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N° 108 - Oct 2017

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Développement Local

Alger, future smart city

Le projet se précise

Par Farid HOUALI



Simple argument marketing pour ses détracteurs, l’enjeu des « smart cities » est pourtant déjà une réalité sur plusieurs continents, notamment en Asie, pionnière dans le domaine. Villes à forte densité de population, Singapour et Hong Kong ont ainsi misé sur les technologies de pointe dès le début des années 1980. À Singapour, l’implantation dans la baie de 18 super-arbres artificiels équipés de capteurs connectés permet par exemple d’accomplir diverses fonctions d’intérêt public, comme l’éclairage, la régulation de température ou encore la récolte d’eaux de pluie, le tout en autosuffisance énergétique et avec une touche esthétique non moins importante. Pour le cas de l’Algérie, c’est un pays « en mesure de devenir leader dans la mise en œuvre de l’approche de la ville intelligente durable et d’avoir un rôle stratégique dans la réduction du fossé entre sociétés des pays développés et ceux en voie de développement (Afrique) », assurait récemment un chercheur à l’université de Montréal (Québec, Canada). Animant une conférence intitulée «Les technologies des villes intelligentes et durables» à l’Université Kasdi-Merbah de Ouargla, le Pr. Mohamed Cheriet a souligné qu’il «est indispensable aujourd’hui d’arrêter une feuille de route et de réfléchir à des approches efficientes pour préparer l’Algérie à la prochaine étape et hisser ses villes à un niveau de développement confortable». « La notion de ville intelligente et durable n’est pas de la science-fiction, mais une réalité adoptée dans plusieurs pays qui se sont développés en matière de technologies, y compris certains pays arabes de l’Asie, tels que les Emirats arabes unis», a indiqué le conférencier, ajoutant que «l’Algérie sera en mesure, au regard de ses importantes potentialités, d’être leader dans ce domaine». Le Pr Cheriet a, par ailleurs, estimé que «l’application de cette approche sur la ville algérienne aura d’importantes retombées économiques et écologiques et des répercussions positives sur la vie du citoyen, pour peu que les technologies de l’information et de la communication (TIC) y soient utilisées de manière efficiente, en plus de l’élaboration d’un réseautage conforme de données et de communications pour assurer une meilleure communication». L’Algérie, a-t-il soutenu, peut servir de modèle, en constituant un trait d’union entre les pays développés du Nord et ceux en voie de développement en Afrique, à la faveur de l’exploitation des TIC et d’autres atouts pour améliorer le cadre de vie du citoyen et prendre en charge les aspirations. «Le développement des sociétés et l’application de l’approche de la ville intelligente, que des puissances internationales œuvrent à concrétiser, ne nécessitent pas la mise en œuvre de systèmes intelligents uniquement, mais la prise en considération de moult facteurs, dont la préservation et la protection de l’environnement, la réduction de la pollution qui, elle aussi, requiert le développement des réseaux informatiques et de la recherche en énergies renouvelables » afin de réduire l’exploitation de l’énergie fossile.

La wilaya d’Alger s’associe avec des start-up dans les TIC
A l’instar des grandes capitales mondiales, la wilaya d’Alger aspire, comme déjà souligné sur ces mêmes colonnes, à devenir une ville intelligente. Pour ce faire, plusieurs conventions ont été signées en mai dernier, avec plusieurs startups en présence de Abdelkader Zoukh, wali d’Alger. La première a été contractée entre l’entreprise SEAAL et la startup « Acquasafe» et porte sur le déploiement de la solution mise en place par la start-up pour le contrôle de la qualité des eaux rejetées par les industries. Ainsi des capteurs seront placés dans les stations d’épuration et de pompage de la SEAAL afin d’avoir un contrôle permanent et numérisé des eaux de toute la région. Cofondatrice de « Acquasafe », Malek Iman, ingénieure d’Etat diplômée de l’Ecole nationale polytechnique, a indiqué dans sa présentation que « l’entreprise a développé un dispositif permettant de contrôler la qualité des eaux usées déversées par les usines, un système visant à protéger l’environnement ».
La seconde convention a été conclue entre les deux startups KBM et AFind et concerne la conception de systèmes et plateformes informatiques pour améliorer le système de santé à Alger. La startup Afind, une entreprise familiale, a mis en place, nous dit l’un des gérants de l’entreprise, le site électronique www.sihhatech.com, un site web permettant aux patients « de consulter, rapidement et gratuitement les noms, adresses et numéros de téléphone des médecins, toutes spécialités confondues, et de prendre rendez-vous par internet sans se déplacer ». Des conventions ont été signées avec plus de 400 médecins, de différentes spécialités, contre un prix symbolique allant de 1000 à 1500 DA mois, a-t-il ajouté. Pour sa part, Ilyas Kaabi, cofondateur de KBM, venant du Canada, a relevé que la convention de partenariat signée avec la startup Afind permettra de « mettre en place une clinique numérique, l’ouverture d’un dossier médical électronique pour chaque patient et l’archivage électronique permettant de gérer les dossiers des malades ». Dans son intervention à l’occasion, Abdelkader Zoukh, wali d’Alger, a appelé à aider les jeunes universitaires porteurs d’idées innovantes à créer leurs propres startups dans les plus brefs délais, et ce, en soutien au Plan stratégique de la wilaya d’Alger, pour en faire ainsi une ville intelligente. Pour ce faire, la wilaya d’Alger avait créé des espaces appelés « incubateurs », auxquels ont pris part environ 1 000 jeunes universitaires, dont des jeunes Algériens établis à l’étranger, en vue de les encourager  à créer ce genre d’entreprises, a souligné M. Zoukh avant d’ajouter que plusieurs facilitations leur seront accordées afin qu’ils puissent concrétiser leurs projets sur le terrain, telles que les locaux et les crédits « avec la possibilité de bénéficier de crédits accordés par la Banque mondiale » en appui aux startups.  De son côté, Mme Fatiha Slimani chargée d’études et de synthèses à la wilaya d’Alger, a rappelé, quant à elle, le rôle des startups dans le concours qui a été lancé dernièrement à l’hôtel El Aurassi à Alger, autour de projets portant sur les idées innovantes, ajoutant à ce propos, que 60 projets seront lancés au cours des quatre prochains mois, comme première étape, et ce, dans le cadre du projet « Alger ville intelligente ». Ces projets porteront sur le développement d’un environnement propice à l’émergence des startups, ainsi que toutes les applications intelligentes qui visent à améliorer la gestion intelligente et le cadre de vie dans la capitale. D’ailleurs, la ville d’Alger a créé une entreprise mixte de droit algérien avec les Espagnols pour la réalisation d’un système de régulation du trafic urbain au niveau de la wilaya d’Alger. Il s’agit d’un projet-pilote baptisé « Système intelligent de gestion dynamique de la mobilité urbaine » qui comprend une gestion centralisée des feux tricolores à Alger. En outre, la capitale vient de lancer son plan de résilience urbaine afin d’identifier les points faibles à travers tout le territoire de la wilaya et éviter ainsi les catastrophes soudaines.  D’autant que le développement des sociétés et l’application de l’approche de la ville intelligente, que des puissances internationales œuvrent à concrétiser, ne nécessitent pas la mise en œuvre de systèmes intelligents uniquement, mais la prise en considération de moult facteurs, dont la préservation et la protection de l’environnement, la réduction de la pollution qui, elle aussi, requiert le développement des réseaux informatiques et de la recherche en énergies renouvelables afin de réduire l’exploitation de l’énergie fossile.
F.H



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