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N° 120 - Avril 2019

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Actualits

Le choix énergétique de l’Algérie se précise

Á la faveur de l’inauguration de la centrale photovoltaïque de Bir Rebaa à Ouargla

Par Farid HOUALI



L’Algérie est résolument tournée vers les énergies nouvelles. Le gouvernement a d’ailleurs décidé le lancement d’un plan de développement des énergies renouvelables de 22 GW à réaliser sur la période 2017-2030/40.
Á court terme, un appel d’offre sera lancé dans les prochaines semaines pour le développement de 4GW de solaire photovoltaïques sur une période 4-6 ans. Cette première étape représente un total d’investissement de 4 à 5 milliards de dollars. Á ce jour, 400 MW ont pu être réalisés dans les différentes centrales parsemées au sud, notamment la centrale électrique hybride de Hassi R’mel (100 Mw) et la centrale solaire pilote de Ghardaïa (1,1Mw).
Le Sud algérien, avec son immense potentiel solaire et éolien constitue la principale charnière du programme national de développement des énergies renouvelables sur lequel l’Algérie mise pour diversifier son mix énergétique.
Avec un ensoleillement annuel moyen évalué à 2.000 heures et un territoire composé à 86% de désert saharien, la puissance solaire de l’Algérie est estimée à environ 2.650 KWh/m2/an dans le sud, ce qui correspond à une capacité électrique 8 fois supérieure aux réserves de gaz naturel du pays, et au plus grand champ solaire du monde. C’est une richesse inépuisable. Conscient de cette évidence, l’Etat a mis les bouchées doubles comme l’attestent les inaugurations qui s’enchaînent des centrales photovoltaïques comme celle mise en service le 25 novembre dernier, par Nouredine Bedoui, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, en compagnie de Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie, de Fatma Zohra Zerouati, ministre de l’Environnement et des énergies renouvelables, de Abdelmoumen Ould Kaddour, P-DG de Sonatrach et de Claudio Descalzi P-DG de l’entreprise italienne ENI.
 Il s’agit de la centrale de Bir Rebaa, située dans la daïra frontalière d’El Borma distante de quelque 420 km du chef-lieu de la wilaya de Ouargla dont les travaux ont été lancés en mars 2017. Avec sa mise en service, la centrale en question pourrait désormais fournir l’électricité nécessaire au fonctionnement du champ pétrolier de Bir Rebaa Nord exploité par le groupement Sonatrach AGIP GSA. Qualifiée d’une des « plus importantes du pays » par le ministre de l’Intérieur, elle occupe une superficie de 20 hectares contenant 31 320 panneaux photovoltaïques avec une capacité de production de 18 GWh/an d’énergie électrique. Ce projet qui s’inscrit dans le cadre de la collaboration entre Sonatrach et ENI, engagée en vertu de l’accord du 25 novembre 2016 et la volonté des deux sociétés à coopérer dans le domaine de la promotion et le développement des énergies renouvelables, permettra d’économiser l’équivalent de 6 millions de m3 par an de gaz.
« Nos infrastructures stratégiques se renforcent de jour en jour», s’est félicité le ministre de l’Intérieur. Cette station est le fruit de la réussite du partenariat entre le groupe ENI, le géant de l’énergie en Algérie et en Afrique, et Sonatrach».
« Ce projet incarne la transition énergétique du fossile vers une nouvelle ère d’énergies amies de l’environnement », a ajouté le ministre de l’Intérieur qui estime que Hassi Messaoud est le symbole de cette transition qui soulagera également la pression sur le réseau national d’électricité, qui bénéficiera des retombées de la production de cette installation dans un deuxième temps.
Pour rappel, Noureddine Bedoui avait procédé le 24 avril dernier, à Tamanrasset, à l’inauguration d’une centrale solaire d’une capacité de 13 mégawatts. Cette centrale, qui a nécessité un investissement public de 2,6 milliards de dinars, aura un impact environnemental certain puisqu’elle permet, outre la production d’électricité, de réduire les émanations de CO2 de quelque 15.000 tonnes/ an, selon sa fiche technique. Implantée sur l’axe menant vers l’aéroport de Tamanrasset, elle dispose de 4.092 panneaux photovoltaïques, couvre une superficie de 26 hectares (extensible) et emploie 14 personnes. Son intégration au réseau de distribution d’électricité permet aussi une économie de carburant (gasoil) de l’ordre de 6.200 m3/an.

