Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

Go

Développement Local

« Avec Abdelkader Zoukh, nous exécutons le programme du Président Bouteflika »

Karim Bennour, président de l’APW d’Alger

par Leila BOUKLI



Dans l’entretien qu’il nous a accordé Karim Bennour, actuel président de l’Assemblée populaire de wilaya, entouré de l’un de ses collaborateurs, le Dr Abdelkader Safi, président de la commission urbanisme et habitat, nous apprend qu’un nouveau siège sis à Mohammedia est en cours de réalisation. Elu en 2012, pour un mandat devant prendre fin en 2017, Karim Bennour compte se représenter pour continuer à militer pour un nouveau statut de la capitale Alger, laquelle sera, à l’avenir, une grande métropole méditerranéenne de même qu’à poursuivre les nombreux dossiers en cours. D’ailleurs, le premier responsable de l’APW a tenu à revenir sur l’initiative prise par l’APW d’inviter la ville de Barcelone à Alger pour présenter son concept de Ville résiliente, ville intelligente, créée pour simplifier la vie des citoyens, sauvegarder la sécurité des habitants et faire face aux aléas naturels. Il abordera le Plan d’aménagement urbain d’Alger et le Master plan de Sidi Abdallah, validé et voté par l’APW qui compte 55 membres élus, dont 29 issus du FLN, 14 du FFS et 12 du RND. A propos de son élection par ses pairs, Karim Bennour, d’obédience FLN, souligne que le principe de démocratie participative a été adopté. Interpellé sur sa relation avec Abdelkader Zoukh, wali d’Alger, Karim Bennour affirmera qu’il adhère totalement au programme du wali d’Alger, qui applique scrupuleusement celui du président de la République Abdelaziz Bouteflika. « Abdelkader Zoukh est le plus pragmatique des walis qu’a connus la wilaya d’Alger », soutient-il. Sur un autre registre, il tient toutefois à préciser que la formation des élus demeure une question primordiale.
 Ces derniers ne sont pas toujours préparés à la gestion des collectivités locales. Nombreux sont ceux qui découvrent pour la première fois la gestion, car ils sont en majorité issus du corps enseignant où proviennent d’autres horizons, étrangers à l’exercice d’un mandat électoral local. C’est la raison pour laquelle, la wilaya assure de nombreuses missions de formation.
La réglementation est dense et en évolution, la gestion de la ville est l’une des questions les plus difficiles qui soit, la gestion du local devenant de plus en plus complexe. De plus, la demande sociale en besoins fondamentaux des citoyens est de plus en plus forte, pressante et incompressible. L’Algérie s’engage de manière frontale dans la voie du libéralisme économique. Les modes de gestion issus de l’étatisme bureaucratique sont profondément bouleversés et la wilaya est de plus en plus appelée à se soumettre aux règles de l’efficacité. La démocratie et le pluralisme imposent aux élus d’être très attentifs aux attentes des électeurs. Ils sont appelés à leur rendre des comptes à la fin de chaque mandat électoral. Le citoyen doit être réhabilité comme finalité suprême de l’action des services publics locaux. Il citera quelques-uns des thèmes de cette formation, en commençant par le statut et les droits des élus, la problématique sur la gestion de la wilaya, l’organisation de la wilaya, la relation entre l’APW et l’exécutif, le domaine d’intervention de l’APW, le contrôle de l’APW, la collaboration intercommunale, le management des politiques publiques, et enfin le pouvoir de substitutions. La politique de formation mise en place depuis quelques années par le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales au profit des travailleurs de l'administration, des élus locaux des APC et des APW, des walis et des présidents et des secrétaires généraux de daïras a porté ses fruits. Pour preuve l'amélioration notable des prestations fournies aux citoyens par rapport aux précédentes années. Concernant les nouvelles dynamiques urbaines, Karim Bennour rappellera que la croissance et le développement des villes en Algérie, se traduisent par des transformations complexes et profondes sur le plan à la fois qualitatif et quantitatif, ainsi qu’une recomposition des structures aussi bien sociales, économiques, institutionnelles que spatiales. Les mutations urbaines illustrées par une transformation des tissus anciens et une production d’espaces nouveaux font apparaitre de nouveaux modes de fonctionnement aussi bien au niveau de l’habitat, que des équipements, des infrastructures et des services.
Face à l’urbanisation qui avance, à la croissance sans limite des villes, il est impératif aujourd’hui de se demander comment maitriser cette extension spatiale, qui vient en réponse à une croissance démographique et économique inéluctable. Quelles stratégies de production, de transformation et de consommation adopter face à l’épuisement des ressources et des capacités de l’environnement à absorber les déchets ? Comment répartir les fonctions urbaines, assurer leurs relations efficaces et équilibrées, améliorer les conditions, de plus en plus dégradantes, de vie dans le milieu urbain ?
Aucune politique de la ville ne peut prétendre à la réussite, si elle ne s’appuie pas sur une gestion opérationnelle solide et efficace. Si on considère la commune comme le maillon moteur de la matrice urbaine, il est nécessaire que celle-ci évalue, identifie et redéfinisse clairement les échelles, les champs et les acteurs d’intervention, ainsi que leurs responsabilités. Qu’elle se dote de tous les moyens pour une action cohérente sur l’espace urbain. L’accompagnement du quotidien des citoyens et l’amélioration de la qualité de leur cadre de vie, légitimement remis en cause aujourd’hui dans les villes, sont à la base de toute politique urbaine qui se respecte. Je pense à la restructuration des grands ensembles, à la réhabilitation et à la régénération des tissus et des espaces verts de même qu’à la revitalisation des quartiers déshérités, à la restructuration des zones industrielles entre autres. Abordant le Plan stratégique d’Alger 2008-2029 , Karim Bennour fera remarquer qu’Alger se trouve aujourd’hui dans un processus de changement économique et territorial. Le Plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) de la wilaya d’Alger vise à contribuer à la concrétisation de la stratégie de développement. Il sera le moteur du développement de la ville et de son territoire, grâce à une approche audacieuse qui apportera toutes les garanties d’une conception globale, simple et fédératrice.
Rappelons que le Plan stratégique de la capitale résume la vision actuelle des acteurs institutionnels locaux pour le territoire de la wilaya. Cette vision se traduit dans un ensemble d’interventions qui mèneront à terme les ambitions projetées. Ce plan stratégique définit une aspiration globale et positive pour Alger. Il fixe une direction et canalise les énergies des différents acteurs.
Le PDAU d’Alger définit les enjeux du futur tout en misant sur la continuité sans pour autant sacrifier notre passé. L’aspiration nouvelle et globale d’une « nouvelle ville d’Alger » s’appuie sur sept ambitions que nous rappelons :
- Positionnement d’Alger : « Ville emblématique »
- Tissu socio-économique : Alger,
« moteur de développement tertiaire de l’Algérie »
- Occupation du territoire : Alger, « ville belle qui maitrise son étalement »
- Environnement : Alger, « Ville –Jardin »
-  Mobilité : Alger, « Ville des mobilités et des proximités »
- Risque : Alger, « Ville sûre »
- Gouvernance : Alger « Ville de bonne gouvernance ».
Alger doit, donc, s’affirmer par son héritage historique pour devenir une « ville emblématique » fière de son identité qui se transforme tout en restant elle-même.
La stratégie de développement pour l’avenir d’Alger est structurée par cinq phases fondamentales, 2008-2012 / 2012-2016 / 2016-2020/ 2020-2024/ 2024-2029, rappelle Karim Bennour. A chacune de ces phases stratégiques correspond un ensemble d’objectifs qui à leur tour se traduisent par un ensemble de projets.
 Dans la discussion, Karim Bennour aborde le sujet « Alger, Ville résiliente-Ville intelligente ». Plus explicite, il précisera que « Alger Ville Résiliente » est une proposition pour la réalisation d’un projet innovant entre la ville de Barcelone et Alger. C’est un nouveau modèle de résilience urbaine des territoires en construction.
En clair, la résilience comprend la capacité de la ville à fonctionner en mode de crise et celle de se reconstruire en retrouvant son équilibre. En somme deux concepts complémentaires. :
La résilience technico-fonctionnelle : les Villes devront agir sur les aspects techniques.
La résilience socio-organisationnelle : elle impliquera un système de gouvernance avec tous les décideurs, les gestionnaires des ouvrages.
Un projet futuriste qui permettra d’orienter la croissance urbaine prévue dans la ville dans la voie de la résilience et de la gestion intégrale pour prévenir des menaces, résister aux impacts, répondre aux crises, se récupérer, apprendre et enfin devenir une capitale méditerranéenne de référence grâce à une gestion moderne de la ville et de ses services urbains.
Concernant la Nouvelle ville de Sidi Abdallah, Karim Bennour rappellera que les villes nouvelles en Algérie sont initiées par le Schéma national d’aménagement du territoire qui les organise en trois couronnes, selon leurs localisations et leurs vocations. La Ville nouvelle de Sidi Abdallah est l’une des deux villes nouvelles de la première couronne. C’est une ville qui vise la maitrise de l’expansion urbaine dans le littoral. Elle est décrétée par décret exécutif n° 04-275 et est dédiée à l’excellence technologique. D’ailleurs, elle est dotée d’une position géostratégique exceptionnelle.
La ville nouvelle de Sidi Abdallah se trouve à la croisée des importants pôles de l’Algérois. Elle s’étend sur un périmètre global de 7 000 hectares dont 3 000 sont destinés à l’urbanisation et couvre cinq communes :
•  Rahmania : 541,5 ha
•  Mahelma : 1716 ha
•  Zéralda :    464 ha
•  Souidania :   1,4 ha
•  Douéra :    276 ha
La création de la ville nouvelle de Sidi Abdallah s’inscrit dans la Stratégie nationale d’aménagement et de développement durable du territoire, elle vise à :
- Maitriser l’expansion urbaine. Desserrer les pressions autour des grandes villes.
- Constituer des pôles d’attractivités et/ou de compétitivité, de parcs et districts technologiques pour mobiliser et renforcer le savoir-faire.
- Opérer un rattrapage dans les secteurs clé (micro et nano-technologique, technologies avancées, bio technologie)
Il s’agit de projets structurants de dimension nationale et régionale.
La Nouvelle ville de Sidi Abdallah est pensée dans une perspective de rééquilibrer la croissance métropolitaine algéroise.
- Pôle pharmaceutique et biotechnologique : il est aménagé pour accueillir les unités spécialisées dans l’industrie et la recherche dans le secteur pharmaceutique.
- Pôle de santé : d’une superficie de 34 hectares, il est dédié à la réalisation des centres de santé
-  Pôle universitaire : d’une superficie de 102 ha, il est dédié à la réalisation d’un projet public de 20 000 places pédagogique : rectorat, village universitaire, centres et agences de recherche, laboratoire de recherche.
- Pôle des technologies : le pôle des technologies dédié à l’information et à la communication et des technologies avancées et la recherche scientifique et aux TIC.
Ainsi, pour mener à bien le plan de modernisation de la capitale, il faut des moyens financiers énormes et une ferme détermination des pouvoirs publics. A ce sujet, Karim Bennour tient à rappeler que l’objectif premier et essentiel est l’amélioration des conditions de vie au quotidien des citoyens, avant de conclure : « En ma qualité de simple citoyen d’abord et de responsable local, je m’interdirais de verser dans le satisfecit béat, comme je me révolterais contre ceux qui ont tendance à minimiser les efforts consentis par notre Etat, pour donner à notre capitale le lustre qui lui sied ». Reste à sensibiliser nos concitoyens à combattre contre l’incivisme ambiant et à cet esprit de beylik qui prévaut et qui fait tant de mal à notre environnement. Tous les acquis obtenus sont à nous, nous nous devons de les préserver mais aussi les sauvegarder.
L.B.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

par Leila BOUKLI

Les plus lus

L'Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Après l’automobile
Par Yahia MAOUCHI.

La transformation numérique
Par Dr Ali Kahlane,.

Sécurité alimentaire
Par Yahia MAOUCHI.

Saison estivale 2017
Par Farid HOUALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF