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N° 127 - Mars 2020

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Actualits

Les walis face à leurs responsabilités

Développement local

Par Farid HOUALI



La nouvelle approche de la gestion des collectivités locales rassemble toutes les conditions favorisant la création de la richesse au niveau local afin qu’elles puissent accomplir leur nouveau rôle de façon optimale. Une approche s’inscrivant dans le cadre du plan d’action du gouvernement inspiré des orientations et instructions du président de la République Abdelmadjid Tebboune. Un rôle plus accru aux élus, un renforcement de la décentralisation, prémices à la réforme de l’administration territoriale, l’implication du citoyen à la prise de décision, un plan de développement local, une généralisation de la numérisation afin de rendre performant le service public et de parvenir à une administration électronique, et une gestion rationnelle du foncier économique libéré de toute entrave. Telles sont les principales recommandations de la réunion de deux jours entre des membres du gouvernement, les walis, walis délégués ainsi que les élus, abritée au Palais des Nations à Alger, sous la présidence du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Une rencontre ayant permis au chef de l’Etat de fixer les jalons vers la nouvelle Algérie de par des orientations qui ciblent les cadres de l’Etat devant être «au service du peuple et non l’inverse». Une occasion de discuter autour des dossiers liés à la collectivité locale dans le domaine des services publics, notamment ceux ayant un caractère de proximité sur la base du principe du rapprochement de l’administration du citoyen et l’approche de l’efficacité et la bonne gestion des services publics, et ce, en adoptant de nouvelles mesures réglementaires et juridiques visant à remédier aux lacunes constatées et des mécanismes innovants utilisant les technologies modernes, ce qui confère à la collectivité transparence et efficacité et permettra de poursuivre le processus de la modernisation du service public pour atteindre l’objectif de la e-gouvernance. La réunion gouvernement-walis a d’ailleurs été sanctionnée au terme de deux jours de débats, par un ensemble de recommandations relatives au développement socioéconomique des territoires à même de satisfaire les besoins du citoyen, de garantir son bien- être et de créer des territoires à attractivité économique et sociale et créateurs de la richesse, ce qui contribuera au développement et à la diversification de l’économie nationale.

Parmi ces recommandations formulées par les 4 ateliers, il y a lieu de citer celles suggérées par les participants à l’atelier sur le thème «Améliorer la vie du citoyen» qui ont appelé à adopter « l’approche d’une gestion à objectifs dans le but d’améliorer le cadre de vie du citoyen et d’accentuer la relance économique », soulignant la nécessité de mettre en place un « plan de développement local, à même de servir de plan stratégique pour le développement à court et à moyen terme ». Les recommandations de cet atelier ont aussi suggéré d’adopter des dispositions législatives « plus claires» et « plus strictes » pour amener les collectivités locales à préparer, dans les meilleures conditions, leurs plans de développement.

Il s’agit aussi de mettre en place les mécanismes nécessaires afin d’aboutir à une banque de données d’indicateurs économiques et sociaux et de numériser en même temps la base de données relative aux besoins et préoccupations des citoyens. Ils ont aussi appelé à adopter une vision économique créatrice de richesses et d’emploi, tout en encourageant le partenariat entre les secteurs public et privé ainsi que l’université et les instituts de recherche.

Les participants à l’atelier ont appelé en outre à «clarifier la responsabilité des différentes parties au niveau local et à conférer un rôle plus important aux élus », soulignant la nécessité de «renforcer la décentralisation et d’impliquer les citoyens à la prise de décision». Ils ont insisté sur la création d’un mécanisme pour le financement des programmes de développement local ainsi que la recherche de mécanismes nouveaux à même d’améliorer le recouvrement des impôts.

 

Mettre en place un cadre de gestion moderne

Concernant l’autre atelier intitulé « La digitalisation et l’intelligence collective, leviers d’un nouveau service public local», les recommandations ont porté notamment sur la mise en place d’une nouvelle politique relative à l’amélioration de la qualité du service public et à la généralisation de la numérisation de l’administration locale.

Il a été ainsi proposé la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire favorable à une gestion moderne et intelligente du service public local et le lancement, en parallèle, d’un programme de modernisation des collectivités locales visant à édifier une administration électronique. L’objectif de la numérisation tous azimuts des services des collectivités locales consiste à permettre aux citoyens de retirer les documents de l’état civil en ligne et de mettre un terme aux «pratiques et lourdeurs bureaucratiques». Il a été aussi recommandé d’accélérer le processus de digitalisation en vue de parvenir à une administration dématérialisée avec zéro papier. Il s’agit aussi de parvenir, à travers la digitalisation, à la « mutualisation et à la rationalisation » des investissements en matière de digitalisation des prestations de service public. La mise en place d’un environnement favorable au développement des start-ups qui interviennent dans le domaine des services publics locaux a été également suggérée avec l’objectif de formuler des solutions intelligentes et innovantes visant à l’amélioration de la qualité des services offerts aux citoyens, a-t-on encore expliqué. Il a été également mis en avant la nécessité d’organiser des formations au profit des personnels des collectivités locales dans le domaine des nouvelles technologies et de procéder au recrutement d’un personnel qualifié. Les recommandations ont porté en outre sur l’impératif pour les collectivités locales de créer des cellules de veille et d’écoute, en ligne, de manière à s’adapter aux mutations de la société connectée.

 

La fermeté dans la délivrance des permis de conduire

Pour ce qui est du volet relatif à la sécurité routière, les participants à l’atelier « La mobilité et la sécurité routière », ont relevé que le facteur humain demeurait la cause principale de 90% des accidents de la circulation, alors que 10% concernent l’état des routes et des véhicules. Á cet effet, ils ont recommandé de revoir la qualification des formateurs (moniteurs des auto-écoles), et faire preuve davantage de rigueur et de fermeté dans la délivrance des permis de conduire, notamment pour les chauffeurs des véhicules poids-lourds et de transport en commun. La révision à la hausse des amendes des contraventions a également été recommandée de manière à dissuader les conducteurs de s’adonner à l’excès de vitesse, préconisant en outre de soumettre de manière régulière les conducteurs des transports publics à des tests psychologiques. Le même atelier a, en outre, suggéré de réduire la période du contrôle technique des véhicules et surtout d’imposer un cahier des charges rigoureux quant à l’acquisition des véhicules et des pièces de rechange, lesquelles doivent être d’origine. A cet effet, le concours des services des douanes et d’un laboratoire de contrôle a été recommandé afin d’éviter que le marché national soit inondé de pièces de rechange contrefaites. En ce qui concerne le volet infrastructure, l’entretien des routes ainsi que la généralisation et la modernisation de la signalisation routière ont été recommandés de même que la suppression des intersections et carrefours dangereux. Les participants ont, également, recommandé de généraliser à d’autres villes et quartiers le métro et le tramway ainsi que les chemins de fer de manière à dissuader les automobilistes à utiliser leurs véhicules personnels et à réduire ainsi le risque d’accidents de la circulation.

 

L’«humanisation» des relations avec les citoyens

Intervenant à la clôture des travaux de la rencontre gouvernement-walis, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a exhorté les participants à assumer pleinement leurs responsabilités dans la mise en œuvre et la concrétisation des directives et orientations du président de la République qui versent « toutes dans l’intérêt des citoyens, en réduisant les disparités et en leur assurant une vie décente. Ce qui ne peut être réalisé sans une modernisation de l’administration et une bonne gouvernance, en rupture totale avec les pratiques du passé ». «Notre rencontre coïncide avec le Plan d’action du gouvernement pour la mise en œuvre du programme du Président avec, à sa tête, un programme de développement urgent qui prend en charge les préoccupations des citoyens pour leur assurer une vie décente, notamment ceux vivant dans les “zones d’ombre” et dans les banlieues», a en effet insisté le Premier ministre soulignant la nécessité de «rétablir la confiance avec les citoyens». Pour ce faire, le gouvernement «ne ménagera aucun effort et ira résolument vers la concrétisation des engagements annoncés dans le Plan d’action». Recommandant aux walis et aux élus locaux d’« emprunter la voie du dialogue et de la concertation avec les citoyens et les différentes composantes de la société civile», il a relevé également «la nécessité d’opérer une véritable rupture avec la bureaucratie, sous toutes ses formes, et d’intensifier le travail de terrain, de suivre la situation des citoyens et d’être à l’écoute de leurs préoccupations». Dans ce cadre, il a souligné qu’il faut une nouvelle approche dans la formation des cadres dans certaines écoles, comme l’Ecole nationale d’administration (ENA) et ses annexes locales, notamment dans le management, afin d’humaniser leur travail. «Le cadre d’Etat, à tous les niveaux, est appelé à faire preuve d’humanisme dans sa relation avec le citoyen. Nous devons former un cadre qui a foi en l’Etat et ses institutions et qui soit au service des citoyens. Il devra être un modèle en termes d’intégrité et d’abnégation et faire preuve de responsabilité, en se dressant contre tout dépassement, clientélisme et abus de pouvoir. Ces objectifs ne peuvent être réalisés sans l’éradication de la bureaucratie, la modernisation de l’administration, la simplification et la numérisation des procédures administratives», selon le Premier ministre. Ce sont de telles pratiques qui contribueront à «faciliter la vie des citoyens et au développement local», a-t-il dit, enjoignant les responsables des collectivités locales à intensifier leurs efforts pour «répondre aux besoins des citoyens, libérer les initiatives et créer des opportunités aux jeunes pour leur permettre d’être des acteurs actifs dans le présent et l’avenir du pays». Abdelaziz Djerad, s’est également attardé sur l’importance de la réforme administrative, la mise en place d’un plan global de gouvernance, tout en relevant que les différentes mesures «demeurent tributaires du sérieux de chaque responsable administratif, de sa compétence et de son engagement». Soutenant que le travail des responsables locaux sera désormais soumis à un suivi, à une évaluation et à un contrôle permanents, il leur affirme qu’ils n’ont de choix que de réussir et d’obtenir des résultats concrets. «Le gouvernement est à vos côtés et continuera de soutenir toutes vos actions en faveur du citoyen, comme il faudra ne ménager aucun effort pour dépasser toutes les crises», a-t-il conclu. Intervenant à son tour, le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, a appelé chaque responsable des collectivités locales, et chacun à son niveau de responsabilité, à revoir les méthodes employées dans le cadre de ses missions et dans la gestion des affaires publiques. «Les responsables sont désormais contraints d’axer leur travail sur la proximité, le rapprochement avec les citoyens ainsi qu’une prise en charge exemplaire de leurs préoccupations, en évitant les fausses promesses et en veillant à la concrétisation de leurs demandes qui, souvent, ne nécessitent pas des procédures longues ou complexes», a-t-il déclaré. Il a tenu à assurer de «la volonté de la grande famille des collectivités locales, en coopération avec les différents départements ministériels, à aller de l’avant vers la nouvelle Algérie à laquelle nous aspirons tous».

F. H.



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