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N° 105 - Mai 2017

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Face au changement climatique

L’Algérie relève le défi de l’eau

Par Boualem TOUARIGT



La juste répartition des ressources en eau et la prise en charge des besoins des citoyens en eau potable et le soutien à l’irrigation agricole comme condition du développement d’une agriculture moderne sont des objectifs stratégiques que le Ministère des Ressources en Eau se fixe et qui font partie de sa démarche, elle-même intégrée dans le schéma national d’aménagement du territoire. Abdelouahab Nouri le réaffirme dans l’entretien qu’il nous a accordé : « l’eau a été de tout temps considérée comme un produit stratégique et un élément central du développement harmonieux du pays».
Cette préoccupation s’est concrétisée notamment parles grandes infrastructures réalisées pour lesquelles l’Etat a consacré des investissements colossaux. Et cet effort va se poursuivre. Abdelouahab Nouri nous le confirme : «les efforts seront poursuivis pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement notamment en matière d’équilibre régional, de sécurisation de la ressource et de soutien à l’agriculture. » En effet, la sécurisation de l’alimentation en eau potable par le recours à l’eau de mer devient alors une urgence et se révèle à terme comme étant la solution la plus stratégique au développement durable du pays. Pour rappel, les efforts ont focalisé sur la rénovation du réseau de distribution existant, le drainage des eaux de pluie vers les barrages et l’exploitation des nappes phréatiques à un moment où l’option du dessalement n’est encore qu’à ses premiers balbutiements. Le gouvernement a entamé un vaste  programme de réalisations d’importantes infrastructures hydrauliques à travers le territoire. Le pays dispose aujourd’hui de 84 barrages dont 75 sont en exploitation et 9 autres en cours de réalisation.Le programme en cours porte sur la réalisation de 12 barrages dont trois ont été réceptionnés et mis en eau en décembre 2015. Cinq autres seront achevés au cours de cette année et trois autres en 2017. Ces infrastructures qui ont représenté d’importantes dépenses sur le budget de l’Etat sont nécessaires dans la mobilisation des ressources superficielles. Elles ont été complétées par ce que les cadres du Ministère des Ressources en eau appellent « systèmes » c’est-à-dire la mise en commun des ressources de différents barrages complétées par de grands transferts pour couvrir les besoins en eau potable des grandes concentrations de population et alimenter les périmètres d’irrigation.
Abdelouahab Nouri nous confirme que le système de Béni Haroun sera livré dans sa totalité en 2016  ainsi que les transferts des Hautes Plaines, ce qui permettra de fournir de l’eau potable pour les populations des wilayate de Sétif et Bordj Bou Arréridj et d’irriguer 40.000 hectaresAu cours de la même année, débutera la mise en service, partielle dès le mois de mai, du transfert  à partir de la SDEM de Mostaganem vers les wilayate de Relizane et Mascara.
Le gouvernement et conscient que ces importantes infrastructures étaient nécessaires pour mobiliser les ressources en eau.

