Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 107 - Août 2017

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Développement Local

Alger de A à Z

Aménagement de la capitale, les grands projets du président Bouteflika

Par Farid HOUALI



Alger (El Mahroussa) est en effet, confrontée à une explosion démographique significative à laquelle il fallait répondre par la réalisation de très nombreuses infrastructures qui n’ont pas toujours le temps d’obéir à des critères de cohérence, de qualité et de pérennité, ayant abouti à des constructions inachevées desservies par des routes menant nulle part.  Longtemps délaissée et abandonnée à son triste sort, la métropole d’Alger qui s’est considérablement développée depuis l’indépendance, devrait être modernisée à la faveur du lancement d’un plan stratégique à l’horizon 2030. Adopté en 2011, le plan stratégique de développement d’Alger à l’échéance 2030 a pour but de faire de la capitale une ville qui s’inscrive dans la mondialisation.  A la tête de l’exécutif, le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, nommé à ce poste en 2013, veille au petit grain, lui qui s’est fixé au lendemain de sa prise de fonctions, trois objectifs principaux :  redonner à Alger sa blancheur d’antan,  en faire une capitale digne des grandes métropoles et améliorer le cadre de vie de près de trois millions d’Algérois. « L’adoption par les pouvoirs publics en 2011 du plan stratégique de développement de la capitale aura marqué, sans nul doute,  la volonté de l’État d’accorder à la capitale les moyens de se moderniser et d’inscrire Alger, et à travers elle l’Algérie, dans la nouvelle géographie des métropoles mondiales qui se dessine», affirmait Abdelkader Zoukh dans un entretien à El Djazaïr.com.  Les principaux objectifs du plan stratégique de développement d’Alger s’inscrivent autour de quatre grands axes. Au plan urbain, le projet Alger-2029 vise à structurer la ville, à maîtriser sa croissance, à améliorer sa mobilité, à revitaliser son centre et en même temps à organiser un développement cohérent et harmonieux de sa baie. Dans le domaine économique, il ambitionne d’inscrire Alger et à travers elle l’Algérie dans la nouvelle géographie mondiale qui se dessine pour en faire une métropole qui appréhende le développement de notre pays en complément du pétrole et du gaz. Au plan social, il s’agit là d’une opportunité pour renforcer progressivement la cohésion sociale et spatiale, mais aussi d’une certaine manière pour faire accéder notre société à l’universalité tout en préservant ses spécificités ; le plan stratégique d’Alger ne manquera pas de contribuer à imprimer un rôle nouveau aux territoires comme relais de la croissance et de la cohésion donc comme un maillon dorénavant susceptible de consolider le plan national de développement. C’est assurément une démarche qui peut servir à alimenter les réflexions des autres wilayas du pays. C’est dire que ce plan de développement vise à accélérer le développement de la capitale, et ceci à travers la réalisation de programmes d'embellissement, à savoir la réhabilitation du centre historique, des immeubles, ainsi que l'embellissement de la baie d'Alger.  A ce propos, faudrait-il le rappeler, le montant de l'enveloppe financière allouée par les collectivités locales au titre du plan de développement stratégique de la wilaya d'Alger pour 2016, avoisine les 500 milliards de dinars. C’est ainsi que des projets prioritaires ont été engagés. Destinés à transformer radicalement l’image d’Alger pour en faire un moteur de développement tertiaire de l’Algérie, ces projets sont l’essence même de ce projet d’ensemble à même de faire d’Alger une ville emblématique ouverte sur le monde qui se mue tout en restant elle-même.

