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N° 108 - Oct 2017

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Actualités

Du sang neuf dans le gouvernement Tebboune

Un vent de jouvence souffle sur l’Exécutif

Par Rafik BITOUT



Chose promise, chose due. Il y a cinq ans, le 8 mai 2012, le Président Abdelaziz Bouteflika prononçait un discours référentiel à Sétif. Devant une salle comble, le chef de l’État laissait entendre qu’il envisageait de prendre sa retraite politique et de passer le relais à la nouvelle génération. « 50 ans après (la révolution), le rôle de la famille révolutionnaire est terminé dans la gestion des affaires du pays », avait-il affirmé. Et d’ajouter : « Jili, Tab jnanou » (ma génération est arrivée à terme). Le rajeunissement promis par le Président Abdelaziz Bouteflika tend à devenir une réalité au vu de la composante du nouvel exécutif. En effet, la nomination de plusieurs ministres dont la tranche d’âge ne dépasse pas la quarantaine tend à confirmer cette tendance. Un vent de jouvence semble souffler sur le nouveau gouvernement conduit par Abdelmadjid Tebboune. Certes, les portefeuilles clés, à l’instar des Affaires étrangères et de l’Intérieur, restent entre les mains de la génération pré-indépendance, mais il n’en demeure pas moins que plusieurs départements sont désormais pilotés par de jeunes compétences. Ces nouveaux ministres, pour avoir évolué durant leur carrière en étroite relation avec les préoccupations directes des citoyens, en ayant occupé des postes en rapport avec les Collectivités locales, préconisent la proximité. En somme, seuls 14 ministres sur un total de 27 ont une couleur politique. Le gouvernement conduit par le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, enregistre l’arrivée de 12 nouveaux ministres, le maintien de 13 autres et le retour de deux. Parmi les douze nouveaux ministres, il y a quatre walis, des députés de formations politiques, des cadres au sein d’institutions étatiques et des représentants de la société civile. Sur les treize ministres maintenus, douze ont été reconduits à leurs postes initiaux et une a été nommée dans un autre poste du gouvernement que celui qu’elle occupait auparavant. Il est à noter que deux anciens ministres ont rejoint la nouvelle composante ministérielle comptant actuellement 4 femmes ministres contre 5 dans l’ancienne équipe gouvernementale.

Fatma-Zohra Zerouati, tout pour la nature
L’autre figure jeune, au sein de ce staff est la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fatma-Zohra Zerouati. Ancienne journaliste de l’Entv, la nouvelle ministre, âgée de 47 ans, a longtemps milité dans le secteur de l’environnement. D’ailleurs, elle a été nommée à la tête de la Fédération nationale de la protection de l’environnement (FNPE). Elle a occupé le poste de responsable de la production à l’ENTV et est ingénieur en environnement.
Ainsi, l’institution d’un département ministériel consacré aux activités des énergies renouvelables avec à sa tête une spécialiste du domaine, constitue ce gage supplémentaire certifiant de la détermination de l’Etat d’aller vers une économie complètement libérée de la rente pétrolière. Cet objectif doit se consacrer impérativement. Doter l’Algérie d’une économie compétitive et diversifiée, c’est bien là que réside le premier des défis inscrits au rang de priorité dans la « feuille de route » du gouvernement de M. Tebboune. Lors de son installation, Mme Zerouati a souligné que le secteur de l’environnement national fait face aujourd’hui à des défis internes et externes, ce qui impose davantage d’efforts et de coordination entre tous les acteurs concernés. Elle a ajouté que la création d’un nouveau département ministériel indépendant vient de la grande importance accordée au secteur de l’environnement et au secteur des énergies renouvelables classé parmi les priorités nationales dans le programme de développement du président de la République.

  Abdelghani Zaâlane, l’énarque
Né le 26 décembre 1964 à Souk-Ahras, diplômé de l’Ecole nationale de l’administration (ENA, promotion 1987) et également titulaire d’un magister en administration et développement,  Abdelghani Zaâlane a entamé sa carrière en 1990 comme cadre supérieur dans les collectivités locales jusqu’à 1999. Par la suite, il a exercé comme secrétaire général de la wilaya de Tebessa (1999 à 2004) et de la wilaya de Batna (2004 à 2006). Abdelghani Zaalane a exercé comme wali, successivement, d’Oum El Bouaghi (2006-2010), de Bechar (2010-2013) et d’Oran depuis 2013 jusqu’à sa nomination comme ministre des Travaux publics et des Transports. Ce commis de l’Etat était considéré comme le plus jeune wali en Algérie.

