Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 109 - Nov 2017

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Développement Local

La commune qui fait rêver les Algérois

Assemblée populaire communale de Dély Ibrahim

Par Yahia MAOUCHI



Promise pour être la vitrine de la capitale, cette commune des hauteurs d'Alger dispose de tous les moyens pour devenir l’une des meilleures communes d’Alger. Pour cela, de belles et grandes demeures y ont été construites pour créer des quartiers résidentiels. Ils sont entourés par une belle et grande forêt (Bois-des-Cars). De grands magasins s'y sont installés. Tout comme des ambassades et des institutions telles que la FAF et l'Institut Pasteur. On y trouve même un pôle universitaire avec l'implantation de l'Enssmal (Ecole nationale supérieure des sciences de la mer et de l'aménagement du littoral) ou l'ex-Ismal (Institut des Sciences de la Mer et de l'aménagement du Littoral), d'une annexe de l'université d'Alger comportant la faculté des sciences de gestion et d'économie. En outre, l’implantation au niveau de cette commune d’une école primaire du Lycée international Alexandre Dumas, n’est pas fortuite. En somme, Dely Ibrahim a tout pour être le top de la capitale.
La vie dans la commune de Dely Ibrahim s’écoule paisiblement. Les étudiants se rendent à l’université, les écoliers et les lycéens à leurs établissements et les commerçants vaquent à leurs activités quotidiennes. Mieux encore, Dély Ibrahim est devenue ces dernières années, la zone de villégiature prisée par l'élite algérienne. Cette situation est le fruit de la bonne gestion et des efforts consentis par les premiers responsables de cette commune, qui ne lésinent pas sur les moyens afin d’améliorer le quotidien de leurs concitoyens. C’est le cas d’ailleurs de l’actuel P/APC, Kamel Hamza, se disant très satisfait de son bilan, en dépit de quelques lacunes, compte bien exploiter à bon escient l’ensemble des atouts dont il dispose, notamment les moyens financiers, pour concrétiser les ambitions légitimes nourries par les autorités locales et sa population. «Nous avons réalisé beaucoup de choses lors de mon premier « demi mandat » que j’ai brigué entre novembre 2009-jusqu’à fin 2012, à la suite du retrait de confiance à l’ancien P/APC. Je dirais même que c’est l’un des mandats qui a été très satisfaisant sur tous les plans. La population a été satisfaite, et pour cause, nous avons touché du doigt les besoins de notre société. Toutes les doléances de nos citoyens ont été prises en charge : réhabilitation des infrastructures routières urbaines, eau potable, assainissement urbain, éclairage public, réhabilitation d’infrastructures scolaires et sanitaires… des projets qui sont tracés en priorité pour nos concitoyens. D’ailleurs, c’est ce qui m’a poussé à briguer un deuxième mandat, 2012-2019, pour achever ce que j’ai entamé », se réjoui M. Hamza, qui nous a reçus à son bureau.

De nombreux projets d’utilité publique réalisés
Ainsi, pour offrir une certaine joie de vivre aux concitoyens, de nombreux projets d'utilité publique sont lancés dans la commune de Dély Ibrahim. Une nouvelle crèche communale d'une capacité de 500 enfants a été réceptionnée. Mais la réalisation d’un stade communal demeure le projet qui tient à cœur M. Hamza, qui est issu, rappelons-le, d’une grande famille du cyclisme, lui qui a d’ailleurs porté le maillon « jaune » de l’équipe nationale, durant plus de dix ans, entre 1969 et 1979. La première pierre angulaire pour sa réalisation a été posée, rappelons-le, par l’ancien wali d'Alger, Mohamed Kebir Addou. D’une capacité de 3000 places et pour lequel une enveloppe financière de 31 milliards de dinars a été affectée, ce fameux stade communal n’a pas vu encore le jour. «On s’est attaqué aux espaces verts afin de rendre la vie agréable à notre jeunesse. Nous avons ainsi procédé au lancement de plusieurs grands projets dont certains ne sont pas encore achevés. C'est pour cela que nous avons inscrit notre plan d'action sur la base de la poursuite et de la continuité dans l'exécution de ces projets. Il s'agit notamment du projet du stade communal, malheureusement l’entreprise choisie, suite à un appel d’offres, n’a pas pu honorer les délais de réalisation. Le taux d’avancement des travaux du projet est actuellement à 25%. On a procédé ainsi à la résiliation du contrat. Par la suite, nous avons lancé deux appels d’offres qui se sont avérés infructueux. Devant cette situation le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, a procédé à la réquisitionné de deux entreprises, l’Entreprise nationale des grands ouvrages d’art (Engoa), pour le stade, et Sapta pour sécuriser la route ficelée qui le jouxte. Je pense que le stade va reprendre incessamment, et ça va être le bijou de la commune », se félicite-t-il. Un stade tant attendu, il faut le dire par les 2500 athlètes au niveau de Dely Brahim toutes disciplines confondues, qui ne disposent pas malheureusement d’infrastructures sportives. Par ailleurs, l’APC de Dély Brahim a procédé également à la création des espaces verts et à la réalisation des stades de proximité en plus du stade synthétique déjà existant, ajoutant à cela, la construction de la piscine semi-olympique d'un budget de 30 milliards de centimes. Pour résorber le chômage, des marchés de proximité ont été réalisés, en attendant le marché communal qui sera réalisé au niveau de la cité des Grands-Vents. Plusieurs mesures ont été prises en prévision du lancement de ce projet qu'attendent les jeunes avec impatience. « C’est un marché qui contiendra 117 étals. L’entreprise, qui se chargera de sa réalisation, a été installée depuis un mois et demi. Le délai des réalisations est prévu pour fin août prochain. Avec la réception de ce marché communal, nous allons satisfaire une grande partie de notre population, notamment celle de la cité des Grands Vents », a tenu à préciser M. Hamza. L'APC de Dely Ibrahim a lancé également les travaux de construction d'une nouvelle bibliothèque communale à l'intérieur du lotissement El Semrania dans le but de garantir un cadre propice aux études et aux révisions. Il y aura également la construction de murs de soutènement des écoles primaires, et l'aménagement des cantines scolaires, ainsi que l'extension du siège de l'APC, pour avoir plus de bureaux et une salle des conférences.

Bois des Cars, le poumon vert
Il est question également de finir le projet de l'aménagement de la forêt du Bois-des-Cars. « Comme projet qui me tient à cœur aussi, et nous sommes à la phase finale de son étude, c’est l’aménagement de la forêt du Bois-des-Cars. C’est une forêt qui s'étend sur une superficie globale de 7 hectares. Nous avons confié l’étude de son aménagement à un bureau d’études. Une fois finalisée, elle passera en commission, pour approbation. Nous pourrons lancer l’appel d’offres dans un mois et demi. Pour son aménagement, nous avons dégagé une enveloppe de dix milliards de centimes, soit 100 millions de dinars », explique notre interlocuteur. Rappelons dans ce sens qu’en marge d’un point de presse, Abdelkader Zoukh, wali d’Alger, a expliqué l'importance accordée par le gouvernement à la réhabilitation des 26 sites des forêts et bois de la capitale pour en faire des espaces de détente et de loisirs au profit des citoyens. Actuellement, précise le wali, les choses sont au stade des études qui, une fois terminées, vont permettre non seulement de faire revivre ces endroits mais aussi y créer des espaces de repos et de détente.L'objectif essentiel est de créer le maximum d'espaces forestiers, de détente et de récréation pour que les citoyens puissent avoir leurs loisirs à proximité de leurs lieux de résidence et ne pas être contraints de se déplacer loin.Par ailleurs, lors de l’entretien que nous avons eu avec lui, le P/APC de Dély Brahim ne s’est nullement contenté de nous énumérer les actions entreprises par la commune depuis qu’il est à la tête de cette institution élue. S’exprimant avec spontanéité, il a parlé de sa ville avec une passion et une ferveur qui nous ont permis de découvrir un homme enthousiasmé par sa responsabilité, et un responsable profondément attaché aux valeurs humaines. Loin de tout esprit partisan, il s’est prêté gracieusement à nos questions, même celles qui fâchent, en faisant montre d’une grande franchise, n’hésitant pas à reconnaître les insuffisances d’une mairie riche qui souffre de manque du foncier.

En quête de foncier 
Comme dans plusieurs autres communes algéroises, les projets du développement local dans la commune de Dely Ibrahim, restent paralysés par le manque du foncier. Bien déterminé à s’adapter à cette nouvelle situation, le P/APC s’emploie déjà à trouver des solutions au problème posé par la saturation du foncier en sollicitant le concours des localités avoisinantes. Ainsi, selon le premier responsable de ladite commune, les plus grands projets de la localité, notamment ceux du logement, restent bloqués pour le manque flagrant du foncier à travers l'ensemble du territoire de la commune. Pour programmer des projets de logement, notamment dans le cadre du logement participatif, il a fallu solliciter les responsables des circonscriptions voisines pour quémander un lot de terrain. Pis encore, la commune de Dely Ibrahim, n’arrive plus à trouver de foncier pour la construction d’un CEM et d’un lycée. Il va de même pour le cimetière qui est quasiment saturé. « Nous n’avons plus de places pour enterrer nos morts », s’alarme notre interlocuteur. Il est à noter que Dely Ibrahim n'a pas bénéficié de projets de logements pour justement cette absence de foncier, ce qui a augmenté la demande qui a atteint plus de 850 pour la formule sociale, et plus de 3000 pour le LSP. Une chose qui rend les responsables locaux incapables de répondre aux besoins de leurs concitoyens, préoccupés en premier lieu par cette crise de logement. « Ce qu'il faut savoir, c'est que la commune a eu 60 logements sociaux et 150 LSP en 2006. Nous n'avons rien eu durant le précédent mandat. Et récemment, nous avons reçu un quota de 80 logements sociaux, pour 850 demandes. Nous sommes en train de les étudier, et j’espére que nous ferons le bon choix dans la sélection des postulants qui méritent effectivement ce logement social. On ne peut pas satisfaire tout le monde. Et pour votre information, ces demandes remontent à plus de dix ans, voire depuis 1998. Les gens s'impatientent, ce qui est tout à fait légitime. Mais on ne peut faire aucune promesse en l'absence de choses concrètes et d'écrits officiels », précise M. Hamza. Quand vous voyez Dely Ibrahim, vous dites que c’est une commune qui n’a pas beaucoup de logements, c’est une commune résidentielle, mais les gens se trompent. « On a besoin de logements, parce qu’il y a beaucoup de cités. Quand on prend la cité Ziyaniya, il y a près de 5000 personnes qui vivent là-bas, avec six bâtiments, où il y a une cinquantaine de familles qui habitent dans des caves et ça dure depuis des années et des années. Il en va de même pour la cité El Arkam, où des familles habitent les terrasses. Idem pour la cité, les Grands-Vents, où certaines familles vivent dans des appartements très exigus, ce qui les a contraintes à squatter des locaux commerciaux. Certes, c’est vrai qu’il n’y a pas eu de de bidonvilles, mais je dirais que le problème de logement est un problème national » argue-t-il. En somme, les résidents des chalets et des immeubles menaçant ruine dans cette commune attendent, à l'instar de milliers d'Algérois, leur relogement dans le cadre du programme visant l'éradication définitive de l'habitat précaire. D’autre part, afind’améliorer la gestion au sein de nos APC, et résorber l'habitat précaire, notre interlocuteur plaide pour le retour de la garde communale, qui dépendra directement du président de l’APC. « Cela va nous permettre de lutter contre les constructions illicites et les bidonvilles. La garde communale a l’œil un peu partout, et l’autorité prime aussi toutes les autres considérations. Il faut l’affecter dans les communes. Elle va nous aider sur tous les plans. On va améliorer beaucoup de choses avec son retour » assure-t-il.

Un nouveau plan de circulation
A l’instar de toutes les autres communes d’Alger, Dely Ibrahim souffre du problème d'encombrement. Ainsi, pour la désengorger, il y a eu le lancement, le mois de novembre 2016, du projet de doublement de la route reliant le stade de 5-Juillet à la RN14 où les travaux devront être achevés fin juin prochain. Un projet qui rentre dans le plan stratégique d’aménagement de la capitale. Il y a eu également le lancement du projet de dédoublement de la route reliant Aïn Allah à la fédération. « Avant c’était une route à double voie. Maintenant elle est réalisée en deux voies qui descendent, et deux voies qui montent. Il y a également un autre projet en cours de réalisation, c’est celui du doublement de voies entre la faculté de médecine et la commune de Dély Ibrahim sur 3 km. Un projet qui sera réalisé en trois phases étalées sur 18 mois », nous explique M. Hamza. Donc, tous ces projets permettront de fluidifier la circulation dans cette commune, confrontée aux embouteillages. Cependant, beaucoup reste à faire en matière d’organisation et d’établissement de plans de circulation à l’intérieur des agglomérations. Pour régler le problème des embouteillages, il ne suffit pas d’élargir les routes, car les flux de voitures qui viennent des grands axes routiers convergent vers les centres urbains, où ils rencontrent des difficultés de déplacement. Afin de faciliter le déplacement des voitures en amont, les plans de circulation au niveau des centres urbains doivent être étudiés soigneusement. Par ailleurs, ce nouveau plan de circulation vient en appoint aux nouvelles infrastructures routières déjà opérationnelles mais également à celles qui vont être livrées prochainement. Ce plan comprend, entre autres, la généralisation des voies à sens unique. Une méthode qui a porté ses fruits dans les grandes métropoles du monde. En effet, les premières expériences effectuées au niveau de quelques boulevards et axes importants de la capitale ont donné satisfaction. C’est pour cela que cette méthode va être généralisée à la quasi-totalité des voies des grandes villes. Sont également concernés les routes secondaires et les chemins communaux où sont recensés des embouteillages. En outre et afin d’éviter les cisaillements entre les voies, l’avantage sera donné aux sens giratoires.

