Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 108 - Oct 2017

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Développement Local

Le Jardin d’Essai, un joyau dans la ville

Il est classé parmi les dix plus beaux au monde

Par Farid HOUALI



Au jour d’aujourd’hui, il est l’une des curiosités d'Alger qui ne manque pas d’impressionner les visiteurs. Le nombre de ces derniers est en perpétuelle augmentation. Il est passé de 1 022 000 visiteurs en 2011 à 4 427 400 visiteurs en 2016, selon les chiffres communiqués par son directeur général Abdelkrim Boulahia. Nous l’avons rencontré dans le cadre des reportages consacrés par El Djazaïr.com aux EPIC relevant de la wilaya d’Alger. Durant seulement la journée du 1er janvier dernier, il a été enregistré 13 500 visiteurs. Le jardin fait aussi le bonheur des étrangers qui sont de plus en plus nombreux à s’y rendre que ce soit en groupes ou individuellement. Le touriste le plus vagabond est étonné par sa flore tropicale, le jeu incomparable des couleurs où les verts les plus nuancés viennent s’harmoniser avec les bleus du ciel et de la mer, où les parfums se mêlent aux coloris des floraisons qui s'échelonnent au cours des quatre saisons en un perpétuel printemps. A son insu, le voyageur arrivant par la mer découvre le vaste espace de verdure sombre s’intercalant entre les quartiers de Belouizdad jusqu’au front de mer. Les Algérois connaissent et apprécient le jardin qui a vu leurs ébats d’enfants ou d’adolescents, ils sont venus rêver, échanger des confidences, où adultes, ils reviennent goûter le calme reposant des ombrages, accompagner leur jeune famille, puis, grands-pères, y revivre leurs souvenirs.
Tout commence lors du débarquement des troupes françaises en terre algérienne, où elles entreprirent en 1831 des travaux d’assainissement sur les terrains marécageux situés au pied de la colline des arcades, dans le but de les transformer en sols agricoles. Le jardin fonctionna à ses début en tant que Pépinière centrale du gouvernement en diffusant les végétaux utiles, plantes médicinales, économiques et commerciales avant de s’orienter par la suite vers des activités scientifiques et horticoles, élargissant ainsi son réseau de correspondance et prenant pour désignation Jardin d’acclimatation du Hamma.« Depuis, le jardin n’est que succession d’agrandissement jusqu’à arriver à sa surface actuelle de 32 ha,en plus de sa partie collinaire (l’arboretum du bois des arcades). Le jardin manifesta son activité dans tous les domaines de l’agriculture et de l’horticulture et devint entre 1868 et 1913 un jardin botanique de renommée mondiale considéré comme l’un des plus beaux jardins des zones tempérés », se félicite son directeur général Abdelkrim Boulahia. En effet, sa situation entre la Méditerranée et la colline du Bois des arcades lui confère un microclimat exceptionnel. La température maximale en période estivale ne dépasse pas 35 degrés Celsius alors qu’elles ne baissent pas au-dessous de 2 degrés en hiver. Les principales allées du jardin portent le nom des espèces qui les constituent, elles ont été créées respectivement en 1845 pour l’allée des Platanes, 1847 pour l’allée des Dragonniers et l’allée des Bambous et 1864 pour l’allée des Ficus. Le jardin d’Essai se distingue également par deux architectures botaniques. Une dite Jardin Français, l’autre Anglais. Situé à l'Ouest, le jardin à la française se caractérise par ses tracés réguliers, sa symétrie architecturale et ses miroirs d'eau. L'architecture actuelle de ce jardin a été adoptée en 1913, suite à un concours ouvert aux architectes paysagistes, dont deux ont été sélectionnés MM. Régnier et Guion. Il s'étend sur une superficie de 7 ha, avec une longueur de 600 m interceptée par 5 terrasses successives ; permettant ainsi une perspective sur la mer, une grande plateforme de plus d'un demi-hectare, soutenu en contrebas par une longue galerie de colonnades, termine ce jardin au niveau de la rue Mohamed-Belouizdad. La partie est du jardin, comporte le jardin au style anglais abritant différentes collections d'arbres et de palmiers d'origine tropicale et subtropicale, reconstituant ainsi un semblant de nature. Le jardin à l'anglaise est composé d'allées sinueuses et de parcelles aux contours irréguliers. On y retrouve un grand bassin comprenant des carpes japonaises et des plantes aquatiques de différentes origines. Le Jardin anglais avait servi de décor au tournage du film Tarzan de 1932 avec Johnny Weissmuller. Cet ensemble a fait que le jardin botanique du Hamma soit classé parmi les plus remarquables. Il convient de rappeler dans ce cadre qu’il a adhéré au réseau international des jardins botaniques (BGCI) en février 2009. « La renommée mondiale du jardin et son adhésion au réseau BGCI ne peuvent que renforcer son intérêt scientifique et le rôle de précurseur qu’il occupe dans son domaine puisque le Jardin pourrait participer à la création d’un réseau national des jardins botaniques », nous explique encore Abdelkrim Boulahia.

La grande mutation
Le jardin d'Essai d'El Hamma (Alger) a été fermé au public en 2001, après avoir connu une dégradation constante, tant au niveau de ses structures que de ses équipements. « Le but des travaux consistait à lui restituer sa vocation et ses activités d'antan à savoir, jardin public, botanique et zoologique », soutient son directeur général. Les travaux de réhabilitation ont ainsi touché aussi bien les espaces plantés que les infrastructures existantes dans le jardin. Sa remise en état a nécessité quatre phases, dont la première (en 2005) consistait à faire l'état des lieux du jardin. Il a été constaté notamment la dégradation de l'école d'horticulture, créée en 1918, fermée à toute activité et occupée par 4 familles, ainsi que l'état « déplorable d'un bâtiment d'internat servant partiellement comme bureau et occupé lui aussi par 4 familles ». Aussi, divers locaux ayant servi à des activités autres que la destination pour laquelle ils ont été créés, à l'exemple d'un bar restaurant et d'une salle des fêtes, ont été recensés, de même qu'un bâtiment à usage pédagogique en état d'abandon, occupé par deux familles et transformé en crèche pour les besoins des occupants du jardin et le personnel exerçant en son sein. Le Jardin botanique du Hamma a bénéficié depuis la signature de l’accord de coopération et d’amitié entre la Mairie de Paris et la wilaya d’Alger en 2006, de travaux de réaménagement et de modernisation de ses structures. L’aboutissement de ce parcours s’est concrétisé en 2009, lors de sa réouverture officielle au public. Notons également que depuis le 5 janvier dernier, l’établissement en charge de la gestion du Jardin d’Essai du Hamma a changé son caractère d’établissement public à caractère administratif (EPA) à un établissement à caractère industriel et commercial (EPIC). Il relève des services de la wilaya d’Alger. Notre entrevue avec Abdelkrim Boulahia, en ce 1er mars 2017, coïncidait avec l’entrée en vigueur du nouveau statut de l’établissement en gestion du Jardin d’Essai. « Le nouveau statut exige une meilleure vision puisque l’ancien statut juridique avait mis de côté beaucoup d’activités génératrices de ressources. Le jardin mérite une attention particulière de par son statut», soutient à ce propos notre interlocuteur. Les autorités locales de la wilaya d’Alger, à leur tête le wali Abdelkader Zoukh, ont, ajoute-t-il, mûrement réfléchi ce nouveau statut que nous estimons une « grande mutilation » pour l’établissement en charge du Jardin d’Essai. Une commission ad hoc a été mise en place à cet effet pour qu’il n’y ait aucune confusion dans l’application de ce nouveau statut, selon Abdelkrim Boulahia. Trois volets ont été ainsi pris en compte. Il s’agit du volet personnel, financier et patrimoine. Tout a été inventorié pour que le transfert s’exécute en bonne et due forme. Pour le premier responsable de l’établissement, il fallait dépasser le stade de s’occuper uniquement de missions dites basiques. « On tient à augmenter la barre et ainsi passer à autre choses dont le volet scientifique, la reconnaissance des plantes. On doit disposer d’un inventaire physique de toutes les espèces existantes au sein du Jardin, détecter les maladies nuisibles aux plantes et par la suite les traiter », insiste-t-il. Et afin de « rentabiliser » l’établissement, son directeur général a « sa propre vision des choses ». Le Jardin présente, en effet, beaucoup d’opportunités. Il faut en tirer profit particulièrement la production et la vente des plantes ornementales. Un produit qui sera labélisé « Jardin d’Essai ». « On compte bien le faire au niveau de nos pépinières et carrés de production », a assuré Abdelkrim Boulahia. Il est également question de la vente des poissons et des oiseaux. « Des contacts ont été entrepris avec des professionnels dans le domaine de l’aquaculture pour une convention de partenariat pour une formation assistance technique de nos vétérinaires notamment », relève notre interlocuteur. La reproduction va débuter en avril prochain. Le Jardin d’Essai compte également assurer des formations « payantes » portant sur l’entretien des plantes et d’élevage. Quant au prix du titre d’accès (100 DA pour les adultes et 35 DA pour les enfants) n’est pas à l’ordre du jour. La « rentabilité » n’est pas le seul « souci » de la direction de l’établissement. « Il s’agit également de l’amélioration des prestations des services ». A commencer en premier lieu par le stationnement qui posait jusque-là un vari problème pour les visiteurs. A cet effet, le parking faisant face au Jardin et géré actuellement par l’EGCTU, pourrait être probablement récupéré prochainement. « Des correspondances ont été adressées à la wilaya d’Alger pour que cet espace soit annexé de nouveau à l’EPIC Jardin d’Essai. Sa gestion sera assurée par les caissiers du Jardin d’Essai comme sa sécurité aussi », selon Abdelkrim Boulahia. Toujours dans le même contexte, le même responsable évoque l’aménagement dans les prochains jours d’une entrée pour les véhicules officiels tels que ceux de la police et de la Protection civile. Il est par ailleurs question de séparer le « couloir entrée » de celui de sortie pour une meilleure mobilité des visiteurs. Il est aussi prévu des sorties à tourniquet tout comme de nouvelles buvettes qui seront opérationnelles. Le tout viendrait s’ajouter au nouveau système de billetterie informatisé, installé le 4 janvier dernier. Quant à la sécurité et à la préservation des espaces, notons que le jardin est sécurisé jour et nuit. Des agents recrutés et formés à cet effet veillent au petit grain tout au long de l’année. Certains sont postés aux entrées principales du jardin alors que d’autres assurent le rôle de « surveillants ». Le visiteur est interpellé par ces derniers au moindre geste jugé nuisant pour la faune comme pour la flore. Le système de télésurveillance va aussi être élargi. « La qualité des prestations va être améliorée », promet Abdelkrim Boulahia. Un sondage va être d’ailleurs entamé sous peu par la cellule de communication afin de se situer parmi les milliers de visiteurs qui se rendent annuellement au Jardin. « Un sondage qui va nous permettre d’avoir des réponses à tout. A commencer par les prix et les prestations. Cela va nous permettre de corriger nos erreurs », nous assure Sana Djebali, chargée de la communication dont la cellule sera « renforcée en moyens humains et matériels ». « On n’a pas le choix que de mieux communiquer. Cela relève de la réputation du Jardin qu’on est tenu de sauvegarder », ajoute-t-elle.« Le Jardin d’Essai a décollé sur tous les plans. Il abrite beaucoup d’activités, notamment scientifique. Animé, sécurisé et entretenu, les gens qui y viennent sont contents. Notre défi c’est que le jardin soit dans les cinq ou six ans à venir un acteur incontournable dans la conservation de la flore algérienne et une référence nationale », enchaîne-t-il.

Pour une meilleure éducation à l’environnement
L'école d'éducation à l'environnement qui se trouve dans l’enceinte-même du jardin, réhabilitée en 2009, organise des séances d'animation et de sensibilisation pour le jeune public. Cette école est le lieu d'accueil des enfants qui viennent en visite occasionnelle ou organisée, participer à des ateliers d’animation sur les thèmes de la nature, de la connaissance des mondes animal et végétal et de la notion du développement durable. Les sujets abordés portent sur les grandes notions environnementales dont les différents milieux naturels de l'Algérie et l'importance de la biodiversité pour l'homme. Des ateliers éducatifs et ludiques sont proposés autour du dessin, de l'ornithologie, du jardinage, de l'aquariophilie et de l'apiculture. De la fleur au pot de miel, les enfants découvriront l'ensemble des étapes et acteurs qui interviennent de la récupération du nectar à la cuillère de miel qu'ils porteront à leur bouche lors de la dégustation finale. Cette école a pour objectifs, selon les explications d’Abdelkrim Boulahia, de sensibiliser les enfants à l'existence et à l'importance de la biodiversité, de mettre en pratique des opérations permettant un jardinage respectueux de l'environnement, de sensibiliser les enfants au concept du tri sélectif, de découvrir la durée de vie des déchets ainsi que leurs nuisances à long terme et de sensibiliser les enfants sur la préservation des ressources naturelles pour un développement durable. L'école d'éducation à l'environnement organise également des activités éducatives et ludiques (expositions, communications, concours de dessin, concours du meilleur exposé, quiz, spectacles et manifestations pour le grand public lors des journées de célébration. Pour ce faire, la même école comprend une salle botanique destinée à l’observation et à la connaissance des plantes, des vivariums, insectariums, des aquariums et des aqua-vivariums installés entre 2010 et 2011. 2139 enfants dont l’âge varie entre 10 et 17 ont adhérés aux différents ateliers de 2009 à 2016. « Un exploit », se réjoui le DG du jardin d’Essai. Pas trop loin de là, se trouve aussi l'école d'horticulture du Jardin botanique du Hamma, fondée en 1978 ayant abrité depuis l'indépendance un institut de formation de techniciens en agriculture. Elle a été réhabilitée en 2008 et a repris la vocation que lui a conférée sa renommée, à savoir la formation de jardiniers et pépiniéristes qualifiés par les enseignants de l’ITMA. Cette école dispose d’une salle polyvalente, de trois salles de cours et d’un centre de documentation ainsi que d’une salle multimédia. Fermée quelques années pour « des raisons internes », cette école compte relancer les formations dispensées au profit notamment des jardiniers du Jardin ainsi que ceux de l’Edeval. Se réouverture est intervenue le 13 mars dernier. « C’était une de nos priorités qu’on s’est fixée au lendemain de notre prise de fonction en décembre 2016 », assure Abdelkrim Boulahia.

Au royaume des animaux
Ingénieur agronome de formation, d’ Abdelkrim Boulahia, ne peut que se « réjouir » d’exercer au beau milieu de « ce monde à la fois sauvage et plein de verdure ». Accompagnés de la chargée de la communication de l’établissement, il nous invite à « un petit tour » dans les allées cet immense espace verdoyant. Nous ne pouvions dire « non ». La beauté de l’endroit et la prise en charge « méticuleuse » par les jardiniers fonctionnaires de l’établissement de la moindre parcelle de terre donnent vraiment l’envie d’y rester. « C’est un paradis en plein Alger », commente un collègue. Il a dit vrai. Seulement le jardin d’Essai n’est pas seulement «ces espaces verts, ces arbres centenaires et ces alleées. C’est aussi le zoo qui draine des milliers de visiteurs chaque année. Situé, à proximité de l’entrée nord, un petit zoo d'un hectare de superficie fait le bonheur de bon nombre de visiteurs. Sa proximité avec la mer ainsi que l’humidité élevée créent un climat tropical exceptionnel, voire unique en Afrique du Nord. En effet, la visite du zoo permet une belle balade à pied au cœur de la nature, c’est une escapade familiale, à la fois relaxante et dépaysante, mais c'est aussi une fenêtre ouverte sur la faune des différents continents. Lors de sa création, les premiers pensionnaires du zoo étaient les autruches, les dromadaires, les sangliers et quelques singes. Au cours des années, il s'est considérablement enrichi par une multitude d'animaux exotiques.À l'entrée, un grand bassin abrite une foule de volatiles tels les flamants roses, les oies, les canards mandarins et les paons… Pas très loin des poissons baignent dans une cascade agrémentée de rocailles et de plantes dont le jet d’eau est alimenté par l’eau de source. Une variété d'oiseaux et de couleurs, des grands aras bleus, des amazones, des cacatoès occupent une grande volière et font face à de magnifiques oiseaux exotiques tels les perruches, les inséparables, les kakariki...La fauverie avec l'imposant tigre du Bengale, la panthère très agile et habile et son majestueux, le roi Lion. Elle est sans doute la cible première des visiteurs petits et grands. Des espèces autochtones peuvent êtres également admirées ; des fennecs, des mouflons à manchettes et des gazelles menacées de disparition. Bien d'autres animaux curieux et aussi impressionnants tels que l'alligator, l'ours brun, les autruches, divers rapaces... vous donneront envie de revenir visiter ce petit arche de Noé. « En plus de sa mission récréative qui consiste à divertir les visiteurs en leur offrant un lieu de distraction et de loisir, les principales missions du zoo sont éducatives en premier lieu », nous assure le médecin vétérinaire du zoo, le Dr Nouzha Khouchen. Le zoo vise aussi, à ses dires, à sensibiliser ses visiteurs à la protection de la biodiversité grâce à différents outils pédagogiques (panneaux, atelier de zoologie, visites guidées, plaquettes, etc.). Notons par ailleurs que le parc zoologique ouvre ses portes aux étudiants et chercheurs qui ont l'opportunité d’observer le comportement d’animaux rares et discrets afin d’approfondir les connaissances sur chaque espèce et de permettre également le développement des connaissances scientifiques, notamment dans le domaine de la reproduction et de la médecine vétérinaire. « Chaque année, le zoo enregistre de nombreuses naissances qui font la joie de l’équipe du zoo », se félicite Dr Khouchen qui a su « se familiariser » avec bon nombre de pensionnaires du parc zoologique. Ainsi, à titre illustratif, le zoo a vu la naissance de plusieurs bébés de mouflons à manchettes, de bébés lions, de panthères, de singe magot, des fennecs et des faons de gazelle dorcas et de gazelle rhim, des cerfs daims et une grande variété d'oiseaux et de palmipèdes. Sur un écriteau on peut lire que le zoo hébergeait des pensionnaires ayant battu des records de longévité: un sanglier (33 ans), un condor des Andes Hector âgé de plus de cent ans (encore vivant), un ours brun (62 ans), (classé dans le Guinness book) et un alligator du Mississipi Jacqueline (100 ans).

F.H.



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