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N° 116 - Oct 2018

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Dossier

L’autre enjeu de la wilaya d’Oran

Jeux méditérranéens 2021

Par Smail ROUHA



« Oran fut méditerranéenne à une époque où la diversité culturelle, religieuse, sociale, architecturale, culinaire et autre, faisait de cette ville le berceau d’un lieu qui n’avait rien à envier aux grandes métropoles méditerranéennes. La transformation sociologique, culturelle et économique en a fait, petit à petit, une ville oubliée de la scène méditerranéenne. Ses enfants témoins des deux époques contemporaines vivent la nostalgie de temps passé et rêvent de futurs ambitieux, et de temps à reconstruire. En ce sens, le choix d’Oran, ville des Jeux méditerranéens, redonne l’espoir d’une retrouvaille avec ce que fut l’aura méditerranéenne d’une ville à l’Histoire, à la mémoire, au rêve et au way of life méditerranéens », soulignait Fatima Malki-Bensoltane, présidente-fondatrice de Méditerranée Avenir et vice-présidente Fondation dialogue Sud-Nord Méditerranée lors du 13e Colloque international du Laros organisé en mai 2017 à l’Université d’Oran.  Et aujourd’hui les autorités locales de la wilaya, et même du gouvernement, font des jeux méditerranéens qu’abritera la capitale de l’Ouest du pays en 2021 un enjeu capital. C’est une véritable course contre la montre pour donner plus de dynamisme au programme de modernisation de la cité et de son essor, dans les différents secteurs, avec en priorité la mise à niveau des équipements collectifs, l’amélioration du cadre de vie du citoyen et une extension de son espace urbain. L’objectif est de redorer l’image du pays, qui avait organisé en 1975 ses premiers Jeux méditerranéens, sur la scène internationale. De ce fait, El-Bahia a l’insigne honneur d’accueillir cet évènement sportif majeur pour tous les pays du circum-méditerranéen, et aura à recevoir dans l’esprit de l’idéal olympique plus de 3.000 athlètes représentant 24 nations de trois continents : l’Afrique, l’Europe et l’Asie, une communauté de sportifs, mais aussi des journalistes et des délégations de diverses origines religieuses, culturelles et linguistiques. C’est là une bonne nouvelle pour toute l’Algérie qui traîne difficilement cette mauvaise réputation qui lui est faite par les médias occidentaux « de pays à risque ». En effet, tous les observateurs s’accordent à dire que tous les regards seront braqués sur Oran à l’occasion de cette grande manifestation sportive, d’où l’intérêt qu’accordent d’ores et déjà les pouvoirs publics à cet événement. Un intérêt aussi bien sur le plan sportif que socioéconomique, notamment touristique. D’ailleurs, dès l’annonce de la candidature victorieuse d’Oran pour l’organisation des Jeux méditerranéens 2021, la wilaya d’Oran s’est projetée dans l’avenir pour se doter d’infrastructures à la mesure de ses ambitions et aspirations. Projets industriels structurants, énergie, transport, santé, commerce, enseignement supérieur, habitat, hydraulique, éducation.  Une ambition dictée par le changement, induit par les effets combinés de la modernisation et des nouvelles demandes sociales, qui a introduit une concurrence plus rude entre les territoires, et qui exige d’inventer de nouvelles formes d’actions. En effet, une manifestation de cette dimension ne peut qu’avoir des répercussions positives sur le plan économique, sportif, culturel et même des loisirs. Cela devrait permettre l’accélération de la mise à niveau du tissu urbain de la ville d’Oran. En plus de booster le rythme de réalisation de certains grands projets d’infrastructures lancés durant ces quinze dernières années. Pour être au rendez-vous, plusieurs projets sportifs et hôteliers ont été lancés à Oran, avec des retombées positives certaines sur la ville.

