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N° 113 - Mai 2018

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Dveloppement Local

Un secteur en pleine expansion

Près de 160 nouveaux projets touristiques en cours de lancement

Par Farid HOUALI



À la faveur des réalisations de nouvelles infrastructures hôtelières, Oran est en passe de redevenir une destination touristique en Algérie. Des perspectives encourageantes sont en effet à mettre en œuvre à travers une feuille de route conforme aux orientations fondamentales du Schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT 2030) qui représente une nouvelle politique du tourisme que l’Etat a mis en forme pour permettre d’engager, d’orienter et d’encadrer une réelle mise en tourisme de niveau. Véritable charte commune à tous les acteurs, c’est un cadre de référence pour les institutions, collectivités locales, promoteurs et société civile.
Promouvoir la destination Oran et y assurer un tourisme durable en présentant aux premiers acteurs du tourisme, les agences de voyages, les potentialités de la wilaya d’Oran, sont autant d’objectifs d’ailleurs tracés par la direction locale du tourisme à sa tête Amirouche Belabes. Le même responsable que nous avons rencontré en novembre dernier dans le cadre des reportages consacrés par El Djazaïr.com à la wilaya d’Oran, a noté que la deuxième capitale du pays a bénéficié d’un programme tout aussi exceptionnel en terme, notamment d’expansion de son parc hôtelier. L’attestent d’ailleurs les chiffres nous ayant été communiqués par le même responsable. Nous apprenons ainsi que ce même parc hôtelier qui n’était composé que de 78 établissements (345 lits) avant 1999, comporte jusqu’en cette année 2017, 167 hôtels pour une capacité totale de 15608 lits. 3519 postes de travail directs ont été également crées. Idem pour le nombre des agences touristiques qui passe, durant la même période, de 38 à 137 actuellement.
D’autres établissements hôteliers viendront s’ajouter à la liste, à la faveur des 159 nouveaux projets d’investissements dont 65 sont déjà lancés, totalisant 9 273 lits et ouvrant quelque 3 321 postes d’emploi directs pour un montant global de 23,739.278 millions de dinars. Ainsi, à l’horizon 2019, le parc hôtelier de la wilaya d’Oran comptera un total de 354 établissements devant offrir quelque 42.915 lits et assurer 14 430 emplois directs. Il convient de rappeler à ce propos, l’entrée en service, durant le premier semestre de l’année 2017, de quatre hôtels de classe 1 à 4 étoiles implantés dans les daïras d’Oran, Bir El Djir et Aïn Turck. « Oran sera prête, en matière d’infrastructures hôtelières, pour accueillir les Jeux méditerranéens de 2021 », assure Amirouche Belabes, ajoutant que l’État a mis en place un cadre favorable pour encourager les investissements touristiques, allusion faite aux conventions signées entre le ministère du Tourisme et des banques pour faciliter l’octroi des crédits. De plus, les projets touristiques bénéficient de taux d’intérêt très intéressants. Il est aussi prévu l’adhésion de plus de 50 établissements touristiques au Plan qualité tourisme (PQT). Les autres structures hôtelières sont obligées de s’inscrire dans cette logique de tourisme normatif au risque de disparaître.

Une école supérieure d’hôtellerie et de restauration
En matière de formation, Oran aura aussi son école. Il s’agit bien entendu de l’école supérieure d’hôtellerie et de tourisme, lancée par la Société d’investissement hôtelier, dont la première pierre a été posée en juin 2016. Cette école est la deuxième appartenant à cette société publique, après celle d’Aïn Benian, et disposera de 180 places pédagogiques et autres structures. Cet établissement, situé non loin du Centre des conventions d’Oran, « devra assurer une formation d’excellence pour les futurs managers et cadres dirigeants du secteur ». Avec la réception de cette même école, la capitale de l’Ouest est appelée à être un futur pôle de formation dans le domaine du tourisme et de l’hôtellerie. « Cette perspective s’inscrit en droite ligne avec la volonté du gouvernement de faire d’Oran une destination du tourisme par excellence, en lui donnant les moyens permettant sa redynamisation », se félicite le directeur local du tourisme. L’autre atout de la wilaya d’Oran est représenté par ses neuf zones d’expansion touristiques (ZET) : Medegh I, Medegh II, Cap Blanc, Cap Falcon, Cap Carbon, les Andalouses, Ain Franine, Kristel et Marsa El Hadjadj pour un total de 2133 hectares. En tout, 92 projets sont déjà lancés à travers ces ZET. Une capacité de 14 303 y est prévue en plus des 6983 postes de travail qui seront créés. « Dans le cadre de l’élaboration d’études du plan d’aménagements touristique, la direction du tourisme de la wilaya d’Oran a bénéficié de trois opérations d’un montant global de 64,1 millions de dinars », affirme son premier responsable.

La résurrection d’un lieu chargé d’histoire
Les négociations entreprises en vue de la récupération du Grand Hôtel d’Oran par l’Entreprise de gestion touristique Ouest (EGTO) ont favorablement abouti, en juillet dernier. Il est ainsi, prévu une opération de réhabilitation de cette belle infrastructure hôtelière, située au centre-ville d’Oran à la place Maghreb (ex La Bastille), face à la Grande poste (un autre lieu historique d’Oran). Le Grand Hôtel est en effet un joyau architectural édifié en 1920. Cette grande construction, qui faisait la fierté des Oranais, dispose de 80 chambres et de 8 suites. C’est un lieu chargé d’histoire avec une renommée internationale pour avoir accueilli des figures politiques, culturelles et artistiques. L’hôtel a fait, en 2007, l’objet d’une cession au profit d’un privé qui a été défaillant. Il a été fermé en juin 2010 pour défaut d’autorisation d’exploitation, a expliqué le responsable. Depuis, l’hôtel a été complètement abandonné. Son entrée, avec son majestueux escalier en marbre massif, est devenue un véritable dépotoir, jonchée de détritus et autres ordures, donnant une image désolante d’une infrastructure au passé glorieux et rayonnant. La récupération et la réhabilitation de l’hôtel permettront à la wilaya d’Oran de disposer d’une infrastructure d’hébergement de taille et de renforcer ses capacités d’accueil des touristes et des voyageurs. Oran, avec tous ses atouts, aspire à devenir une destination touristique incontournable. La wilaya s’apprête à accueillir en 2021 les Jeux méditerranéens, ce qui lui confèrera une dimension régionale non négligeable.

Une destination de rêve
La ville d`Oran s`est dotée dernièrement d`un nouveau guide pratique proposant les fiches techniques des principaux monuments et sites historiques, des parcours touristiques ou encore une aperçu sur l`histoire de la ville depuis le Xe siècle. Intitulé Oran, El Bahia, cet ouvrage de 102 pages offre au lecteur un voyage à travers l`histoire de la cité millénaire, depuis l’installation de marins andalous chargés par les souverains omeyyades d’Espagne d’édifier une nouvelle ville en 902 à nos jours, en passant par les périodes almoravide, almohade et zianide. La périphérie immédiate du chef-lieu de la wilaya d’Oran est aussi riche en monuments historiques, que le centre-ville, témoignant de la place privilégiée qu’occupait Oran à travers les temps. En effet, la wilaya d’Oran recèle 24 sites historiques et archéologiques dont la majorité se trouve au vieux quartier de Sidi El-Houari, quartier classé site protégé depuis juin 2011. Dans ce même quartier populaire, l’un des plus anciens de la ville, se côtoient près de 70 monuments remontant aux différentes périodes vécues par cette cité allant de la préhistoire jusqu’à la période de la colonisation française, en passant par l’ère arabo-musulmane, espagnole et turque.
A citer, entre autres, les Bains turcs construits par le Bey Bouchlaghem en 1708 et utilisés ensuite par les Français comme laverie. Ces bains sont composés d’une multitude de petites pièces de 4 à 15 m², d’une grande terrasse et d’une grande cour, actuellement occupées par l’Association santé Sidi El- Houari. Parmi les sites drainant les touristes, locaux et étrangers, figurent la porte de Canastel, la mosquée du Pacha, le palais du Pacha et l’église Saint Louis. L’Hôtel de ville, communément appelé Dar Esboua, en référence aux deux lions en bronze qui trônent à son entrée faite de marbre pur, a été construit en 1886. Il se dresse au centre-ville et surplombe la place du 1er-Novembre-1954, (ex-place d’Armes). La bibliothèque de la cathédrale d’Oran est située à la place chahid Zeddour-Belkacem, au centre-ville d’Oran. Il s’agit d’une ancienne cathédrale, construite en 1913, transformée en 1985 en bibliothèque au profit des étudiants et lycéens de la ville. Elle se distingue par son style architectural néo-byzantin.
Le fort Sainte-Thérése, sis au nord-est du Châteauneuf et gardien de la plage de Karguent, aurait été bâti par le comte d’Alcaudète en 1557-1558. Il a été reconstruit en1737-1738 par don José Vallejo. C’est dans ce fort qu’Otman Ben Mohammed, 27e bey, déposa toutes ses richesses lorsque, pour échapper à la mort, il voulut s’enfuir par mer. La batterie du Petit- Maure (el Morillo), ou de Santa-Anna, placée au-dessous de la promenade du Châteauneuf et armée de quelques pièces de canon pour la défense de la côte, a été élevée entre 1740 et 1741, sous don José Vallejo. Quant au fort San-Miguel, situé au-dessus de Mers El- Kebir qu’on appelait encore Bordj El-Francès, bâti en 1740, il a été démoli par Mohammed El-Kebir, en 1791. Il y a lieu d’y ajouter le réduit Sainte Barbe, le fortin ou lunette Saint-Louis, et l’ancien château Saint-Philippe. Le fort de Santa Cruz se trouve à 429 mètres d’altitude et fait face à une église catholique, située un peu en contrebas : la chapelle de Santa Cruz, gérée par le diocèse d’Oran. Il a été bâti par les Espagnols au XVIe siècle (entre 1577 et 1604) pour protéger la ville. C’est un site magnifique, avec une vue imprenable sur la ville d’Oran. Le fort de Santa Cruz a été un lieu de combats sanglants entre Ottomans et Maures vassaux contre les Espagnols et tribus arabes alliées à ces derniers. Ce fort se dresse sur la crête du massif de l’Aïdour. Sa situation en faisait un point stratégique. Il a survécu aux nombreuses mutations du temps, notamment le puissant tremblement de terre qui secoua Oran en 1792 et qui fit quelque 2 000 morts. Cette secousse a menacé ses fondations, d’où la nécessité de sa restauration. L’endroit constitue de nos jours «un passage obligé pour tout visiteur de passage à Oran». La direction locale du tourisme, à sa tête Amirouche Belabes, vient d’arrêter d’ailleurs, un cahier de charges pour l’installation d’une quarantaine de panneaux au niveau des places publiques pour promouvoir les sites touristiques, naturels et historiques de la région.

Des plages féeriques
Le littoral oranais qui jouit d’un cadre côtier exceptionnel a accueilli une vingtaine de millions d’estivants, durant la saison estivale écoulée, selon les estimations du directeur local du tourisme. La corniche se situe à quelques kilomètres à l’ouest de la ville, c’est la place préférée des Oranais et des touristes se trouvant dans la région. La corniche oranaise possède une multitude de plages superbes. Les plus réputées sont, sans conteste, celles de Coralès, les Andalouses et Bousfer. De nombreux estivants, venus des quatre coins du pays et même de l’étranger, sont tombés sous le charme de ces belles plages féeriques. Ils sont devenus des habitués de ces lieux paradisiaques. L’une des plages les plus convoitées de la wilaya, est, assurément, celle d’Aïn El-Turk, à l’extrême ouest de la ville et comme à l’accoutumée, la plage de Bousfer a toujours hâte de retrouver ses habitués. Ces derniers sont aussi impatients d’enlacer ses eaux azur ainsi que de retrouver le Théâtre régional d’Oran Abdelkader Alloula, le musée national Ahmed Zabana, l’institut régional de formation musicale d’Oran (IRFM), la Cinémathèque et la Maison de la Culture. Evoquer la culture à Oran, c’est aussi évoquer l’histoire contemporaine de la culture, du théâtre et du chant populaire marquée en lettres d’or dans la capitale de l’Ouest. Beaucoup de ses valeureux enfants ont su, à travers les temps, faire sortir Oran de l’anonymat, chacun à sa manière. Et on ne peut en aucun cas aborder le chant populaire à Oran sans penser à Blaoui Houari et Ahmed Wahbi. Les Oranais chantent toujours et encore… Wahran, Wahran. Ces deux « monuments » de la chanson oranaise ont légué un riche patrimoine musical aux nouvelles générations montantes. Il est vrai que Khaled s’est frayé un chemin parmi les « grands » mais Hasni est toujours dans les mémoires même après sa disparition tragique il y a 23 ans. Il en est de même pour Abdelkader Alloula, metteur en scène, victime du fanatisme religieux. Le théâtre régional d’Oran porte son nom.
F. H.



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