L’entreprise nationale, acteur clé dans le développement du pays
Le rôle prépondérant de l’entreprise nationale, qu’elle soit privée ou étatique, dans le développement du pays a été une fois de plus mis en exergue. « Nos entreprises nationales sont le symbole de notre succès et fierté, font partie intégrante de la souveraineté nationale, et une ligne rouge à ne pas franchir, et nous les soutenons au regard de leur grande mission dans le développement national », a affirmé Noureddine Bedoui, en marge de l’inauguration de la centrale photovoltaïque de Bir Rebaa, dans la daïra frontalière d’El-Borma.
« Notre sécurité énergétique est aujourd’hui préservée, à la faveur de la stratégie énergétique prônée par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et nous contribuons à protéger nos partenaires en relevant tous les défis et enjeux où ne sont reconnues que les entreprises solides », a encore soutenu le ministre selon qui l’Algérie fait de grands pas vers un avenir radieux, à la faveur de la restauration de la paix et de la réconciliation qui ont permis la réhabilitation et la réalisation des entreprises stratégiques, ainsi que la relance de l’industrie nationale dans un cadre de développement intégré, pour un essor et une avancée vers une économie émergente. Après avoir salué les efforts déployés par le groupe Sonatrach, le ministre a qualifié ce groupe de « symbole de réussite » de la politique de l’Etat, puisée de sa conviction des potentialités nationales pour relever les défis, avant d’ajouter que « le groupe Sonatrach va faire face à des défis d’avenir, notamment dans la réalisation de projets respectueux de l’environnement, et le développement de solutions intelligentes pour une transition énergétique efficiente vers les énergies renouvelables et propres. Ce qu’elle a déjà commencé à concrétiser ».
Pour Noureddine Bedoui, « Sonatrach était hier un symbole de parachèvement de la souveraineté nationale sur les richesses du pays et est, aujourd’hui, une fierté de l’Algérie à l’échelle nationale et internationale pour ses anciennes et actuelles réalisations, grâce à la sage politique du président de la République qui a accordé l’intérêt voulu au développement du secteur des hydrocarbures à travers une stratégie souveraine ayant permis à l’Algérie de consolider son contrôle sur ses ressources énergétiques et leur gestion en vue de préserver les intérêts des futures générations. Une approche incluse dans la dernière constitution amendée ». Le ministre de l’Intérieur, a en outre, mis en exergue l’intérêt qu’accorde l’Etat au développement des régions du Sud et des Hauts-Plateaux ainsi qu’aux régions frontalières, en vue d’atteindre un développement homogène, ce à quoi les entreprises nationales s’impliquent, à leur tête Sonatrach. Pour sa part, Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie, a réaffirmé la volonté de l’Etat de réaliser le programme des 22 000 MW à partir d’énergies renouvelables à l’horizon 2030, en rappelant que 400 MW ont été réalisés jusqu’à aujourd’hui. Il a dans ce sens relevé que la réalisation des 200 MW dont 50 dans le sud du pays, sera lancée avant la fin de l’année en cours. Il a fait savoir que Sonatrach et ENI ont tracés plusieurs projets dans le domaine des énergies renouvelables dont une station de 10 MW dans la wilaya d’Adrar.

Lancement à Tébessa du complexe de phosphate
« Le projet intégré de transformation du phosphate est le premier grand et important projet industriel que lance l’Algérie depuis près d’une décennie et dont le rendement métamorphosera la région Est du pays et consolidera l’économie nationale », a assuré le Premier ministre Ahmed Ouyahia, au cours de la cérémonie de signature de l’accord de partenariat pour la concrétisation de ce projet, entre les groupes Sonatrach et Asmidal-Manal, et les groupes chinois dirigés par la Société Citic. « La mise en exploitation de ce projet, à l’orée 2022, garantira des revenus de devises de près de deux milliards de dollars, hors hydrocarbures », a précisé le Premier ministre en présence de Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, de Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie, et de Youcef Yousfi, ministre l’Industrie et des Mines, et des autorités locales civiles et militaires des wilayas concernées par ce projet. L’accord de partenariat a été signé par le P-DG de Sonatrach, Adelmoumene Ould Kaddour, et le P-DG de la société Citic, Chen Xiaoijia, à la direction de transfert du gaz dans la localité Oglet Ahmed, à 22 km de Bir El Ater, distante de 106 km au sud du chef-lieu de wilaya.
Pour une valeur de six milliards de dinars, ce projet sera détenu à hauteur de 51%, par Sonatrach, et 49% par le géant chinois de finance et d’investissement Citic Group. Il sera réparti entre le gisement de Bled El-Hadba à Tebessa, sur 2 045 hectares, la plateforme de Oued Kebrit à Souk-Ahras s’étendant sur 1 484 ha et celle de Hadjar Essoud à Skikda, sur 149 ha et le port de Annaba sur 42 ha, selon la fiche technique du projet. Ce méga complexe industriel, qui entrera en production en 2022, créera 3 000 postes de travail directs, en plus des 14000 postes qui seront assurés par les autres chantiers qui seront lancés dans quatre wilayas voisines.

F. H.



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