle culturel national et international. Au-delà de Constantine, cette manifestation profite à toute l’Algérie qui s’affirme encore une fois de plus, comme un carrefour culturel régional incontournable et témoigne de notre capacité reconnue dans l’organisation d’évènements culturels majeurs.
Ce succès résulte du soutien de Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président de la République et de l’appui total et indéfectible de Monsieur le Premier Ministre, Abdelmalek Sellal, pour qui cet évènement devait être distinct et exceptionnel.

El-Djazair.com : La langue est probablement dans les sociétés humaines ce qui permet le mieux de véhiculer une culture, tant orale qu’écrite. L’Algérie est le seul pays au monde qui dispose de trois institutions, le Haut Conseil à la langue arabe, que vous avez présidé en 2013, l’Académie algérienne de la langue arabe, le Haut-commissariat à l’amazighité, toutes dédiées à la langue, qui serait l’enveloppe protectrice de l’identité nationale. Pourriez-vous développer pour nos lecteurs ?

Azzedine Mihoubi : La relation de l’Algérie avec ses langues est particulière et distincte des autres pays pour la simple raison que durant toute la période de colonisation, notre peuple a subi les affres d’asservissement et les tentatives d’aliénation. Les desseins de la colonisation étaient clairs et les actions sournoises encore plus criardes et flagrantes. Aucune place ne fut accordée à la langue arabe dans le système éducatif ni même dans l’administration coloniale, obligeant notre peuple à utiliser une langue autre que celle qui témoigne de leur appartenance historique. L’ordre colonial n’a pas hésité à confronter les langues populaires en Algérie dans la logique d’affrontement entre arabisants, berbérophones et francophones. Le recouvrement de notre indépendance ne se limite pas au simple exercice de la souveraineté nationale sur le territoire, mais aussi la réappropriation de nos valeurs et de notre identité dont les fondements essentiels sont l’Islam, l’arabité et l’amazighité. Ce processus de recouvrement et de consolidation de notre identité national avait commencé dès les premières années de l’indépendance et n’a cessé d’évoluer jusqu’au dernier amendement de la Constitution qui consacre les deux langues du peuple algérien que sont la langue arabe et la langue amazighe comme langues nationales officielles.
Dès lors, il est évident que la promotion de ces langues requiert une prise en charge sérieuse par la création des institutions constitutionnelles que vous aviez citées.

El-Djazair.com : Vous estimez primordial l’ouverture sur les langues des Algériens, surtout à l’ère de la numérisation et de « déluge international » ?

Azzedine Mihoubi : La communauté internationale n’a pas manqué d’afficher ses inquiétudes sur la préservation et le devenir des langues maternelles dans le monde. Diverses conventions et de nombreux protocoles de l’UNESCO et autres instances du système des Nations Unies appellent à la sauvegarde de cet héritage menacé plus que jamais, d’extinction face à l’emprise des langues dominantes, favorisée par le développement des technologies de l’information et de la communication et de l’ordre mondial défavorable aux pays en voie de développement. La préservation et la promotion de nos langues maternelles et nationales n’est point antinomique avec l’accès aux langues étrangères qui nous permettent d’accéder à l’universalité. Les actions initiées, ou que nous comptons initier, visent à promouvoir l’usage de nos langues nationales dans l’accès à la connaissance, dans la création et dans notre vie quotidienne. Nous ne manquerons jamais l’opportunité que nous offrent les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour favoriser l’essor de nos langues authentiques.

El-Djazair.com : Redonner sa place d’antan au cinéma algérien, Difficile chantier dans un pays ou les bons scénaristes font défaut. Comment comptez-vous faire pour le restructurer et le réorganiser ?

Azzedine Mihoubi : Ce qui peut sembler d’emblée comme difficile n’est pas forcément impossible. C’est à ce titre que nous déployons toutes nos énergies pour redynamiser ce secteur qui souffre notamment du manque de moyens de production et de distribution. Les expériences réussies dans de nombreux pays se basent principalement sur l’apport fondamental du  secteur privé national et étranger en matière d’investissement dans les industries cinématographiques et les infrastructures de diffusion et d’exploitation. C’est à ce titre que nous œuvrons depuis plus d’une année à réunir les conditions optimales qui permettront et favoriseront l’investissement dans ce secteur à la fois culturel et économique. Même si la question des scénarii est entièrement posée et qu’un effort doit être mené en matière de formation, je crois que nous disposons de certains bons scénaristes qui ont prouvé leurs mérites et leurs talents dans des festivals organisés à l’étranger. En quête du renouveau escompté du cinéma algérien, le Ministère de la Culture a ouvert de nombreux chantiers touchant à la fois à la réorganisation des entités en charge du secteur, à la restauration et à l’équipement de nombreuses salles de cinéma récupérées auprès des communes et salles existantes et surtout à l’accompagnement des investisseurs dans les projets de multiplex, studios de tournage et laboratoires de postsynchronisation…

El-Djazair.com : On ne peut aller dans un pays qu’on veut de culture, sans que le livre ait sa place ? Il y a le SILA annuellement, toutefois, pensez-vous que les conférenciers provenant de tous les continents soient utilisés de façon optimale ?

Azzedine Mihoubi : Vous avez du remarquer que dans tous les festivals culturels institutionnalisés, sont systématiquement organisés des conférences et ateliers ou résidences d’artistes ou d’écriture. Le souci de rentabilisation optimale de la présence des conférenciers notamment étranger, obéit à des contraintes de calendrier et conditions de leur prise en charge financière.

El-Djazair.com : On a assisté à la fermeture à Alger de librairies mythiques, froidement remplacées par des gargotes 4 saisons, Serions-nous devenus seulement des « tubes digestifs » ?

Azzedine Mihoubi : Tout en regrettant la fermeture ou le changement d’activité de tout établissement culturel, je ne peux me permettre de donner un quelconque qualificatif à de tels actes. Le changement de vocation des librairies et salles de cinéma n’est malheureusement pas spécifique à la wilaya d’Alger et concerne d’autres villes également. Il serait difficile d’empêcher les propriétaires et leurs ayants-droit d’effectuer tout changement de vocation des librairies, salles de cinéma et conservatoires de musique… en l’absence d’une réglementation adéquate qui leur interdirait la modification du fonds de commerce. Nous comptons trouver une solution rapide à ce problème, en relation avec le ministère du Commerce et avec les walis respectifs.

El-Djazair.com : Afin de mieux faire connaître notre culture, vous préconisez de promouvoir le riche patrimoine de la nation à travers la traduction vers diverses langues traitant de nos régions, notamment Djanet à l’immense dimension culturelle ?

Azzedine Mihoubi : Même si l’Etat a consenti d’importants efforts pour la promotion du livre et l’encouragement à l’édition, la traduction littéraire accuse un grand retard et un important déficit. La traduction littéraire nécessite des compétences hautement qualifiées et spécialisées ainsi que des moyens financiers adéquats non suffisamment disponibles. Face à ces contraintes, le ministère de la Culture saisit toutes les occasions pour inciter les maisons d’édition, à travers l’octroi des aides à la traduction des œuvres et ouvrages, au titre des dispositifs d’accompagnement existants en matière du livre.

El-Djazair.com : Pensez-vous Monsieur le ministre que le projet de théâtre, 4ème Art, pour lequel 150 millions de dinars ont été investis soit une priorité, dans cette région extrême du Sud ?

Azzedine Mihoubi :Tout d’abord, ce projet comme bien d’autres projets, ont été inscrits depuis très longtemps et inscrits au titre des budgets d’équipements suite à des demandes explicitement formulées par les artistes, les citoyens et les autorités locales. L’inscription de tout projet d’équipement n’est pas une chose aisée car il faut convaincre autrui de leur pertinence. Je dois par ailleurs souligner que je ne fais pas de distinction entre le Nord et le Sud de mon pays ni penser qu’une partie de nos concitoyens mérite plus que d’autres.
Pour rappel, une troupe théâtrale d’une wilaya du Sud a eu souvent soit le premier prix soit l’un des trois premiers prix du festival de théâtre national.

El-Djazair.com : l’Algérie accueillera en janvier 2017, la 9ème édition du festival du théâtre arabe, une manifestation annuelle itinérante Quels mots M. le ministre sur l’évènement ?

Azzedine Mihoubi : L’Algérie abritera effectivement en 2017, la 9ème édition du festival du théâtre arabe organisé sous l’égide de l’Institut Arabe du Théâtre dont le siège est établi aux Emirats Arabes Unis. Cette 9ème édition est dédiée au défunt Azzedine Medjoubi et sera organisée en relation avec l’Office national de la culture et de l’information. Plus de 400 participants prendront part à cette importante manifestation qui comptera des tournées théâtrales dans diverses wilayas, des conférences, des ateliers et des résidences d’artistes.
Il faut reconnaître que la dynamique impulsée par l’Algérie à la culture arabe à l’occasion des manifestations de capitales culturelles en 2007, 2011 et 2015 fait de notre pays un carrefour culturel incontournable au plan régional et un carrefour culturel émergeant au plan international.

El-Djazair.com : Notre terroir est très riche, varié comment l’universaliser, l’ouvrir aux autres ?

Azzedine Mihoubi : Je crois que vous faites ici allusion au patrimoine culturel immatériel qui, effectivement, est riche, pluriel et varié.  La promotion de ce patrimoine, dit du terroir, au plan international se fait à l’occasion de manifestations organisées à l’étranger, ou lors des manifestations internationales organisées en Algérie ainsi qu’à travers les enregistrements de notre répertoire musical ancien dont on diffuse des copies au sein de nos ambassades à l’étranger.
La valorisation passe également par l’inventaire et les recherches universitaires ainsi que dans le cadre des travaux des centres de recherches à l’instar du Centre national de recherches anthropologiques, préhistorique et historique.
L’action la plus remarquable et visible est celle par laquelle l’Algérie a inscrit diverses expressions artistiques traditionnelles sur la liste des chefs d’œuvre de l’humanité auprès de l’Unesco (Imzad, Ahelli, Rekb Sidi-Cheikh, Chedda tlémcenienne, Sboûu…)

El-Djazair.com : Pour que chaque espace culturel, rayonne et fasse émerger les élites et les jeunes talents, par l’écriture, le théâtre, le scénario, la création… ne pensez-vous pas Monsieur le Ministre qu’il faille changer la gestion et en faire des ateliers de proximité ?

Azzedine Mihoubi : Je ne suis pas celui qui renie le travail et les efforts de mes prédécesseurs et dire qu’on va refaire tout à nouveau. Les changements que nous opérons découlent des diagnostics réels et objectifs adaptés aux exigences nouvelles et besoins nouveaux. L’idée d’ouvrir des ateliers dans les établissements culturels sous tutelle existe effectivement puisque toutes les maisons de culture, complexes culturels, bibliothèques et musées comptent des ateliers d’apprentissage aux jeunes et opportunités d’exercice des activités culturelles pour les autres catégories d’âge.
S’agissant des ateliers culturels de proximité, c’est-à-dire dans les communes, les centres culturels et maisons de jeunes sont des établissements qui ne relèvent nullement du ministère de la culture mais des autres secteurs et collectivités locales.

El-Djazair.com : Parlez-nous du mécénat. Existe-t-il chez nous ; Est-il encouragé, si oui comment ?

Azzedine Mihoubi : Même si certaines personnes physiques et morales contribuent au rayonnement de la culture à travers leurs contributions significatives, beaucoup ignorent l’intérêt que cela représente à leur notoriété et image de marque. Il faut reconnaître que les entités et opérateurs culturels ne sont pas assez dynamiques dans la recherche des fonds susceptibles de couvrir leurs besoins de financement en se contentant des aides publiques.
Je rappelle que la loi de finances de 2010 avait accordé, au titre de l’encouragement du mécénat et du sponsoring une déduction dans la limite d’un plafond de trente millions de dinars (30.000.000 DA) aux personnes physiques et morales qui contribuent aux activités à vocation culturelle ayant pour objet :
la restauration, la rénovation, la réhabilitation, la réparation, la consolidation et la mise en valeur des monuments et sites historiques classés ;
la restauration et la conservation des objets et collections de musées;
la vulgarisation et la sensibilisation du public par tous supports sur tout ce qui se rapporte au patrimoine historique matériel et immatériel ;
la revivification des fêtes traditionnelles locales ;
les festivals culturels institutionnalisés ou dans le cadre des activités concourant à la mise en valeur du patrimoine culturel, à la diffusion de la culture et à la promotion des langues nationales.