Le relogement : une priorité
L’Algérie, de par ses efforts dans la résorption de l’habitat précaire et l’éradication des bidonvilles, est perçue comme étant une référence africaine en la matière. Des efforts salués par le directeur du programme «UN-Habitat», Alioune Bediane, en visite en Algérie en mai 2016. «Nous sommes très heureux de cette visite qui nous a permis de nous enquérir des conditions de mise en œuvre du programme du Président Bouteflika qui veille à éliminer les bidonvilles pour permettre aux Algériens de disposer de logements décents», a déclaré M. Alioune à l'issue d'une réunion d'une délégation du programme «UN-Habitat» avec Abdelmadjid Tebboune, ministre de l'Habitat, en présence du wali d'Alger, Abdelkader Zoukh. En effet, déterminées à éradiquer l'habitat précaire, les autorités publiques ont ainsi accéléré le vaste programme de relogement lancé en juillet 2014, à travers tout le territoire national, notamment dans les grandes villes où ce phénomène a pris de l'ampleur au fil des années. Dans la capitale, un peu  plus de 52.000 familles avaient été relogées dans la wilaya d'Alger durant les trois dernières années (2014 à 2016). Lors d'une conférence-débat au Forum du quotidien Echaab sur les projets et ateliers ouverts dans la wilaya d'Alger, en janvier dernier, Abdelkader  Zoukh a indiqué qu'un grand nombre de familles avaient bénéficié de logements, tous types confondus, à l'instar du logement social public (36.000 unités), du logement public participatif (45.000), ainsi que des programmes AADL et LPP. Les habitants des bidonvilles, des caves, des terrasses et des bâtisses menaçant ruine, ont bénéficié des opérations de relogement dans la wilaya d'Alger depuis 2014 (de 1 à 22 opérations), a-t-il affirmé, indiquant que la 22e opération de relogement dans la wilaya, qui est en cours de préparation, serait affectée aux familles résidant dans des habitations précaires, des haouchs, des caves et des chalets. Aussi, les opérations de relogement enregistrées au niveau de la wilaya d'Alger en 2016 ont permis l'éradication de plusieurs points noirs qui ternissaient l'image de la capitale à l'instar des sites d'El Hamiz et de Dergana outre des immeubles menaçant ruine, des terrasses et des caves occupées ainsi que des vieux quartiers populaires. L'année 2016 a été marquée également par le début de la première opération de relogement des familles occupant des classes, des cantines et des salles de soins des établissements scolaires de la capitale.  Elle a été marquée aussi par le relogement d'un nombre important de familles issues des grands bidonvilles de la capitale. Il s'agit des bidonvilles d'El-Hamiz (1.800 familles), de Dergana (1.400 familles), de Kerrouch à Reghaia (1.700 familles), d'El-Hofra à Oued S'mar (1.300 familles), de Bousmaha à Bouzaréah (1.200 familles) et de Qariat Echouk à Gué-de-Constantine (1.000 familles). Les opérations de relogement ont concerné également les habitants des bidonvilles de La caserne, Le Plateau et Amar Ouahib de Bologhine, ainsi que Nezali Chérif de Cheraga et Chemin Mackley de Ben Aknoun, La ferme pilote de Bab Ezzouar, El Oued, Boukhari et Coco Plage de Bordj El Bahri Bahri et Cervantès de Mohamed Belouizdad. Le programme global de relogement dans la wilaya d'Alger concernait 260.000 unités ont 84.000 de type public locatif (LPL) et 42.000 logement sociaux participatifs (LSP). La wilaya d'Alger compte également  94.000 autres logements relevant de l'Agence d'amélioration et de développement du logement (AADL)  et 54.000 unités de l'Entreprise nationale de promotion immobilière (ENPI).  Les opérations de relogement dans la capitale ont, par ailleurs, été marquées par des recours déposés par les exclus des listes de bénéficiaires de logements sociaux. 13.611 recours ont ainsi été enregistrés depuis le début de l'opération de relogement dans la wilaya d'Alger en juin 2014.  765 d'entre eux ont été acceptés, permettant à leurs dépositaires de bénéficier de nouveaux logements, de changer d'étage ou de bénéficier d'un appartement plus grand, selon le président de la Commission de wilaya chargée de l'examen des recours de la wilaya d'Alger, Mohamed Smail. Les services de la wilaya d'Alger ont pu récupérer près de 500 assiettes foncières après avoir éliminé un ensemble de points noirs qui faisaient office de décharges pour déchets solides. Grâce aux efforts de l'entreprise Asrout, ces espaces ont été libérés de cette accumulation de déchets empêchant ainsi toutes sortes d'activité dans ces lieux, a affirmé M. Zoukh. «Ces assiettes sont destinées à la construction d'espaces verts et de loisirs pour jeunes et enfants. Dans le cadre du plan vert, les services de la wilaya œuvrent à l'aménagement de 25 forêts urbaines dont 13 ont été touchées par cette opération en attendant d'affecter des enveloppes financières pour les 12 restantes», a-t-il ajouté. Ces forêts seront dotées d'éclairage public à l'instar de celles de Ben Aknoun, Bordj El Kiffan et autres dans le but de permettre au citoyen de bénéficier de ces espaces de jour comme de nuit durant la saison estivale. Il semble que le wali d’Alger qui a affirmé dans le passé que l’année 2016 serait celles de l’éradication totale des bidonvilles dans la capitale, a tenu ses engagements.  Ses services y vont doucement mais assurément.

Le transport urbain…aussi
Le 31 octobre 2011, Alger se dote d’un métro inauguré par le président de la République Abdelaziz Bouteflika. La mise en service de la première ligne – Ligne 1 – a contribué à désengorger et à améliorer en quantité et en qualité le transport urbain au centre de la capitale. Dès lors, la gêne occasionnée actuellement dans les villes par le fait de la densité de la circulation automobile va se résorber graduellement, grâce à la mise en service des nouvelles lignes, dont les prévisions s’échelonneront à l’horizon 2025. En effet, rien que pour l’année en cours, il est prévu la réception des extensions du métro d'Alger allant entre la Grande-Poste et la Place des martyrs (1,7 km) et entre Haï El Badr-Aïn Naadja (3,6 km) entreront en fonctionnement à la fin 2017, selon  le ministre des Travaux publics et des Transports, Boudjemaâ Talai. Avec l'exploitation de ces deux futures lignes, cinq nouvelles stations de métro seront ouvertes: Ali Boumendjel et la Place des martyrs sur la première extension, et Halte des ateliers, Aïn Naadja I et Aïn Naadja II sur la seconde. Ces nouvelles lignes s'ajouteront donc aux trois autres déjà en service qui sont la Grande Poste-les Fusillés, les Fusillés-Haï El Badr et Haï El Badr-El Harrach. L'entrée en fonctionnement de ces deux lignes se traduira par le doublement du nombre des usagers qui passera de 120.000 actuellement à 250.000 voyageurs/jour. Il a aussi avancé que le nombre de voyageurs serait plus important une fois la ligne El Harrach-Aéroport d'Alger sera ouverte en 2020. En cinq ans d’existence, le métro d’Alger a transporté un peu plus de 88 millions de voyageurs.  Pour rappel, le métro d'Alger s'étale actuellement sur 13 km et comprend 14 stations allant de la Grande-Poste jusqu'à El Harrach. Après la mise en service des deux nouvelles extensions à la fin 2017, le métro de la capitale couvrira une distance de 18 km.  Le secteur du transport de voyageurs dans la wilaya d’Alger s’est taillé la part du lion en nombre d’infrastructures opérationnelles ces dernières années. Il s’agit notamment de la mise en service de la totalité de la première ligne du tramway d’Alger reliant Ruisseau à Dergana sur un trajet de 23,2 km, dotée de 38 stations. Mis en service le 8 mai 2011, le tramway d’Alger a su donner un nouveau visage à la capitale.  Le premier tronçon de cette ligne (Bordj El Kiffan-Mokhtar Zerhouni, 7,3 km) a été inaugurée le 8 mai 2011, le deuxième (Mokhtar Zerhouni-Ruisseau, 9,1 km) le 13 juin 2012 et le troisième (Bordj El Kiffan-Qahouet Chergui, 4,2 km) le 15 avril 2014.  Le dernier tronçon, reliant Qahouet Chergui à Dergana sur 2 km est opérationnel depuis avril 2015.  A ce jour, le tramway d’Alger a parcouru environ 6 millions de kilomètres transportant plus de 40 millions de voyageurs. Autre projet de grande importance qui vient «renforcer» ceux du transport urbain visant à faciliter la mobilité des Algérois, la nouvelle ligne ferroviaire Birtouta-Zeralda, inaugurée par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika le 11 décembre dernier. Dotée d’une double voie électrifiée et de plusieurs ouvrages d’art, cette nouvelle ligne ferroviaire comprend cinq gares, à savoir Birtouta, Tassala El-Merdja, Sidi Abdellah, Université de Zeralda et Zeralda ville. Sa capacité de transport est de 50.000 voyageurs/jour. Les Algérois ont également «retrouvé», le transport par télécabines.  Le téléphérique reliant les communes de Bab El Oued à Bouzaréah, sur une longueur de 3 km et à une hauteur de plus de 360 m, avec une capacité de transport de 2.400 voyageurs par heure et par sens mis en service en septembre 2014, vient s’ajouter aux autres téléphériques déjà opérationnels. Conçu pour apporter une solution de transport adéquate et conforme à la topographie accidentée des quartiers de Montplaisant, Beau-Fraisier, Scaffino et Cité Mollines, Djebel Koukou et La Fantom, ce téléphérique était attendu avec impatience par les habitants de ces quartiers difficiles d'accès par route. Aussi, dans le cadre du plan d'investissement initié par l'Etat, pour moderniser les transports urbains, l'Entreprise Métro d'Alger a procédé à la rénovation et à la mise à niveau technologique des téléphériques d'Alger.  A ce propos, il convient notamment de citer le téléphérique Palais de la Culture, le téléphérique El Madania, le téléphérique Notre Dame d'Afrique, le téléphérique Mémorial, en attendant le téléphérique Bab El Oued-Z'ghara (2 km).  N’oublions pas aussi la (re) mise en service de l'ascenseur Port Saïd-Gare ferroviaire d’Alger en août 2016 après une fermeture qui aura duré 14 longues années.

