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N° 127 - Mars 2020

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Dossier

La nouvelle stratégie économique déclinée

Le Président Tebboune préside un Conseil des ministres

Par Yahia MAOUCHI



Le deuxième Conseil des ministres du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné la part belle aux questions économiques avec, au menu, les perspectives de relance des filières industrielles et la reprise en main du dossier de la régulation du commerce extérieur. D’autres questions, non moins importantes, à l’image du soutien au secteur agricole, à la santé publique, aux startups, au logement ont été également traitées. Ainsi, Abdelmadjid Tebbounea chargé son gouvernement de traduire ses promesses de campagnesur le terrain et fait désormais entrer l’Exécutif dans le vif du sujet.Conscient de la nécessité deprendre en charge les préoccupations citoyennes pour rétablir laconfiance entre le citoyen et l’Etat, et construire ainsi la nouvelle Algérie, dont rêvent tous les Algériens,  le président de la République, Abdelmadjid Tebboune,a instruit son gouvernement afin d’améliorer les conditions de vie de la population par la mise en œuvre d’un plan d’action rigoureux touchant à tous les secteurs. En outre, le Président AbdelmadjdTebboune a réaffirmé, à travers une série de directives, sa volonté de promouvoir la bonne gouvernance et d’améliorer la gestion des affaires publiques. Les objectifs visés à travers cette démarche s’inscrivent en droite ligne avec le projet de changement préconisé par M. Tebboune dans ses 54 engagements.A ce titre, il a proposé de promouvoir tout le patrimoine économique du pays, la créativité, l'innovation, la compétitivité afin d'accroitre la richesse nationale, les revenus, l'emploi et en même temps de contribuer au rayonnement de l'Algérie sur l'échiquier international. Sachant que le potentiel économique du pays est très riche et se caractérise par la multiplicité et la diversité de ses richesses. Un potentiel qui dès lors est perçu comme une matière première inépuisable, un gisement à la disposition des créateurs de richesses et d'entrepreneurs et surtout dans le but de disciplinerla vie de l'économie nationale. A ce titre, le chef de l'Etat a invité tout le monde à approfondir les réflexions sur les réformes indispensables à l'enracinement d'un nouveau modèle économique basé sur la diversification de la croissance et l'économie de la connaissance, des valeurs de justice sociale, de démocratie et de citoyenneté. C'est pour tirer les conséquences de ces impératifs que le chef de l'Etat a exhorté le gouvernement à accélérer le processus d'élaboration du Plan d'action, en veillant à assurer la cohérence d'ensemble des actions du gouvernement. Poursuivant ses orientations, le président de la République a insisté sur l'impératif de hiérarchisation des priorités en fonction de nos capacités financières et matérielles, en établissant un calendrier précis de mise en œuvre. Il a également mis l'accent sur l'impératif de veiller à la concrétisation de l'ensemble des engagements pris, afin de rétablir la confiance de notre peuple envers ses dirigeants, en privilégiant, pour cela, une démarche pragmatique fondée sur la concertation, la franchise la transparence et la rigueur et orientée exclusivement vers la réalisation de l'intérêt général. Le chef de l'Etat a notamment déclaré que cette démarche devait s'appuyer sur notre déterminationà opérer une véritable rupture avec les pratiques du passé et à promouvoir de nouveaux modes de gouvernance à la mesure des espérances de notre peuple.

 