El-Djazair.com : L’Opéra d’Alger, un acquis de taille, mais sachant que cette expression ne fait pas, contrairement au théâtre, partie de nos traditions, quelle en sera la programmation ? A moins d’en faire un espace de culture universelle, ce qui serait l’idéal ?

Azzedine Mihoubi : Je tiens tout d’abord à dire que cette merveilleuse infrastructure est un don de la République Populaire de Chine qui a voulu témoigner son amitié envers notre pays. Dire que l’Art de l’opéra n’est pas dans nos traditions culturelles signifie que nous ne devons également proscrire plusieurs genres artistiques qui ne découlent pas de nos traditions.  Notre ouverture sur le monde, nos potentiels créatifs d’ici et d’ailleurs sont immenses et nous recelons des capacités créatives insoupçonnées pleines d’énergie et de talent.  Cet établissement aura notamment pour tâche de produire, coproduire et exécuter des œuvres créatives dans les domaines de l’opéra à l’instar des opérettes, des danses et de chorégraphie, de concerts de musique classiques et universelles et de chant lyrique, dont il présente des spectacles sur le territoire national et à l’étranger et favorise la création et la représentation d’œuvres contemporaines.

El-Djazair.com : L’anglais est devenue une langue véhiculaire, porteuse d’un grand nombre d’informations dans divers domaines notamment l’informatique, toutefois elle tend à imposer certains modes de fonctionnement dans les institutions mondiales, qui, selon certains observateurs, peuvent traduire « une forme d’impérialisme culturel ». Votre commentaire sur ce point.

Azzedine Mihoubi : On ne choisit pas son occupant. Si la langue anglaise s’est imposée dans les anciennes colonies britanniques comme langue officielle, le français, qui est la langue de l’occupant, s’est imposé en Algérie du fait de la colonisation.  Le recouvrement de notre indépendance nous a permis de nous nous approprier nos langues arabe et amazighe qui sont nos seules langues officielles. Dire que l’hégémonie de langue anglaise de par le monde constitue « une forme d’impérialisme culturel » est une affirmation hâtive. L’emprise de cette langue découle du fait qu’elle est largement adoptée et partagée à grande échelle et que c’est la langue de communication et des médias de la majorité des plus grandes nations dans le monde. Il est vrai que toute langue est porteuse de valeurs culturelles et de sociétés, comme l’est la langue anglaise qui, grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication et du produit découlant de leurs industries culturelles et créatives dominent le marché mondial de la culture.

El-Djazair.com : Nous vivons un passage de la culture de l’écrit à une culture d’information codée numériquement sur support électronique : disque, CD-ROM, diffusion par Internet. Cette transformation radicale n’est pas sans poser des problèmes de propriété intellectuelle pour les artistes par exemple. Qu’en est-il chez nous dans cette multiplication de piratage, de plagiat ?