En finir avec les embouteillages
Dans le cadre du plan d'aménagement, la wilaya d'Alger bénéficiera d'un système nouveau et efficace pour la circulation routière afin de désengorger le trafic routier à l'intérieur comme à l'extérieur de la ville. C’est ainsi qu’il a été décidé, entre autres,  de doter 500 carrefours de la wilaya de feux tricolores, dans le cadre d’un projet-pilote pour une gestion centralisée du trafic urbain.  En effet, la wilaya d’Alger a mis en place, avec des partenaires espagnols, une société mixte de droit algérien, pour la réalisation d’un système de régulation de trafic urbain au niveau de la wilaya d’Alger.  Il s’agit d’un projet-pilote baptisé «Système intelligent de gestion dynamique de la mobilité urbaine», qui comprend une gestion centralisée des feux tricolores à Alger. La première phase du projet consiste à doter quelque 200 carrefours de feux tricolores, et 300 autres dans un second temps, pour atteindre un nombre global de 500 carrefours, qui couvriront l’ensemble de la wilaya. Ces feux seront ainsi gérés par un centre de régulation, implanté dans la commune de Kouba, grâce à des données sur l’état de trafic recueillies par des boucles de détection installées dans différents points dans l’agglomération. Le plan de feux et la durée des cycles seront adaptés à l’état du trafic, expliquait dernièrement le directeur des transports terrestres et urbains au niveau du ministère du Transport, Salem Salhi, ajoutant que ce système participera à une gestion efficace du trafic urbain dans la wilaya d’Alger. Sur un autre registre, M. Salhi a indiqué que le financement du projet des «Bus à haut niveau de service (BHNS)», qui seront introduits dans les transports en commun en Algérie, selon la récente déclaration du ministre des Travaux publics et des Transports, se fera dans le cadre de la concession. La stratégie du secteur du transport, comme beaucoup d’autres secteurs, s’étant orientée sur les financements en dehors des budgets de l’Etat, en raison de la situation économique du pays, le projet des BHNS devra ainsi être porté par des investisseurs privés. Les BHNS est un concept datant du début des années 2000, et qui utilise, à de fortes fréquences, avec une rotation toutes les 5 à 10 min en heures pleines et moins de 15 min en heures creuses, en plus d’une amplitude horaire élevée (circulation la semaine, en soirée et le week-end). Il est à rappeler également que la  capitale a bénéficié durant ces dernières années d’un important programme de développement du réseau routier qui a permis de résorber et d’accompagner le besoin en mobilité sans cesse croissant. 2016 aura été pour la wilaya d'Alger l'année d'un chantier ouvert pour la réalisation de routes à double voie, d'échangeurs et d'extensions d'axes routiers pour une meilleure fluidité du trafic routier au niveau de la capitale, et ce dans le cadre du Plan stratégique (2012-2035). Dans cette optique, plus de 226 opérations d'aménagement routier (270 km) ont été réalisées cette année dans la wilaya d'Alger, outre 30 projets de dédoublement et 7 échangeurs. Le programme du réseau routier de la capitale porte sur le développement et l'entretien des infrastructures et la réalisation de nouveaux projets pour renforcer les capacités, a indiqué à l'APS le directeur des travaux publics de la wilaya d'Alger, Abderrahmane Rahmani, ajoutant que la plupart de ces projets, dont le taux d'avancement dépasse les 60%, seront réceptionnés d'ici fin 2017. Une enveloppe de 500 millions de dinars a été débloquée pour la rénovation des glissières de sécurité et leur remplacement par des glissières en béton. En 2016, la wilaya d'Alger a réceptionné deux trémies reliant le quartier de Djenane Sfari (Birkhadem) à celui d'Ain Melha (Gué-de-Constantine) et un pont à Réghaia outre un élargissement de 3 m de la rocade Zeralda-Boudouaou-Boumerdès et une autre extension de la route nationale  n°1. Le même responsable a imputé les lenteurs enregistrées dans la finalisation de certains projets au problème d'indemnisation des propriétaires du foncier concerné par ces projets. 80 milliards de dinars pour des travaux de rénovation et la réception prochaine de 30 projets routiers à Alger qui réceptionnera en 2017 pas moins de 30 projets de dédoublement de routes et 7 échangeurs dont la réalisation a nécessité un montant global de 80 milliards de dinars, outre des ports et d'autres infrastructures.

