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N° 116 - Oct 2018

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Karim Djoudi, ministre des Finances

Rationnel et prudent

Par El Yazid Dib



Avec une expérience de trente années au sein des services vitaux des finances et de l’économie algérienne, l’homme est aguerri dans la gouvernance rationnelle et prudente de la finance publique nationale.

La crise que connaît l’économie mondiale est, semble-t-il, bien prise en compte par cet « argentier en or ». Si les observateurs affirment que l’état des finances nationales se trouve dans un abri confortable, c’est que, outre la prudence et la « gestion sécurisée » qui caractérisent le commandement financier, les réserves de change, véritable trésor de guerre, s’entament dans une thésaurisation faisant que 205 milliards de dollars sont enregistrés à fin 2012 pour grimper à plus de 220 à la fin de l’année 2013. N’est-elle pas assez suffisante, cette assurance pour tranquilliser les âmes souffrantes et les esprits périlleux ?
Le ministre des Finances manie bien la science financière. A 27 ans, il est déjà titulaire d’un doctorat de 3e cycle, option banque et finances (Université de Paris 1 Sorbonne). Trois années plus tard, il est chargé d’études au sein de la Banque centrale d’Algérie, puis sous-directeur, pour terminer finalement son parcours bancaire au sein de cette institution nationale en qualité de directeur central en 1998 au moment où la problématique sur l’ouverture des capitaux des banques publiques se trouvait dans un houleux débat. Le tempérament studieux et pondéré du futur ministre des Finances commençait déjà à produire ses effets. La notion de « patriotisme économique » vient de faire le lit à toute une batterie de mesures adéquates. Dans son verbe, la politique de la mutualité d’intérêts et du gagnant/gagnant n’est pas un vain mot. Il cultive l’équité, la croissance, le partenariat et la projection. N’a-t-il pas tenu face à son auditoire cette formule synthétique résumant toute la rationalité qui le distingue : « Le partage équitable de la croissance doit agir entre tous les partenaires d’un projet».
Nommé directeur général du Trésor, il gère avec rigueur et constance la dette et sa conversion. Ceci au bonheur du pays, car coïncidant avec l’avènement de cette mémorable décision politique de finir le processus d’achèvement et de désendettement mené par les pouvoirs publics. Poste qu’il occupe jusqu’à mai 2003 où il est désigné ministre délégué auprès de Chef du gouvernement chargé de la Participation et de la Promotion des investissements. Une année plus tard, soit en mai 2004, il prend en charge le portefeuille de ministre délégué chargé de la Réforme financière. Tous ses efforts à l’époque se concentraient sur le triptyque « Sécurité, fiabilité et rapidité». Le système bancaire algérien avec ses dysfonctionnements et ses lourdeurs a toujours, aux yeux des opérateurs, constitué un frein à l’investissement. Venant d’un segment de participation, l’investissement constituait, pour lui, le ferment dynamique de l’économie nationale. On parlait alors de « révolution dans le secteur ». Le progrès comme l’homme ont fait leur chemin. Il sent la lourdeur de la responsabilité quand il parle du « couple risque/rendement » pour un éventuel placement des fonds de réserves dans des actifs privés. « On ne peut pas spéculer avec l’argent de la collectivité », dit-il, assuré et rassurant.
Son père diplomate et ministre plénipotentiaire d’une carrure internationale, né en 1930 à Souk-Ahras, dans l’est algérien, était le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU de 1984 à 1990.
Karim Djoudi, toujours souriant et fortement affable, est un enfant bien de chez nous. Il est né le 13 juillet de l’année 1958 à Montpellier. Il obtient son baccalauréat série sciences économiques en 1978 à Alger dans ce légendaire lycée Bouâamama (ex-lycée Descartes). Il ne savait pas encore, adolescent que le destin allait tracer pour lui une trajectoire fonctionnelle des plus nobles souhaitée par tout un chacun : servir son pays. En 1986, Karim Djoudi est appelé sous les drapeaux. Il effectuera son service militaire à Blida.
D’innombrables recherches et réflexions liées aux sciences financières et en rapport à tout ce qui gravite autour sont venues remplir davantage son cursus. Bardé de diplômes (DEUG, licence en économie, maîtrise en sciences économiques, DESS) obtenus auprès de l’Université Louis-Pasteur de Strasbourg, spécialiste des questions monétaires et cambiaires, il a mis en place, dans le contexte des reformes bancaires, tout un cadre de normes appelé « Modernisation des systèmes d’information et de paiement », lequel s’assimilait à un état-major général des banques et autres institutions financières. Karim Djoudi est l’auteur de plusieurs ouvrages et communications.
Succédant à Mourad Medelci en juin 2007, il est, par une promotion couronnant une longue carrière, désigné par le Président Bouteflika comme ministre des Finances. Depuis il s’attelle, avec la rectitude et la dextérité qui lui sont habituelles, à mener en tant que membre du gouvernement tout le secteur qui lui est rattaché vers l’ouverture, la modernisation, la transparence et l’efficacité. L’administration douanière et son programme de modernisation, puisé entre autres des orientations cardinales de celui inscrit au profit du département ministériel, en sont l’exemple le plus typique de cet esprit de mutation dans l’attitude, la procédure et l’approche managériale.
Cet homme pour qui ne le connait pas laisse apparaître une expression de tranquillité et de prévoyance. Peu mouvant dans ses déplacements, peu bavard dans les medias, mais efficace et clairvoyant, c’est ainsi que l’évaluent ceux avec qui il collabore. Enfin Karim Djoudi est une denrée chère dans le marché mondial des compétences de la gestion financière internationale. Le monde bouge, l’économie aussi, lui doit rester au service du pays.
El Y. D.



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