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N° 119 - Fev 2019

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Défis et opportunités

Les collectivités locales au cœur de la transition énergétique

Par Anis LAIDAOUI



«Nous disposons de tout le potentiel pour créer un pôle d’investissement solide dans les wilayas du sud du pays, notamment dans le secteur de l’agriculture», a fait savoir Noureddine Bedoui,  ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, lors de sa visite dans la circonscription administrative d’In-Salah, à 750 km au nord de Tamanrasset, ajoutant que «le développement des projets de l’énergie solaire nous facilitera la tâche pour accompagner nos investisseurs, dans tous les domaines, dans le Sud du pays.» En effet, l’Algérie, à l’instar des autres pays du monde, est confrontée à une double problématique : d’un côté, la multiplication des chantiers de construction multisectoriels, et de l’autre une démographie croissante. Une équation nécessitant une profonde réflexion à même de mettre en place une stratégie efficace pour la rationalisation dans l’utilisation de l’énergie et de se diriger graduellement vers le développement des énergies renouvelables au niveau local.
S’inscrivant dans le cadre des principes fondamentaux de la Constitution et obéissant aux instructions du président de la République qui a insisté, lors du Conseil des ministres, tenu le 26 septembre 2018, sur la promotion des énergies renouvelables, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire s’est attelé à mettre en exergue un plan d’action à moyen et long terme pour permettre à la  collectivité locale d’être la pionnière et la locomotive dans la généralisation de la transition énergétique et ce par le développement de projets utilisant les énergies renouvelables. Ceux-ci peuvent substantiellement réduire la consommation gazière et pétrolière nationale, et donner l’exemple par le biais d’une stratégie énergétique qui lui permettra de rationaliser les dépenses publiques  en ce qui concerne les factures d’énergie, mais également préserver l’environnement et contribuer au développement du marché local des énergies renouvelables et sa consolidation, a souligné Noureddine Bedoui au cours d’une rencontre tenue au siège du ministère consacrée au protocole de signatures de conventions sur le financement du remplacement des lampes classiques en LED dans l’éclairage public au profit d’une trentaine de communes du pays. Du fait que l’Algérie se trouve face à un tournant décisif qui impose le passage d’une économie dépendante des hydrocarbures à un modèle diversifié, une feuille de route, comportant plusieurs étapes dans son exécution, afin de rationaliser dans un premier temps la consommation d’électricité dans les communes, notamment l’éclairage public, a été mise en place par le département de Noureddine Bedoui. D’autant plus qu’à elle seule la consommation énergétique de l’éclairage public se chiffre à 56% de la facture globale des Collectivités locales. Une  feuille de route comprenant également plusieurs axes, dont le remplacement graduel des lampes classiques, utilisées dans l’éclairage public, par des lampes LED, moins énergivores ainsi que l’alimentation de 25 000 foyers en énergie solaire à l’horizon 2020, la dotation de 1500 écoles primaires en énergie renouvelables, ainsi que l’alimentation des zones isolées, en particulier dans le sud et les hauts plateaux en énergie solaire.
Initialement, ce programme considéré comme pilote a concerné dans un premier temps trente-deux communes, puis un autre pour trente-quatre communes pour être élargi plus tard aux  différentes régions du pays
Ce programme d’éclairage public autonome s’étalant sur une durée de trois ans permettra  une réduction de la consommation d’électricité de 61 MW/an, soit un gain de 277 millions de dinars au profit des communes
Les factures d’électricité constituent désormais un lourd fardeau pour le budget local. A ce titre, en 2017, l’enveloppe a dépassé le montant de 27 milliards de dinars, ce qui représente 5% du budget de fonctionnement de la commune, a révélé Noureddine Bedoui, au cours de cette rencontre de signature de conventions pour le financement commun du remplacement des lampes classiques par des lampes LED au profit de 33 communes. Lors de cette  rencontre, Mme Kheddache Nahla, chef de projet des énergies renouvelables, a révélé  que « les APC ont accumulé des créances d’électricité de l’ordre de 3,3 milliards, et n’arrivent pas, pour la majorité d’entre elles, à s’en acquitter vis-à-vis de l’entreprise Sonelgaz, une situation qui risque de s’aggraver au fil du temps ».  La même responsable a précisé que  l’éclairage public est le plus énergivore avec 56% du total de la consommation d’énergie, suivi de l’exploitation des forages  hydrauliques, des mosquées et des écoles primaires.
Aussi,  la stratégie élaborée par le département de Noureddine Bedoui s’articule sur l’élaboration d’un programme d’investissement s’étalant  jusqu’en 2020 comme première étape.
Le montant consenti pour ce programme de trois ans s’élève à 40 milliards de dinars.
Le programme d’action comprend également la dotation de plus de 1541 écoles primaires en énergie solaire, avec une moyenne d’une école par commune à l’horizon 2020. Dans ce cadre, explique Noureddine Bedoui, « nous avons entamé la réalisation et la réception de 80 écoles dotées de l’énergie solaire au cours de la récente rentrée scolaire à travers les 48 wilayas »
Dans le même contexte, l’ensemble des responsables locaux ont été exhortés à  généraliser  l’éclairage public par  l’utilisation prioritaire de panneaux solaires, notamment pour les wilayas du Sud et les hauts plateaux. Dans ce cadre, il est prévu à l’horizon 2020 la réalisation de près de 100.000 poteaux électriques publics en panneaux solaires, consolidant ainsi une autonomie de l’alimentation en énergie propre et de surcroit sans incidence financière.
Sur un autre plan, et toujours dans le cadre de ce plan d’action établi, près de 148 mosquées seront alimentées par les panneaux solaires. Des  structures, qui selon les responsables du projet, constitueront un exemple à suivre dans l’acquisition de ces expériences nouvelles dans ce domaine, et qui permettront ainsi de généraliser cette expérience à travers d’autres mosquées.
Force aussi de constater que cette feuille de route a pour objectif de  booster le développement des régions du Sud et celles des zones frontalières. « Le  pari des énergies renouvelables est une exigence  et non pas un choix », a indiqué le ministre de l’Intérieur, affirmant que les collectivités locales sont appelées à valoriser les ressources de l’énergie solaire et à développer des projets locaux, notamment dans le domaine de l’éclairage public. En effet, l’énergie occupe une place importance dans le développement socio-économique local du fait qu’elle fait partie des éléments essentiels de l’ensemble des activités de production et de services. D’ailleurs, le nouvelle Constitution a consacré le rôle de l’Etat dans l’utilisation rationnelle des ressources naturelles, notamment les sources de production d’énergie et sa préservation au profit des générations futures dans le cadre d’une démarche de développement durable basé sur la valorisation des capacités naturelles, humaines et scientifiques pour sortir du cercle de la dépendance à la rente pétrolière au profit de nouvelles alternatives économiques et technologiques.
A. L.



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