Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 105 - Mai 2017

Go

Développement Local

En plein essor

Circonscription administrative de Draria

Par Leila BOUKLI



Mme la wali déléguée, après ses études, n’hésite pas à quitter Alger où elle vient au monde, un 5 mai 1970, pour débuter sa carrière à Tamanrasset où elle occupera différents postes. Chef de bureau, chef de service, attachée au cabinet puis chef de cabinet durant 4 ans, soit de 2011 à 2015. A cette date, elle quitte l’immensité des dunes du Grand Sud pour le bleu de la Méditerranée du nord, plus exactement à Tipasa. Là, elle sera de juillet 2015 à 2016, secrétaire général de wilaya et depuis le 5 octobre 2016 à ce jour, elle est nommée wali déléguée de la circonscription administrative de Draria où elle a su instaurer en très peu de temps un esprit familial entre sommet et base. « L’un de nos objectifs est de concrétiser le concept de la démocratie participative en impliquant les citoyens qui le veuillent, surtout l’élite composée des professions libérales, pour faire passer, chacun de son côté des messages engageant l’ensemble de la population à un mieux vivre ensemble. Des campagnes de volontariat ont été effectuées pour la sensibilisation des plus récalcitrants et c’est ce qui va améliorer la relation administration-citoyen. Je reçois tous les jours, je ne me contente pas d’une seule journée de réception. Les doléances des citoyens sont diverses, il peut s’agir de problèmes de logement, d’emplois ou autre. »
Mme la wali déléguée n’a pas d’horaires. Elle est présente au bureau pas moins de 22 heures quotidienne. C’est une femme qui n’hésite pas, parfois dès l’aube ou en pleine nuit, lorsque la nécessité se fait sentir, à faire des sorties sur terrain. Ses collaborateurs se souviennent des délicates opérations de démolition de constructions illicites ou encore du débordement de l’oued où une famille entière a failli être emportée par l’inondation. C’est par des actions comme celle-ci qu’elle arrive à avoir la confiance de ses administrés. Fayza Bounif Kalkouli, avant de poursuivre, nous rappellera les missions du wali délégué : l’animation locale, la mise en œuvre des mesures relatives à l’hygiène, la salubrité publique, la prévention et la protection de l’environnement et du littoral, le contrôle et la maitrise de l’urbanisme, la restructuration et l’aménagement du cadre bâti,  le développement économique et social des quartiers, des cités et des grands ensembles, la résorption de l’habitat précaire, la protection des terres agricoles, la solidarité et l’application de mesures incitatives à la promotion de l’emploi et à l’insertion sociale et professionnelle. Le wali délégué est aussi chargé de la mise en œuvre et du suivi de projets d’équipements publics dans sa circonscription administrative. C’est ainsi qu’elle nous parle de décharges publiques à ciel ouvert, un point noir, aujourd’hui éradiqué. Des propositions ont été faites au wali d’Alger pour faire à la place des pôles jeunesse et de loisirs. C’est ainsi qu’on retrouve des aires de jeux pour les plus petits, des boulodromes pour cette population férue de pétanque et aussi une batterie de terrains, où on a l’intention, nous dit la wali déléguée de créer des espaces jeux avec la participation de la direction de la jeunesse et des sports et la wilaya, soit un financement combiné de 245 millions de dinars. On va commencer par étapes. L’ autre projet, au niveau des cités qui a connu un relogement de population d’Alger-Centre, consiste à créer des espaces verts mais aussi des clubs de proximité, encadré par la direction de la jeunesse et des sports pour absorber les jeunes et ne pas les laisser livrer à eux-mêmes, proie d’une délinquance certaine. Ce sera bénéfique pour les enfants et les adolescents, avides d’activités sportives et culturelles. La wali déléguée poursuit en signalant que certains locaux fermés appartenant à l’OPGI et à l’AADL seront récupérés et réhabilités, au profit de ces jeunes. En outre dans certaines de ces cités AADL, des classes de danses classiques, de théâtre et des salles de lecture seront créées.
Si on remarque une grande activité commerciale au niveau de l’artère principale, Draria est célèbre pour la qualité de ces brochettes dont beaucoup de visiteurs venant notamment d’Alger sont friands, il n’en demeure pas moins, nous fait-elle remarquer, que la daïra connait différents problèmes, notamment de transports en commun. Nous travaillons actuellement, nous dit-elle avec la direction des transports pour la création de lignes. Elle aborde un nouveau registre celui de la surcharge des classes surtout du primaire à la suite du relogement des nouvelles cités. Pour pallier ce problème dû aussi en partie au retard dans la réalisation des structures scolaires et en attendant l’achèvement des écoles de Sidi Slimane à Khraicia et Absou à Douéra – deux des cinq communes, les moins bien loties –, la base de vie des Chinois a été transformée en groupes scolaires.
Mais l’objectif le plus important est l’environnement qui pour nous est synonyme de nettoyage, de collecte de déchets divers et de gravats que l’on trouve partout. Des bacs ont été mis à la disposition du citoyen pour l’habituer au tri de ses ordures, au respect des horaires et lieux de dépôts. Mme Fayza Bounif Kalkouli nous fait remarquer que là où est trouvé un point noir fait de dépôts d’ordures anarchiques, nous remplaçons par la plantation de fleurs, notamment des galants de nuit, une espèce qui dégage une forte et agréable odeur la nuit, moment que choisissent les citoyens pour se débarrasser de leurs ordures. Cela a marché, affirme-t-elle. A mon arrivée, face à cette situation de dégradation, j’ai pris l’initiative de mettre les moyens des cinq communes pour travailler à tour de rôle sur une seule à la fois. Nous avons eu aussi l’aide de la wilaya et l’apport des différents EPIC. La première opération a débuté à Draria les 26 et 27 octobre 2017, elle s’est soldée par le prélèvement de 4.000 t de déchets. A la vue de tous ces engins mobilisés, le citoyen a, semble-t-il, fortement adhéré, puisqu’à chaque opération le tonnage diminue et les rues sont de plus en plus propres.
Si le citoyen adhère à la propreté, il y va de même pour le développement de sa circonscription administrative. Pour illustrer ses propos, elle citera l’exemple du quartier de Dabous à Draria ou encore celui de Douéra où des entrepreneurs ont pris l’initiative de construire gratuitement et en l’espace de cinq jours dans les cités AADL des boulodromes pour les mordus de pétanque et des aires de jeux pour les enfants.

Un exemple à suivre dans cette daïra qui ne manque pas d’atouts.
Ses atouts
Les communes de Draria se trouvent à proximité d’un maillage important de réseaux routiers (rocade sud, 2e rocade et autoroute). Elles bénéficient d’une bonne couverture en matière de raccordement en AEP (estimé à 95%) ainsi qu’au réseau d’assainissement des eaux usées (90%) ; mis à part certaines agglomérations secondaires qui restent dépourvues de ces viabilisations en raison de leur éloignement des points de raccordements et de rejets, nécessitant dans la majorité des cas le lancement d’études appropriées et des ressources financières importantes. On y trouve des équipements structurants à savoir le stade de Douéra (40.000 places) et le complexe mère et enfant à Baba Hassen.

Les contraintes

Durant la décennie noire, les communes de la circonscription administrative de Draria ont enregistré un flux migratoire important d’où la prolifération des constructions illicites. Ces groupements d’habitations sont souvent dépourvus d’infrastructures basiques malgré les efforts entrepris jusque-là, par le wali d’Alger, à travers la mise en place d’importantes enveloppes financières pour le lancement des programmes de développements locaux. Il y a un manque d’infrastructures éducatives et socioculturelles au vu d’un important parc de logements, tous types confondus, implanté à travers l’ensemble des communes (estimé à plus de 35.000 nouvelles unités). Néanmoins, des efforts sont menés, sur orientations du wali d’Alger, pour pallier ces insuffisances et répondre au besoin de la population. A titre d’exemple, les réaménagements effectués au niveau des bases de vie des chantiers de logement en classes pédagogiques, en attendant la livraison des groupes scolaires lancés en travaux. Il y a aussi la faiblesse des ressources des communes en rapport avec le développement démographique, les problèmes d’environnement liés, principalement, au nombre des chantiers en cours.

Actions

Plusieurs opérations de rattrapage en matière de nettoiements ont été entreprises (dont six importantes), selon un plan d’actions arrêté par la circonscription de Draria, ayant pour objectif l’éradication de l’ensemble des points noirs et la mise à niveau du cadre de vie du citoyen. La majorité des parcelles récupérées à la suite des actions de nettoiement, a été aménagée en placettes, aires de jeux, terrains de jeux et espaces verts. Des projets lancés en réalisation.

Les projections
Plusieurs opérations de traitement et de remise à l’état initial ont été menées, mais annihilées par des cas de récidive, c’est pour cette raison que la collectivité locale se propose de transformer en priorité le site situé à Draria d’environ 6 ha, en un espace récréatif et de loisirs au profit des habitants de cette cité, voire de toute la localité environnante. Aussi, cet équipement de surface devra combler le déficit enregistré en matière de récréation, loisir et sport notamment à l’endroit de la population juvénile. L’aménagement projeté, outre qu’il soustrait ce terrain d’agressions en matière d’environnement et d’hygiène du milieu, présente un futur pôle récréatif et de loisirs, stratégique par sa situation géographique, et qui prévoit la juxtaposition des aires de détente, de loisirs et sportifs, le lancement en exécution de la trame viaire telle que préconisée par le PDAU (plan directeur d’aménagement et d’urbanisme) en parallèle du lancement des études des POS (plan d’occupation du sol), le désengorgement des quartiers à travers la réalisation de la voirie intérieure (créations de boulevards, voie de contournement ...) et ce pour une meilleure fluidité.

L. B.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Leila BOUKLI

Les plus lus

HB Technologies
Par Farid HOUALI.

Abdelkader Zoukh, wali d’Alger
Nouredine Yazid Zerhouni.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF