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N° 109 - Nov 2017

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Développement Local

Une commune historique et une ville en mouvement

Assemblée populaire communale d’El Biar

Par Tahar MANSOUR



El Biar (les puits) à la fabuleuse histoire qui remonte aux époques très lointaines ne peut être racontée en quelques paragraphes, même un livre serait insuffisant. El Biar a toujours fasciné et attiré ceux qui ont eu le plaisir et la chance de la voir, de telle sorte que les plus riches ont accaparé ses terres, ses jardins, son climat doux et sa position inégalable sur les hauteurs d’Alger et dominant sa baie. Avant la colonisation française, El Biar abritait des résidences somptueuses appartenant aux occupants d’Alger. Il n’en reste actuellement que quelques-unes, témoins de la période ottomane, comme La résidence Rais Hamidou ou Djenane El Mithak où fut signé le traité de reddition des Ottomans, battus par les envahisseurs français. Durant l’occupation française, de somptueuses villas ont été érigées qui rivalisent de beauté et de recherche architecturelle entre elles.

Situation géographique et caractéristique
La commune d’El Biar s’étend sur 4 km2  (19 km2 avant le découpage de 1984)  et compte une population de 48989 habitants. L’APC est composée de 19 membres élus qui représentent plusieurs partis politiques mais « nous travaillons tous pour le bien de la communauté, sans aucune couleur partisane », précise Mohamed Labdellaoui, P/APC d’El Biar. El Biar peut aussi être considérée comme une commune administrative car elle comporte 4 ministères et près de 30 ambassades, une trentaine aussi de résidences d’ambassadeurs. La commune abrite aussi des directions de wilaya (transport, commerce), l’UGCTU, des résidences d’Etat, la Cour suprême, le Conseil d’Etat. En tant que commune, El Biar a été créée en 1837, quelques années seulement après l’occupation française, ce qui démontre une fois de plus son importance stratégique. Le premier acte établi par le service d’état civil en 1837 existe toujours sur le registre qui a été ouvert à la même date.

Modernisation des services de l’APC
Peut-être parce que la commune possède des habitudes administratives ancrées dans la mémoire collective, ou parce qu’elle a à sa tête des hommes de haute valeur morale et aimant leur pays au-dessus de tout, la commune d’El Biar a été parmi les premières à avoir modernisé ses services à commencer par l’état civil. « J’estime que nous sommes la première commune à avoir lancé la modernisation de l’état civil car je suis à mon troisième mandat à la tête de l’APC et je vous informe que j’ai commencé à scanner les registres d’état civil dès que j’ai entamé mon premier mandat, c’est-à-dire entre 2002 et 2007 », précise Mohamed Labdellaoui, P/APC d’El Biar. De ce fait, quand les pouvoirs publics ont lancé l’opération de modernisation de l’état civil à travers le territoire national, l’APC d’El Biar était déjà prête. Mais pour les autres services, le siège de l’APC était alors trop exigu pour accueillir tout le matériel nécessaire et la commune a construit deux annexes, l’une à la rue Mustapha Khalef et l’autre au niveau de la RN 36. La première, comportant près de 85 bureaux abrite trois directions et la deuxième, celle de la RN 36, est un peu spéciale selon le P/APC, car elle abrite le service de biométrie, les ateliers de la commune, la direction des moyens généraux, celle de l’urbanisme et celle de l’équipement. La création de ces deux annexes a permis d’aérer l’ancien siège de l’APC et participer ainsi à la modernisation et à l’humanisation des services de la commune.

Le service biométrique
Ayant des registres datant de 1837 jusqu’à ce jour, l’APC d’El Biar a été parmi les premières à avoir commencé à les scanner pour les numériser et entrer de plain-pied dans l’ère du numérique au niveau de l’état civil. De ce fait et ayant tous les atouts en main, la commune d’El Biar a mis sur pied son service biométrique dans des délais très courts et a été la première commune à voir ce service inauguré par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales. « Nous avons été une commune pilote en biométrie », rappelle M. Labdellaoui. Le passeport biométrique et la carte nationale d’identité sont donc délivrés au niveau du service biométrie depuis les débuts de l’opération, en plus des services de délivrance du permis de conduire et de la carte grise. Pour cette dernière, c’est un service à part qui a été mis en place car cela demande plusieurs étapes et documents. Pour faciliter les choses au citoyen, une annexe d’état civil a été créée au niveau du service biométrie car  « vous savez que, souvent, lors du dépôt d’un dossier, le citoyen oublie souvent un ou deux documents, donc, pour lui éviter des allers-retours éreintants jusqu’au siège où se trouve l’état civil, j’ai décidé de créer une annexe, ceci bien sûr avant que les pouvoirs publics ne décident de réduire les dossiers administratifs en évitant de demander les documents qui se trouvent au niveau de l’administration (les services de l’APC ne demandent plus d’extrait d’acte de naissance ni autre document d’état civil puisqu’ils peuvent eux-mêmes les récupérer grâce à la numérisation qui a touché l’ensemble du territoire national) », explique le P/APC.  Afin de numériser les actes existants au niveau de l’état civil, les services de l’APC d’El Biar ont scanné 178 008 actes de naissance, 31 804 actes de mariage, 39626 actes de décès qu’elle a introduits dans le réseau national d’état civil. Pour les passeports biométriques, l’APC en a délivré à ce jour 1054 unités et 1504 cartes nationale d’identité biométriques comme ils ont délivré 4976 codes PIN pour les cartes d’identité, ceci tout en continuant de délivrer les pièces d’identité normales. Quant aux cartes grises, la commune a déjà délivré près de 6200 depuis qu’elle a été chargée de le faire.

Formation des personnels
M. Labdellaoui, grâce au fait que c’est son troisième mandat à la tête de l’APC d’El Biar, a toujours été à l’avant-garde des actions de modernisation, de facilitation, d’amélioration du service public et de l’accueil du citoyen. Dans ce cadre et toujours avec le souci d’amélioration de ses différents services, l’APC a entamé la formation des personnels à partir de 2007 : « Même en matière d’état civil nous avons envoyé des employés en formation, de même que pour la gestion du personnel, l’économie et fiances, les bureaux de marché en plus des élus qui ont été envoyés en formation afin de mieux comprendre la gestion d’une commune pour mieux cerner les problèmes qu’ils rencontrent et, surtout, qu’ils puissent trouver les solutions idoines et légales », rappelle notre interlocuteur. Les trois formations les plus importantes sont celles concernant la gestion du personnel, des finances (un cadre financier de la wilaya d’Alger a été détaché au niveau de la commune pour assurer cette formation) et le bureau des marchés. Les fonctionnaires travaillant au sein de ces services sont envoyés, chaque année, suivre une formation de 15 jours, à commencer par la communication entre eux et avec leurs interlocuteurs.

Moyens Généraux : ils sont « la commune »
« Les moyens généraux, c’est la commune parce qu’on y trouve toutes les fournitures nécessaires, le parc auto et tout ce dont nous avons besoin pour le travail quotidien », affirme le P/APC. Pour le parc auto, il dispose d’une vingtaine de véhicules touristiques, de 15 camions, de six bus, de deux rétro-chargeurs, de deux nacelles, de 6 bennes tasseuses et de 7 scooters pour le transport du courrier entre les différents services et éviter le problème des embouteillages très fréquents à El Biar. Ce service a aussi à sa charge les 21 écoles primaires disséminées à travers le territoire de la commune, pour leur entretien et leur fourniture en divers moyens, de même que pour les quatre mosquées qu’il entretient.

L’autofinancement depuis 2007
La commune d’El Biar bénéficie de recettes financières assez importantes provenant de la fiche de calcul établie par les services des impôts grâce au commerce florissant qui s’y pratique. Donc « à partir de l’année 2007, la commune est en autosuffisance financière et complètement indépendante du PCD, du PSD et du budget de wilaya. Ces enveloppes serviront d’autres communes n’ayant pas des ressources financières suffisantes, nous apprend M. Labdellaoui. C’est un peu comme une aide intercommunale, ajoute-t-il. Le budget de la commune se situe à environ 900 millions de dinars mais il est descendu jusqu’à un peu plus de 650 millions de dinars. Les raisons de cette baisse des recettes reviennent à la DGE qui encaisse les impôts pour les redistribuer aux communes sous son autorité et, bien sûr, les communes les plus riches voient leurs recettes diminuer pour augmenter celles des plus pauvres. D’un autre côté, « le problème endémique de la circulation au centre d’El Biar a fait déménager de nombreux sièges sociaux qui se trouvaient ici et qui payaient leurs impôts à notre bénéfice, comme Renault, Benetton qui versaient des sommes importantes et, à cause des embouteillages, ils ont déplacés leurs sièges ailleurs », explique le P/APC.

Les embouteillages, quelles solutions ?
Un plan de circulation tendant à régler le problème de l’embouteillage au centre-ville d’El Biar a été établi avec le concours de la wilaya d’Alger mais le gros problème demeure la placette qui devrait être élargie pour accueillir les voitures qui s’y déversent en provenance de quatre ou cinq directions différentes. « Même au niveau de notre commune, nous avons essayé de mettre au point un plan de circulation mais il reste toujours ce point noir pour lequel nous devons trouver une solution », rappelle M. Labdellaoui. La présence de policiers pour régler la circulation n’a pas donné les résultats escomptés même si, depuis qu’ils s’y trouvent à longueur de journée, c’est un peu plus rapide. « Quand il n’y avait pas de policiers pour régler la circulation et la réguler surtout, la placette s’étranglait sans qu’aucune voiture ne pouvait aller dans quelque direction que ce soit », précise le P/APC. Pourtant, la commune veille quotidiennement à ce qu’il n’y ait aucun nid-de-poule ou autre ralentisseur car tout s’arrêterait.

Un développement multisectoriel
« La commune d’El Biar est déjà urbanisée et il n’y a rien à ajouter, car il n’y a pas où ajouter une construction, le problème du foncier se posant avec acuité », rappelle M. Labdellaoui. Toujours selon notre interlocuteur, pour pouvoir construire il faut démolir les anciennes bâtisses et pour cela il faut une décision « en haut lieu ». Pour les voiries de la ville, c’est un entretien quotidien qui est mené à longueur d’année afin d’éviter toute dégradation synonyme de blocage et de problèmes de circulation insolubles. Pour les trottoirs, tout a été refait récemment, il ne reste que la rue Bougara qui est en cours de réalisation ainsi que la rue Malika Gaid. Parmi les 21 écoles se trouvant sur le territoire de la commune d’El Biar, une a été refaite complètement car elle était construite en préfabriqué. « Deux autres sont programmées pour la même opération car j’ai établi un programme d’éradication des écoles en préfabriqué », précise le P/APC. Mais depuis que les dépenses engagées par les APC doivent recevoir le visa du contrôleur financier, c’est à la direction de l’éducation de procéder à ces remplacements. Pour les autres écoles, elles ont toutes été réhabilitées et un matériel pédagogique moderne a été mis en place. Pour pallier la délocalisation de plusieurs sièges sociaux d’entreprises, l’APC a mis à la disposition de l’entreprise AGB un terrain où cette dernière construit son siège en R+24, ce qui constituera un plus en matière de finances pour la commune.

Le social, même à El Biar   
« Même si certains disent que c’est une commune riche, El Biar peut être considérée comme une commune aisée mais elle recense plein de cas sociaux qui méritent des aides multiformes », annonce M. Labdellaoui. Pour preuve, l’APC peut arriver jusqu’à 1200 couffins du Ramadhan remis à des familles nécessiteuses chaque année. Il y a aussi les différents dispositifs sociaux pour l’aide aux chômeurs et aux personnes à besoins spécifiques. Pour le logement social, la commune d’El Biar n’a bénéficié que de 80 logements pour 2000 demandes déposées auprès des services concernés. Quant au relogement, il a touché un seul site, celui du Val d’Hydra où il y a eu environ 350 familles qui en ont bénéficié et il reste près de 1200 baraques, sans compter les caves, les terrasses… 
 
Culture, l’essence même de la commune
Ayant toujours abrité une population composé en majorité de cadres, d’universitaires et de personnes proches des Arts, El Biar a connu et connait encore une activité culturelle intense. Concernant les structures dédiées à la culture, la commune dispose d’un centre culturel, d’une médiathèque, d’une bibliothèque et d’une autre qui sera réceptionnée prochainement. Neuf associations culturelles activent aussi à El Biar et cinq associations à caractère social et de bienfaisance et environnemental, en plus de 24 associations sportives. «Le sport a représente une grande part des activités culturelles et sportives au sein de notre commune», précise le P/APC. Toujours concernant le côté culturel, El Biar a donné naissance à plusieurs figures artistiques connues et reconnues, comme le peintre Ali Khodja, l’acteur Rouiched et d’autres encore.

Préparation des élections législatives
La commune d’El Biar dispose de 21 centres de vote (le nombre d’écoles primaires) avec près de 150 bureaux de vote pour un plus de 18000 électeurs. Pour M. Labdellaoui, «les prochaines élections législatives sont très importantes pour le pays». Pour leur préparation, ce sont les listes électorales qui ont subi un assainissement complet. « C’est une première en Algérie, nous avons assaini toutes les listes, nous avons retiré les noms des morts, des inscrits en double, des immigrés, tous ceux qui n’habitent plus la commune et nous pouvons dire que nous avons actuellement des listes assainies », déclare le P/APC. Grâce à l’assainissement complet des listes, M. Labdellaoui estime que « les prochaines élections seront les plus transparentes et constituent un tournant pour notre pays ». Toutes les structures et les services de l’APC sont en train de préparer les élections, chacun dans son domaine pour éviter toute mauvaise surprise

Mohamed Labdellaoui, président de l’APC d’El Biar
Natif de l’année 1970 à Alger-Centre, Mohamed Labdellaoui est le digne fils d’une famille révolutionnaire (le père et la mère sont des moudjahidine), marié et père de trois enfants. Il est titulaire d’une licence en économie et divers diplômes pour des formations en gestion des APC, car, pour M. Labdellaoui, c’est le troisième mandat à la tête de l’APC d’El Biar. Il estime que ce sont les formations les plus importantes dans sa vie car il a appris beaucoup de choses sur ce sujet très important. Avec son franc-parler léger, sa spontanéité et sa grande maitrise de la gestion des affaires de la cité, M. Labdellaoui a su réunir autour de lui tous les élus, nonobstant toute obédience politique car, « nous devons travailler pour le plus grand intérêt de notre collectivité et du pays, il y va de ma réputation et de celle de toute la famille, mon père a rejoint les rangs de l’ALN en 1956 et il a été commissaire politique jusqu’à l’indépendance. Il continue son travail partisan en occupant des postes de grandes responsabilité au sein du FLN », nous apprend M. Labdellaoui.          
T.M.

Un livre sur El Biar
C’est un amour très fort de sa ville, une volonté de toujours travailler dans l’intérêt du lieu où il vit, une passion pour les belles choses qui ont poussé Mohamed Labdellaoui, président de l’Assemblée populaire communale d’El Biar a écrire et à éditer un libre complet sur cette ville.
Son histoire qui remonte à des siècles, les hauts faits qui s’y sont passés, son héritage de diverses civilisations, les constructions qui sont restées jusqu’à nos jours, témoins silencieux des beaux jours d’El Biar sont mis en exergue dans ce livre, rehaussé de photos inédites et rares sur l’histoire de cette région.
C’est avec une émotion mal contenue que M. Labdellaoui nous présente cette œuvre témoin de la richesse culturelle et artistique de « sa » ville. Bravo pour cette initiative unique et très louable.



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