L’apport des ressources non conventionnelles
Il faut signaler que le gouvernement, afin de sécuriser les approvisionnements en eau s’est attaché à diversifier les ressources. Il a cherché à mobiliser les ressources superficielles avec la réalisation des barrages et des systèmes de transferts), ainsi que les ressources souterraines (nappes et forages) qui sont plus localisées dans les régions du Sud. L’utilisation de l’eau dessalée a été une ressource nouvelle non conventionnelle pour laquelle l’Etat a consacré d’importants investissements. « La réalisation de stations de dessalement de l’eau de mer, permettra non seulement de satisfaire les besoins de la population mais aussi de libérer d’importantes quantités d’eau des barrages pour les besoins de l’irrigation», avait souligné en 20069 le Président Abdelaziz Bouteflika à partir de Biskra lors lors de la rencontre nationale sur le renouveau de l’économie agricole et le renouveau rural. Depuis, cette ressource a permis de résorber en grande partie les déficits en eau potable des régions côtières du Nord où se concentre la majorité de la population. Cela a permis de soulager les barrages dont les ressources dégagées ont été dirigées vers l’irrigation. L’utilisation des eaux épurées en vue de l’irrigation tend à s’accentuer avec le développement des techniques d’épuration et elle constitue un apport qui n’est pas négligeable pour les services publics qui l’ont intégrée dans leurs plans d’actions et qui l’ont réglementée.Il faut noter que les 171 stations d’épuration existantes représentent une capacité installée estimée à 850 millions m3/an. 49 d’entre elles sont situées dans les villes côtières les plus importantes.(Oran, Ain Temouchent, Skikda, Annaba, Jijel, Boumerdes et Béni Messous).
Ainsi, la politique nationale des ressources en eau se base sur la mobilisation rationnelle systématique de toutes les ressources naturelles possibles. Les ressources superficielles sont mobilisées par une importante infrastructure de barrages complétés par des réseaux de transfert très développés qui permettent de répondre d’une façon satisfaisante aux besoins en eau potable des grandes agglomérations et des périmètres  d’irrigations des régions centrales et des Hautes Plaines. Les régions du Sud ont bénéficié d’un projet colossal de transfert des eaux souterraines à partir de la région d’In Salah. Les investissements réalisés dans l’installation de stations de dessalement de l’eau de mer ont permis de satisfaire les besoins des agglomérations côtières qui avaient été de tout temps pénalisées par la rareté de la ressource en eau. Avec la réalisation de ces grandes infrastructures, la possibilité d’une ressource en eau  en quantité suffisante est envisageable. Le gouvernement insiste davantage aujourd’hui sur la préservation de cette  ressource  qui, de par les données géographiques du pays reste rare et pouvant être considérée comme aléatoire. L’action de sensibilisation pour inciterles consommateurs à un comportement qui en tient compte est une priorité comme le sont la mise à niveau des réseaux urbains de distribution d’eau potable et la préservation du grand patrimoine d’équipements que l’Etat a pu réaliser en y consacrant d’importants crédits publics. C’est une priorité du gouvernement comme l’affirme le ministre des Ressources en Eau et de l’Environnement Abdelouahab Nouri

Rationalisation de la gestion des équipements installés
L’Algérie dispose aujourd’hui d’un important patrimoine en équipements (barrages, systèmes de transferts avec leursmatériels spécifiques tels que pompes et canalisations) qu’il faut faire fonctionner dans les meilleures conditions et surtout qu’il faut entretenir et préserver. Cette préoccupation est constante dans la démarche des services du Ministère,Comme l’est le souci de veiller à une utilisation rationnelle de l’eau  et de lutter contre les déperditions du fait notamment de l’état des  réseaux de distributions. Abdelouahab Nouri insiste sur le développement d’une gestion par la demande  qui vise, selon lui, « à optimiser l’utilisation des eaux mobilisées à travers une stratégie d’économie de l’eau »
Il faut rappeler qu’un important effort a été consacré par l’Etat pour mettre à niveau les réseaux de distribution de 45 villes. Les travaux sont en cours de réalisation pour 18 d’entre elles et les études sont en cours pour les 27 autres. Ces actions seront permanentes, car il s’agit, comme le confirme Abdelouahab Nouri, « de faire face à l’exigence d’une gestion durable pour préserver cette ressource rare et garantir l’accès à l’eau pour les générations futures».

L’environnement, une préoccupation majeure»
A l’horizon 2035, les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) resteront dominantes, captant encore 81% de parts de marché, contre 86% en 2012. D’autre part, les énergies renouvelables progresseront rapidement, pour passer de 2% du marché à 7% en 2035, avait affirmé Abdelouahab Nouri, ministre des Ressources en eau et de l’Environnement. «Les autorités publiques accordent un intérêt à la préservation de l’environnement qui est étroitement lié à la santé publique», a indiqué le ministre. Entre autre, les émissions de CO2 devraient également augmenter de 29% d’ici 2035. Cette croissance des émissions de CO2 proviendra entièrement des pays hors-OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), les émissions en provenance de l’OCDE déclinant de 9%. Pour préserver l’environnement, les autorités publiques ont créé 48 directions de wilaya chargées de l’environnement et 26 maisons de l’environnement ainsi que des clubs verts. Plus de 80% de l’énergie produite est consommée au niveau des communes En outre, dans les décennies à venir, le secteur de l’énergie sera confronté à un ensemble de plus en plus complexe de défis étroitement imbriqués d’ordre économique, géopolitique, technologique et environnemental. La consommation mondiale d’énergie devrait augmenter de 41% entre 2012 et 2035, très majoritairement tirée par les pays émergents, Chine et Inde en tête, tandis que les énergies fossiles demeureront dominantes. 95% de la croissance de la demande de l’énergie au niveau mondial proviendrait des économies émergentes.
B. T.



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