Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 107 - Août 2017

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Entretien

« L’Armée demeure républicaine au seul service de la Nation »

Boudjemaâ Haïchour, ancien ministre et membre du Comité central du FLN

El-Djazair.com



El Djazaïr.com : Dans son message adressé à la Nation à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance nationale, le chef de l’Etat a réaffirmé son engagement à aller au bout de son mandat. Quelle est votre lecture quant à cet engagement démontré par le Président Bouteflika.?

Boudjemaa Haïchour : Dans son message à la Nation à l’occasion du 53eme anniversaire du 5 juillet 2015, jour fête de l’indépendance et de la jeunesse,  le Président  n’a fait que confirmer au regard du droit constitutionnel, sa volonté de poursuivre sa mission  dont le peuple lui a  consacré son attachement à celui qui a ramené la Réconciliation nationale  dans des moments où les larmes et le sang  n’ont cessé de couler. C’est pourquoi qu’on admet  les sérieuses et légitimes raisons d’avoir rappelé  à la Nation qu’il exercera son mandat si Dieu le veut jusqu’au  terme de son mandat. C’est à la fois un engagement mais aussi une responsabilité et la foi   devant l’histoire et les martyrs, qui dans l’esprit de sa génération, fuir cela équivaudrait à une trahison politiquement et constitutionnellement tant que les institutions de la République sont en communion avec sa démarche et le peuple  le confirme au regard de cette stabilité dans une géopolitique régionale trouble à nos frontières, ajoutée à une tourmente financière générée par la chute des prix du baril qui font peser de lourdes menaces sur la cohésion sociale si elles tenaient à perdurer.

El Djazaïr.com : En vous référant au message du Président,  pensez-vous que la révision de la Constitution est imminente ?

Boudjemaa Haïchour : J’ai eu l’occasion d’avoir apporter ma modeste contribution dans les colonnes de votre journal  et dans la commission de notre Parti en tant que Directeur du centre d’études, d’analyse et de prospective , à ceux qui suivent l’évolution de nos institutions, chaque Constitution instaure le régime politique qui échoit au pouvoir et détermine son statut. Tout se conçoit, s’ordonne autour du Président de la République dans la concertation des diverses institutions républicaines dont il incarne l’unité du pouvoir ou du système.
On se rappelle que depuis 1999, le Président Bouteflika a proposé en tant qu’initiateur de la révision constitutionnelle, quelques amendements notamment ceux de la constitutionnalisation du tamazight, de la place et du rôle de la femme dans les assemblées élus et l’ouverture des mandats laissant au peuple de juger le jour du scrutin s’il continue a donner sa confiance à son Président dans une compétition ou l’urne parlera.
 Nous avons vu que le peuple dans sa majorité a choisi son candidat dans toute la transparence en présence des commissions de surveillance nationale et internationale. Alors que les doubles concertations avec les partis et les personnalités politiques, académiques, scientifiques et associatives de la société civile, ont pris fin, l’avant-projet doit être finalement affiné au niveau de la Présidence avant d’être porté publiquement à travers le Parlement réuni en Congres, s’il ne transitera pas par le Référendum, le reste n’est qu’une question de calendrier et des priorités du moment.
De mon point de vue cela ne devrait pas passer le dernier trimestre 2015. Le projet de loi constitutionnelle adopté par le Conseil des ministres, une fois l’avis du Conseil constitutionnel, le Président de la République met le projet à la charge du Parlement qu’il convoque dans les deux chambres réunies. Pour que ce projet passe, il doit obtenir un soutien majoritaire et recueillir les ¾ des voix de la composante des parlementaires.

El Djazaïr.com : Le président de la République a maintes reprises affirmé son engagement à faire participer l’opposition dans l’élaboration de la nouvelle mouture de la Constitution. Néanmoins, cette même opposition a décliné l’invitation. Que pensez-vous de cette position?

Boudjemaa Haïchour : Si l’opposition trouve son compte, c’est-a-dire que les amendements proposés étant destinés à renforcer la séparation des pouvoirs et le rôle du parlement, conforter l’indépendance de la justice, affirmer la place et les droits de l’opposition, de consolider et garantir les droits et les libertés des citoyens afin de renforcer l’entente nationale.
En un mot il s’agit de l’élaboration d’une Constitution consensuelle qui introduira la procédure relative à la révision constitutionnelle afin d’adapter la loi fondamentale aux exigences suscitées par l’évolution rapide de la société et des mutations profondes en cours à travers le monde dans la consolidation de la démocratie et le renforcement de l’Etat de droit. L’opposition doit alors retenir la leçon de démocratie et s’abstenir à toute forme d’ « oppositionnisme ». Ceci étant elle est dans son droit de voter contre le projet et expliquer les raisons de sa votation.

El Djazaïr.com : Bien que le haut commandement de l’Armée nationale populaire ne cesse de réitérer les missions de l’Armée, certaines partis d’opposition tentent vaille que vaille à l’impliquer l’armée dans le débat politique. Est-ce à dire qu’il ya une faillite politique?

Boudjemaa Haïchour : L’ANP digne héritière de la glorieuse ALN a le devoir de veiller à la sécurité et la défense du territoire. Elle a la mission permanente de sauvegarder  l’indépendance nationale et défendre la souveraineté nationale, la protection de son espace terrestre, aérien et maritime tout en s’efforçant de régler les différends internationaux par les moyens pacifiques comme elle est solidaire avec les peuples qui luttent pour leur autodétermination. Notre armée est celle du peuple elle loin d’être une caste que nous retrouvons dans les dictatures fascistes. Elle a le droit de jouer son rôle si l’unité du pays est menacée.
C’est là une mission hautement politique au service du peuple et de la Nation. Mais vouloir l’entrainer dans des combats d’arrière garde au service d’intérêts sordides, notre ANP est mature et garde la mesure de sa mission constitutionnelle loin des appétits politiciens de certains qui ont eu toujours recours à la notion de période transitoire permanente. Ce temps là est révolu.
 Nous avons une armée qui s’est beaucoup professionnalisée grâce à la formation continue de ses cadres qui ont atteint un niveau internationale dans l’ingénierie militaire de la révolution technologique du soldat numérique.
 L’opposition doit épouser les contours de cette révolution systémique du monde. On est loin du bipolarisme et le dogmatisme idéologique du siècle passé. Cuba vient de donner le signal fort. La pensée unique c’est finie et l’opposition est dans le droit d’exprimer ses revendications et formuler ses thèses.il faut penser la politique autrement. L’essentiel est que tous les enfants de ce peuple ont droit à la parole. L’Armée demeure républicaine au seul service de la Nation.
Récemment, l’ancien ministre du Commerce et ancien candidat à la présidence en 1995,, Noureddine Boukrouh a publié un article de presse sous le titre « Bouteflika, Saadani et moi ». Quel est votre commentaire sur le sujet ?
Nordine Boukrouh fait partie de notre génération. Il s’est connu publiquement par le lien doctrinal qui le liait à feu Malek Benabi que Dieu ait son âme. Il a été des étudiants de la mosquée qu’animaient Malek Benabi et Rachid Benaïssa à l’Université d’Alger. Il sortira son premier pamphlet « le socialisme de la mamelle », puis le « khechinisme » avec son concept qui lui est cher « Ghachi » pour dire populace, qui sont une somme d’articles  critiques et acerbes du système du Parti unique commandité le dit-on à l’époque par feu Larbi Belkheïr, Directeur du cabinet de la Présidence de la République. Il amorce alors toute une série de contributions revendiquant l’ouverture vers le libéralisme, lui qui fut cadre de la CNEP, entreprise publique qui nourrissait les travailleurs de ce secteur.
 L’ambition d’être un leader politique le pousse à créer  son propre parti le PRA , avant d’être en rupture avec sa direction, il rentre en course pour les présidentielles de 1995 , quand il se trouva  le candidat le moins valorisé par le peuple en se classant dernier avec un taux qui n’a pas dépassé 4 % après said Sâadi  feu mahfoud Nahnah et liamine Zeroual. Il sera peu d’années après Ministre de la République  récupéré, par celui qui  disait de lui qu’il est en état de péremption, du papier carbone selon ses propos de 1999 à 2005.
On ne l’a pas entendu  murmurer, ni chuchoter ni parler.  Aujourd’hui en  levant sa voix, il devrait normalement remercier le Monsieur qu’il l’a couronné durant six ans Ministre de la République, un titre très important dans  la vie d’un homme politique.  Il lui  a été simplement offert, tant d’hommes politiques qui   ont des  plus éloquents et valeureux parcours,  n’ont pas eu cette chance et ces honneurs.
Pourquoi ce volte-face quand on a la   mémoire courte en  oubliant  notre bienfaiteur jusqu’à lui rendre la monnaie de sa bienfaisance en le traitant par   des  mots indignes,  étrangers à  notre religion   et  aux  directives et concepts enseignés par Malek Benabi, ni  issus de  notre  culture  politique. C’est ce qui  dévoile si bien que  derrière  l’homme religieux et philosophe qu’il prétend  être et ne cesse de  présenter cette image pieuse au  public, se cache un autre personnage qui  véhicule des idéaux et des principes mus par  la  haine et la rancœur. Le déficit chez un homme politique n’est pas sa motricité  physique mais politique et sa sagesse.
Pourtant vous avez été honoré à conduire les négociations au nom de l’Algérie avec l’OMC avant d’être remercié. Quoi qu’on dise, Saadani Amar a été élu par le Congrès auquel assistaient plus de 6000 délégués. C’est là une réponse et une  preuve d’une élection transparente et démocratique. Le SG du Parti FLN fait partie de la même génération que lui.
Les itinéraires sont presque identiques sauf que chacun entend servir son pays à sa manière et comme il l’entend. Commenter une conférence de presse sans verser dans la « démesure  ou la déraison » peut présenter les traits de caractère de ce qu’on peut appeler de la civilité ou de l’incivilité politique. Les destins appartiennent à Dieu.
Quant au Président Bouteflika il serait indécent de juger sa personne qui a marqué son siècle passant par différentes étapes de combat. On peut évaluer avec toute la sincérité et la morale politique son parcours dans le contexte des actions menées en se gardant toujours de se mesurer à l’aune d’un engagement ou d’un courage qui façonne les hommes d’Etat et de Pouvoir.
 L’histoire saura donner à chacun le tribut d’honneur qui lui sied. Le reste appartient également à Dieu. Une chose certaine c’est que le pouvoir ne se donne pas. Il ne s’offre pas. Il s’arrache au prix de grands sacrifices. Quelque soit la manière ou la voie qui mène au pouvoir. Le choix donc appartient au peuple seul juge qui saura apprécier le pour et le contre. Vous appelez Si Amar à intercéder auprès du Président Bouteflika afin de céder sa place comme si encore une fois le Pouvoir est un fauteuil interchangeable comme dans un orchestre philarmonique. Relisez toute la littérature des grands hommes qui ont eu à gouverner leurs peuples et vous comprendrez toutes les nuances qu’on soit dans un régime présidentiel ou parlementaire où même dans des régimes hybrides.
J’imagine frère Nordine que vous ne manquez pas de perspicacité encore plus d’intelligence qui vous projette à anticiper à partir de quelques réflexions que je trouve non conforme à une certaine dialectique mais plutôt audacieuse d’un débateur d’idées.
Vous devriez transcender la systémique de notre mouvement national, de notre  Révolution et enfin des 53 années d’indépendance pour entrevoir la réal-politique d’une Algérie qui se fraie le chemin de l’Avenir, malgré quelques convulsions, le pessimisme des uns et l’optimisme des autres. L’architecture du système politique de notre pays est la résultante des faits d’armes qui ont structuré les régimes en place dont on retrouve les mêmes forces politiques à ce jour.
Alors chaque génération a sa portion congrue de responsabilité dans la gouvernance de notre pays à travers l’ensemble de ses institutions qu’on soit à l’intérieur ou à l’extérieur du système. Dieu a dit : « Certes, à tous- nous en faisons le serment-nous attribuerons le mérite exact de leurs actes » Coran Chapitre 11 Verset 111. Il se trouve que la part de chaque créature est le corollaire de sa vérité et sa prédisposition à laquelle on ne peut ni ajouter ni rajouter.

El Djazaïr.com : Ces derniers temps, un débat relatif à la succession du Président, notamment l’héritage du pouvoir, occupe l’arène politique à propos de la succession, même si de nombreux politiciens réfutent cette thèse.  Que savez-vous à propos de Saïd Bouteflika ? Pensez-vous qu’il se présentera réellement à la prochaine présidentielle?

Boudjemaa Haïchour : Pourquoi tant de questions sur le frère cadet du Président alors que dans le rôle qu’il lui est dévolu pour  le moment il se limite à être le Conseiller spécial du Président de la République. Est-il dans les secrets du sérail pour qu’on rapporte à travers tant de rumeurs qu’il est associé à toutes les décisions que le Président de la République engage ? Si tel est le cas il fait le travail relevant de ses attributions, le contraire m’aurait surpris.
Vous me parlez de Saïd, que lui manque-t-il pour apporter sa contribution dans l’effort de réflexion qui façonne les hommes et les institutions ? J’ai eu l’occasion d’avoir répondu dans une émission télévisée récemment pour réconforter mon appréciation à l’égard de ce jeune premier qui a l’art et la manière, la discrétion et l’intelligence pour aborder les problèmes de notre temps.
Brillant universitaire en informatique, il a lui aussi été marqué  comme les jeunes de sa génération par la période tragique qu’a connu notre pays. Aujourd’hui certains sans vergogne n’hésitent pas de propager des bobards. Basta, pour moi il a toutes les qualités et les capacités pour avoir les ambitions que tout un chacun rêverait être à sa place.
Les années de militantisme au CNES universitaire, puis celles passées à traiter les dossiers que lui remet le Président, ont aiguisé sa conscience politique dans la connaissance des hommes et des Nations sur le plan national et international.

El Djazaïr.com : Dans notre monde d’aujourd’hui mu par cette vague de technologie qui déferle mettant les peuples a la recherche  d’innovations nano technologiques, de capteurs électroniques et biométriques, de mémoires diffuses ou des nano capsules capables de soigner toutes tumeurs, quelle place aura la politique dans un contexte ou seule la science saura régenter le devenir des nations ?

Boudjemaa Haïchour : La perspective des nano robots, des implants corporels invisibles vient de franchir le cap du génome humain pour placer le monde vers la conquête  du continent-nano. Alors que le marché des nano produits pèse plus de 2600 milliards de dollars, nous avons plus que jamais besoin d’hommes de sa trempe, génération qui vit son temps. Bien qu’à ce jour il n’a jamais formulé le vœu de se lancer dans une telle entreprise fusse-t-elle celle des présidentielles.
Le mot « Tawrit »que vous me posez semble insinuer une expression péjorative, jusqu’à devenir un tabou,  ces dernières années ce mot se répète beaucoup par certains afin de barrer la route à ceux qui peuvent remettre notre pays dans son siècle . Partout dans le monde musulman ou occidental la question ne s’est jamais posée en des termes vils. et puis le mot « Tawrit » est issu principalement du coran , quand   Salomon hérita  de David, jean hérita zakari , Moïse n’a t’il pas eu  comme  assistant un membre de sa famille  son frère Aaron, qu’il l’a associé à sa mission , Josef n’a t’il  pas demander à sa famille de le rejoindre quand il est devenu le régent  de l’Egypte, ce sont là des exemples parfaits , qui montre que notre religion  ne se contredit pas avec  le mot « Tawrit » à la déférence un système républicain dans notre monde contemporain , le choix de celui qui dirige un pays  se fait par la voie des urnes. Comme il a été vérifié dans la plus grande démocratie de ce monde les USA  avec Bush père et Bush junior.  
Au contraire le choix se fait en fonction des  équilibres endogènes et exogènes. Quant au Destin lui-même, il appartient à Dieu et lui seul qui décidera de ce que sera notre existence dans le Présent et dans le Futur.

El Djazaïr.com : Est-il arrivé au conseiller du Président d’intervenir directement dans la gestion des affaires de l’Etat ? L’a-t-il déjà fait lorsque vous étiez ministre de la République ?

Boudjemaa Haïchour : Vous me posez encore cette question d’une certaine façon, je vous dis que durant le temps passé au gouvernement, dans aucune occasion il n’a intervenu dans les affaires des différents ministères que j’ai eu à diriger. Mes relations sont amicales empreintes de respect mutuel. Nous gardons cette amitié à ce jour depuis notre engagement au côté de Monsieur le Président en restant de loyaux commis de l’Etat et loyaux envers lui  tout en lui souhaitant santé et priant Dieu de l’aider à surmonter toute épreuve. Je rappelle que j’ai dirigé le Comité de soutien à son programme à Constantine.

El Djazaïr.com : Le 10e congrès du FLN a été une réussite totale. Pensez-vous que la crise qu’a connue le parti est désormais un vieux souvenir ?

Boudjemaa Haïchour : Les travaux du 10ème Congrès se sont tenus dans une ambiance toute festive. Plus de Six mille congressistes y ont participé. Les débats en plénière et dans les commissions ont permis aux uns et aux autres de parfaire les résolutions. Les délégués de la base militante ont apporté leurs contributions. J’ai assisté à tous les congrès depuis mon adhésion comme militant en 1966 et je trouve que le 10ème Congrès est dans sa grande majorité, composé de jeunes et de femmes. On observe la génération qui a fait la Révolution mais aussi les trois autres générations pos-indépendance. Ce qui est remarqué c’est l’importance des jeunes universitaires qui redonnent au Parti une rénovation et un nouveau style de militance, capable de cerner les évolutions de ce siècle. Je ne vois pas d’opposition, mais parler de tendances ou de sensibilités, personne ne les a interdit d’exprimer leurs avis. En tous les cas le débat est à l’intérieur et non à l’extérieur dans le strict respect de la démocratie interne.
Le centralisme démocratique plus dogmatique et stalinien n’est plus de ce monde. Nous vivons une révolution qui façonne une vision d’un Parti dynamique qui milite pour une société de justice sociale qui réfute l’idée même d’un néo libéralisme entaché d’argent nocif créant une oligarchie qui est la négation du Message de Novembre 1954.

El Djazaïr.com : Le Secrétaire général du Front de libération nationale a plaidé pour la création d’un «Front national» de soutien au président de la République et pour «protéger le pays ». Pourquoi un Front national en cette conjoncture?

L’idée d’un Front large répond à la démarche du Président du Parti qui depuis son arrivée a toujours préféré de se présenter à la présidentielle en regroupant autour de lui des sensibilités affiliées à des organisations nationales ou de la société civile. C’est pourquoi la démarche du SG de notre Parti reflète la vision qu’a le Président pour s’entourer de toutes les bonnes volontés qui croient en la validité de son programme et par voie de conséquence, il était tout à fait normal que le Parti FLN, même majoritaire ne conçoit le pouvoir qu’avec  la concertation de ceux qui partagent l’idée du soutien au programme du Président.
Notre pays a besoin de consolider la cohésion sociale pour faire face à toutes les menaces qui minent aujourd’hui notre voisinage du fait d’un démembrement des Etats et l’afflux d’un type nouveau de terrorisme (daéch) qui décompose des peuples tout entier. L’heure est à la vigilance et à la mobilisation. Notre ANP veille pour que nos frontières soient surveillées. La notion de Parti laisse place à une communion de la communauté nationale dans toute sa diversité dans une Algérie unie, souveraine et solidaire.  C’est cette mission que le FLN entend élargir à toutes les formations qui se sentent impliquées dans la défense des idéaux que nous a léguée la glorieuse Révolution.

El Djazaïr.com : Quel message adresseriez-vous à ceux qui se sont autoproclamés opposants au parti ? 

Boudjemaa Haïchour : J’ai déjà appelé nos frères militants à ne pas s’exclure de leur Parti. Maintenant que le Congrès a clos ses travaux de reprendre le lien et de continuer de militer dans leur famille politique.
Il y a de l’alternance au sein d’une même formation. Le Parti FLN a toujours montré sa disponibilité de dépasser certaines divergences. Le combat politique se fait de l’intérieur pour pouvoir infléchir et gagner l’adhésion aux thèses que vous proposez. L’humilité et la sagesse donnent à la militance le secret toute réussite. Les responsabilités ne sont pas éternelles alors que le militantisme est une affaire de foi et de conviction de tous les jours. C’est le message que je peux lancer dans toute la fraternité militante.

El Djazaïr.com : En raison de la chute des prix du pétrole, l’Algérie traverse une zone de turbulences sur le plan économique. Quelle solution préconisez-vous ?

Boudjemaa Haïchour : La question sur le devenir énergétique se pose avec acuité d’autant que 98% de nos avoirs en devises provenant de la vente des hydrocarbures.  Au moment où je vous parle le prix du baril est à moins 60dollars. Le monde aujourd’hui est gouverné par l’énergie. L’énergie est au centre de la nouvelle recomposition politique planétaire. Il n’y qu’à voir ce qui se passe autour de nous. Daèch avance dans ce domaine et vend du pétrole pour plus de 3Milliards de dollars à bas prix à la Turquie et autres. Les 2/3 des ressources pétrolières et plus d’1/3 de gaz naturel sont aux mains des pays arabes. Le pétrole est l’enjeu de toutes les luttes et convoitises.
Notre pays reste tributaire de ses ressources. Toute tendance baissière ou haussière infléchit sur les avoirs en devises et par voie de conséquence sur le Budget de l’Etat et les programmes de développement. Déjà le déficit budgétaire avoisine les 455  Milliards de DA durant le 1er trimestre 2015 pour atteindre à ce rythme 1825 Milliards de DA d’ici fin 2015, alors que le Fonds de Régulation des Recettes si ponction il y aurait, serait au voisinage de 2570 Milliards de DA. Selon une autre estimation la balance des paiements  serait déficitaire d’au moins de 30 Milliards de dollars.
Il faut se rappeler que le volume financier consacré au quinquennal 2014/2019  a été arrêté au voisinage de 262 Milliards de dollars dont 30 à 35%  reste à réaliser calculé sur la base de 115/120 dollars le baril. Comment réajuster la loi complémentaire 2015 lorsque les tendances se situent à la limite de 80 Milliards de dollars de sortie de devises y compris les transferts légaux de capitaux.
Le dernier rapport du ministère de l’énergie du 4 Septembre 2014 confirmait déjà une baisse de 10 Milliards de dollars. Si le prix du baril descendrait à 50 dollars il serait inquiétant qu’il y ait des incidences négatives sur la cohésion sociale. Pour rappel, la Sonatrach a engrangé entre 2000 et 2013 plus de 700 Milliards de dollars. Les importations en devises pour la même période se situaient à 500 Milliards de dollars.
La sphère informelle couvre 65% des segments de produits de 1ère nécessité et plus de 40% de la masse monétaire est en circulation qui frêne la politique de l’Etat, ce qui complique la traçabilité et limite la politique de l’Etat. Notre pays a importé par exemple en 2013 en carburant pour l’équivalant de 3,5 Milliards de dollars qui sert en partie la contrebande. L’utilisation du chèque est en partie une réponse à une reprise en main à la seule condition de réorganiser le secteur bancaire et d’apporter les réformes attendues aussi bien dans ces institutions qu’ au niveau de l’administration fiscale. Le dinar malgré l’aspect prudentiel de la Banque d’Algérie est entrain de se déprécier perdant de sa valeur par rapport au dollar et à l’Euro. 

El Djazaïr.com :La nécessité de diversifier l’économie nationale en développant notamment le secteur industriel à même de se préparer à l’après pétrole est plus que d’actualité.  Néanmoins, on reste au stade de flexion ?

Boudjemaa Haïchour : L’après pétrole a été de tous les temps une option retenue par les différents Gouvernements. Le PNDRA a été l’une des politiques qui a imprimé une relance de l’agriculture mais reste relative compte tenu du taux élevé de la démographie.
La population a atteint les 40 millions d’habitants et les exigences liées à une valorisation des besoins alimentaires en donnant à l’Algérien un mieux être, la consommation agro alimentaire dont la ration protéique avoisine celle des pays hautement développés, l’Algérie reste tributaire du marché céréalier mondial en important d’énormes quantités de blé tendre, dur et d’orge. Pour référence si nous prenons les cinq premiers mois de 2015 (en blé orge et maïs), les importations ont augmenté de 14,04% pour atteindre 1,65 Milliards de dollars selon le centre des statistiques  des Douanes.
Les importations pour ces cinq mois avoisinent les 50 millions de quintaux de céréales selon le Cnis. Pour rappel l’Algérie a importé en 2014 pour 3,54 Milliards de dollars en céréales alors que la récolte a atteint les 43 millions de quintaux. La campagne moissons-battage de cette année devrait toucher une superficie globale de 3,3 millions d’ha dont 1,5 millions d’ha réservé au blé dur, 1 million d’ha à l’orge, 600 000 ha au blé tendre et 100 000ha à l’avoine.
Selon les pouvoirs publics il est estimé quelques 70 millions de quintaux en 2019. Malgré la collecte du lait frais, nous consommons annuellement environ 3 Milliards de litres de lait dont un tiers est seulement chez nous. En fait on importe pour deux tiers de poudre de lait. Les exportations hors hydrocarbures n’ont jamais dépassé les deux Milliards de dollars.
Le secteur industriel représente à peine les 5% du PIB et 95% des PMI sont sans management stratégique. Les réserves de pétrole sans l’exploitation du schiste sont estimées à 12 Milliards/ Barils dont la durée de vie n’excède pas les 15années. La consommation interne dépasse les 400 000 B/J. 60% de nos importations sont libellées en euro.

El Djazaïr.com : Certains appréhendent la hantise de revivre le scénario du choc pétrolier de 1986. Quelle véracité accordée à cette thèse surtout si on puise dans les réserves de change?

Boudjemaa Haïchour : Je ne pense pas qu’on aura un scénario similaire à 1986 du fait que l’Algérie n’est pas endettée du fait qu’elle a anticipé pour payer ses dettes au regard de ses réserves en devises. Le scénario catastrophe si le prix du baril comme je l’ai dit continue sa descente et l’effondrement du fond de régulation des recettes qui commence à être affecté et dont on puise pour équilibrer les déficits budgétaires. Est-ce que notre pays continue sa cadence de dépenses publiques avec les subventions sans contre partie productive pour reporter tous les temps les tensions sociales ?
Le risque est peut-être dans trois ou quatre ans pour pouvoir parler de l’épuisement des réserves de changes si le baril stagne à ce niveau de prix. Les 190 Milliards de dollars de réserves et les 173 Tonnes d’or dont 86% était placées à l’étranger à 90% en bons de trésor US et en obligations avec un taux fixe de 3%. Or le déficit  dans la loi des finances 2015 dépassent les 52 Milliards de dollars. Le sursaut national s’impose à tous car si la chute du prix du baril persiste nous serons menacés dans notre sécurité nationale.

El Djazaïr.com : Nous voyons ces derniers temps la prolifération de partis politiques. Pensez-vous que cela aidera à l’instauration d’un débat pluraliste en Algérie ?

Boudjemaa Haïchour : Je considère que dans un pays qui accrédite une soixantaine de Partis, l’objectif est permettre aux différents courants de s’exprimer et de débattre sereinement dans l’esprit des lois de la République sur tous les sujets inhérents à la vie publique. Une démocratie qui s’affirme dans un système politique pluraliste ne craint pas le débat pluriel.
Bien au contraire un pouvoir fort qui réalise un programme de développement doit avoir face à lui une opposition qui apporte les alternatives pour permettre au pays d’avancer dans la voie d’un système démocratique. Evidemment le lieu judicieux du débat pour formuler des lois est l’enceinte parlementaire sans pourtant empêcher l’expression libre dans les différents partis.
C’est lors des différentes élections où chacune des formations politiques tout en veillant à la régularité des opérations électorales tend à conquérir son électorat où se gagnent les voix. Dans ce cas c’est l’urne qui décidera par la volonté populaire démocratiquement exprimée dans toute la transparence.

El Djazaïr.com : Récemment vous avez réaffirmé que vous étiez le premier à dire que Ali Benflis trahirait le Président Bouteflika. Voulez-vous être plus explicite ?

Boudjemaa Haïchour : Franchement je n’ aime pas trop   répondre  à cette question, qui appartient  déjà  au passé   , et je pense  que   j’ai assez expliqué    à temps  et même après quelques   années, les motifs qui m’ont  poussé à  décrire Benflis en tant que telle, quand j’ai  révélé mon avis ce n’était pas mon  désir aux fins de quémander un poste   quelconque.  J’était déjà  membre du  tiers présidentiel   au Sénat , je veux dire  par là , si cette option aurait été donnée à d’autres, les choses  peut-être   auraient pris un autre sens   pour lesquelles  elles  ont  été façonnées  ,  dire cela  au  moment ou Benflis  réjouissait de  la confiance totale et absolue du Président qui lui a délégué pratiquement  tout  pouvoir de décision et de choix des hommes en tant que chef d’exécutif. Ceci n’étant pas   facile du tout,  en quelque sorte  je mettais mon avenir politique en jeu, tout le beau monde qui avait rejoint le mouvement de redressement après, c’est contenté d’un silence révélateur.
En ce qui me concerne, je n’étais motivé que par mes convictions politiques de rendre ce peu de reconnaissance au Président de la République et pas autres choses.
Bien sûr, de part mon long parcours de militant,  et ma parfaite connaissance des hommes, j’avais la  certitude que quelque chose se tramait à l’horizon des présidentielles 2004. En fait dès 2001 les prémisses d’une rupture entre Ali Benflis et le Président Bouteflika.  Benflis profitant de toute la confiance du Président, s’est accaparé du Parti FLN après le 8ème  Congrès après avoir gagné les législatives de 2002 victoire due principalement au soutien du Président Bouteflika.  Donc l’intention était claire est fortement  dévoilée, et si Ali se  voyait  déjà  à la magistrature suprême. 
C’est à ce moment là qu’une  rude bataille avait commencé afin de récupérer la Parti.  J’ai commercé  à écrire  le premier document plate -forme  en le baptisant le mouvement de redressement      du Parti du  Front de libération nationale, inspirée du mouvement de rénovation qui a planifié la  déclaration Novembre 1954. Contact a été pris avec le Coordinateur national des  Associations au soutien pour le  du Programme du Président dont je fus élu Président des Comités de Soutien dans la Wilaya de Constantine.
En prenant connaissance du document Amar Saadani n’a pas hésité une seconde à se joindre à l’idée et l’adopta.  Le concept  était de créer des  noyaux dynamiques parallèles aux structures militantes  réconfortant le Président en tant que moudjahid ALN/FLN en prenant les militants marginalisés par le parti et dont leur quasi majorité avait rejoint la coordination qui était  prête et structurée. En fait la tache n’était pas facile et la mission s’inscrivait dans un contexte de lutte des différentes franges du pouvoir.
Quand le  mouvement de redressement a commencé de prendre  de l’ampleur  et gagner le terrain et le contre poids s’inclinait en faveur du Président Bouteflika, beaucoup d’opportunistes rejoignaient les rangs en soutenant  l’initiative. Parmi eux se trouvaient dès le Congrès du Rassemblement « 8ème Congrès bis »  dans l’exécutif du Parti sans fatigue, sans peine, ni foi pour cette cause.
Pour l’intérêt du  Parti  nous laissons les choses se déroulaient sans causer de problèmes, parce que nous n’étions  pas  subjectifs  dans notre démarche,  pour autant que moi personnellement je me réjouissais de cette confiance qui m’a été donnée par le Président en étant reconnaissant. Même si certaines positions politiques m’ont apporté beaucoup d’ennuis, mon comportement est resté et demeure dans toute la fidélité et la loyauté, car  en politique ce qui compte, c’est la manière de rester au service de son pays et aux hommes qui ont apporté leur contribution dans l’effort du développement  et de réconciliation nationale.
Quel bilan faites-vous de l’Algérie, 53 ans après le recouvrement de l’indépendance. Ou avons-nous failli ?
Cinquante trois ans depuis la restauration de notre indépendance nationale, le FLN a réussi tant bien que mal à mener à bien le serment de Novembre 1954. C’est le FLN passant de l’étape de libération nationale à celle de l’édification des tâches d’édification nationale. D’un mouvement de résistance nationale à un Parti bâtisseur d’un Etat souverain démocratique et social dans le cadre des principes islamiques, d’une Algérie qui prend place dans le concert des Nations développées. Et comme en histoire tout semble être dialectique faisant le bilan de que  nous fûmes en 1962 et ce que nous sommes aujourd’hui quelques soient nos différences.
Loin de toute amnésie à l’indépendance, le peuple était dénudé par un siècle et demi de paupérisation que le colonialisme a entrepris la politique de la terre brûlée.
Un héritage très peu reluisant où la répression et la torture ont laissé des traumas sur une population meurtrie. En passant en revue le passé et le présent, il parait à l’évidence que malgré toutes les formes d’interférence endogènes et exogènes, l’Algérie d’Aujourd’hui est celle  d’un Etat moderne.
Passant d’un millier à un million et demi d’étudiants, d’une seule et unique université à une centaines d’universités et grandes écoles qui forment des milliers de doctorants dans les spécialités des plus pointues. Alors que nous avançons dans le domaine de l’économie du savoir pour bâtir une société de l’innovation. Nombreuses sont les réalisations dans les secteurs les plus stratégiques font la fierté d’une Nation au passé plusieurs fois millénaire.
Aucune commune comparaison entre un passé de misère et un présent de prospérité partagée grâce aux différents programmes de développement où les transferts sociaux accaparent le tiers du budget de l’Etat. L’Algérie a mobilisé un volume financier avoisinant les 800 Milliards de dollars pour les quinze dernières années investis dans des grands projets structurants. Une Armée du peuple professionnalisée et des plus performantes technologiquement qui demeure  vigilante gardienne de la sécurité de notre territoire.
Et comme tout développement, il n’est pas indemne de difficultés humaines de gestion. L’essentiel est que le peuple observe et juge du degré d’avancement et d’évolution au plan social, économique, culturel. Comment lutter contre les méfaits de la bureaucratie qui continue à gangréner le fonctionnement harmonieux de nos institutions, telle sera la mission de la génération qui prendra le relais et recréer un climat de confiance entre gouvernants et gouvernés pour arriver à la bonne Gouvernance.
En entamant la deuxième moitié du XXIème siècle, la génération aînée  est en quête de remettre le flambeau à la jeune génération pour poursuivre le processus de développement économique et technologique en hissant le pays dans le concert des Nations émergentes.

El Djazaïr.com : Le Monde arabe traverse une période difficile. A votre avis l’Algérie est-elle à l’abri des répercussions du « Printemps arabe » ?

Boudjemaa Haïchour : Rappelez vous que le Printemps arabe fait suite au plan des Présidents père et fils Bush pour soit disant conquérir le monde arabe par la démocratie. Il fallait créer l’effet domino pour inspirer les changements requis. C’est la théorie Brezinski du grand échiquier et de l’ « anarchie créatrice » qui inaugurera l’après guerre de l’Iraq et l’entrée à la Maison Blanche du démocrate Le Président Obama qui depuis son discours du 04 Juin 2009 à partir de l’Université du Caire, avait annoncé les prémices de se que sera le Printemps arabe.
Lorsque je dirigeais le Centre d’études, d’analyse et de prospective du Parti, nous avons évalué tous les scénarios pour nous prévenir de ce qui va se passer dans les pays arabes. Le panel qui a travaillé sur ce sujet a dégagé quelques réflexions pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants. La question qui s’est posée à l’époque, sommes nous visés par ce plan diabolique qui tente à disloquer des Nations toutes entières ? Compte tenu des analyses faites, nous avons considéré que le peuple algérien a vécu son printemps arabe et qu’il en a payé le lourd tribut.
Dans cette géopolitique en mouvement quel sort nous prévoit cette nouvelle vision du monde ? Nous vivons un remodelage très proche d’un nouveau Sysks-Picot qui est entrain de démembrer des Etats. La seconde moitié de ce 21ème siècle serait-elle annonciatrice d’un bouleversement majeur ? Avec l’entrée en jeu de Daèsh légitime continuateur d’El Qaïda développant l’idée d’un Etat califal islamique, la guerre contre le terrorisme de structurer les relations internationales.
L’AQMI qui a rejoint Daèch dans le Sahel avec la vulnérabilité de la dislocation de la Lybie et la fragilité de la Tunisie est-il une menace dans notre voisinage proche ? La Révolution du Face-book et du Twitter est en quête de changer les rapports de puissance. Cette deuxième moitié du 21ème siècle donne à la connectivité la facilité d’agir en réseaux. Une nouvelle ère de la nano technologie est née où la toile nourrit à la fois des espérances et des craintes. La sécurité de l’énergie est toujours assimilée  à la « Defense de l’Américan Way of life ». Il en est de même pour notre pays exportateur de gaz et de pétrole. Notre sécurité nationale tient à l’apport en devises provenant de la manne pétrolière.

El Djazaïr.com : Vous êtes professeur en économie mais vous vous intéressez aux racines et aux origines généalogiques de la Nation. Comment conciliez-vous ces deux spécialités?

Boudjemaa Haïchour : S’il est vrai que mon parcours académique commença par une licence en sciences économiques où j’avais travailler sur le coût des pipes dans les transport du gaz, mon magister avait porté sur la réduction de la dépendance agro alimentaire de notre pays devant un jury composé de feu Aït Amara, de Slimane Bédrani, d’un professeur néerlandais et d’un encadreur belge. Par contre ma thèse de doctorat d’Etat a présenté des modèles de régulation du système monétaire et financier international devant un jury de nationaux et d’étrangers.
Vous me posez la question de mon intérêt à travailler sur la généalogie d’un Nation, l’Algérie comme modèle, j’avoue franchement que c’est là une passion pour comprendre les racines et les origines généalogiques de chaque contrée de notre pays. En fait la Généalogie est à la fois l’auxiliaire de nombreuses humaines et une science ayant son objet et ses méthodes propres.
Elle se définit comme l’histoire des origines et du développement des individus groupés en familles. Elle établit la parenté historique déterminée et joue un rôle important dans la recherche des héritiers dans le droit successoral parfois en faisant appel à la sociologie, l’ethnologie, la génétique, l’anthropologie, l’archéologie et bien entendu l’économie. Elle a pour  pour finalité l’étude objective et exhaustive des ascendances et des descendances des individus, de leurs biographies publiques et privées. Génétiquement parlant, c’est d’un arbre généalogique qu’il s’agit avec une représentation graphique sous formes de ramifications, d’une filiation des membres d’une famille à partir d’un couple ancestral commun.

El Djazaïr.com : Quelles sont les entraves que vous avez connu en tant que ministre ?

Boudjemaa Haïchour : Avant d’être ministre j’avais travaillé dans le cabinet de la première primature, deux fois député et sénateur tout en ayant été au conseil supérieur de la magistrature du temps des Présidents Boumediene et Chadli. J’ai dirigé les Mouhafadha FLN du temps du Parti unique et dans le pluralisme autant que le secrétariat national de l’union de la jeunesse et des étudiants.
Quel genre de difficulté peut rencontrer un militant qui est passé par différentes missions ? Etre Ministre c’est se sentir un homme d’Etat et la responsabilité publique est plus lourde. Quelque soit votre compétence académique, votre habileté, votre perspicacité, votre intégrité, votre capacité de mener à terme le programme, le plus talentueux doit reconnaitre le poids de la responsabilité.
Il faut toujours tenir bon face à toute difficulté qu’elle soit objective ou subjective dans les cabales qui surgissent dans les sérails, même si vous bénéficiez de toute la confiance du Président. Quel est le véritable pouvoir d’un ministre lorsque les différents réseaux influencent et finissent par infléchir sur la décision quant à votre longévité au sein d’un gouvernement?

El Djazaïr.com : Quelle est la personnalité politique qui vous a influencé le plus?

Boudjemaa Haïchour: La personnalité de renommée internationale qui m’a le plus marqué est le Président Mandela qui a offert à son peuple le plus beau cadeau de son existence à savoir la liberté par son combat sans répits contre l’Apartheid et la ségrégation raciale.

El Djazaïr.com : Quels sont vos référant dans la vie?

Boudjemaa Haïchour : Quant à l’exemple de personnes qui me marquent à vie, ils ne peuvent être que mes parents que Dieu ait leurs âmes. Ils m’ont donné l’éducation, le sens de la mesure, la générosité du cœur, leur humanisme et enfin le courage d’affronter la vie dans les moments de difficulté ou d’aisance. C’est ce legs qui a façonné l’homme que je suis  dans toute la sacralité familiale, solidaire, uni dans le meilleur et dans le pire.

El Djazaïr.com : Que représente pour vous Constantine?

Boudjemaa Haïchour : Constantine c’est ma ville natale. Elle a forgé ma personnalité dans l’esprit patriotique de tolérance et du respect de la chose publique depuis mon engagement militant à ce jour. Badissien je le suis en ayant créé avec d’autres camarades sa fondation. Salah Bey reste pour moi le Bey qui a eu le plus long règne immortalisé dans la fameuse chanson du genre mahzoun zeidane « marthiat Galou El Arab Galou ».
Mais pour ma part j’ai une grande admiration pour le valeureux Ahmed Bey qui a combattu pendant 18ans les forces coloniales. Abdelhamid Mehri un homme de conviction, d’une intégrité sans reproche, qui a œuvré pour un FLN dans le sens d’un militantisme loin des appareils d’Etat. Il a été un leader aimé et respecté.

El Djazaïr.com : Votre musique préférée ?

Boudjemaa Haïchour :J’avais fait de mon jeune le conservatoire apprenant la diction et la déclamation. Je me suis initié au saxophone. J’aime les musiques du terroir et de chambre. J’ai entrepris dans deux ouvrages la sauvegarde des dix Nuba du patrimoine andalou-constantinois.

El Djazaïr.com : La ville que vous chérissez ?

Boudjemaa Haïchour : Certainement après Constantine, toutes les villes que j’ai sillonné et dont j’ai beaucoup d’amis dans notre beau pays, peut-être c’est Annaba, Batna,Tlemcen, Béjaïa, Bechar…

El Djazaïr.com : Votre sport favori ?

Boudjemaa Haïchour : Evidemment le Football, le volleyball et la marche.

El Djazaïr.com :Le dernier livre que vous aves lu ?

 Boudjemaa Haïchour : Al Futuhat al Makkiyya d’Ibn El Arabi (les illuminations de la Mecque).


Boudjemaa Haïchour



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