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N° 105 - Mai 2017

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Dossier

Chercher les financements nécessaires en dehors du Trésor public

14e édition du Salon international des travaux publics

Par Yahia MAOUCHI



Mettant en avant l’importance du volet maintenance des routes et des ouvrages d’art à travers l’ensemble du territoire national, dans le cadre du respect des standards internationaux en vigueur, lors de la clôture de la 14e édition du Salon international des travaux public (SITP) durant laquelle il a distingué des maîtres d’œuvre algériens relevant du secteur public et privé pour la qualité de leurs réalisations et leur respect des délais de livraison, Boudjemaâ Talaï, ministre des Travaux publics et des Transports, a indiqué que le choix du thème: « Bien réaliser est notre objectif: ‘ntretenir est notre mission » pour cette édition, « n’était pas fortuit, la qualité et le respect des délais de réalisation étant parmi les priorités du ministère », ajoutant que « le volet maintenance doit figurer à la tête de tout projets ».
Saluant le niveau technologique et technique atteint chez certains maîtres d’œuvre algériens activant dans le domaine des transports, des travaux publics et des secteurs y relevant, le ministre a indiqué que le SITP « est désormais une référence technique pour tous les opérateurs du secteur tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ». Dans le même ordre d’idées, le ministre a indiqué que « le volume de participation locale et étrangère connait une nette croissance qualitative et quantitative au vu de la grande dynamique qu’a connue le secteur des travaux publics durant ces dernières années, lequel séduit des investisseurs locaux et étrangers ». Intervenant cette année dans une conjoncture particulière, marquée par la reconfiguration du secteur et la restructuration des entreprises de travaux publics, le 14e STIP a permis d’aborder la nouvelle stratégie adoptée par les pouvoirs publics visant, à travers cette reconfiguration, à mettre le secteur sur la voie « du développement et de la modernisation de son outil de réalisation ». Il s’agit également de « favoriser la réalisation de la plus grande part des programmes d’infrastructures de base par les entreprises nationales ». Dans ce contexte, les pouvoirs publics ont mis en place des mécanismes et introduit des facilitations pour permettre une autre approche du développement du secteur et une plus grande ouverture aux opérateurs nationaux et étrangers dans le financement, la réalisation et la gestion des grandes infrastructures dans le cadre d’une démarche économique rationnelle et d’un partenariat gagnant/ gagnant. En sus, le département des travaux publics privilégie, selon le ministre, le partenariat public-privé dans la concrétisation des différents projets, prévus dans le secteur. Interrogé par El Djazair.com, sur la nouvelle orientation des pouvoirs publics dans le financement des projets face à l’amenuisement des ressources financières, M. Talaï annonce que son département est en train d’amender la loi régissant le partenariat public-privé, et qu’une nouvelle loi permettant de financer les projets d’infrastructures à travers des partenariats public-privé (PPP) est en cours d’élaboration à même de faire face à l’amenuisement des ressources financières. « Ce nouveau mode de financement des projets représente une solution alternative permettant d’assurer la pérennité du développement en Algérie », précise le ministre.

Une loi pour financer les infrastructures par des partenariats public-privé
Il convient de savoir que le mode du financement des projets d’infrastructure reposant sur la seule dépense publique a été adopté au milieu des années 2000 à l’époque du pétrole cher. Cependant, face à la chute des revenus pétroliers, le gouvernement prône désormais une nouvelle approche pour le financement des projets d’infrastructure, reposant sur le partenariat public-privé. Cette nouvelle loi permettra, selon un représentant du ministère des Travaux publics, « d’étaler les dépenses d’investissement de l’Etat sur une longue période, d’attirer des sources de financement alternatives au budget de l’Etat, de maitriser les coûts de réalisation et de créer des synergies entre le secteur public et privé, entre autres ». Ainsi, cette nouvelle loi, permettra, selon M. Talaï, de mobiliser des ressources financières pour la réalisation de projets d’infrastructures publiques, provenant d’opérateurs privés ou publics, algériens principalement, qui bénéficieront des revenus générés par l’exploitation de ces infrastructures. Elle assurera également l’encadrement de la relation entre les différentes parties contractuelles. Ce qui permettra de mettre en place les instruments juridiques nécessaires pour la réussite de ce mode de financement. « Il n’est plus question de compter sur la seule dépense publique », a mis en garde le ministre pour qui ce mode de financement favorise aussi l’échange d’expérience et de savoir-faire. Par ailleurs, le 14e STIP constitue, dira M. Talaï, une opportunité pour les entreprises pour nouer des partenariats permettant le transfert de nouvelles technologies dans le domaine des travaux publics et de l’entretien des infrastructures. En somme, la consolidation de l’outil national de réalisation, qu’il soit public ou privé, passe, selon le ministre, nécessairement par la modernisation de son organisation, l’introduction des outils modernes à son management, l’intégration de l’innovation et des nouvelles technologies à son savoir-faire et sa capacité à se mouvoir à l’international dans un contexte d’extrême concurrence. A cette occasion, M. Talaï a mis également en avant l’intérêt que représente l’Algérie pour les investisseurs étrangers. « L’Algérie est une terre d’investissement», s’est-il- félicité.

