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N° 107 - Août 2017

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Développement Local

Tout pour une meilleure fluidité du trafic routier

Etablissement de gestion de la circulation et du transport urbain (EGCTU)

Par Ahmed Boudraa



Alger a considérablement grandi. C’est une évidence. C’est un fait aussi que la capitale traîne un problème de circulation aigu du fait d’un énorme trafic routier en son sein, induit par un immense parc automobile, estimé selon Ali Saidani, directeur de l’Etablissement de gestion de la circulation et du transport urbain (EGCTU) à 1,5 million de voitures. Ce moyen de locomotion est tantôt un signe de prestige, tantôt un outil de travail. Mais l’un et/ou l’autre empruntent les mêmes voies de circulation routière dans la ville d’Alger. Ce qui constitue, chaque jour que Dieu fait une gageure pour éviter les bouchons à des heures de grands rushes. En effet, selon un rapport d’une commission de l’Assemblée populaire nationale, 70à 75% des véhicules qui accèdent à la capitale ne transportent qu’un seul passager tandis que 400.000 voitures sont utilisées quotidiennement pour des motifs « injustifiées ». Outre, les administrations, les universités et les écoles qui se trouvent à Alger, la capitale abrite un port commercial qui attire plus de 1 000 camions par jour. L’usage du métro, tramway, téléphérique, la réalisation de plusieurs parkings, la mise en place d’une signalisation lumineuse dans d’innombrables points ont, certes, atténué le phénomène, mais ce qui reste à faire, c’est précisément…l’affaire de l’EGCTU.

Mission assignée à l’EGCTU
A l’instar des autres EPIC, l’établissement, créé en 1995, a un nombre de missions à réaliser pour le compte de la wilaya d’Alger sous l’égide de laquelle elle travaille afin de réguler la circulation routière et le transport dans la capitale. Planifier, élaborer des plans et des directives afin de faciliter l’accès et la sortie de la ville. Cette tâche n’incombe pas seulement à l’EGCTU, elle s’accomplit en coordination avec la direction du transport, les travaux publics et les services de la sûreté nationale. Plus concrètement, l’établissement a la charge d’accomplir les travaux routiers en matière de marquage au sol (teinture en blanc), la réalisation et l’implantation des panneaux de signalisation et flèches lumineuses (feux tricolores, drapeaux d’ambassade et les pays qu’elles représentent, indications de directions vers les ministères et les différentes administrations, etc.). Tous ces ouvrages ne visent pas uniquement un objectif fonctionnel, mais entrent également dans le cadre de la modernisation et de l’embellissement de la capitale. En sus, il lui est dévolu la gestion de 19 parkings que compte la ville d’Alger, lesquels ont une capacité d’accueil de 9 500 places dont l’accès et le paiement de cinq parmi eux sont automatiques, les autres sont en voie de l’être selon le directeur Ali Saidani. Par ailleurs, l’établissement gère 20 stations de bus et à charge pour les propriétaires de ces moyens de transport en commun de payer une redevance mensuelle par mandat à l’EGCTU aux fins d’avoir accès aux stations. Cependant, cette méthode est en passe d’être modernisée également pour être remplacée par un système de tags élaboré par un logiciel, lequel délivre un tag qui sera affiché sur la vitre avant du bus à chaque fois que le propriétaire du bus s’acquitte de la somme due à chaque fin de mois. À défaut, l’accès lui sera automatiquement interdit. Ceci étant, la gestion des cinq fourrières automobiles, que compte Alger, fait partie des attributions de l’EGCTU. Une sixième, une sorte de parking sauvage, a été récupéré pour l’aménager en fourrière. Cela aidera beaucoup, vu le nombre d’infractions verbalisées par les agents de la sûreté nationale avec lesquels la collaboration est très étroite. Tout cela fait partie du volet commercial de l’entreprise, comme l’indique son statut juridique.

L’EGCTU, maître d’ouvrage
Ne se limitant pas uniquement à la gestion des infrastructures déjà existantes ou aménagées, l’établissement a latitude, de par les statuts qui la régissent, de concevoir et de commander des projets entrant dans le cadre de ses attributions. Ainsi, l’EGCTU est-il le maître de l’ouvrage de la nouvelle gare routière de Tafourah, en lançant d’abord l’opération de sa construction, en mobilisant ses bureaux d’études, spécialisés dans ce domaine, faire les appels d’offres en direction des entreprises intéressées, élaborer les cahiers des charges… Bref, mettre en œuvre toute la panoplie juridico-technico-administrative qui aboutit, in fine, à sa réception selon les normes établies. Le directeur n’omet pas de dire que cela s’est fait avec l’assistance de la direction du Transport, partenaire de l’EGCTU. Le même schéma s’est produit lors de la construction des sept nouveaux parkings à étages dont la capacité est de 5 500 places et qui viennent s’ajouter à ceux déjà existants dont la capacité s’élève à 9 500 places susceptibles d’atténuer la congestion que connaît la capitale en matière de stationnement. L’étude technique, là aussi a été confiée à l’EGCTU et la réalisation à la direction du Transport. Toutefois, une fois réalisés, la mise en service et la gestion courante sont du domaine exclusif de l’EGCTU. L’établissement compte récupérer cinq parkings qui étaient loués à des particuliers et dont le bail est arrivé à échéance. Ceci va constituer une autre source de revenus pour cet organisme dont l’ambition à terme est de s’autofinancer. En termes d’investissements, l’ECGTU compte réaliser deux autres parkings à étages, l’un à Ain Naâdja, doté de 1500 places, et l’autre avoisinant le centre d’affaires de Bab Ezzouar de 1000 places. C’est dire que l’établissement est à cheval sur trois volets : le technique, l’administratif et le commercial.

Mille employés au service de la capitale
L’EGCTU, qui est un outil de la wilaya d’Alger, gère un millier de personne mobilisés au chevet de la circulation routière, du transport urbain et de la signalisation, sous ses différentes déclinaisons, faisant office de guide dans la capitale. Des unités d’intervention sont dispatchées qui dans les stations de bus qui dans les parkings tandis que d’autres travaillent dans les fourrières, notamment dans les recettes. Les équipes techniques employant 6 ingénieurs et 2 architectes, l’administration et les finances fonctionnant avec des universitaires, notamment diplômés en sciences économiques, sont domiciliées à la direction à El Biar.

Un partenariat avec une firme espagnole
Depuis le 20 juillet 2016, l’EGCTU est en partenariat avec l’entreprise espagnole Indra. C’est en fait, un pacte d’actionnaires regroupant également ERMA, établissement public en charge de l’éclairage d’Alger. Cet accord permettra de créer une entreprise de réalisation de systèmes de régulation de la circulation automobile et de l’éclairage public dénommée Mobeal (mobilité et éclairage d’Alger). Cependant, l’EGCTU ne compte pas en rester là puisque, selon M. Saidani, une filiale de sous-traitance issue de l’EGCTU travaille avec les espagnoles avec ses moyens humains et matériels dans le créneau qui est le sien à l’effet de créer une rentrée de capitaux supplémentaire pour l’établissement.

Un travail sans obstacles majeurs
M. Ali Saidani aime ce qu’il fait et semble y être dans son élément. Et pour cause, il est ingénieur polytechnicien et très expérimenté. Donc tout ce qui est technique, voire managérial ne le rebute pas, au contraire. Les seules contraintes dont il nous a parlé se réfèrent aux lourdeurs bureaucratiques précédant les projets dont il a la charge. Mais heureusement que le wali d’Alger dont il ne tarit pas d’éloges à son égard, veille au grain et s’active pour lever les obstacles de toutes sortes pour conférer à la capitale le rang qui doit être le sien.

A.B.



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