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N° 117 - Nov 2018

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Dveloppement Local

« Nous pourvoyons de moitié le marché national»

Farid Bouteldja, directeur du commerce

Par Hamid BELLAGHA



Mis à part les oranges, mandarines et pomme de terre, la majorité des fruits et légumes, qui garnissent l’assiette de l’Algérien, provient des entrailles des terres bénies de la capitale des Ziban. « Non seulement tout est produit sur place, mais en plus l’approvisionnement est local. Tout ce qui est distribution est aussi biskrie. Nous avons aussi des minoteries en nombre suffisant pour satisfaire la demande des 33 communes de la wilaya, et nous nous permettons aussi d’en envoyer vers d’autres wilayas », souligne avec fierté Farid Bouteldja, directeur du commerce de Biskra. Il faut dire que parler d’autosuffisance alimentaire de Biskra, il y a quelques années, aurait fait sourire le plus optimiste des économistes. Aujourd’hui, l’autosuffisance est devenue une réalité et revient dans la bouche de tous les responsables locaux, qui, sans tomber dans la suffisance, savent qu’il ne faut pas dormir sur les acquis, mais au contraire les exploiter et les multiplier pour que le développement local ne soit plus un vœu pieu ou une comète filante. « Si nous comparons les chiffres de nos installations commerciales de 1999 à nos jours, vous vous rendrez compte du pas de géant qu’a fait notre wilaya », indique Farid Bouteldja, qui précise que « pour les chambres froides, nous sommes passés de 50 à 237. Ces chambres sont indispensables pour le maintien à des températures négatives de certaines denrées, essentiellement les dattes. Pour les laiteries, en 1999, il n’y en avait pas du tout. Maintenant nous disposons de deux, avec une production de 40 mille litres/jour; mais qui ne suffisent pas puisque nous ramenons de la wilaya de Batna ce qui nous manque, c’est à dire 54 mille litres. Entre les tueries et les abattoirs de gallinacées, nous sommes passés de 06 à 12, tandis que pour les viandes rouges le chiffre est passé de 11 à 15. » Ces chiffres démontrent, si besoin est, de la progression fulgurante des moyens de conservation et d’exploitation des richesses naturelles de la wilaya de Biskra.

Le commerce informel, une denrée rare
Pour le commerce informel, plaie béante dans la majorité des wilayas du pays, surtout celle du Nord, la bataille est pratiquement gagnée. Grâce à la méthode adoptée par le wali de la wilaya de Biskra, qui consiste à associer tous les acteurs locaux aux décisions prises. Grâce à une interactivité entre décideurs et population, les commerçants informels ont compris qu’il fallait passer par la case de la légalité. Pour cela, le wali a débloqué la somme de 84 millions de dinars pour ériger des marchés de proximité avec des affectations des locaux à ceux qui jouaient au chat et à la souris avec les autorités. Devenus marchands à part entière, ces derniers sont fiers aujourd’hui de participer à l’essor de leur wilaya. « Qui a pensé un jour que Biskra et El Oued deviendront autosuffisants et se permettront même d’approvisionner le nord du pays en fruits et légumes ? » Cette phrase prononcée par Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, lors d’une visite d’inspection, illustre à elle seule le long chemin accompli vers l’autosuffisance et l’exportation à l’interne et à l’externe. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour à la commune de M’ziraâ, dont le marché de gros voit passer sur ses étals plus de 600 tonnes/jour de produits divers, et d’El-Ghrous, qui assurent respectivement 12 et 22 % de la production maraîchère de la wilaya, et voir « la ville » des serres pour se rendre compte de l’immensité des progrès accomplis par la wilaya de Biskra dans la culture maraîchère. « D’ailleurs, pour faciliter le stockage et l’écoulement des marchandises locales, le wali envisage de réaliser dans les prochains mois un marché de gros type «Magro» à Leghrouss, à l’instar de celui de Sétif et de Mila », précisera le directeur du commerce de Biskra. Pour en revenir à la commercialisation des produits biskris vers d’autres wilayas, notre interlocuteur nous révélera que « la 4e région militaire est exclusivement approvisionnée par Biskra en ce qui concerne les viandes blanches, une fierté pour nous qui participons à l’essor de l’ANP qui veille sans relâche sur la sécurité du pays et ses habitants. Nous pourvoyons aussi plusieurs wilayas du grand Sud, comme Tamanrasset, Illizi, Adrar et Ouargla en farine et semoule, grâce à notre production de 19 mille tonnes de semoule et 450 mille tonnes de farine panifiable, issues des 11 minoteries dont nous disposons. »

Les matériaux de construction en nouvelle donne
Quelque 32000 commerçants et producteurs sont inscrits à la direction du commerce dont 15000 détaillants, 1300 grossistes, 450 importateurs/exportateurs, 1900 prestataires de services, et le reste dans la production et la commercialisation des fruits et légumes et des viandes blanches et rouges. Tout ce beau monde active, pour la plupart, sur trois marchés de gros fruits et légumes, quarante-six marchés de détails, quatre marchés à bestiaux, et deux autres pour produits divers. « Il ne faut pas oublier le marché de Féliache dans la commune de Biskra qui est la cheville ouvrière d’approvisionnement des commerçants détaillants de la même commune, où il y a un grand nombre de visiteurs quotidiens, pour le tourisme thermal et le commerce en tous genres», précisera Farid Bouteldja. Un marché de gros qui sera affecté à sa majesté la datte verra aussi bientôt le jour, nous apprendra le directeur du commerce et dont le montant alloué sera de 26 millions de dinars, sans compter la réhabilitation du patrimoine dédié au commerce qui bénéficiera d’un montant de 38 millions de dinars. Les infrastructures pour l’administration ne sont pas en reste puisque une nouvelle direction commerciale est prévue pour l’année en cours dont le montant avoisinera les 108 millions de dinars, ainsi qu’un laboratoire d’analyses et de contrôle de la qualité qui coûtera au Trésor public 94 millions de dinars, qui seront suivis par les réalisations de trois inspections de contrôle, au niveau du chef-lieu de wilaya, dans la daïra de Tolga, et la wilaya déléguée, Ouled Djellal. Les matériaux de construction constituent aussi une source de revenus non négligeable, notamment avec la rentrée en production de deux cimenteries en 2016 et 2017, avec une production de 2,7 millions tonnes/an. Une production appelée à atteindre les 5 millions de tonnes avec les extensions en cours des deux unités. En outre, Biskra dispose de 5 unités de mise en bouteille des eaux minérales et de sources avec 560 millions de litres/an, ainsi que 12 briqueteries d’une capacité de production de 1,9 million de tonnes/an. En outre, Biskra produit 35 millions de tonnes/an de sel au niveau des 3 usines de sel en attendant la mise en service de la nouvelle raffinerie de sel gemme d’El Outaya (wilaya de Biskra), en cours de construction. D’une capacité productive de 80 000 tonnes, cette raffinerie produira 25 000 tonnes de sel pharmaceutique, 25 000 tonnes de sel en pastilles et 30 000 tonnes de sel destiné à la consommation domestique et industrielle, en sus de la production de sel chimique de «haute pureté» constitué de 99,9% de chlorure de sodium (Nacl).  The last but not the least est le conditionnement de la datte et des produits dattiers puisqu’« il existe sur le sol de notre wilaya 30 unités de conditionnement qui peuvent emmagasiner 32000 tonnes/an avec des exportations estimées à 18 600 tonnes en 2015, 21000 tonnes en 2016, et enfin 28 000 tonnes en 2017 », conclura non sans fierté Farid Bouteldja.

H. B.



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