Aménagements paysagers
L’opération porte sur la plantation de palmiers le long des terres pleins centraux des autoroutes, accompagnée d’engazonnement et fleurissement intégrant un système d’arrosage ainsi que la mise à niveau de l’éclairage public et la substitution de la glissière métallique par un séparateur en béton. L’un des ses projets qui «métamorphosera» à jamais le visage d’Alger, est sans conteste l’aménagement de la Baie d’Alger. La Baie d’Alger constitue en effet l’une des attractions touristiques majeures de la capitale. Son aménagement représente un pôle visant à retisser les liens entre la capitale et la mer.  L’aménagement du site les Sablettes (création d’une promenade piétonne de 4,5 km, réalisation d’ouvrages de protection et création de plages artificielles de capacité d’accueil de 40 000 estivants).   Des années durant, les Algérois ont emprunté la côte d’Alger regardant de leurs véhicules la mer sans pouvoir y accéder. Une grande frustration pour les uns, un sentiment de regret pour les autres, que d’observer la baie… mais de loin ! A tel point que certains endroits comme les Sablettes, sur l’autoroute à l’entrée d’Alger, sont devenus un coin isolé regroupant malfrats et débauchés. Ce n’est qu’un lointain souvenir : cette bande côtière algéroise a retrouvé les siens.  Impossible, disaient il y a quelque temps certains sceptiques. Beaucoup n’y croyaient plus, mais désormais il fait bon se dorer au soleil et nager aux Sablettes. Cette bande côtière de quelques kilomètres, abandonnée depuis plusieurs années et transformée en promenade. Pas trop loin des Sablette, un autre projet, celui de l’aménagement d'Oued el Harrach, qui « s'inscrit dans le cadre du plan d'aménagement de la baie d'Alger fait partie du schéma d'aménagement de la ville d'Alger ». Très pollué dans sa partie «algéroise» après avoir traversé la Mitidja, Oued El Harrach a bénéficié d'un important projet d'aménagement dont l'objectif est d'éliminer les rejets domestiques et industriels, de lutter contre les inondations et de créer tout au long de ses rives des espaces de détente pour réhabiliter ce cours d'eau.  La dépollution de l'Oued El Harrach (Alger) est destinée à réhabiliter et à aménager les berges de ce cours d'eau descendant des monts de Chréa, dans la wilaya de Blida. Ce projet, dont la réalisation a été confiée au groupement algéro-coréen (Cosider-Daewoo Constructions), porte, entre autres, sur le renforcement des capacités d'épuration des eaux usées et l'aménagement d'aires de loisirs sur les deux rives de l'oued, pollué depuis plusieurs décennies par les rejets domestiques et ceux des unités industrielles. Oued El Harrach est d'une longueur totale de 67 km, dont près de 18,2 km dans la wilaya d'Alger, alors que le reste de son parcours s'étend sur les wilayas de Blida et de Médéa.  Le projet de sa réhabilitation porte, selon sa fiche technique, en particulier, sur son recalibrage, la réalisation de trois jardins filtrants, la mise en place de systèmes de contrôle et surveillance de la qualité de l'eau, ainsi que de prévision et d'alerte des crues, la construction de ponts et passerelles et la réalisation de stations de pompage d'une capacité de 90.000 mètres cubes par jour.  Les travaux portent, par ailleurs, sur des aménagements paysagers, à travers la création de parcs, de pistes et voies cyclables tout au long de l'oued, de terrains de sport de proximité, de piscines en plein air et d'aires de jeux pour enfants outre la réalisation de 19 ponts tout au long de l'oued le reboisement de 65.000 plants.  A ces projets vient s’ajouter également le projet du futur jardin urbain à la place de l'ex-décharge publique de Oued Smar. Avec la fermeture définitive de cette décharge, le site, d’une superficie de 45 ha, abritera un jardin qui sera intégré au parc des Grands-Vents. Sous forme de dôme, le futur parc des loisirs sera un lieu de détente, de loisirs et d’éducation environnementale pour les habitants de la banlieue Est d’Alger.  Les travaux de réhabilitation ont débuté par l’excavation de plus de 2 millions de m3 qui ont été neutralisés et enfouis. Puis une opération de compactage et de consolidation de talus a été réalisée avant de lancer divers travaux techniques comme le contrôle de tassement ou la pose de piézomètres pour contrôler le niveau et la qualité de la nappe d’eau. Quant à la décharge de Ouled Fayet, elle est fermée depuis 2014 pour être transformée en des espaces verts et des parcs de loisir au profit des habitants d’alentour, a constaté l’APS sur place. Sa fermeture s’inscrit dans le cadre du programme national de gestion des déchets et de l’amélioration du cadre de vie du citoyen en application d’une instruction du Premier ministre.

Plus d’espaces verts
De la reconquête du front de mer au réaménagement de quelques quartiers, en passant par la structuration de la périphérie, le plan lumière, le macro maillage en transports en commun, le boulevard urbain, la ceinture des agriparcs et autres promenades, sont autant de projets structurants initiés à même de faire d’Alger une métropole méditerranéenne à l’instar des villes comme Marseille et Barcelone. Ainsi, s’agissant notamment de la propreté de l'environnement, le wali d’Alger  Abdelkader Zoukh a fait savoir récemment que 500 points noirs sur Alger avaient été pris en charge et aménagés en espaces verts. A ce titre, suite à l’éradication en 2010 du site de Doudou Mokhtar dans la commune de Hydra, qui abritait à l’origine 904 baraques (habitats précaires), la wilaya d’Alger a dégagé le financement nécessaire pour sa prise en charge à commencer par l’engagement d’une opération de reverdissement du site afin de le mettre à la disposition de la population pour la détente et la récréation, pour un montant global de 120.millions de dinars.  L’administration forestière qui fut désignée en qualité de maitre d’ouvrage délégué a lancé durant la campagne de reboisement 2010-2011 la mise en terre de 9.000 hautes tiges d’espèces forestières et ornementales diversifiées. Subdivisé en plusieurs portions et sur une superficie globale de 20,47 Ha, l’administration des forêts a axé son intervention sur les deux zones principales totalisant 10,5 ha qui ont bénéficié de divers travaux dans l’objectif d’ériger ce site en forêt récréative et d’activités pédagogiques. Cette réalisation constituera un prolongement des équipements structurants existants tels que le parc zoologique et les infrastructures universitaires environnantes. Dans la commune d’Alger-Centre, le jardin public de Tafourah nouvellement aménagé à la place de la station d'autobus, qui constituait un point noir pour la circulation automobile dans la capitale, est un espace d'agrément pour les Algérois et tous ceux qui s'y invitent. Sur place, il est question de la réalisation « prochaine » d’une fontaine.   Edifiée sous les palmiers plantés depuis longtemps pour former un espace vert long de 1200 m² dans la seule station d'autobus de Tafourah, cette fontaine est réalisée par un bureau d'études qui s'est inspiré des fontaines d'eau très répandues autrefois à la Casbah et qui constituaient une source de vie pour toute la population, a expliqué cet ingénieur.  Le jardin public de Tafourah est l'un des projets urbanistiques inaugurés en 2016, par le wali d'Alger Abdelkader Zoukh, et inscrits dans le cadre du plan directeur d'aménagement et d'urbanisme de la wilaya d'Alger (PDAU-2015-2035), visant à améliorer le cachet architectural de la capitale. Pas trop loin de là, le Jardin Sofia fait également peau neuve. En effet, grâce à un programme de réhabilitation et d'embellissement, les jardins et les parcs d'Alger-Centre vont retrouver leurs couleurs, à l'instar du jardin Sofia, dont les usagers peuvent désormais se désaltérer sur ses bancs tout en sirotant leur café servi par la buvette en service dans le même jardin et en écoutant les informations diffusées 24h/24 par la radio nationale. Ce n’est pas fini. Le mythique jardin Port Said fera après sa réhabilitation et sa rénovation (en cours) la joie des Algérois. Selon l’APC d’Alger-Centre, le jardin sera doté d'un kiosque de musique, d'un espace attrayant grâce à un programme culturel pour les adultes et les enfants (Gala de musique châabi, prestation des clowns pour enfants etc.) pour occuper les journées des citoyens habitant les alentours. Aussi, une étude a été lancée récemment pour la réhabilitation du dernier jardin de la haute casbah appelé Djninet Lyés Soustara pour que qu'il soit rouvert au public dans les plus brefs délais. La mairie d'Alger-Centre a aussi entamé les travaux de réhabilitation du parc de la Liberté et du parc de Beyrouth (Mont Riant). Les bois de Sidi Brahim une fois réhabilités, constitueront dans l'avenir une bouffée d'oxygène pour les Algérois qui pourront y courir et éviter ainsi de se déplacer continuellement à la forêt de Bouchaoui. S'agissant du parc Tifariti, la mairie d'Alger-Centre a terminé l'installation des jeux pour enfants évalués à 4 milliards de centimes. Les travaux de revêtement des trottoirs en béton imprimé, le goudronnage des rues ainsi que la mise en place de jet d'eau dans les différents quartiers d'Alger-Centre contribueront aussi à redorer l'image du cœur de la capitale.

Des fermes pilotes à Dounia Parc
L'espace Dounia Parc choisi pour abriter le projet de fermes pilotes adoptés par la wilaya d'Alger à la fin 2016, a vu le lancement du plan d'aménagement d'espaces de loisirs et de plantation d'agrumes et d'oliviers, selon Bureau national d'études pour le développement rural (Bneder). La wilaya d'Alger a choisi la partie de Dounia Parc relevant de la commune de Dely Ibrahim pour le lancement de ce projet «pionnier» visant à aménager cette superficie en un espace de loisirs et à y planter des agrumes et des oliviers, outre des plantes odoriférantes et médicinales, a en effet appris l'APS auprès du Directeur des études au Bneder, Khaled Benmohamed. Le sol de Dounia Parc correspond parfaitement aux normes requises pour l'application du plan Agriparc, alliant des espaces agricoles et de loisirs dans un style architectural particulier, a indiqué le même responsable, arguant qu'il s'agissait de l'espace «idéal». Le projet d'exploitation de la superficie Dounia Parc (156 ha), s'inscrit dans le cadre d'une large approche adoptée par la wilaya d'Alger depuis 2014 sous l'appellation Agriparc, un plan conciliant espaces verts et de loisirs séparant les agglomérations urbaines, a précisé la même source. 23 parcs ont été recensés à travers Reghaïa, Rouiba et Dely Ibrahim, outre les parcs de Kheraïssia (372 ha) et Cheraga (560), inscrits en sus du Parc Dounia au titre de la première étape pilote. Le Bneder a effectué une étude de sol et selon les premières données ces superficies sont adaptées à la culture d'agrumes et d'oliviers, et à la promotion de l'activité agricole artisanale qui implique la production de lait et dérivés et l'élevage du bétail, a précisé M. Benmohamed. Il s'agit, a-t-il ajouté, du premier projet pilote du genre sur le double plan national et africain, et «nous examinerons la possibilité de généraliser l'expérience aux autres parcs à travers le territoire national», a expliqué le même responsable. De son côté, le directeur des forets et de la ceinture verte de la wilaya d'Alger Baâziz Noureddine a affirmé à l'APS que son département avait procédé à la plantation d'oliviers sur près de 8 hectares en attendant des conditions climatiques favorables pour poursuivre la plantation d'une série d'arbres à des fins scientifiques et pédagogiques. Dounia Parc va bénéficier de davantage de protection après son rattachement au projet des fermes pilotes pionnier en Afrique, a ajouté M. Baaziz. Concernant la production d'olives, d'agrumes et le développement de l'apiculture et autres, il a souligné que cette mission s'inscrivait en droite ligne avec le caractère commercial et économique de l'Office des parcs de sport et de loisir de la wilaya d'Alger (OPLA). Aucun changement ne touchera Dounia Parc et la mission de la direction des forêts est le suivi et la maintenance pour garantir une sécurité biologique digne de ce projet outre l'élaboration d'une étude pour améliorer le sol argileux du parc, a précisé l'intervenant.

