Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 108 - Oct 2017

Go

Actualits

L’homme d’Etat

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia

Par Tahar MANSOUR



Né le 2 juillet 1952 à Iboudraren dans la wilaya de Tizi Ouzou, Ahmed Ouyahia a été nommé Premier ministre le 15 août dernier en remplacement de Abdelmadjid Tebboune. Ahmed Ouyahia n’en est pas à sa première nomination à ce poste élevé puisqu’il a été chef de gouvernement de 1995 à 1998, période très difficile sur tous les plans, particulièrement sécuritaire et économique, puis encore chef du gouvernement de 2003 à 2006.  Remplacé par Abdelaziz Belkhadem en mai 2006, Ahmed Ouyahia fait son retour au Premier ministère deux ans plus tard avec pour missions de préparer la présidentielle qui a lieu en 2009 et mener à bien la révision de la Constitution. Poste qu’il assumera jusqu’en septembre 2012. Directeur de cabinet du président de la République Abdelaziz Bouteflika depuis mai 2014, son retour aux affaires est loin d’être une surprise. « « Je remercie le président de la République pour la confiance qu’il a placée en moi et je lui réaffirme mon allégeance et ma détermination à appliquer son programme » a affirmé Ahmed Ouyahia, le 16 août 2017 lors de sa prise de fonction comme Premier ministre. Une longévité dans le sérail qui force l’admiration de ses rivaux et qui laisse entrevoir une détermination sans faille à durer. N’est-il pas qualifié de « Sphinx d’Alger » ?AhmedOuyahia est diplômé en sciences politiques à l’Ecole nationale d’administration (ENA) en 1976. Il a aussi été secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND) de 1999 à 2012 date à laquelle il quitte la tête du parti avant d’être réélu en 2015, poste qu’il garde toujours jusqu’à nos jours.
Auparavant et dès l’obtention de son diplôme, Ahmed Ouyahia a intégré la présidence de la République pour y occuper plusieurs postes puis il fut dirigé vers la diplomatie où il représenta l’Algérie dans diverses rencontres internationales. À la fin des années 1970, le jeune énarque a donc déjà sa place au sein du cœur du pouvoir algérien. Cadre stagiaire à la présidence de la République sous Houari Boumediene, il intègre ensuite le département des affaires africaines du ministère des Affaires étrangères. Sa carrière de diplomate décolle assez tôt. L’un de ses premiers postes après sa sortie de l’ENA en 1981 a été à Abidjan comme conseiller aux affaires étrangères à l’ambassade algérienne et par la suite il fut directeur du département Afrique au sein du ministère avant d’être nommé comme ambassadeur au Mali en 1992. Au plus fort de la première rébellion touarègue que vivait le pays voisin de l’Algérie, Ahmed Ouyahia a joué un rôle dans la médiation entre les autorités maliennes et les belligérants, une mission qu’il a continué à suivre lorsqu’il a été nommé, en 1993, au secrétariat d’Etat chargé des affaires arabes et africaines. Côte d’Ivoire, Mali, New York (délégation algérienne à l’ONU), Ahmed Ouyahia fait partie de ces hauts cadres que l’État algérien dépêche ici et là, et rappelle régulièrement au pays pour des postes à Alger. Gestionnaire méthodique, prenant systématiquement des notes sur des fiches cartonnées, l’homme ne goûte guère la contradiction et ses opinions politiques semblent bien arrêtées. Fin connaisseur en matière de politique économique et surtout sur la manière de faire face aux problèmes de l’économie algérienne, Ahmed Ouyahia, qui s’est rendu impopulaire lors de son premier passage à la primature en pleine mise en œuvre des PAS du FMI, dont il a pourtant mis en musique certaines thérapies qualifiées à l’époque d’antisociales, semble avoir désormais changé d’approche. Aujourd’hui, Ahmed Ouyahia se veut, certes, un libéral mais hostile à l’endettement extérieur qu’il considère comme « une solution de facilité » et à laquelle il préfère une véritable cure d’austérité. D’ailleurs, répète-t-il souvent, le pays doit apprendre à se débrouiller seul et à ne pas compter sur un Occident toujours prompt à s’ingérer dans ses affaires souveraines. S’il estime qu’il est nécessaire d’investir dans les grands projets et prône la promotion des exportations, il considère qu’il est nécessaire de privatiser certaines entreprises publiques notamment de petites tailles et recommande la réduction des dépenses budgétaires ainsi que la révision du système de subventions publique, lequel « profite aujourd’hui autant aux pauvres qu’aux riches ».Son point fort est de n’être jamais mis en cause dans une affaire. Ne dit-il pas fièrement qu’il n’a pas de casseroles. En effet, son nom n’a jamais été cité dans un scandale de corruption ou une affaire judiciaire.
T. M.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Tahar MANSOUR

Les plus lus

L'Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Cybercriminalité
Par Dr. Djalila RAHALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF