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N° 114 - Juin 2018

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Dveloppement Local

Biskra, futur pôle de production d’électricité

A la réception de deux nouvelles centrales

Par Yahia MAOUCHI



La wilaya de Biskra, une région à vocation agricole par excellence, s’apprête à devenir, dans quelques années, un pôle national de production d’électricité. Ainsi, en plus de la réception de la nouvelle centrale, de Cherga, d’une capacité de production de 450 mégawatts, la ville de Biskra a bénéficié de deux nouveaux projets de production d’électricité, qui seront réceptionnés à l’horizon 2023. Il s’agit de deux nouvelles centrales de capacité respective de 1 300 et 1600 mégawatts. L’objectif est de faire de cette localité un pôle national de production d’électricité. « Biskra deviendra à l’horizon 2022-2023 un pôle de production de l’électricité à la faveur des deux nouveaux projets géants qui y sont en cours de réalisation. Outre la centrale de Cherga qui produit 450 mégawatts, et qui nous a permis d’éviter l’opération de délestage durant l’été à travers l’ensemble de territoire de la wilaya, la réception de ces deux projets permettra à la wilaya de Biskra de devenir le plus important pôle de production d’énergie électrique dans le pays avec 3 300 mégawatts », affirme Fathallah Athmani, directeur de la Direction de l’énergie de la wilaya de Biskra.
Ainsi, selon M. Athmani, ces grands projets permettront à l’Algérie de couvrir la demande en matière d’énergie électrique pour les industries de la région. «La dynamique du développement que connaît la région couvrira la demande en croissance notamment de la part des investisseurs dans les secteurs industriel et agricole outre la consommation des ménages», affirme notre interlocuteur. En matière d’infrastructures structurantes, alors que la wilaya ne disposait en 1999 que d’un poste de haute tension de 220-60, et de deux cabines mobiles, l’un à la commune de Tolga, et l’autre au niveau de la daïra de Sidi Okba, actuellement, elle dispose de 10 postes THT-HT, et HT-MT, et 11 cabines, révèle le directeur de l’énergie de Biskra. Il est à souligner également que le taux d’accroissement annuel de consommation d’énergie électrique au niveau de la wilaya de Biskra est le plus élevé sur l’échelle nationale avec 11% d’accroissement. Il dépasse ainsi la moyenne nationale qui oscille entre 7 et 9 %. « En matière de consommation d’énergie électrique durant la saison estivale, Biskra se positionne à la deuxième place juste après Alger, compte tenu de l’importance du secteur de l’agriculture, le secteur tiers, le commerce, l’industrie… » argue M. Athmani.

90% taux de pénétration de gaz de ville
En matière d’électrification, la wilaya de Biskra a franchi des grands pas. Ainsi, en 1999 le taux de pénétration de gaz de ville, était de 28%, avant de dépasser les 90% aujourd’hui. Pratiquement c’est une évolution de plus de 60%. Il va de même pour le taux d’électrification, qui est passé de 88% en 1999 à 94% en 2017. « Toutes les communes (33 communes) sont raccordées au gaz naturel, ainsi que la majorité des grandes agglomérations secondaires, et il en va de même pour l’électricité», rappelle le premier responsable de la direction de l’énergie. Dans le même ordre d’idées, notre interlocuteur rappelle que le réseau électrique a atteint aujourd’hui les 2148 km, soit une moyenne de 120 km par an. « Une chose qui nous a permis de toucher le maximum de foyers. Donc, nous passons pratiquement pour l’électricité de 78 000 abonnés, en 1999, à plus de 167 000 abonnés fin 2017. C’est pratiquement plus que le double. Pour ce qui est du gaz, nous sommes passés en 1999 de 31 111 abonnés, à 111 000 abonnés en 2017. Donc c’est plus de quatre fois. Une chose qui démontre un peu l’investissement qui est derrière ces chiffres », décortique M. Athmani. Par ailleurs, le soutien de l’Etat en matière de consommation d’énergies électrique, au niveau de la wilaya de Biskra et de l’ensemble des dix wilayas du Sud, est à hauteur de 65% pour les ménages et les agricultures à basse tension. Et pour l’industrie, le soutien de l’Etat est à hauteur de 25%. « Le soutien de l’Etat est énorme pour les régions du sud, en matière de consommation de l’énergie électrique, sachant que le coût de revient de 1 kilowattheure est estimé à 12 DA, alors que l’Etat soutient la facture d’électricité pour l’ensemble du pays à 8 DA. Sur les 4 DA qui restent pour les wilayas du sud, l’Etat prend en charge 65% de la facture », avoue notre interlocuteur. À cet effet, ce soutien indéfectible de l’Etat a permis une meilleure stabilité et continuité en matière de fourniture d’électricité et de gaz. En matière de carburant, la capacité de stockage et de production de la wilaya est passée de 1700 m3, en 1999 à 7700 m3 en 2017.

L’énergie solaire, un substitut aux hydrocarbures
« En matière de carburant, un investisseur privé a pu construire un grand dépôt de carburant de 5000 m3. Chose qui nous permettra d’augmenter l’autonomie de consommation de la wilaya de près de quatre jours. Nous avons également un autre projet pour la réalisation d’un dépôt du carburant de 40 m3, en plus de la raffinerie au même titre que les wilayas concernées. Mais compte tenu des difficultés financières du pays, le projet a été gelé, en attendant l’amélioration de la situation financière du pays pour le relancer », indique notre interlocuteur. Par ailleurs, l’apport du secteur privé n’est pas moindre. « Nous avons un grand investissement de 100 milliards de centimes, au niveau de la zone industrielle, pour la réalisation d’un centre de production des bouteilles de gaz conditionné, et également un centre de conversion GPL, qui va en rapport avec la politique de généralisation de Sirghaz », rappelle M. Athmani. Et d’ajouter : « Le taux de reconversion de véhicules de l’essence vers sirghaz a atteint les 78% entre 2016-2017. Nous avons 5 centres de reconversions, dont deux appartiennent à Naftal. Durant la même période, nous avons atteint un accroissement de plus de 35% en matière de distribution de GPL. » Par ailleurs, en multipliant les projets dans le domaine énergétique, l’Algérie tend à porter sa production énergétique solaire de 350 mégawatts à près de 5 000 mégawatts d’ici à 2023. Ainsi, plusieurs appels d’offres ont été lancés dans le cadre de la politique nationale de développement des énergies renouvelables (PNDER). « Nous avons un formidable gisement solaire qui n’attend que d’être exploité. Nous ferons tout pour lever toutes les contraintes et répondre aux exigences des investisseurs afin de diversifier nos ressources énergétiques et entrer de plain-pied dans l’ère des énergies renouvelables », souligne M. Athmani, qui annonce également la réalisation d’un grand projet pour la production et la distribution de 4000 mégawatts d’énergie électrique renouvelables à partir des photos voltaïques.
 
Y. M.



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