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N° 107 - Août 2017

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Développement Local

Une femme au service de l’Etat

Mme Fatiha Slimani née Zair, chargée d’études et de synthèse à la wilaya d’Alger

Par Leila BOUKLI



La famille Zair d’origine sétifienne est aisée. Frère chahid et  père moudjahid, commerçant et propriétaire terrien, se replie sur Alger. Fatiha, née un 21 août 1964 à Alger, n’a qu’une sœur utérine et se sent responsable très jeune de leur devenir. C’est pourquoi après ses études primaires dans une école de la Scala, puis au lycée Bouatoura jusqu’à l’obtention d’un bac-littéraire, son amour pour la loi, l’oriente logiquement vers la magistrature. Femme décidée, elle rejoint la Faculté de droit de Ben Aknoun en sciences administratives et juridiques où elle obtient, quatre ans après, sa licence et s’inscrit en magister. Parallèlement, elle débute le travail à la Ville d’Alger en tant qu’administrateur.
« Ce n’était pas l’argent qui m’attirait mais l’affirmation de soi et l’envie d’apporter quelque chose à mon pays. C’était important pour moi », souligne Fatiha Slimani. De plus, elle voulait prouver à son père, décédé alors qu’elle était en 3e année de droit et qui, fier d’elle, lui avait offert une voiture pour sa réussite au baccalauréat, que la confiance qu’il avait mise en elle, n’était pas vaine. D’ailleurs, en juin 1989, elle est nommée à la direction des ressources humaines et de la formation.
« Bien qu’il y avait beaucoup à faire, je n’étais pas satisfaite du travail de routine qui m’étais alloué. Je me sentais inutile. Alors j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée frapper à la porte du directeur de l’époque en lui demandant un plan de charge répondant aux études que j’avais faites, faute de quoi, je partais », se souvient-elle. Attentif à ses doléances, il lui confia des dossiers plus conséquents, notamment la gestion des carrières. « J’avais alors remarqué que certains employés éboueurs, fossoyeurs, jardiniers…partaient en retraite après des années de loyaux services en tant que vacataires. Révoltée par leur situation, je me suis attelée à les rétablir dans leurs droits. Je n’oublierais jamais leur joie et je crois que leur bénédiction m’a aidé, plus tard, dans ma propre carrière» indique Mme Fatiha Slimani. Juste après, il y a eu au CPVA (Conseil populaire de la Ville d'Alger, créé suite aux réformes de 1977), le passage de l’ex-FIS. La manière de travailler a radicalement changé. «Personnellement, je suis restée moi-même et j’ai eu la surprise d’être appelée par le président-maire de la Ville qui m’a proposé le poste de directrice des ressources humaines et de la formation. Une offre que j’ai déclinée», admet Fatha Slimani qui aura, tout de même, le poste en 1993 avec sous sa responsabilité la gestion des carrières d’environ 10.000 employé(e)s, dont la grande majorité étaient des ouvriers spécialisés chargés pour la plupart de la voie publique. «Tout un travail a été fait sous l’égide des responsables de la Ville, du wali de l’époque en collaboration avec le partenaire social. Il y avait une politique de réorganisation des services de la Ville d’Alger », nous dit-elle. Au cours du 2e semestre 1994 et du 1er semestre 1995, les directions techniques ont été érigées en EPIC et en EPA. C’est ainsi que 14 établissements ont été créés. L’organigramme change et Fatiha Slimani est alors promu chef de la division finances, réglementation et patrimoine. Elle suivra l’évolution de ces EPIC et EPA jusqu’en 2014.
Entretemps en 1996, la Ville d’Alger intègre le Gouvernorat du Grand Alger (GGA) avec à sa tête Cherif Rahmani. Ce dernier lui confie en collaboration avec d’autres cadres, certaines tâches dont le transfert entre le CPVA et le Gouvernorat. C’est ainsi que Fatiha Slimani, tout en étant au cabinet, continuera à être directrice des finances au niveau de l’Office des parcs, des sports et des loisirs d’Alger, créé en novembre 1997 et qui est appelé, actuellement, à jouer un rôle important dans le cadre du plan d'aménagement de la capitale 2010-2029. Elle est nommée ensuite à la direction des moyens généraux et du patrimoine au niveau de l’OPLA.
En 2000, avec la dissolution du statut de Gouvernorat de la capitale, Alger, tout en conservant les limites territoriales du Gouvernorat, reprend son ancien statut de wilaya avec 57 communes, avec Abdelmalek Nourani à la tête, lequel, alors qu’elle travaillait encore à l’OPLA, lui confie la mission de présider une commission de réflexion sur les relations entre la wilaya et les établissements publics. Remarquant qu’elle n’était pas très disponible, il l’a nommé CES (Chargée d’études et de synthèse) au niveau de son cabinet, poste qu’elle occupe à ce jour. Sa charge de travail n’est pas pour autant allégée. En 2001, on la charge de la structure de tutelle des établissements publics, à savoir la direction du contrôle de gestion et de l’informatique, composée à l’époque de seulement deux personnes. Petit à petit, la direction s’étoffe en cadres honnêtes et qualifiés, qu’on pousse à utiliser dans leur gestion les moyens les plus modernes en les formant, jusqu’à la fin de 2013. A cette même époque, M. Nourari la charge de la gestion de la direction générale de l’établissement public de coupe et couture, qui regroupait 28 écoles disséminées à travers le Grand Alger. Mme Slimani commence par l’audit de cet établissement subventionné par la wilaya. « Ma tâche était de le réorganiser pour trouver des ressources propres en créant des ateliers de confection et en trouvant des marchés », précise-t-elle. Depuis, dit-elle avec fierté, les tenues des agents des différentes communes de la wilaya et de certains établissements sont confectionnées dans cet EPIC. « J’ai fait partie aussi des différentes cellules de crise suite aux catastrophes naturelles qu’a connues Alger (inondations, séismes …) ce qui me faisait rentrer chez moi parfois à 3h du matin, au même titre que mes collègues », se rappelle notre interlocutrice.
En 2004, Fatiha Slimani pense à valoriser et à rentabiliser l’espace urbain des 57 communes d’Alger. Pour ce faire, avec certains de ses collègues, elle fait une proposition à Mohamed Kébir Addou, nommée alors en août 2004, wali d’Alger, pour réorganiser le domaine porteur de l’affichage. C’est ainsi que des ressources financières nouvelles sont trouvées au profit des communes. De plus, cette femme, pleine d’idées, organise en 2005, le 1er Salon du mobilier urbain, qui était auparavant importé. « On a fait en sorte, par un cahier de charges, d’exiger la fabrication de ce mobilier en Algérie», indique Fatiha Slimani.
En 2005, elle est détachée pendant 5 mois pour la préparation de l’inauguration par le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika du jardin d’Essai dont le statut est érigé actuellement en EPIC, pour plus de souplesse dans la gestion, précise-t-elle. Dépendant à l’époque du ministère de l’Agriculture, le jardin d’Essai était quelque peu délaissé. Sa réhabilitation est donnée à la wilaya qui intervient par le biais de ces directions et établissements en partenariat avec la Ville de Paris. La wilaya a relogé une cinquantaine de familles qui squattaient littéralement les lieux, nous apprend-elle.« C’était pour nous un véritable défi, que la wilaya a remporté. La wilaya à ce jour continue de déployer toute son énergie pour préserver ce poumon d’Alger où des spécimens de plantes et arbres provenant de différents pays du monde sont conservés. Il se trouve que de jeunes cadres, formés par l’université algérienne, aiment leur métier et se donnent à fond pour protéger ce patrimoine de la ville d’Alger », ajoute-t-elle. En 2013, c’est un showroom des équipements destinés au nettoyage de la ville qu’elle organise. Un dossier a été monté et présenté au Premier ministre Abdelmalek Sellal, suite à quoi l’accord pour l’achat du matériel de nettoyage au profit des établissements et des communes d’Alger a été donné. Fatiha Slimani est nommée en 2014 commissaire du 1er Salon de la Ville d’Alger qui avait réuni à la Safex 150 opérateurs économiques, architectes, urbanistes, cadres des collectivités locales… spécialisés dans le mobilier urbain, la gestion des déchets ménagers et la réhabilitation du cadre bâti, pour trouver des solutions et un équipement moderne pour l’embellissement de la capitale.
Mme Slimani se souviendra toujours de la réflexion du Président Bouteflika, après sa présentation, face à une délégation présidentielle, sur les moyens mis en place pour la préservation de l’environnement: «Madame vous avez été plus que brillante.» «Ces mots m’ont mis du baume au cœur pour poursuivre mes missions», reconnait cette femme volontaire, mère de trois enfants,dont le credo est l’aide aux jeunes. « Les efforts colossaux de l’Etat pour cette frange de la population sont mal connus, il y a un vide qu’il faudrait combler. Aussi, je saisis chaque occasion qui m’est offerte pour les aider à aller de l’avant. Leur réussite est ma fierté ! », conclut-elle.
L.B.



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