Des assises nationales pour l’Industrie

Ayant fixé les urgences et priorités pour l’économie nationale, le Président Abdelmadjid Tebbounea ordonné l'organisation d'assises nationales avec la participation des compétences nationales, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, avec le maintien et la redynamisation du dispositif Ansej. Pour le chef de l’Etat,le plan industriel doit comprendre trois mesures. La première, revêtant un caractère urgent, doit apporter des réponses concrètes aux dossiers sensibles, particulièrement l'importation de véhicules en kits SKD-CKD, insistant sur l'assainissement de cette situation et la mise en place de nouvelles règles, outre la question du Complexe sidérurgique d'El-Hadjar. À moyen et long termes, il a déclaré que l'effort devait être orienté vers la création d'une véritable industrie, constituée essentiellement des industries légères, petite et moyenne, génératrices de richesse et faisant la rupture avec les industries consacrant la dépendance. Le recours excessif à l'importation a figé les esprits et tué l'esprit d'initiative et la capacité de création et d'innovation des Algériens, a-t-il déploré. Le président de la République a insisté également sur l'impératif de mettre un terme à l'influence accrue des lobbies et des groupes d'intérêts dans les politiques publiques.Il a appelé, en outre, à la mise en place d'un système juridique stable pour une durée d'au moins dix années à même d'assurer une lisibilité aux investisseurs, l'objectif étant d'inciter les hommes d'affaires à investir.

Concernant les importations d'équipements et de services, le Président Tebboune a mis en avant la nécessité d'instaurer un contrôle strict afin d'éviter les situations dramatiques engendrées, par exemple, par les appareils de chauffage, ordonnant une enquête approfondie à cet égard. Par ailleurs, le président de la République a évoqué l'importance du développement des industries manufacturières, telle la transformation de l'alfa, et les industries agro-alimentaires. Soulignant l'intérêt d'encourager l'investissement privé et de consacrer des fonds étatiques à l'investissement dans les secteurs stratégiques, M. Tebboune a recommandé un appui immédiat à l'investissement privé, avec la possibilité d'accorder des incitations importantes aux opérateurs utilisant les matières premières locales.

 

Agriculture et industrie, deux piliers essentiels pour l'économie nationale

Conscient de l’importance de ces deux secteurs névralgiques, le chef de l'Etat a estimé que l'agriculture et l'industrie sont des piliers essentiels pour l'économie nationale, soulignant l'impérative rupture avec les pratiques du passé en s'orientant vers de nouveaux modes de gestion du secteur adaptés aux besoins et spécificités de notre pays. Évoquant l'agriculture saharienne et des montagnes, le président de la République a appelé à l'encouragement des créneaux créateurs de richesse, telles l'arboriculture fruitière et l'apiculture, avec une réduction des prix, pour que ces produits soient à la portée du citoyen.Il a instruit la création d'un Institut de l'agriculture saharienne au Sud qui aura pour mission la formation et l'encadrement dans ce type d'agriculture, mettant l'accent sur l'impératif de libérer le secteur de l'agriculture des entraves bureaucratiques. Par ailleurs, le Président a abordé la question de l'importation des viandes, plaidant pour l'encouragement de la production locale afin de réduire la facture d'importation. Il a ordonné également un état des lieux du foncier agricole dans toutes les wilayas et l'accélération de la régularisation de la situation juridique des terrains. Dans ce sens, le Président a identifié deux priorités pour le secteur de l'agriculture : le traitement définitif, dans un délai n'excédant pas six mois, de la question du manque de lait, à travers la mise en œuvre d'une politique de modernisation et de partenariat ; et l'impératif de mettre en place une politique nationale de stockage de produits alimentaires afin de pallier les problèmes de commercialisation.

 

Un nouveau programme d’un million de logements

Par ailleurs, le plan d’action du secteur de l’habitat se fixe pour objectif, d’une part, de résoudre définitivement le problème du logement en ciblant en priorité les ménages à faibles revenus et, d’autre part, de créer les conditions d’un environnement urbain et rural préservé, valorisé et propice à l’épanouissement du citoyen, en mettant en œuvre une véritable politique d’urbanisme, tenant compte des normes architecturales et préservant le patrimoine. En outre, le plan d’action prévoit, notamment, l’intensification de la production de logements par une mobilisation et une orientation efficace des ressources financières, la finalisation du programme en cours, l’engagement d’un nouveau programme de un million de logements pour la période 2020-2024, tous segments confondus, la livraison à l’horizon 2024 de 1,5 million de logement, l’éradication des bidonvilles sur le territoire national, la résorption du déficit du programme « AADL 2 », le traitement de la problématique du vieux bâti, la poursuite de la création de 120.000 lots sociaux pour prendre en charge les demandes de logement dans les wilayas du Sud et des Hauts plateaux. A cet effet, le président de la République a insisté sur l'impératif de finaliser les programmes en cours dans les meilleurs délais. Il a souligné que la réalisation de tout nouveau programme de construction de logements devait prendre en compte les contraintes de financement. Il ne doit surtout pas se faire au détriment de la qualité, des aspects architecturaux et de l'aménagement urbain. Il a mis en avant, également, le droit du citoyen à un logement décent, soulignant l'impératif de lutter contre l'habitat précaire et d'éradiquer les bidonvilles, à travers la prise de mesures nécessaires à même d'empêcher leur réapparition, outre des sanctions à l'encontre des contrevenants. À ce propos, il a instruit les ministres de l'Intérieur et de l'Habitat de mettre en place un mécanisme spécial pour le suivi de cette question et la lutte contre les cas de connivence en la matière. Le Président Tebboune a réitéré l'impératif de concrétiser ses engagements en matière de logement. Par ailleurs, le Président de la République a donné des orientations pour l'amélioration de l'habitat, à travers un renforcement du contrôle technique des constructions, la lutte contre la fraude dans les matériaux, l'interdiction de l'utilisation du bois dans les chantiers publics afin de préserver la richesse forestière, et la réduction des importations. À ce propos, il a instruit la création d'une banque du logement et a exhorté à une réflexion globale sur la création de villes périphériques afin de contenir l'exode vers les grandes villes.Évoquant les questions urgentes dans ce contexte, M. Tebboune a mis l'accent sur la nécessité de les résoudre en associant la société civile, appelant à un changement dans les comportements, les mentalités et les pratiques, et à prendre des décisions adéquates, notamment en ce qui concerne les marchés de proximité.

La relance et le développement du commerce intérieur et extérieur

Au titre des perspectives de développement des activités du commerce intérieur, le plan d’action prévoit une série de mesures portant, notamment, sur l’amélioration des conditions d’organisation des marchés, la généralisation du paiement électronique et la lutte contre toute forme de gaspillage. En matière de commerce extérieur, il est fait état principalement de la situation de la balance commerciale, des procédures d’encadrement des importations et du développement des exportations hors hydrocarbures. A cet effet, le Président de la République, a recommandé la mise en place d'un guide statistique pour promouvoir la production nationale, avec l'interdiction d'importer les produits fabriqués localement, dans l'objectif de protéger le produit national et de réduire la facture d'importation. Dans le même ordre d'idées, M. Tebboune a instruit la création de laboratoires au niveau de tous les accès frontaliers, ports et aéroports, en collaboration avec le ministère de la Santé, en associant l'Université, en vue du renforcement des mécanismes de contrôle des importations alimentaires selon les normes internationales, pour la protection des citoyens contre les produits contrefaits avec la consolidation des procédures judiciaires contre la fraude. Dans le même sens, le président de la République a donné des instructions pour la création de zones franches avec les pays africains limitrophes afin d'en finir avec le fléau de la contrebande.Par ailleurs, il a souligné l'impératif de réduire la facture d'importation des médicaments, en encourageant la production locale et en soumettant les produits pharmaceutiques importés à la certification pour la protection de la santé des citoyens. En matière de commerce extérieur, le président de la République, tout en prenant acte des déficits de notre balance commerciale, a indiqué que les mesures de rationalisation des importations ne doivent pas se faire au détriment du fonctionnement des entreprises et des besoins essentiels des consommateurs. Il a aussi indiqué que les mesures de protection de la production nationale et de défense commerciale doivent être envisagées avec intelligence et dans le respect de nos engagements commerciaux internationaux. La stratégie de promotion des exportations hors hydrocarbures doit être très vite mise en œuvre, en étroite collaboration avec les départements ministériels concernés. S'agissant des accords commerciaux déjà conclus ou ceux encore en discussion, le président de la République a chargé l'Exécutif de faire une évaluation rigoureuse et objective de leurs effets sur l'économie nationale, tout en soulignant que la politique du commerce extérieur doit faire l'objet de mécanismes de concertation sectorielle plus renforcés.Enfin, le président de la République a souligné que l'importation doit être un complément à l'économie nationale, et non une alternative. 

 

L’amélioration de la couverture et de la formationsanitaire

Par ailleurs, le programme d’action du secteur de la santé vise notamment l’établissement de la carte sanitaire et du schéma d’organisation sanitaire, une série d’actions destinées à prendre en charge le renforcement des capacités des structures de santé de proximité et des infrastructures hospitalières, le renforcement de l’approvisionnement en médicaments, l’amélioration de la couverture sanitaire et de la formation des professionnels de la santé. Suite à l'exposé sur ce secteur, le président de la République a ordonné une rupture avec les pratiques du passé dans le domaine de la santé et l'adoption d'un plan d'urgence axé sur deux priorités, à savoir la prise en charge dans les services d'urgence et la prise en charge des femmes enceintes. Estimant que les Urgences et les Services obstétriques sont le maillon faible du système sanitaire, M. Tebboune a appelé à une réorganisation du secteur et à des mesures pratiques en matière de formation de médecins urgentistes et de paramédicaux, en plus de l'encouragement de ces médecins à travers des incitations appropriées. Par ailleurs, le président de la République a mis en avant l'importance de la prévention en concertation avec les associations de la société civile, dont certaines peuvent être d'utilité publique, et partant bénéficier des aides de l'État, dans l'objectif d'alléger les Urgences et d'encourager le recours aux polycliniques de proximité, outre la mise en place de mécanismes de consultation pour éviter les déplacements inutiles aux urgences. Dans ce contexte, le président de la République a mis en garde contre le refus d'admission des femmes enceintes juste avant l'accouchement par n'importe quel service médical. Soulignant l'impératif du dépistage précoce des maladies gériatriques, chroniques et des cancers, le Président Tebboune a relevé l'impératif d'une réflexion sérieuse sur la problématique du service civil et de mesures incitatives, en accordant la priorité à la formation de médecins du Sud, pour pallier définitivement le manque de spécialistes dans cette région du pays.

 

Un label pour la  start-up algérienne

Le plan d’action du ministère de la Micro-entreprise, des Start-up et de l’Economie de la connaissance, prévoit notamment l’élaboration d’un projet de loi visant la création et la définition du label institutionnel de la start-up algérienne et la labellisation des incubateurs suivant les standards internationaux ainsi que la mise en place d’un système de financement spécifique. Il prévoit également une série de mesures incitatives d’exonérations fiscales au profit des start-ups et des investisseurs, y compris ceux de la diaspora. Le plan d’action prévoit, en outre, le lancement d’une série d’actions intersectorielles ayant pour effet de stimuler et de faire émerger l’économie fondée sur le savoir et la connaissance telles que l’établissement de pôles de compétitivité sectorielle par zones géographiques, l’installation d’instituts de transfert de technologies en partenariat avec les industriels, l’université et les grandes écoles ainsi que le lancement de projets d’industrialisation aux normes « industrie 4.0 ». Enfin, il prévoit la mise en place d’un système d’informations pour assurer le suivi et le développement des start-ups et de leur environnement (incubateurs, accélérateurs). Intervenant au terme de cet exposé, M.Tebboune a ordonné l'élaboration d'un programme urgent pour les start-ups et les petites et moyennes entreprises (PME), notamment la création d'un Fonds spécial ou une banque destinée à leur financement. Il a également ordonné l'organisation d'Assises nationales avec la participation des compétences nationales, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, avec le maintien et la redynamisation du dispositif Ansej. Il a chargé le Premier ministre d'élaborer un mécanisme pour le suivi de l'opération de numérisation des institutions de l'État. Enfin, après épuisement des points inscrits à l’ordre du jour, le président de la République a annoncé qu’à l’effet d’assouplir les procédures de nomination aux fonctions supérieures de l’Etat et d’introduire plus de célérité dans les mouvements qui affectent les personnels de la haute fonction publique, il a décidé de transférer le pouvoir de nomination d’un certain nombre de cadres de l’Etat au Premier ministre et ce, dans le respect des dispositions constitutionnelles en la matière.

 

 

 

 

 

 

 



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