Une nouvelle société algéro-indonésienne des travaux routiers
Cette 14e édition du Salon international des travaux publics confortera, selon le ministre, la position acquise par l’événement, comme rendez-vous national, régional, et international incontournable pour les opérateurs du secteur. Il permettra à coup sûr aux professionnels publics et privés, nationaux ou étrangers, d’échanger, de croiser leurs expériences, de jauger leurs capacités, de mesurer les progrès réalisés, de découvrir les innovations et les avancées techniques et technologiques, et enfin de renforcer leurs capacités d’expertise à travers d’éventuels partenariats. Par ailleurs, l’objectif assigné à cette manifestation est de permettre à ces entreprises étrangères d’exposer leur savoir-faire, leurs technologies et de partager leur expérience avec les sociétés algériennes, « une chose que les aidera à être plus performantes, et c’est le but que nous recherchons à travers ce genre de salon en ce qu’il favorise l’échange des expériences », dira Boudjemaâ Talaï. D’ailleurs, en marge du salon, l’Entreprise algérienne des travaux publics (Altro Skikda) a signé un mémorandum d’entente avec l’entreprise indonésienne PT Wijaya  Karya (Wika) pour la création d’une société mixte spécialisée dans la réalisation  des infrastructures routières. Ce document a été paraphé par le P-DG d’Altro Skikda, Boualem Akrouf, et son homologue de Wika, Siddik Siregar, en présence de M. Talaï. La nouvelle société algéro-indonésienne prendra en charge les projets routiers en Algérie mais aussi en Afrique en ciblant comme première étape les projets de la Transsaharienne en dehors de l’Algérie, selon M. Akrouf. Interrogé par El Djazair.com sur l’objectif attendu de ce partenariat, M. Akrouf précise : « L’objectif attendu de la création de cette entreprise mixte  algéro-indonésienne est d’abord de travailler ensemble en Algérie,  et par la suite  s’exporter en Afrique. C’est le transfert de technologie, parce qu’il s’agit d’un très grand groupe public qui a plusieurs secteurs d’activités, à savoir le tourisme, les travaux publics, l’environnement, l’hydraulique... C’est un groupe qui fait travailler plus de 15000 personnes. C’est un groupe qui a déjà travaillé en Algérie, et comme il a fait ses preuves chez-nous, donc, nous avons contracté un partenariat entre nos deux entreprises ». Pour les projets qui seront réalisés suite à la signature de ce protocole d’accord, notre interlocuteur précise : « Tous les grands projets routiers de l’avenir. En Algérie nous allons participer à l’autoroute, la transsaharienne, et nous allons s’exporter en Afrique pour réaliser les projets routiers dans le cadre de la transsaharienne qui va jusqu’au Nigeria » a-t-il ajouté. Enfin, cette entreprise mixte sera créée « dans le cadre de la règle 51/49% régissant l’investissement étranger en Algérie», précise M. Akrouf

La France comme invité d’honneur
La France a été l’invité d’honneur de cette 14e édition du (SITP). Ainsi, pour relever ce beau défi, Business France, l’agence nationale au service du développement international de l’économie française, a rassemblé 30 entreprises, essentiellement des PME. Celles-ci ont représenté les différents métiers de la filière sur le Pavillon France. Son Excellence l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Émié, qui s’est dit honoré par le choix de son pays comme invité d’honneur de cette manifestation, a indiqué que des innovations en matière de construction, de maintenance et d’exploitation des infrastructures y ont été présentées par des experts provenant de 10 entreprises et institutions françaises. Le SITP, rendez-vous incontournable des travaux publics pour la zone Maghreb, offre aux exposants français et algériens une opportunité unique de se rencontrer. Les relations traditionnellement fortes entre les opérateurs économiques français et algériens, et le dynamisme du secteur du BTP algérien, justifient, selon Son Excellence, une forte présence des sociétés françaises au SITP afin d’entamer ou de poursuivre des actions de coopération en Algérie. « L’activité des entreprises françaises dans le secteur des travaux publics s’élève à plus de 65 milliards d’euros, dont 37% sur les marchés extérieurs. Cette filière peut se prévaloir d’un savoir-faire porté par plusieurs grands groupes. Elle jouit de la renommée internationale de ses architectes et ingénieurs, d’une qualité indéniable de ses produits, ainsi que d’une politique d’innovation-recherche et de développement particulièrement active », précise M. Bernard Émié. Dans le même ordre d’idée, l’hôte du SITP a affirmé que les entreprises françaises sont venues avec un savoir-faire et une technologie qu’elles partageront volontiers avec leurs homologues algériennes, avant de réaffirmer la volonté des entreprises de son pays d’investir à long terme en Algérie dans un climat de confiance dans ce secteur stratégique. En outre, la France qui participe à ce salon pour la onzième année consécutive compte, en plus des trente PME, qui représentent plusieurs domaines d’activités dont l’équipement, les technologies, 600 entreprises en quête de partenariat en Algérie. Il cite l’exemple des sociétés telles que Lafarge, Total Bitume et autres équipementiers, qui ont créé des centaines de postes d’emplois dans notre pays. « Ces PME veulent investir dans la durée, créer une relation de confiance, réaliser des partenariats à long terme et contribuer au développement de l’Algérie », avoue M. Émié. Distingué à cette occasion, le stand français, « invité d’honneur » participe cette année avec des bureaux d’études et des compagnies spécialisées dans la fabrication de matériels de construction. Pour indication, 400 exposants dont 187 étrangers représentant 18 pays ont participé au SITP. Il s’agit de la France, de l’Allemagne, de la Belgique, de l’Espagne, de la Hongrie, de l’Italie, du Portugal, de la Suède, du Danemark, de la Hollande, du Royaume-Uni, de la Turquie, de la Tunisie, du Maroc, de la Chine, du Vietnam et de l’Indonésie. En 2015, le Salon a accueilli pas moins de 360 exposants issus de 21 pays, et 15 600 visiteurs professionnels.
 Y. M.



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