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N° 108 - Oct 2017

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Développement Local

L’Edeval ou l’harmonisation de l’espace vert de la capitale

Issue de la restructuration des services publics de l’ex-Conseil urbain de coordination

Par Farid HOUALI



A Alger, les services de la wilaya ont pu récupérer près de 500 assiettes foncières après l’élimination d’un ensemble de points noirs qui faisaient office de décharges pour déchets solides. Ces espaces ont été libérés d’une importante accumulation de déchets empêchant ainsi toute sorte d'activité dans ces lieux. « Ces assiettes sont destinées à la construction d'espaces verts et de loisirs pour jeunes et enfants. Dans le cadre du plan vert, les services de la wilaya œuvrent à l'aménagement de 25 forêts urbaines dont 13 ont été touchées par cette opération en attendant d'affecter des enveloppes financières pour les 12 restantes », avait affirmé Abdelkader Zoukh, wali d’Alger. Ces forêts seront dotées d'éclairage public à l'instar de celles de Ben Aknoun, Bordj El Kiffan et autres dans le but de permettre au citoyen de bénéficier de ces espaces de jour comme de nuit durant la saison estivale. En effet, de la reconquête du front de mer au réaménagement de quelques quartiers, en passant par la structuration de la périphérie, le plan lumière, le macro maillage en transports en commun, le boulevard urbain, la ceinture des agri parcs et autres promenades, sont autant de projets structurants initiés à même de faire d’Alger une métropole méditerranéenne à l’instar des villes comme Marseille et Barcelone. Ainsi, s’agissant notamment de la propreté de l'environnement, Abdelkader Zoukh a fait savoir récemment que 500 points noirs, recensés à travers la wilaya d’Alger, avaient été pris en charge et aménagés en espaces verts. A ce titre, suite à l’éradication en 2010 du site de Doudou Mokhtar dans la commune de Hydra, qui abritait à l’origine 904 baraques (habitats précaires), la wilaya d’Alger a dégagé le financement nécessaire pour sa prise en charge à commencer par l’engagement d’une opération de reverdissement du site afin de le mettre à la disposition de la population pour la détente et la récréation, pour un montant global de 120 millions de dinars.  L’administration forestière, qui fut désignée en qualité de maitre d’ouvrage délégué, a lancé durant la campagne de reboisement 2010-2011 la mise en terre de 9.000 hautes tiges d’espèces forestières et ornementales diversifiées. Subdivisée en plusieurs portions et sur une superficie globale de 20,47 ha, l’administration des forêts a axé son intervention sur les deux zones principales totalisant 10,5 ha qui ont bénéficié de divers travaux dans l’objectif d’ériger ce site en forêt récréative et d’activités pédagogiques. Cette réalisation constituera un prolongement des équipements structurants existants tels que le parc zoologique et les infrastructures universitaires environnantes. Dans la commune d’Alger-Centre, le jardin public de Tafourah, nouvellement aménagé à la place de la station d'autobus qui constituait un point noir pour la circulation automobile dans la capitale, est un espace d'agrément pour les Algérois et tous ceux qui s'y invitent. Sur place, il est question de la réalisation « prochaine » d’une fontaine.   Edifiée sous les palmiers plantés depuis longtemps pour former un espace vert long de 1200 m² dans la seule station d'autobus de Tafourah, cette fontaine est réalisée par un bureau d'études qui s'est inspiré des fontaines d'eau très répandues autrefois à la Casbah et qui constituaient une source de vie pour toute la population, a expliqué cet ingénieur.  Le jardin public de Tafourah est l'un des projets urbanistiques inaugurés en 2016, par le wali d'Alger Abdelkader Zoukh, et inscrits dans le cadre du plan directeur d'aménagement et d'urbanisme de la wilaya d'Alger (PDAU-2015-2035), visant à améliorer le cachet architectural de la capitale. Pas trop loin de là, le Jardin Sofia fait également peau neuve. En effet, grâce à un programme de réhabilitation et d'embellissement, les jardins et les parcs d'Alger-Centre vont retrouver leurs couleurs, à l'instar du jardin Sofia, dont les usagers peuvent désormais se désaltérer sur ses bancs tout en sirotant leur café servi par la buvette en service dans le même jardin et en écoutant les informations diffusées 24h/24 par la radio nationale. En outre, le mythique jardin Port Saïd fera, après sa réhabilitation et sa rénovation (en cours), la joie des Algérois. Selon l’APC d’Alger-Centre, le jardin sera doté d'un kiosque de musique, d'un espace attrayant grâce à un programme culturel pour les adultes et les enfants (Gala de musique châabi, prestation des clowns pour enfants etc.) pour occuper les journées des citoyens habitant les alentours. Aussi, une étude a été lancée récemment pour la réhabilitation du dernier jardin de la haute Casbah appelé « Djninet Lyés Soustara » pour qu'il soit rouvert au public dans les plus brefs délais. La mairie d'Alger-Centre a aussi entamé les travaux de réhabilitation du parc de la Liberté et du parc de Beyrouth (Mont Riant). Les bois de Sidi Brahim une fois réhabilités, constitueront une bouffée d'oxygène pour les Algérois qui pourront aller y courir pour éviter de se déplacer continuellement à la forêt de Bouchaoui. S'agissant du parc Tifariti, la mairie d'Alger-Centre a terminé l'installation des jeux pour enfants évalués à 40 millions de dinars. Les travaux de revêtement des trottoirs en béton imprimé, le goudronnage des rues ainsi que la mise en place de jet d'eau dans les différents quartiers d'Alger-Centre contribueront aussi à redorer l'image du cœur de la capitale.

Des experts au service de la nature
Sur les axes autoroutiers de la capitale, des camions citerne assurent l’arrosage alors qu’une pioche, ou un sécateur à la main, vêtus en vert, des jardiniers dont on ne connaissait que peu, sont aperçus dans le moindre jardin et espace vert d’Alger. Ceux là, sont les jardiniers de l’unique établissement relevant des services de la wilaya d’Alger, à charge de la promotion, du développement, de la gestion, de l’entretien des espaces verts. C’est bien entendu, L’Epic Edeval (Etablissement de développement des espaces verts d’Alger) issu de la restructuration des services publics de l’ex CUC (Conseil urbain de coordination) de la wilaya d’Alger, et créé par arrêté, le 12 juin 1995.  L’Epic a aussi pour mission l’étude et la réalisation de nouveaux espaces verts, et aménagement des parcs et jardins et boisement et taille d’arbres de la voierie, des places et placettes publiques de la wilaya d’Alger. A ses débuts, l’établissement n’intervenait que dans 28 communes de la wilaya d’Alger pour étendre ses champs d’intervention sur les 29 restantes depuis mars 2014. Autrement dit, actuellement l’Edeval couvre la totalité du territoire de la wilaya d’Alger.  Le tout selon un plan de charge « annuel ». « En parallèle, il a été intégré dans ce même plan de charge les ouvrages après leur réception », selon son directeur général, Kamel Yakoub. « Chez Edeval, nous sommes parfaitement conscients que notre succès repose sur une volonté soutenue d’accomplir notre mission. Une mission en laquelle nous croyons et que nous concrétisons tous les jours, dans nos projets, avec tous nos clients et avec nos collaborateurs », a-t-il soutenu. La gestion et le management de l’établissement public Edeval, créé par la collectivité locale pour la réalisation et le développement d’une mission de service public au profit des citoyens d’Alger à savoir : la gestion, la multiplication et le développement des espaces verts, nécessite en effet, une stratégie, une vision moderniste et surtout une présence effective sur le terrain.  Défis relevés par l’Edeval, un Epic fort de ses personnels expérimentés mais surtout des passionnés par la nature. Ainsi, 58 848 arbres d’alignement ont été plantés en 2016 pour une superficie globale prises en charge, de 2 548 250 m² ce qui représente 1006 espaces verts ainsi que tout l’axe autoroutier de la wilaya d’Alger jusqu’aux wilayas limitrophes (Tipasa, Blida et Boumerdes).  Et afin justement de répondre à ce besoin croissant en matière d’aménagement des espaces verts à travers la capitale, l’Edeval est répartie en « unités opérationnelles » dans chacune des 13 circonscriptions administratives que compte la capitale.

Une omniprésence sur le terrain
Tout établissement public à caractère industriel et commercial, dépendant de la wilaya d’Alger, a le potentiel d’être davantage qu’une structure publique au service des citoyens. « Nous concernant, on doit répondre présent sur le terrain. C’est l’une de nos missions et objectifs », estime Kamel Yakoub rappelant qu’un plan d’embellissement de la capitale est établi en collaboration avec la tutelle. « Pour ce faire, l’établissement compte sur les unités opérationnelles », assure encore son directeur général. En somme, un effectif de 2438 agents veille au petit grain. Ils sont techniciens, ingénieurs agronomes mais et aussi des jardiniers qualifiés issus des centres de formation et aussi des centres d'horticulture.  « Une importance capitale est accordée à la formation », a assuré le premier responsable de l’Edeval. 400 employés de l’Edeval avaient été de ce fait, formés ces trois dernières à l’ITMA (Institut de technologie moyen agricole). Quant au parc roulant, il est composé de 141 véhicules. Mais « la force de frappe » de l’Edeval reste sans conteste ses six pépinières implantées à Bab Ezzouar, El Alia, Belfort, Kouba, Ben Aknoun et Bouchaoui. « Une septième est en cours de réalisation sur l’axe autoroutier Ben Aknoun-Zeralda », s’est félicité Kamel Yakoub.  Les plantes produites dans ses pépinières, « sont répertoriées suivant une classification par famille ». A citer entre autres les annuelles, les bisannuelles, les plantes de bordures, les plantes vivaces, les arbustes et les conifères. Le nombre de plantes produites en 2016 à titre illustratif est de 741 526 plantes. « Chaque structure contribue activement à préserver l’image de marque de l’entreprise en assurant la continuité du service public tout en respectant les exigences de qualité et le respect des délais. Notre objectif est clair : maintenir nos sites dans un cadre environnemental de référence. Une entreprise se caractérise par ses actions, les principales missions de l’établissement sont la production des plantes végétaux et l’entretien et la réalisation, ainsi que le développement des espaces verts ce qui implique, une activité diversifiée et une production particulière », a encore soutenu Kamel Yakoub.  Il a dans ce cadre, assuré qu’à l’Edeval, sont « révolues », les anciennes pratiques du jardinage « classique ». En effet, l’établissement « soutenu dans sa démarche » par le wali d’Alger a pu acquérir ces dernières années des équipements nouveaux et révolutionnaires dans le domaine. Il s’agit notamment de tondeuses électriques de tondeuses à main de tracteurs, de coupe-bordures et débroussailleuses de cisailles à gazon ainsi que des camions-nacelle et des tronçonneuses télescopiques. A l’EdevaL, les nouveaux équipements ne sont pas la seule « révolution ».  Rien n’est jeté puisque l’établissement possède sa propre mini-station de compostage des déchets. Le compote est utilisé par la suite dans la production des plantes dans les pépinières. On ne quittera pas l’Edeval sans évoquer la prochaine réhabilitation du jardin Prague « dont les détails sont finalisés ». Avant cela, l’Edeval et ses jardiniers peuvent être fiers d’avoir su redessiner un nouveau visage de beaucoup d’espaces verts dont celui Addis-Abeba, Chambery et parc Tito, la décoration florale des édifices ciblés (siège de la wilaya, APN, et ministères…).

F.H.



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