Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 113 - Mai 2018

Go

Dveloppement Local

Une sécurité hydrique assurée sur le long terme

Un taux de de satisfaction de plus de 98% en H24

Par Tahar MANSOUR



La wilaya d’Oran est à l’abri du besoin en matière d’eau potable pour le moyen et même le long terme. Actuellement, les besoins de la wilaya d’Oran en AEP (adduction en eau potable) se situent autour de 400 000 m3/j tandis que la dotation atteint près de 450 000 m3/j, ce qui permet de satisfaire même les besoins industriels en eau. En outre, les capacités de production en eau potable de la wilaya d’Oran permettent la satisfaction des besoins à moyen et à long terme. Certes, il existe encore quelques poches comme Oued Tlelat pour lesquelles des conduites de renforcement sont en train d’être réalisées ainsi que la région haute de Sidi Ghanem qui sera aussi satisfaite dans un proche avenir, c’est-à-dire avant la saison estivale. Aussi, les adeptes de la théorie du verre à moitié vide ne verront que la petite fuite du coin pour dire que les pouvoirs publics ne font rien pour Oran. Entre temps, le verre est presque plein puisque grâce aux efforts fournis par les pouvoirs publics, 98% de la population de la wilaya d’Oran reçoit de l’eau en H24, les deux pour cent restants représentent la région de Oued Tlélat, Tafraoui, Hai Lyès et Sidi Ghanem qui verront leurs besoins satisfaits à 100 % avant la saison estivale, par le biais d’un transfert de 35 000 m3/j à partir de la SDEM d’El Maktaâ.
 
Du « Ma H’lou » à l’eau H24
« Présentement, en matière d’alimentation en eau potable, nous sommes à l’aise à Oran », affirme Djelloul Terchoune, directeur des Ressources en eau de la wilaya d’Oran. Mais l’histoire n’a jamais été aussi happy-end. Durant plusieurs décennies, Oran a connu le stress hydrique le plus important à travers le territoire national, rappelle Djelloul Terchoune.  Durant cette période, Oran était alimentée principalement depuis quelques sources locales, à partir du barrage de Béni Behdel (Tlemcen), de celui de Fergoug (Mascara) et quelques transferts sans importance. Durant les années 2000, Oran avait un besoin en eau estimé à 260 000 m3/jour, alors que la production n’excédait guère les 100 000 m3/j, dont 80 000 à partir des barrages et les 20000 restants de ressources locales ainsi que de la nappe de Brédéa dont la qualité était très saumâtre. De ce fait, la dotation par jour et par habitant était inférieure à 70 litres, d’où la nécessité de réaliser des transferts et de trouver des solutions radicales à ce problème crucial.

Les transferts et le dessalement d’eau de mer comme solutions
Les premiers transferts ont eu lieu à partir du barrage de Gargar dans la wilaya de Relizane, inaugurés par le Président Abdelaziz Bouteflika en 2002, pour desservir Oran avec un transfert de 110 000 m3/j. « Et puis, il y a eu la solution radicale, une solution courageuse prise par les plus hautes autorités du pays, celle de réaliser des stations de dessalement d’eau de mer » tient à préciser le directeur des ressources en eau. Le transfert à partir de Gargar a été renforcé, à partir d’août 2004 par les eaux de la station de dessalement d’eau de mer (DEM) de Kahrama d’une capacité de traitement de 90 000 m3/j dont 10 000 pour les besoins industriels et 50 000 pour l’AEP. Ensuite, la wilaya d’Oran a bénéficié d’un transfert de 100 000 m3 à partir de la station de dessalement de Chott El Hilal (Ain Témouchent). En outre, la déminéralisation de la source de Brédéa, pour une production supplémentaire de 20 000 m3 d’eau, a également contribué à satisfaire les besoins en eau potable de la population de la wilaya d’Oran, au même titre que la station de dessalement d’El Megtaâ, la plus grande à l’échelle nationale avec une capacité de production de 500 000 m3 dont 250 000 pour la wilaya d’Oran.

Près de 3800 km de réseaux d’AEP
Pour arriver à ce résultat, de grands efforts financiers ont été consentis pour la réalisation du réseau de distribution en AEP  qui ne dépassait pas les 1000 km et le porter à près de 3000 km, réalisés entre les années 2000 et 2015/2016, en plus des 800 km pour les transferts, ce qui donne un taux de raccordement de 99% avec une dotation de 200 litres par jour par habitant. Pour le stockage, la wilaya d’Oran dispose de près de 200 réservoirs et ouvrages de stockage d’une capacité de 730 000 m3. Quant à la nappe souterraine de la wilaya d’Oran, sa capacité est estimée à 45 millions de mètres cubes, seulement 22000 m3 sont soutirés surtout pour les besoins de l’irrigation. Ainsi, la capacité de production en eau potable de la wilaya d’Oran est très importante mais « nous ne produisons que ce dont nous avons besoin », précise le directeur des Ressources en eau.

L’assainissement, un autre grand chantier
Pour cette deuxième partie du cycle de l’eau, un programme colossal a été consenti par l’Etat. Il faut savoir que la wilaya d’Oran rejette près de 270 000 m3 d’eaux usées par jour dont 100 000 sont traités et épurés par les deux stations d’épuration, celle d’El Kerma d’une capacité de 270 000 m3/j, pour le groupement urbain d’Oran et qui traitera aussi quelque 40 000 mètres cubes provenant de la partie basse d’Oran après la réalisation des 5 stations de relevage. La deuxième station est celle d’Ain Turk d’une capacité de 30 000 mètres cubes par jour et qui traite les eaux usées provenant de la partie ouest de la ville d’Oran. Ces deux stations traitent actuellement près de 160 000 m3 d’eaux usées par jour. Une autre station d’épuration est en cours de réalisation pour la région de Béthioua, une deuxième est programmée et les travaux seront bientôt lancés à Oued Tlélat dont les eaux se déversent dans le Lac Menghelat qui sera par la suite entièrement dépollué. Enfin, l’étude d’une station d’épuration des eaux usées de la région de Gdyel est terminée et les travaux seront lancés dès la fin de toutes les démarches. Une autre station est programmée pour la zone d’Arzew et Boutlélis, dont l’étude est en cours. « La stratégie du secteur est de collecter toutes les eaux usées à travers la wilaya et de les traiter au niveau des stations d’épuration en fonction ou en cours de lancement pour une utilisation à des fins agricoles ».

Un taux de raccordement satisfaisant
Pour la wilaya d’Oran, le taux de raccordement au réseau d’assainissement atteint 94% sur un linéaire de 2000 km (inférieur à 800 km au début des années 2000) et il ne reste que les zones rurales et éparses où les travaux sont en cours. Il faut rappeler qu’au courant des années 2010, il y avait près de 30 000 fosses septiques et il fallait donc tout mettre en œuvre pour les éradiquer et c’est ce qui a été fait puisqu’il n’en reste actuellement que moins de 3000 qui sont en train d’être éradiquées au fur et à mesure.

Hydraulique agricole, de grands travaux à réaliser
La wilaya d’Oran dispose de deux grands périmètres, le premier est celui de Mleta, d’une superficie de 6300 ha, extensible dans une deuxième phase à 8200 ha qui sera irrigué à 100% à partir de 2018, périmètre mis en œuvre par l’ONID (Office national de l’irrigation et du drainage) et dont l’irrigation sera faite à partir des eaux épurées de la station d’El Kerma, soit près de 45 millions de mètres cubes par an. Le deuxième périmètre est celui de Bousfer d’une superficie de 500 ha extensible à 1000 ha qui est irrigué à partir de la station d’épuration d’El Kerma. Après la mise en œuvre de ces deux périmètres, la superficie irriguée atteindra les 16000 ha d’ici la fin de l’année 2018.

T. M.



Du même auteur

Par Tahar MANSOUR

Les plus lus

L'Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

INNOMEDIA
Par Salim FAROUK.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF