Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 108 - Oct 2017

Go

Développement Local

« Nous maintenons les ponts du dialogue et de la coordination entre tous les secteurs »

Assemblée populaire de la wilaya d’Alger Le Pr Mohamed-Tahar Dilmi, vice-président de l’APW d’Alger

Par Tahar MANSOUR



Ancien professeur assistant au sein de l’institut des sciences politiques et relations internationales, Mohamed-Tahar Dilmi a été élu député au sein de la 3e Assemblée populaire nationale (1987/1992). Période durant laquelle, il a été désigné vice-président de l’Assemblée maghrébine. Il était aussi la deuxième personnalité au sein de l’UGTA après feu Boualem Benhamouda pour deux mandats et membre du secrétariat maghrébin de l’Union des travailleurs du Maghreb arabe en Tunisie et vice-président du Conseil national transitoire (CNT). Un riche parcours toujours au service de l’Algérie et des citoyens algériens et maghrébins en général. Au niveau de l’APW, il est coordinateur de la commission sectorielle de prévention contre les fléaux sociaux en milieu scolaire, vice-président chargé de l’éducation et de la formation professionnelle, commission la plus importante s’il en est qui s’intéresse à l’avenir de la Nation par le biais des générations montantes qu’il concourt à éduquer. Professeur Mohamed-Tahar Dilmi nous a entretenus sur deux dossiers distincts et très proches l’un de l’autre puisqu’ils touchent le milieu scolaire et les actions à entreprendre pour prodiguer aux enfants scolarisés toute l’aide possible afin qu’ils soient imbus des qualités requises pour prendre le flambeau des mains de leurs ainés.

La Commission sectorielle de prévention contre les fléaux sociaux en milieu scolaire

C’est une commission qui a été créée il y a seulement une année sur proposition de la sureté de wilaya d’Alger.
« Car les services de police ont, à travers leurs cellules d’écoute de proximité, réalisé un travail exceptionnel mais, à eux seuls, ce n’est pas suffisant. Il fallait que tous les secteurs concernés participent pour sauver nos enfants de tous les fléaux sociaux qui les guettent, en particulier ceux ayant trait à la drogue et à l’addiction à Internet », a expliqué le Pr Dilmi. L’APW s’est donc mis de la partie et a créé une commission, la première en Algérie, et qui se trouve actuellement au niveau d’Alger uniquement. « Cette commission est composée des représentants de la DGSN, de l’Education, des Affaires religieuses, de la Formation professionnelle, de la DAS, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, de la Protection civile et des Scouts musulmans », précise-t-il. C’est une commission qui réunit tous les secteurs ayant un lien avec les enfants scolarisés. « Un programme a été mis en place qui a commencé par la recherche des causes qui ont fait qu’il n’y a pas de dialogue entre nous et nos enfants », déclare le Pr Dilmi et « des actions ont donc été préparées, en coordination avec tous les secteurs car, au début, chaque secteur gardait pour lui les informations qu’il collectait sans les partager, sans qu’il y ait une coordination entre lui et les autres services concernés ». Notre interlocuteur estime que « nous avons réussi grâce à cette commission à mettre en place les ponts du dialogue et de la coordination entre tous les secteurs concernés ». Depuis sa création il y a à peine une année, la commission sectorielle a déjà organisé plus de 170 évènements et rencontres avec les stagiaires des centres de formation professionnelle, les lycéens, les collégiens et même les élèves des écoles primaires qui ont été sensibilisés sur la sécurité routière. Près de 25000 enfants scolarisés ont été approchés grâce à ces 170 espaces de rencontres organisés.
Pour établir un dialogue fructueux avec les enfants scolarisés des différents paliers, le Pr Dilmi affirme que « pour les approcher, nous nous sommes complètement éloignés du discours routinier paternel et officiel, car les enfants ne le supportent pas, donc nous avons utilisé les techniques appropriées en parlant leur langage et en les intéressant de manière ludique ».  
Les premiers constats faits par la commission font ressortir que 84% des enfants scolarisés sont accros à Internet et 33% de ces derniers sont des collégiens. Pour la toxicomanie, le Pr Dilmi estime qu’il faudrait plus de centres afin de prendre en charge tous ceux qui sont tombés dans ce piège. Pour plus d’efficacité, la commission a aussi créé des comités d’élèves dans tous les lycées visités. « Ces comités sont chargés d’accompagner leurs camarades pour leur éviter de se retrouver pris au piège de la toxicomanie ou d’être accros à Internet ou victime d’un autre fléau social. De plus, ces comités peuvent aider les jeunes en difficultés car ils sont beaucoup plus près d’eux et ces jeunes en difficulté leur parlent beaucoup plus facilement des difficultés rencontrées», précise-t-il.
En conclusion, le Pr Dilmi affirme que la commission, dont il est le coordinateur, a déjà terminé les deux premières phases de son objectif, créer et mettre en place une coordination entre les différents secteurs et arriver à créer des relais entre la commission et les enfants scolarisés qui se trouvent en difficulté afin qu’ils aient confiance en leurs interlocuteurs. La troisième phase consiste en la prise en charge et l’accompagnement de ces élèves.

L’éducation nationale

La wilaya d’Alger compte plus de 800 000 enfants scolarisés dans les trois paliers de l’Education nationale accueillis dans 1500 établissements scolaires. «Dès le début du mandat de la présente APW, le dossier de l’Education a été ouvert par notre commission de l’éducation nationale», affirme le Pr Dilmi. Jusqu’à maintenant, la commission de l’APW a visité près de 400 établissements, dont la plupart manquaient de réfection, de chauffage, d’équipement, d’autant plus que la majorité des établissements scolaires se trouve face à la mer et souffre de l’humidité ambiante, ce qui les détériore plus rapidement. « Nous avons aussi constaté que les sièges des UDS (santé scolaire) n’étaient pas conformes », déclare-t-il aussi. Après ces constats, l’APW a dressé un programme pour remédier à cet état de fait, et 90% de ce programme a été réalisé, grâce au concours de la wilaya et des communes et environ 350 établissements scolaires ont bénéficié de réhabilitation. « Il faut aussi rappeler que la plupart des établissements scolaires se trouvaient hors normes éducatives et, pour y remédier, nous avons dégagés plus de 5 milliards de dinars entre 2012 et la fin 2016 », révèle le Pr Dilmi. Cette somme a été allouée pour la réfection des établissements scolaires et leur dotation en moyens matériels modernes pour une meilleure scolarisation des élèves.
Il estime en outre qu’actuellement, les choses se sont inversées et la plupart des établissements scolaires connaissent une amélioration remarquable grâce à cette prise en charge. Ainsi l’APW d’Alger n’a ménagé aucun effort pour faire sortir ce secteur de la situation dans laquelle il se trouvait avant 2011 et 2012. « Il nous reste maintenant à doter tous les établissements scolaires d’une cantine, surtout que le statut particulier de l’école en fait une partie intégrante de celle-ci », confie le Pr Dilmi. Pour la santé scolaire, l’APW a doté les 104 UDS se trouvant à travers le territoire de la wilaya d’Alger de 50 fauteuils dentaires, pour une enveloppe de 200 millions de dinars. L’APW a aussi organisé près de 12 rencontres pour améliorer et promouvoir la ressource humaine, et au cours desquelles les conférenciers ont parlé de la réalité des conditions de travail des enseignants, en étant à l’écoute des directeurs et des enseignants.
T.M.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Tahar MANSOUR

Les plus lus

L'Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Cybercriminalité
Par Dr. Djalila RAHALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF