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N° 105 - Mai 2017

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Dossier

La route de développement passe par le développement de la route

Direction des infrastructures routières

Par Smail ROUHA



Il existe un élément essentiel dans le développement d’un pays dont on parle pourtant assez rarement : la construction de routes. Pourtant sans infrastructures modernes, l’accès à de très nombreux besoins devient quasiment impossible : l’éducation, la nourriture, l’eau, les médicaments, etc. De fait, on constate que l’un des prérequis indispensables à l’avènement d’une économie moderne est la construction de routes.  Le professeur Rémy Prud’homme ne disait-il pas que « la route du développement passe par le développement de la route ». L’Algérie qui a fait sienne cette pensée y a jouté une autre dimension en faisant de la route un outil important dans la conduite de son processus de décentralisation, convaincue que si la qualité des infrastructures de communication augmente à ce niveau, les régions deviendront aussi des moteurs du développement. Cette approche audacieuse vise une jonction judicieuse entre les villes considérées, de nos jours, comme les pôles de développement et les régions appelées à devenir de nouveaux pôles de développement. L’objectif étant d’impulser réellement un développement endogène au pays. « Aujourd’hui, personne ne conteste le rôle essentiel de la route dans le développent économique d’un pays. L’interdépendance entre la croissance économique et les transports routiers est maintenant bien établie et admise par tous. Une croissance économique crée inéluctablement de nouveaux besoins en transports et, inversement, l’amélioration des transports provoque un effet d’entraînement sur l’économie », souligne à ce propos Mohamed Mahiddine, directeur des infrastructures routières au ministère des Travaux Publics et des Transports, précisant que « tant qu’on aura besoin de développer l’économie, les besoins en transports routiers, donc en routes, s’accroîtront. De même, la réalisation des infrastructures routières contribue à la politique de création de l’emploi». En effet la route n’est pas seulement un facteur déterminant de développement, c’est aussi un outil que l’Etat a entre les mains pour maintenir un certain niveau d’équité entre les populations. Cette stratégie vise également le triple objectif de rattrapage du retard enregistré, de mise à niveau et de mise en œuvre d’un programme de développement harmonieux qui s’inscrit dans le cadre des recommandations du Schéma directeur routier et autoroutier 2005/2025 et des options stratégiques définies en matière d’aménagement du territoire. « Dans un pays comme le nôtre par exemple où la quasi-totalité des richesses appartiennent à l’Etat, donc à toute la population, or quel moyen, autre que la route, comme on vient de le voir, peut aider à redistribuer ces richesses équitablement », s’interroge Mohamed Mahiddine.
Cette notion d’équité apparaît encore dans le rôle que peut jouer la route dans l’organisation de l’espace et de l’aménagement du territoire, dont le principe repose justement sur l’idée de répartir équitablement les activités et les populations. D’ailleurs, si à l’échelle mondiale, la route assure l’essentiel du transport de passagers et plus de 50% du transport de marchandises, en Algérie, elle assure le transport à plus de 90 % des marchandises et des voyageurs. La grande souplesse du transport routier constitue son atout principal par rapport aux autres types, notamment le rail, et lui permet de garder ses parts de marché. C’est dans ce cadre que l’amélioration des infrastructures routières constitue une préoccupation du gouvernement qui a eu à adopter plusieurs programmes.

Un réseau autoroutier de 124 000 km
Le plan d’actions du secteur des travaux Publics a connu, depuis 1999, une dynamique confortée par l’évolution des budgets alloués à travers les différents programmes initiés par le  président de la République Abdelaziz Bouteflika. Cette dynamique s’est traduite par la livraison d’un nombre important d’infrastructures sur le territoire. Si en 1999, l’Algérie disposait d’un patrimoine infrastructurel composé de 104 000 km de routes dont 73 000 km revêtues, de 49 km d’autoroute Est-ouest, de 3 900 ouvrages d’art, actuellement, le patrimoine se compose de 124 000 km de routes, de 1216 km d’autoroute Est-ouest dont 1216  km livrés à la circulation, avec un taux de revêtement de 80% contre une moyenne africaine tournant autour des 23%, de 10 500 ouvrages d’art dont 3 478 sur l’AEO, et de 14 tunnels totalisant un linéaire de 25 km. Certains ouvrages d’art méritent d’être signalés, car ils constituent de véritables chefs d’œuvre à l’image du viaduc Salah Bey de Constantine, de l’ouvrage sur Oued Dib à Mila et d’Oued Rkham à Bouira. Il faut savoir que le programme engagé par le secteur durant cette période peut être scindé en cinq étapes :
La première 1999-2001 se caractérise par le lancement des programmes retenus et le parachèvement des projets en cours avant cette date et qui accusaient un retard par manque de crédits.
La seconde étape 2001-2004 a connu l’exécution effective des travaux inscrits dans le cadre du Programme de soutien à la relance économique (PSRE). Durant ces trois années, plusieurs projets ont été achevés et réceptionnés.
La troisième étape 2005-2009 a connu le lancement et la livraison de plusieurs projets inscrits au titre du programme complémentaire de soutien à la croissance économique PCSC 2005-2009.
La quatrième étape 2010-2014 a connu le lancement et la livraison de plusieurs projets inscrits au titre du programme complémentaire de soutien à la croissance économique PCSC 2005/2009.
La cinquième étape 2015-2016 connait un ralentissement des investissements.
 
Un maillage territorial
Parmi les retombées socioéconomiques positives des  programmes d’investissement public engagés,  il y a lieu de mettre en exergue la contribution du secteur à la création de plusieurs
millier de postes d’emploi, le renforcement de l’outil national de réalisation et d’ingénierie, par la création de nouvelles entreprises et bureaux d’études dans la filière travaux publics ainsi que l’amélioration des conditions de déplacement des populations des régions rurales, des Hauts-plateaux et du Sud du pays, indique Mohammed Mahiddine.  Dans la perspective de la poursuite de la dynamique de croissance, impulsée et consolidée par les précédents programmes de développement engagés depuis 1999 et, basée sur les recommandations du schéma directeur routier et autoroutier, le programme routier vise, d’une part, la préservation et la modernisation d’un patrimoine infrastructurel, de plus en plus important, et, d’autre part, la réalisation de nouveaux projets structurants pour répondre aux exigences du développement économique et social. Ainsi, à l’horizon 2025, l’Algérie comptera un réseau autoroutier rapide de 5.500 kilomètres grâce aux projets lancés. En plus de l’achèvement de l’autoroute Est-ouest et la réalisation de la rocade des Hauts-plateaux, qui devra s’étendre des frontières marocaines aux frontières tunisiennes en desservant huit wilayas, et les pénétrantes devant relier les ports à l’autoroute Est-ouest, d’autres grands projets sont en cours dans les wilayas du Sud sur une longueur de 10 000 km. Dans ce contexte, les travaux de réalisation d’une autoroute devant relier Tindouf à Adrar via Chenachen sans passer par Bechar seront bientôt lancés en plus du lancement des travaux de réalisation de la route reliant Adrar à Timimoun et El-Bayadh sur 800 km. A ces projets, s’ajouteront ceux de réalisation des routes devant relier Tamanrasset à Illizi et à Djanet. Pour désenclaver les villes du nord, il est prévu le dédoublement des voies côtières, notamment le projet de réalisation de la route reliant Tizi Ouzou à l’autoroute Est-ouest via le mont Bouzegza sur 50 km, ainsi que le projet de réalisation de l’autoroute reliant Khemis-Miliana à Bordj Bou-Arréridj en passant par le sud de la wilaya de Médéa, Sour El-Ghozlane (Bouira) et Hammam Delaa (M’sila). Outre de réaliser un réseau de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres qui joint la splendeur du Nord à la beauté de l’extrême Sud en passant par la région des hauts-plateaux, et, au vu du rôle stratégique des infrastructures routières dans le développement du pays, de leur place dans les actions d’aménagement du territoire, ainsi que de leur contribution à la croissance économique, L’objectif de ce programme d’actions est de desservir le territoire national par des actions de désenclavement et d’amélioration de l’accessibilité des zones de montagnes, des Hauts Plateaux et du Grand Sud, la réalisation d’un réseau autoroutier structurant et moderne desservant, notamment, les ports et les aéroports dans une vision d’intermodalité, tout en assurant l’intégration régionale par le développement des liaisons permettant l’interconnexion des réseaux avec les pays voisins.

Le programme autoroutier
Ainsi, et parallèlement aux actions de maintenance et de mise à niveau des infrastructures routières, dont l’importance n’est plus à démonter, et auxquelles une grande priorité est donnée, la construction d’un réseau autoroutier moderne et performant, son exploitation selon les standards internationaux, doivent constituer un des axes majeurs du programme sectoriel.
Issu des recommandations du schéma directeur routier autoroutier (SDRA) adopté par le gouvernement, le 24 avril 2007, le programme autoroutier d’un linéaire global de 5.500 km comprend, également, 24 liaisons autoroutières Nord-sud qui permettront de relier les chefs lieu de wilaya et les ports à l’autoroute Est-ouest et celle des hauts plateaux.
Les objectifs recherchés à travers la réalisation du réseau autoroutier:
Répondre aux besoins de déplacements des personnes et des transports de marchandises : éviter la congestion de certains axes due au trafic routier sans cesse croissant ;
Contribuer au développement économique du pays : les autoroutes sont des outils indispensables au développent économique ;
Structurer le territoire : le réseau autoroutier est une composante majeure de l’aménagement du territoire ;
Améliorer la sécurité routière : l’autoroute est une infrastructure plus sécurisée dans un rapport de 4 à 6 fois moins d’accidents ;
Améliorer les conditions de confort, du gain de temps et de coûts de transports.
Le programme en cours, outre l’achèvement et la livraison totale des tronçons de l’autoroute Est-ouest, est constitué de plusieurs projets assurant les liaisons avec l’autoroute Est-ouest qui constitue une véritable épine dorsale du réseau routier et autoroutier.

S. R.



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