Azzedine Mihoubi : Je ne crois pas que la numérisation et le développement prodigieux des technologies de l’information et de la communication aient radicalement changé les données dans le secteur de la culture même si leur influence est perceptible. Le processus de développement technologique  est en mouvement et nous ne pouvons aucunement l’ignorer. Il nous appartient seulement de nous adapter à cette réalité et d’anticiper sur les éventuelles influences négatives. La transformation numérique en cours offre de meilleures opportunités de diffusion des cultures des peuples jusque-là cloitrées et bâillonnées par  les lois du marché mondial et favorise l’accès à une consommation meilleure du produit culturel. Les appréhensions légitimes exprimées par les créateurs quant à la protection de leurs droits sont d’ordre pratique et ne touchent nullement au principe d’évolution technologique. Cette question interpelle aujourd’hui et plus que jamais les instances internationales concernées sur la nécessité d’asseoir des règles appropriées pour que les mécanismes de protection de la propriété intellectuelle soient adaptés à l’ère du numérique. Les débats en cours sur le cryptage et sur le marquage numérique des œuvres est la preuve que la question figure au centre des préoccupations aux plans interne et international. Nous considérons que les mesures prises en matière du copy-right, adoptées par l’Algérie à l’instar de certains pays constitue un embryon de solution. Notre adhésion à ces efforts s’inscrit dans le processus engagé par notre pays en matière de protection des droits d’auteurs et droits voisins et de la lutte contre le piratage et la contrefaçon. Depuis trois années de suite, nous organisons une vaste opération de destruction des supports illégaux saisis par les services de l’Office national des droits d’auteurs et droits voisins et par les services de lutte contre la fraude et les services de sécurité. La dernière opération organisée en Avril 2016 a touché environ 2 millions de supports contrefaits.

El-Djazair.com : Le support du média n’est pas seulement le papier, les bibliothèques sont amenées à s’ouvrir aux médias numériques. Danger ou bienfait, Monsieur le Ministre ?

Azzedine Mihoubi : Nous ne pouvons qu’adhérer aux évolutions qui facilitent l’accès des usagers aux produits culturels et qui préservent les intérêts des détenteurs des droits. C’est une chance inouïe de pouvoir offrir, grâce aux NTIC, une gamme plus large d’ouvrages et de documents de connaissance aux usagers des bibliothèques et aux chercheurs.  Il est entendu que le processus de numérisation des fonds documentaires des bibliothèques de lecture publique nécessite d’importants efforts et investissements et des délais relativement longs ; ce à quoi nous nous attelons dans le cadre de la modernisation, la mise à niveau et le développement de notre vaste réseau de bibliothèques à travers l’étendue du territoire.

El-Djazair.com : Que pourriez-vous nous dire sur le facteur culturel dans la mondialisation ? Entraine-t-il un choc des civilisations ?

Azzedine Mihoubi : Cette épineuse question a fait couler beaucoup d’encre et occupé les devants de la scène internationale depuis près de deux décennies. Tout a été dit ou presque dit. Le danger n’est pas dans la mondialisation mais dans la globalisation en l’hégémonie des cultures dominantes des nations développées. Les risques d’indissociabilité de la mondialisation de l’uniformisation sont réels à plus d’un titre. Pour accroître leurs parts de marché, les entreprises multinationales recourent à la standardisation des produits et offres culturels afin d’amortir les coûts en façonnant le modèle unique de consommateur à l’échelle mondiale. C’est pourquoi, la communauté internationale avait réagi à juste titre en adoptant en 2005 la convention de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Cette même mondialisation/uniformisation avait fait réagir plusieurs pays y compris l’Algérie, en adoptant le principe de la défense de l’exception culturelle dans le cadre des négociations autour du commerce international.
S’agissant du choc des civilisations, je ne pense pas que cela soit la conséquence de la mondialisation mais les retombées de l’ordre mondial inéquitable et des influences idéologiques exercées de part et d’autre et nourries par un discours haineux et revanchard. La mondialisation aurait pu profiter au dialogue des civilisations au lieu de l’affrontement.

El-Djazair.com :  Un dernier mot, Monsieur Azzedine Mihoubi.

Azzedine Mihoubi : Je suis forcément content que le Droit à la culture soit érigé, depuis la dernière révision constitutionnelle, en droit fondamental des citoyens. Cela renforce notre ambition d’en faire un levier de développement humain et économique et nous réconforte dans notre action ininterrompue, soutenue et appuyée par Son Excellence Monsieur le Président de la République, portée par le Gouvernement et à laquelle adhère de larges franges de notre peuple.

El-Djazair.com :  Je vous remercie.
 L. B.



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