La Cité olympique
En termes d’infrastructures sportives prévues pour abriter les différentes compétitions, Oran compte, évidemment, sur le complexe olympique de Belgaïd (en cours de réalisation), mais aussi, selon les disciplines, sur la base nautique, les salles omnisports d’Oran, Arzew, Es-Sénia, Misserghine et Oued Tlélat, les stades de football Zabana et Bouakeul, le boulodrome d’Oran, l’Institut spécialisé de Aïn Turk et différentes salles spécialisées (escrime, lutte, tennis de table…) disséminées à travers la wilaya. Pour cet événement, Oran va bénéficier d’un stade olympique de 40 000 places et de diverses infrastructures édifiées autour de cette enceinte centrale. Ainsi, un vélodrome de 3 000 places et un stade d’athlétisme de 4 000 sièges sont en cours de construction, de même qu’un Centre aquatique équipé de deux bassins olympiques couverts, d’un bassin extérieur et d’un bassin d’entraînement. Un court de tennis de 3 300 places doit également être aménagé, sans oublier six courts annexes d’une capacité de 1 800 places chacun. Enfin, pour les sports collectifs, un terrain multi-surface (basketball, handball, volleyball…) et une salle omnisports de 6 000 places, un vélodrome, un club de tennis complèteront l’offre de la future Cité olympique. Outre le stade olympique de 40 000 places de Belgaïd, le complexe nautique, ainsi que la salle omnisports et le village méditerranéen seront tous au rendez-vous selon les délais impartis à la société chargée de la réalisation de ces ouvrages, assure Mouloud Chérifi, wali d’Oran.

Un pôle touristique d’excellence
Au plan de l’hébergement des délégations qui afflueront sur la capitale de l’Ouest, Oran est nettement mieux lotie avec – outre le bloc d’hébergement du futur complexe de Belgaïd – un parc hôtelier fort de 161 établissements offrant une capacité d’accueil de près de 15 000 lits. Capacité appelée à croître pour atteindre, selon les prévisions des responsables du tourisme, 354 établissements hôteliers assurant plus de 42 900 lits grâce à la réception, annoncée pour 2019, de 101 projets d’hôtels en cours de réalisation. Néanmoins, il n’en demeure pas moins que le volet touristique ne peut être déconnecté d’une telle manifestation sportive internationale. Et tourisme ne veut pas dire hôtel et plages uniquement. C’est dans ce sens qu’il a été décidé de réhabiliter et de restaurer les sites historiques. « Nous accordons un grand intérêt à la réhabilitation du vieux bâti au sein de le vieil Oran dans lequel nous essayons d’impliquer le secteur privé au vu des difficultés financières », affirme Mouloud Chérifi, wali d’Oran. Comme il insiste à juste titre sur la nécessité d’achever avant cet évènement le programme de revalorisation des sites archéologiques en cours, celui de la résorption de l’habitat précaire et de la réhabilitation des vieux immeubles de la ville.
Il en est de même pour les autres secteurs, à l’instar du transport appelé à faire une véritable mue, au vu des projets ambitieux programmés en prévision justement des Jeux méditerranéens. En effet, le secteur du transport revêt une importance capitale pour la préparation et l’organisation d’une telle manifestation sportive à dimension internationale.  Le secteur est pleinement impliqué pour ce qui est du déplacement des délégations sur les réseaux routiers et les infrastructures de base du transport, également des espaces de pratique de diverses disciplines sportives comme le marathon et le cyclisme.

Des retombées socioéconomiques
Aspirant à un statut à la mesure de son ambition de capitale de l’ouest du pays, les jeux méditerranéens tombent à point nommé pour redonner à Oran son lustre d’antan, au vu des projets ambitieux en cours visant à améliorer le cadre de vie des citoyens et à encourager la pratique sportive dans la wilaya. « Oran a toutes les potentialités infrastructurelles, avec un plan de développement très ambitieux. Les JM 2021 vont être l’opportunité pour qu’Oran devienne la métropole méditerranéenne qu’elle doit être », a souligné Mustapha Berraf, président du Comité olympique algérien. En effet, les Jeux méditerranéens seront également une opportunité pour donner une impulsion au développement multisectoriel aux collectivités et dont les retombées ne seront que positives pour leurs concitoyens et administrés. D’autant que les réalisations d’aujourd’hui seront, à coup sûr, autant d’acquis qu’il faudra préserver et consolider par d’autres infrastructures. Du fait que ces infrastructures et équipements, une fois les jeux terminés, reviendront aux populations de toute la wilaya qui sauront en tirer profit.
Car le défi de l’heure a pour corollaire le dynamisme de la ville, sa qualité urbaine et ses repères d’excellence dans les secteurs du tertiaire, des technologies de l’information et de la communication, du management, de la culture, des loisirs et du développement durable.
C’est pourquoi la réussite d’un tel évènement requiert la participation de tous les acteurs. Plus que d’une moisson de médailles, l’Algérie a besoin de se forger une image d’un pays sur lequel on peut compter lorsqu’il s’agit de relever des défis !

S. R.



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