Quid de la gestion des déchets ménagers
Si l’APC de cette localité s’en sort à merveille en ce qui concerne l’aménagement urbain, la rénovation des routes, la création d’espaces verts, la réhabilitation des réseaux AEP et assainissement, la construction des écoles, l’éclairage public, l’amélioration des prestations administratives et la subvention de trois associations sportives, la problématique posée par la gestion des déchets ménagers pourrait, si rien n’est fait, ternir l’image d’une commune considérée, jadis, comme étant l’une des plus propres d’Alger. Il faut avouer que malgré le nombre impressionnant de représentations étrangères qu'elle compte, dont la plus connue est l'ambassade du Qatar, Dély Ibrahim n'échappe pas au phénomène national des ordures. « La collecte des déchets, même lorsqu'elle est faite dans les règles de l'art, ne suffit pas à elle seule », estime M. Hamza, avant de souligner la nécessité de campagnes de sensibilisation auprès de la population ». Notre interlocuteur se dit aussi outré par le comportement « irresponsable » de quelques habitants et opérateurs en bâtiment qui déposent leurs détritus et gravats sur les abords des routes. Les gens ne respectent pas l'horaire des collectes de déchets. Ils jettent leurs ordures à tout moment. Il faut que les citoyens jouent le jeu. La propreté est une affaire de tout le monde et non pas uniquement celle de l’APC. On est tous concernés. L’APC, ne pourra jamais, toute seule, la rendre propre. La propreté, c’est tout le monde qui est concerné », rappelle M. Hamza. Par ailleurs, l'état délabré de certains bacs de déchets ménagers, en plus de leur emplacement parfois inadapté, nuit gravement à l'esthétique de la ville. Le refus des jeunes du travail d’éboueur, mal considéré à leurs yeux et dont le salaire est insignifiant, complique l’opération de collecte d’ordures ménagères à Dely Ibrahim.

Une commune financièrement à l’aise 
Dely Ibrahim est une commune qui est très à l’aise sur le plan financier. Les revenus de la TAP sont autour de 98 milliards pour 2017. «Financièrement nous sommes à l’aise pour le moment. Ce n’est pas un problème d’argent uniquement, c’est une question de volonté, et de vouloir faire. L’argent on peut le trouver là où on veut, même au niveau des autorités, telle que la wilaya. Il n’y a pas eu d’objection pour un projet porteur. Mais ce qui nous entrave beaucoup, c’est le manque des cadres qualifiés. Les bons cadres ne viennent pas travailler à l’APC. Il faut revaloriser les agents communaux. Avec des gens solides, les APC avanceront beaucoup mieux. En somme, c’est la compétence qui manque au niveau de nos APC. Le développement du pays est tributaire du développement de ces communes. Quand il y a un manque de compétence le projet n’avance pas, et cela au détriment du citoyen », déplore M. Hamza. Pour l'emploi, la demande est très importante et la commune n'a pas les moyens d'y répondre. « Nous essayons de caser les jeunes à titre provisoire, dans le cadre des opérations de nettoiement. Si les femmes acceptent d'aller à l'Anem, les jeunes refusent catégoriquement ce dispositif. 80% des jeunes demandeurs d’emploi veulent travailler comme agents de sécurité ou gardien du parking. Il y a Extranet, qui a offre une trentaine de postes, mais les jeunes rechignent à travailler dans ce secteur. Pour cela, je dirais qu’il n’y a pas du chômage, ce sont les gens qui ne veulent pas travailler », estime le premier responsable de l’APC de Dely Ibrahim. Sur le plan sécuritaire, hormis les violentes échauffourées qui ont éclaté dans la nuit de 28 novembre 2016 entre des migrants africains établis au quartier Bouchbek à Dely-Ibrahim et leurs voisins, Dely Ibrahim demeure une commune paisible et sécurisée. M. Hamza lance un appel à ses concitoyens, notamment aux demandeurs du logement. « Je vous demande d’être patient. Votre tour viendra dans les plus brefs délais. Donc, il ne faut pas perdre confiance. C’est vrai qu’il y a eu une lenteur, mais il faut comprendre qu’Alger n’est pas Dely Ibrahim, il y a 57 communes. Je demande également à tous nos concitoyens de concourir et d’apporter un plus à cette commune. Je vous demande d’y participer.Soyons une commune propre, aidez-nous à redorer le blason de notre commune.».

Y.M.



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