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N° 124 - Nov 2019

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Assises nationales sur l’économie circulaire

Par Farid HOUALI



Et si, au lieu de jeter, on réparait, recyclait, réutilisait ? L’Algérie produit un volume de 34 millions de tonnes de déchets/an, et est appelée à atteindre les 70 millions de tonnes à l’horizon 2035, dont un taux de 50 % est recyclable (plastique, déchets ménagers et assimilés). Une situation qui appelle à l’impératif d’investir dans cette réserve en tant que source de richesse génératrice d’emplois. L’Algérie s’oriente progressivement vers l’adoption du modèle de l’économie circulaire afin d’atteindre les objectifs du développement durable à l’aune des mutations technologiques, en vue de s’adapter aux impératifs de la période actuelle. Il s’agit d’une période marquée par une demande effrénée de la consommation et la diminution continue des ressources naturelles. Une situation pour laquelle l’Algérie a déployé de grands efforts pour atteindre les objectifs du développement durable à la faveur de l’élaboration de stratégies et de programmes opérationnels au niveau national parmi lesquels il y a lieu de citer:

  • Plan des modes de consommation et de production durables
  • Le plan national climat
  • La stratégie nationale intégrée de gestion des déchets (SNGID)
  • Le rapport national sur l’environnement
  • La stratégie nationale des énergies renouvelables
  • Le schéma national d’aménagement du territoire (SNAT) 2030

« L’économie circulaire pour laquelle nous nous sommes réunis aujourd’hui est un modèle économique qui vise la production de marchandises et des services durables en minimisant la consommation et le gaspillage des matières premières telles que l’eau, l’énergie, mais également une diminution significative des déchets à travers la limitation des chaines des matières et en promouvant le développement local », a affirmé à ce propos Fatma-Zohra Zerouati, ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, dans son intervention lors des premières assises nationales sur l’économie circulaire dont les travaux ont été abrités par le Centre international des conférences (CIC) d’Alger le 14 octobre dernier.

Les travaux de ces assises ont abouti à l’élaboration de près de 300 recommandations, qui ont été présentées aux participants. Leur examen a abouti à l’adoption d’une feuille de route qui repose sur quatre axes. Il est question de donner la véritable place à l’économie circulaire au niveau local et national, de rationaliser l’utilisation des ressources naturelles et le développement des énergies renouvelables et de développer les pratiques d’une agriculture et d’une alimentation durables.

Par ailleurs, il convient de préciser que les autres communications ont porté, entre autres, sur l’application du principe «pollueur-payeur». Le générateur des déchets devra payer les coûts de gestion à travers la «responsabilité élargie des producteurs, des redevances variables, des écotaxes et des taxes d’enfouissement».

« Des commissions intersectorielles, composées d’experts et de compétences avérées, seront mises en place au niveau des ministères pour la mise en œuvre de cette démarche, une fois adoptée par l’exécutif », a-t-elle avancé.

Détaillant les sept enjeux et axes prioritaires de la feuille de route, Kamel Eddine Belatrache,  secrétaire général du ministère de l’Environnement, a indiqué qu’il s’agit de donner une place à l’économie circulaire aux niveaux local et national à travers la sensibilisation des décideurs et des porteurs de projets sur son importance, de développer sa culture et d’encourager l’innovation en la matière.

Il s’agit également de rationaliser l’utilisation des ressources naturelles et de développer les énergies renouvelables, de développer les pratiques d’une agriculture et d’une alimentation durables, de soutenir la construction durable et de maîtriser l’expansion urbaine en consacrant le modèle des villes vertes et des villes durables, d’améliorer la gestion intégrée des déchets et d’encourager le tri en amont.

L’économie circulaire représente un modèle économique visant la production de marchandises et de services en minimisant la consommation des matières premières comme l’eau et l’énergie, mais également en diminuant significativement les déchets à travers la limitation des chaines des matières.

Elle permet ainsi de remédier aux impacts négatifs du modèle linéaire qui repose sur une consommation effrénée de l’énergie et de l’eau, ce qui contribue à l’accroissement de la production des déchets et au gaspillage des ressources naturelles.

Soulignant l’orientation progressive de l’Algérie vers l’adoption de l’économie circulaire, afin d’atteindre les objectifs du développement durable, Mme Zerouati a noté que l’engagement du gouvernement dans cette voie «se traduisait clairement dans les mesures inscrites dans le projet de loi de finances 2020 qui a accordé des incitations pour la création de nouvelles entreprises répondant aux exigences de l’économie circulaire ».

Elle a, d’autre part, noté que le Salon international de l’environnement et des énergies renouvelables (Sierra 2020) sera justement dédié aux entreprises naissantes dans le domaine de l’économie circulaire.

 

Une « orientation » inévitable

La quantité des déchets produits en Algérie a substantiellement progressé ces dernières décennies pour atteindre 34 millions de tonnes en 2016, dont 13 millions de tonnes de déchets ménagers. Cette quantité devrait passer à 73 millions de tonnes en 2035.

« La valorisation de ces déchets offrira à l’Algérie un gain économique de 40 milliards de dinars annuellement et pourrait générer 100.000 emplois, dont 40.000 directs », a indiqué la ministre lors de cette rencontre coïncidant avec la journée arabe de l’environnement, célébrée le 14 octobre de chaque année, et organisée cette année autour du slogan : «Nos déchets: des gisements perdus».

« L’économie circulaire permet de remédier aux impacts négatifs du modèle linéaire qui repose sur consommation effrénée de l’énergie, l’eau et qui contribue à l’accroissement de la consommation des marchandises et par conséquent de la production de déchets en un laps de temps, une situation qui se traduit par un gaspillage démesuré des ressources naturelles et par la détérioration des écosystèmes naturels tels que l’eau, l’air, le sol », a encore souligné Mme Zerouati dans son allocution.

Par conséquent, l’économie circulaire génère une plus-value, en donnant une seconde vie au produit, et devient par la force des choses une nécessité impérieuse. Elle représente ainsi une alternative et un système économique d’avenir qui permet la réalisation du développement durable.

Rappelant que l’Algérie s’est « engagée résolument dans une démarche volontariste vers une économie circulaire qui s’explique par les actions multiples menées à différents niveaux pour diversifier les activités économiques et en mettant en place des stratégies pour la valorisation de la biodiversité, la gestion des déchets, le plan national climat et plan national d’actions sur le mode de consommation de production durables », Fatma Zohra Zerouati a relevé que l’intérêt de l’Etat pour la promotion de l’économie circulaire est contenu dans les documents stratégiques et plus particulièrement dans la stratégie nationale de l’environnement et le Programme national de l’environnement et du développement durable (PNAEDD).

« L’état préoccupant de l’environnement dans le monde est une réalité que nul ne peut ignorer et qui interpelle les gouvernements et les décideurs à agir et à anticiper pour des solutions à la mesure de l’enjeu environnemental à travers la substitution du modèle linéaire qui a montré ses limites par un modèle propre et sobre et qui promeut l’économie verte », a insisté la ministre.

L’Algérie ne déroge pas à cette règle et s’attelle ces dernières années à mettre en œuvre des programmes et des actions pour remédier à ces graves dérives et à assurer à sa population un cadre de vie sain.

L’économie circulaire concerne les énergies fossiles, l’eau, la biodiversité, les déchets, les matériaux de construction, ce qui dénote la diversité de son champ d’investigation et des secteurs concernés par cette nouvelle économie

L’économie circulaire est parfois pratiquée de façon informelle notamment dans la gestion des déchets alors que leur recyclage offre de réelles opportunités de développement et permet l’amélioration des conditions d’hygiène publique, la création de nouvelles activités et l’insertion d’individus dans des circuits économiques formels et une manne de matières premières secondaires abondante d’un grand intérêt économique.

 « L’apport de l’économie circulaire est ainsi indéniable et les travaux des rencontres régionales nous ont édifiés sur l’intérêt accordé par les participants sur les différents segments de l’économie circulaire qui ont fait l’objet de recommandations qui seront portées à votre connaissance et sur lesquelles nous allons élaborer la feuille de route et définir un programme d’actions avec les secteurs concernés par les différents segments de l’économie circulaire », a conclu la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables.

 

F. H.



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