  Abdelkader Bouazghi, le chevronné
Un autre wali a été promu ministre. Il s’agit d’Abdelkader Bouazghi, le nouveau ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Diplômé de l’Ecole nationale d’administration (ENA), section judiciaire, et détenteur du diplôme de perfectionnement de gestion et audit (INPED), Abdelkader Bouazghi a occupé le poste de magistrat à la Cour des comptes jusqu’en 1988 avant d’être désigné chef de cabinet de la wilaya d’Alger. Ensuite, il sera successivement chef de daïra de Bir Mourad Rais-Alger (1988-1990), de Milia-Jijel (1990-1994) avant d’être nommé Secrétaire général de la wilaya de Blida (1994 -1995). A partir de cette année, Abdelkader Bouazghi prendra en charge l’exécutif de la wilaya de Bordj Bou Arreridj (1995- 2001), de la wilaya de Khenchela (2001 -2005), de la wilaya de Batna (2005-2010), de la wilaya de Tizi-Ouzou (2010-2015) et enfin de la wilaya de Blida (2015-2017). Ce qui fait de lui l’un des walis les plus chevronnés en Algérie. Une immense tâche l’attend au ministère de l’Agriculture : réduire à tout prix la facture des importations alimentaires en boostant la production nationale.

Ahmed-Abdelhafid Saci,
assainir le commerce
Ancien wali d’Adrar puis de Tlemcen, Ahmed-Abdelhafid Saci a également occupé plusieurs fonctions dans différentes daïras et wilayas du pays. Il est l’exemple de cette trempe de ministres venus d’en bas et après, ont connu une montée des plus méritées grâce à leur opiniâtreté en évoluant graduellement au sein de l’administration publique. Suite au dernier mouvement opéré, le 24 octobre 2013, par le président de la République dans le corps des walis, Ahmed Saci a été nommé wali de Tlemcen. En 2010, il a été nommé wali d’Adrar. Natif de la wilaya de Naâma, le nouveau ministre du Commerce a été secrétaire général de la wilaya de Sétif, chef de daïra à Beni Abbes puis à Taghit (Bechar), avant d’être nommé chef de daïra à El Hassasena (Saida). Il a également été secrétaire général de la wilaya de Tindouf puis de la wilaya de Saida. Agé de 61 ans et père de quatre enfants, Ahmed-Abdelhafid Saci, est diplômé de l’Ecole nationale de l’administration (ENA). Un choix qui exprime un parcours de terrain riche en expérience dans le travail de proximité et des collectivités locales.

Youcef Chorfa, le planificateur
Né à Batna en 1954, Youcef Chorfa est ingénieur en planification. Il a auparavant cumulé plusieurs responsabilités depuis 2001 en qualité de secrétaire général de wilayas et de wali de Laghouat, Souk-Ahras. En 2010, il est désigné wali de Laghouat avant d’être nommé en 2015 à la tête de l’exécutif de la wilaya d’Annaba, quelques mois après la mort tragique de son prédécesseur, Mohamed Mounib Sendid. Il semble que son passage remarquable à Annaba y est pour beaucoup dans sa nomination à la tête de l’Habitat, un secteur porteur d’emplois. Il succédé à Abdelmadjid Tebboune, promu au poste de Premier ministre. Pour rappel, Annaba a été parmi les premières wilayas à distribuer les logements AADL 2001-2002 avec un quota de 500 logements à la cité Kalitoussa en mars 2016. En plus de l’AADL, l’ex-wali d’Annaba, depuis son arrivé, a pu livrer plus de 3000 logement RHP, plus de 5000 logements sociaux à Berrahal et dans d’autres communes, à l’instar de la commune d’Oued Aneb. Le challenge du nouveau ministre de l’Habitat est de généraliser cette dynamique locale à toutes les wilayas du pays et dans tous les secteurs de l’habitat et de l’urbanisme.

  Mahdjoub Bedda, le novateur
Plusieurs cadres supérieurs de l’administration sont placés à des postes névralgiques. Parmi eux on citera la nomination de Mahdjoub Bedda, appelé à prendre en charge le portefeuille stratégique de l’Industrie et des Mines. Né en 1969 à Ksar el Boukhari à Médéa, le ministre âgé de 47 ans est député du FLN dans la wilaya de Médéa durant l’ancien mandat, il a été également le président de la Commission des finances et du budget de l’APN. Mahdjoub Bedda, est docteur en économie et auteur d’un ouvrage important intitulé ZALE : les enjeux et les défis de l’Algérie. Le nouveau ministre aura la lourde tâche de reprendre les dossiers sensibles de l’industrie, à leur tête l’industrie automobile en Algérie. D’ailleurs, dès sa prise de fonction, Mahdjoub Bedda a ouvert ses portes aux partenaires socioéconomiques. Une telle initiative se veut une manière du nouveau ministre de manifester sa disponibilité à encourager« toute initiative visant à booster les investissements privés d’un côté et le partenariat public-privé d’un autre, pour rattraper le retard et s’engager ensemble à redémarrer la machine industrielle dans une approche opérationnelle et participative ». Parmi ses priorités, améliorer le climat des affaires et créer un environnement de confiance.

Djamel Kaouane, un journaliste, promu ministre de la Communication
Au tempérament effacé, Djamel Mahfoud Kaouane, né le 28 octobre 1960 à Alger, occupait depuis mai 2015 le poste de président-directeur général de l’Entreprise nationale, de communication, d’édition et de publicité (ANEP). Djamel Kaouane a débuté sa carrière professionnelle en novembre 1984 en tant que journaliste au quotidien publique El-Moudjahid. Entre 1987 et 1989, il a été journaliste à la Direction de l’information de la présidence de la République dans le cadre de son service national avant de reprendre sa carrière au sein du journal El-Moudjahid, où il a été notamment rédacteur en chef entre 1999 et 2008. De 2008 à mai 2015, Kaouane a été nommé directeur de publication du journal Le Temps d’Algérie. Marié et père de trois enfants, le nouveau ministre de la Communication est titulaire d’une licence en sciences politiques, spécialité relations internationales.

Ghania Eddalia, la ministre qui monte
Née le 05 Mai 1963 à Al-Afroun dans la wilaya de Blida, Ghania Eddalia, nommée ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, a occupé auparavant le poste de ministre des Relations avec le Parlement. Ancienne vice-présidente de l`Assemblée populaire nationale (APN), Ghania Eddalia est titulaire d`une licence en psychologie clinique (1988) et d’un magister en gestion des ressources humaines. Militante du FLN depuis 1990, elle a conduit la liste de son parti à Blida lors des élections législatives du 4 mai dernier, à l’issue desquelles elle a été élue députée. Enseignante de français dans un lycée dans la wilaya de Blida, la députée du FLN a rejoint la direction de la sécurité sociale de cette même wilaya en tant que chargée d`études puis la direction de la clinique de rhumatologie d`El Harrach pour une durée de deux ans. Par la suite, Eddalia a eu un passage à la direction générale de la sécurité sociale de Ben Aknoun. Parallèlement à ses responsabilités, la ministre était un membre actif durant les années 1980 dans plusieurs associations nationales chargées de l`enfant et de la femme.

Abderrahmane Raouia, des impôts au ministère des Finances
Né le 7 novembre 1960 à Mostaganem, Abderrahmane Raouia, nommé ministre des Finances, est diplômé en sciences juridiques de l’Université d’Alger et également titulaire d’un diplôme de l’Ecole nationale des impôts de Clermont-Ferrand (France). En fonction depuis 1985 dans le secteur financier, Raouia a entamé sa carrière au ministère des Finances successivement comme administrateur à la Direction des études et de la législation fiscale (1985-1987), chef de bureau des Conventions fiscales internationales (1990-1993), sous-directeur des conventions fiscales internationales (1993-2000) et directeur de la Législation fiscale (2000-2003).Sur le plan international, M. Raouia a été expert du Fonds monétaire international (FMI) en République démocratique du Congo de 2003 à 2005. Il a été par la suite désigné comme chargé d’études et de synthèse au cabinet du ministre des Finances de 2005 à 2006, puis Directeur général des impôts depuis juin 2006 jusqu’à sa nomination à la tête du ministère des Finances. Abderrahmane Raouia est marié et père de deux enfants.
R. B.



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