Prévenir, mieux que guérir
Suite à la catastrophe naturelle survenue le 10 novembre 2001 et les graves dommages qui ont découlé par suite des inondations qu’a connues la zone de Bab El Oued  (bassin versant de Bouzaréah), il a été constaté différentes causes, dont les crues torrentielles survenues au niveau des oueds, et qui ont engendré d’importants dégâts tels que les affaissements des berges, élargissements des lits d’oueds ainsi que leur envasement. Afin de parer à de nouvelles catastrophes et d’éviter à cette région et ses zones limitrophes d’autres dégâts que pourraient causer les intempéries, le traitement des bassins versants et la correction torrentielle des oueds par des moyens mécaniques (gabionnage des lits et des berges), est  impératif. A cet effet, la Direction des forêts et de la ceinture verte de la wilaya d’Alger a élaboré un programme d’intervention par des actions de stabilisation et de confortement des terrains, de maintien des terres, de réception des eaux de pluies et leur écoulement. Cette opération prévoyait le traitement de dix oueds répartis sur quatre communes à savoir, Deux moulins, Puits des Zouaves, la Vigie, Rejel El Affroun, Grand Rocher II et Belvédère. La même opération concerne aussi Oued Cimetière, Oued Scotto Nadal, Oued Belvèdere affluent Ouest et en fin, Oued Rdjel El Affroun affluent Est. Le traitement  des lits et berges d’oueds par gabionnage  entrant dans le cadre de la réduction de la vulnérabilité de la zone urbaine de Hammamet, Rais Hamidou, Oued Koriche et Ain Benian a permis d’atténuer les effets des crues torrentielle en canalisant les eaux pluviales ainsi que la protection des sols contre les glissements de terrains. La consistance de cette opération porte sur l’étude et le suivi, le gabionnage  des  lits  d’oueds, le gabionnage  des berges  d’oueds, le géotextile ainsi que la plantation forestière. Par ailleurs, la Direction des forêts et de la ceinture verte de la wilaya d’Alger a élaboré un programme d’intervention par des actions de stabilisation et de confortement  des talus, de maintien des terres, de réceptions des eaux de pluies et leur écoulement afin de parer à des nouvelles catastrophes et d’éviter à ses zones limitrophes d’autres dégâts que pourraient causer les intempéries, tels que les affaissements et éboulés des talus. Le traitement des talus est impératif par gabionnage en assurant la protection et la contribution à l'embellissement du site. Cette opération prévoit le traitement de cinq talus à travers six communes, talus  d’El Achour (cote rocade sud), talus de la radiale des Annassers, site Triolet, talus Sidi Yahia et le talus de Ouled Fayet.

Restauration des marchés communaux
Le phénomène des marchés informels au niveau de la capitale est en net recul en passe d’être complètement résorbé. Sur un total de 160  marchés informels recensés ces dernières années, seuls 21 marchés restent encore à éradiquer en application de l'instruction ministérielle de 2012 et de l'instruction du wali d'Alger interdisant l'occupation illégale des espaces publics. La wilaya d'Alger a en effet  mis au point un programme ambitieux visant à éradiquer les marchés informels dans 57 communes y compris les camionnettes qui occupent illicitement les abords des trottoirs. En sillonnant la capitale, notamment les quartiers qui grouillent de marchés informels et de vendeurs «à la sauvette» à la Place des Martyrs, Didouche Mourad (Messonier), Bachdjarrah et El Harrach, l'on constate effectivement  que ce phénomène est quasiment  inexistant à part quelques vendeurs de fruits et légumes. Ainsi, 7550 marchands activant dans le commerce informel ont été recensés en 2004. Ce chiffre a baissé en 2016 atteignant 1387  vendeurs. 6 163 marchands ont été intégrés dans le commerce organisé dans le cadre des marchés de proximité, des locaux AADL et OPGI et dans le cadre de l'emploi de jeunes. Ainsi la wilaya d'Alger a réalisé 19 marchés de proximité dont 17 ont été  remis aux bénéficiaires et deux sont toujours en cours de réalisation (Boumati et Bourouba). Des marchés de proximité ont été ouverts à Ben Omar (Kouba),  El Djorf (Bab Ezzouar) et Ali Mellah (Place du 1er-Mai). Les jeunes vendeurs dans les marchés de proximité bénéficient de  facilités fiscales pour deux ans avec une exonération d'impôts durant cette période et un paiement symbolique du loyer du local commercial allant de 2000 à 3000 DA par mois. Dans le même contexte, la wilaya d'Alger s'emploie ces derniers temps à restaurer et à réhabiliter 35  marchés communaux, selon les données de la direction locale du Commerce. 
Il s'agit du Marché Bouguerfa dans la commune de Belouizded, du marché Marché Berrezouane dans la commune d’Alger-Centre, du marché Séminaire et du marché Centre Ville  Bologhine, du Marché 2 piliers à  Bouzareah, du marché Nassim à Gué-de-Constantine, du marché de Sidi Moussa dans la commune de Baraki, du marché de Djenane Mabrouk à Bachdjarrah, du marché Djelmani à El Harrach, le marché communal de Bab Ezzouar, le marché communal de Reghaia, le marché Ain Naadja, le marché 08-Mai-1945 à Ain Benian, Reda Houhou à  Sidi M’hamed, Air de France à Bouzareah et le marché communal de Bordj El Kiffan.
F.H.



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Par Farid HOUALI

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